The Island Académie s’annonce

« Heimsbikarinn ». Voilà un mot qui, s’il a déjà été prononcé, n’a jamais été vécu au pays. La Coupe du Monde. Un rêve éveillé puisqu’il est sur le point de devenir réalité. Une première surtout, pour une putain de toute petite île, perdue au milieu de l’océan, des volcans et des geysers. Et pourtant, surfant au sommet de la hype lors de l’Euro 2016, l’Islande continue de remplir les pages blanches de son Histoire, à grands coups de forceps, trique et clapping.

Rêvons plus grand

Besoin de refaire l’histoire ? Ce n’est pas foutrement nécessaire tant les pixels ont été noircis par toutes les bonnes ondes que la populace pouvait prêter aux Islanders lors du dernier Euro. Mais pour ceux qui sortiraient du coma, nous vous offrons le petit Larousse illustré de l’histoire du football Islandais.

Avant 2012, l’Islande n’était rien. Ou tout du moins pas plus qu’un faire-valoir de type Iles Féroé, pratique pour permettre à des gars comme Gallas ou Benzema de mettre des buts en sélection. 350 000 habitants, un bout de terre au milieu de l’eau, des conditions météorologiques merdiques, mais le football trouve toujours une voie.

Football on the rocks, Hásteinsvöllur

 

Certes, la Fédération Islandaise de football a ouvert ses portes bien avant 2012. En 1947, précisément, avec l’aide d’un homme qui a fait ses armes à l’AS Nancy Lorraine (comme quoi…), Albert Gudmundsson. A des années lumières du football professionnel, et d’humiliation en humiliation, cette même Fédération se résout à ne participer à aucune compétition internationale de 1964 à 1972, le temps de se raccommoder l’anus.

La guérison se fera quarante ans plus tard, au début des années 2000. Un véritable petit exploit constitué par une victoire 2-0 contre l’Italie en aout 2004. Eidur Gudjohnsen devient ensuite le premier joueur Islandais à remporter la Ligue des Champions, lui qui était arrivé anonymement à Barcelone. L’histoire est En Marche. Et c’est un homme, Lars Lagerbäck, qui va se charger de l’écrire.

Armé d’un professionnalisme et d’une mentalité sans faille, ce bon Lars profite des investissements réalisés par la Fédération (avec la construction de stades indoor) pour révolutionner sensiblement la formation Islandaise, au point d’arriver à emmener sa sélection à l’Euro 2016, pour la première fois de son histoire.

La suite, on l’a connaît. Une hype phénoménale, du clapping, deux matchs nuls contre le Portugal et la Hongrie en poule, puis ce fameux but qualificatif à la 94e minute face à l’Autriche, rendant totalement fou le commentateur Gudmondur Benediktsonn.

 

L’Angleterre sera humiliée à son tour en 8e de finale, avant que l’Islande se fasse vaillamment massacrer par l’équipe de France. L’Euro 2016 aura permis de montrer à la planète football que l’Islande existe, et qu’on peut compter sur elle.

 

Heimsbikarinn

Coaché désormais par le dentiste à temps partiel Heimir Hallgrímsson, les insulaires s’avancent vers leur première Coupe du Monde, avec la ferme intention d’envoyer une seconde vague de hype.

Les 23 :

Gardiens de but : 

Hannes Þór Halldórsson (Rander FC), Frederik Schram (FC Roskolde), Rúnar Rúnarsson (FC Nordsjælland)

Défenseurs : 

Birkir Sævarsson (Valur), Samúel Friðjónsson (Vålerenga Fotball), Sverrir Ingi Ingason (FK Rostov), Ragnar Sigurðsson (FK Rostov), Kári Árnason (Aberdeen FC), Hólmar Örn Eyjólfsson (Levski Sofia), Hörður Magnússon (Bristol City),  Ari Skúlason (KSC Lokeren)

Milieux de terrain : 

Jóhann Berg Guðmundsson (Burnley FC), Birkir Bjarnason (Aston Villa), Gylfi Sigurðsson (Everton FC), Ólafur Skúlason (Kardemir Karabükspor),  Aron Gunnarsson (Cardiff City), Rúrik Gíslason (SV Sandhausen), Emil Hallfreðsson (Udinese), Arnór Traustason (Malmö FF)

Attaquants :

Albert Guðmundsson (PSV Eindhoven), Björn Sigurðarson (FK Rostov), Alfreð Finnbogason (FC Augsbourg), Jón Daði Böðvarsson (Reading FC).

Pourquoi on peut croire à un parcours fantastique ?

  • Parce que l’Islande n’est plus à une surprise près
  • Parce qu’on n’a pas eu notre de dose de clapping
  • Parce que Gylfi Sigurðsson, Albert Guðmundsson et surtout Alfreð Finnbogason, c’est un potentiel sexyness inatteignable
  • Parce que c’est le plus petit pays à participer à une Coupe du Monde
  • Parce que niveau climat, on aura l’impression de jouer à la maison

Pourquoi on va se faire éclater et ne pas passer les poules ?

  • Parce que la hype est totalement passée, et que l’effet de surprise est mort et enterré
  • Parce qu’on a quand même un sacré gros groupe de sacs à merde : Argentine, Croatie et Nigeria
  • Parce que Messi va prélever les reins de la moitié de l’effectif dès le premier match
  • Parce que le coach a oublié sa valise en Islande.

 

La Nalyse

Dans le « groupe de la mort qui tue la vie, la bouffe, la recrache et urine dessus », tout le monde aura ses chances derrière l’Argentine. Rêvons même que l’Argentine se troue et que chacun ait le petit bonheur d’aller chercher la première place. Car le Nigeria a l’expérience des Coupes du Monde. Car la Croatie a un effectif taillé dans la haine des Balkans. Car tout est possible bordel, c’est la Coupe du Monde.

Quoiqu’il arrive, si l’Islande se fait ouvrir face à l’Argentine dès le premier match, l’objectif ultime sera un service rendu à toutes les autres nations : se faire Lionel Messi.

 

Farðu til Íslands !!

 

Jens Salymonkhalsson

 

Jens Salymonkhalsson

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