Troyes-AC Ajaccio (0-0) : I Sanguinari fêtent le maintien

Pour la 38e journée de Ligue 2, l’AC Ajaccio se déplaçait au stade de l’Aube de Troyes pour un croustillant ESTAC-ACA, qui pouvait être synonyme de maintien ou de barrage pour les Ajacciens. Nous avons l’honneur de vous annoncer que la première option a été validée par les joueurs. Voici donc le compte-rendu de notre dernier déplacement de la saison.

Survivre ou mourir ? Les membres d’I Sanguinari présents à Troyes avaient plutôt décidé de bien vivre. Mais pas trop non plus. Plutôt que de tous nous retrouver dans un pub sympa de la vieille ville de Troyes, on a décidé de se rejoindre dans un bar miteux du quartier un peu pourri de la gare, pour boire des grandes pintes de Jupiler. Pour ce match si important pour le maintien, des supporters acéistes étaient venus d’un peu partout : Marco de Belgique, Maxime avait séché le boulot pour venir depuis Niort, Adrien avait fait la route depuis Lyon, Vince Per Noi était venu en Blablacar depuis Paris et la 106 était bien évidemment présente.

Marco, arrivé sur place depuis plus longtemps, avait même eu l’occasion de se frotter à la police locale. Pourquoi ? En les voyant passer au loin, il n’a pas hésité à leur lancer des doigts d’honneur, ce qui les a mené à l’interroger sur ses motivations et sur sa présence ici. Sa réponse ? « Je suis venu voir le match. Et je ne suis pas seul, il y a deux bus de hooligans néerlandais qui arrivent ». J’aurais payé pour voir la tête des flics en direct. (Cette information était bien sûr fausse, il s’agissait de l’une des nombreuses macagna [ça te va cette fois, cet orthographe, Antho Tognetti ?] de Marco).

Il est 19h quand nous nous approchons tous du stade et du parking visiteurs. Sur place, impossible de différencier les stadiers des gilets jaunes, très présents aux alentours de l’enceinte. On se gare sur le parking visiteurs et nous nous mettons en quête d’un camion de snack, pour déguster une belle andouillette, la spécialité locale. Après quelques minutes de recherche, on trouve un camion de bouffe, qui s’avère être le même qu’à Auxerre. Tout le monde prend une andouillette, avec beaucoup d’oignons. C’EST DONC L’HEURE DU PREMIER CASSE-CROÛTE ! Et c’est l’occasion de rencontrer quelques spécimens, comme le fils caché de Pascal Duquenne et de Pierre Ménès ainsi qu’un mec qui, sans gêne, nous a avoué : « bon, moi je suis un grand supporter d’Auxerre à la base, mais je préfère venir à Troyes, c’est qu’à 40 km de chez moi alors qu’Auxerre est à 80 km ». C’est quoi, la définition d’un footix, déjà ?

Les + :

  • Une andouillette avant un match de football, c’est la meilleure vie possible
  • Des petits oignons caramélisés à l’intérieur
  • Une andouillette fondante, bien cuite et avec du goût
  • Une bière près d’un stade de foot, ça ne mange pas de pain, même si c’est une Kro en canette.

Les – :

  • C’est pas le meilleur pain de l’année, mais qu’est-ce qu’on aime le gras, quand même
  • Une seule andouillette coupée en deux dans un si grand sandwich, c’est peu. On en aurait aimé deux.

Aux alentours de 20h, nous nous présentons à l’entrée du parcage visiteurs. Première mauvaise surprise de la soirée : la place y est à 10 euros, contre 5 dans la plupart des autres parcages de Ligue 2. Soit. La fouille se passe bien, avec l’éternelle question : « ça veut dire quoi I Sanguinari ? » au moment où l’on déploie notre bâche au contrôle. Vient ensuite le temps de bâcher, de s’imprégner de l’ambiance et de prier. Sur la pelouse, le speaker nous souhaite la bienvenue et souhaite un « Joyeux anniversaire à Jean Boudin ». Si tu nous lis, Jean Boudin, coucou et surtout bon courage. Toujours sur la pelouse, nous voyons Manufrankin et Vadim avec des chasubles de la LFP indiquant « producteur délégué », alors qu’ils sont en fait juste des supporters de l’ACA venus de Paris. Grâce à une astuce que je ne vous divulguerais pas ici, ils ont réussi à se faufiler sur le terrain, au bord de la pelouse, en tribune de presse, en espace VIP et dans les vestiaires, au plus près des joueurs. Ils ont bien essayé de venir nous rejoindre à la mi-temps, en demandant à des stadiers de les accompagner jusqu’au parcage pour y « faire une interview » (sic), mais les stadiers sont revenus les chercher quelques minutes plus tard en leur lançant « vous vous foutez de notre gueule là ? C’est plus une interview que vous faites, c’est un documentaire ! ».

Avant cet épisode, nous avons eu droit à un show de pom-pom girls mineures et obèses et à la fameuse réplique qui revient souvent chez nous : « Oh arbitre, oh PD, siffle, c’est fini », prononcée dès 1min56 de jeu par un Vince Per Noi très stressé. La première période est très médiocre entre les Troyens et les Ajacciens, les deux équipes ne se livrant que très peu : il faut dire qu’un 0-0 convient aux deux équipes. À la pause, Benjamin Leroy nous demande les résultats des autres matchs avant de rentrer au vestiaire. Et nous, nous nous dirigeons immédiatement vers la buvette. C’EST L’HEURE DU VRAI CASSE-CROÛTE !

Les + :

  • En arrivant dans le parcage, le responsable de la buvette était venu nous voir pour nous annoncer : « On suit un peu vos aventures, donc on a décidé de vous offrir une boisson gratuite à la mi-temps, n’hésitez pas à venir la réclamer ». Ce qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Merci à l’ESTAC pour cette douce attention.
  • Dans l’immense buvette située sous le parcage, on retrouvait une multitude de choix de sandwichs froids, de boissons, de chips et même de snacks sucrés.
  • Il y avait des M&M’s et des Kinder (Country et Bueno) à la vente
  • Mon choix s’est porté sur un sandwich au thon. Et il était très bon et très frais, avec de la salade, des tomates et même des œufs ! Très rare de trouver tout ça dans un sandwich de parcage.
  • Rien à redire sur le pain.

Les – :

  • Toujours pas de bière en parcage
  • Le sandwich était trop salé

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Ligue 2 : 3,5/5. La buvette du parcage visiteurs du stade de l’Aube est l’une des meilleures de Ligue 2. À la gentillesse des personnes y travaillant, on peut ajouter les produits de qualité et un choix important. La gratuité de la boisson est un geste appréciable mais ne serait-ce pas une technique dissimulée pour apparaître au mieux dans notre classement de fin de saison ? Nous ne le saurons jamais. Et de toute façon, on s’en bat les couilles.

Nouveauté cette saison : on va également noter les… toilettes des stades de Ligue 2. Alors faites attention, les photos peuvent choquer les âmes les plus sensibles.

Les toilettes du parcage visiteurs du stade de l’Aube ne sont pas très propres. À l’image de cette pissotière remplie d’un liquide foncé et jaunâtre qui n’est pas du Fuze Tea (on vous laisse deviner de quoi il s’agissait). Des dépôts de tabac y flottent même à la surface. Le reste est plutôt bof et moche, comme ce mur de stickers à moitiés décollés où figurent des graffitis moches et pour la plupart incompréhensibles. Du côté du confort, il n’y a pas de PQ, ni de savon, ni d’eau chaude, ni de serviette, ni de torchons. Au vu de la buvette, on s’attendait à des toilettes de meilleur standing. Déception. Note : 1,25/5.

Vince Per Noi n’était sans doute pas allé visiter les chiottes en première période quand il nous a dit, à la 56e minute : « Je reviens les gars, je vais chier, j’en peux plus ». Heureusement, il est prévoyant : il avait des mouchoirs sur lui. Voici à peu près la seule attraction de la deuxième mi-temps (avec les « Troyes, capitale de l’andouillette !! », lancés par Adrien au mégaphone), passée à regarder le score des autres équipes à la lutte pour le maintien. De toute façon, sur le terrain, il n’y avait pas grand chose à voir. Aux alentours de 22h30, l’arbitre de la rencontre siffle la fin du match. Les joueurs acéistes se retrouvent tous autour d’un téléphone portable pour suivre en direct la fin des autres rencontres. Et enfin, c’est la délivrance : l’AC Ajaccio termine 17e et se maintient officiellement en Ligue 2, à la dernière journée. C’est l’explosion de joie sur le terrain et en tribunes. La totalité des joueurs vient longuement nous saluer, le préparateur physique pleure de joie, Benjamin Leroy embrasse avec fougue le blason de l’ACA. On saute, on crie. On est heureux, tout simplement.

J’avais oublié de vous le dire, mais on a eu la chance d’assister au dernier match (probablement) de Benjamin Nivet chez les pro. Pour cette occasion, des masques à son effigie avaient été préparés et distribués dans tout le stade, une ovation a été lancée à la 10e minute et un hommage spécial était organisé dès le coup de sifflet final. Malheureusement, nous n’aurons pas l’opportunité d’y assister jusqu’au bout : les forces de l’ordre sont venues nous demander de partir expressément, sans aucune raison (si ce n’est celle de partir plus tôt en week-end plus tôt), avant la fin.

Une fois virés du parcage visiteurs, nous nous sommes retrouvés, nous supporters de l’ACA, près du bus de l’ACA, pour faire un petit signe à notre équipe avant les vacances. L’occasion de fréquenter les gratteurs de maillots, ces mecs qui réclament des maillots ou des shorts à tout le monde, même s’ils ne sont pas de leur équipe. De notre côté, l’intendant Dédé nous fait une petite distribution de shorts pour nous remercier une dernière fois alors que Claude Gonçalves, ancien Acéiste désormais à Troyes est venu m’offrir son maillot. Voilà, il est 23h30 et il est l’heure de quitter Troyes et de dire adieu à cette saison 2018/2019. Vous saurez tout sur cet exercice rempli d’émotions très bientôt dans notre bilan de la saison.

En attendant, le retour s’est fait tant bien que mal, avec une arrivée à 4h du matin, après avoir failli écraser des renards, des renardeaux, des sangliers (pour le coup, c’est plutôt eux qui auraient écrasé la 106), un chat et un chevreuil. De côté de Vince Per Noi, c’est plutôt lui qui a failli se faire culbuter par une Brésilienne avec une bite vers Aquaboulevard.

Perfettu

PS : à titre personnel, je tiens à remercier les nombreux supporters de l’ESTAC qui sont venus me trouver pour me féliciter, pour m’encourager ou pour discuter. Merci à tous pour les cadeaux, l’écharpe, les gobelets, les stickers et les gentils mots. Excellent accueil général, merci beaucoup !

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

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