Uruguay – Arabie Saoudite (1-0 ) : La Tupamaros Academia livre ses notes.

Ola hermanos,

un nouveau combat, une nouvelle lutte des classes à l’échelle mondiale s’est engagée contre l’ennemi du monde libre. Nous qui ne prônons par-delà civilisations et peuples unis face à l’infâme mécanique capitaliste que l’émancipation des opprimés, minorités et autres déclassés, avons déclaré la guerre à l’Arabie Saoudite, royaume (quelle horreur décidément que la féodalité – voyez ici l’exemple militarisé égyptien) faussement progressiste écrasant les femmes, soumettant son peuple à une loi religieuse inique et imposant une guerre scélérate à ses voisins afin d’asseoir sa puissance régionale expansioniste. Rien de tout cela ne restera impuni.


Le match.

Le sacro-saint « réalisme » prôné par les capitalistes a changé de camp lors de ce match pour se placer du côté des courageux communistes et écraser les vilains ennemis de la démocratie participative. Dès la 23e minute, tout le monde se troue surtout le gardien sur un corner de Sanchez et Suarez n’a qu’à pousser le ballon au fond dans le soupirail de l’égalité ! 1-0.

Les vaillantes force tupamaros ont eu bien peu d’occasions dans ce match pour lequel tout le monde s’attendait à une domination écrasante. Peu nous importe, car nous finissons en définitive par renvoyer ces odieux affameurs à leurs dunes et à leurs puits de pétrole injustement spoliés au peuple dépossédé de ses ressources légitimes.

La lutte doit rester labeur, camarades. Trop de facilité amollit les corps et les esprits, jusqu’à nous replonger dans de troubles travers. Ne doutez pas du bien fondé de votre combat et enfoncez votre fourche dans la veine gonflée de cholestérol du propriétaire lucratif. Hasta la muerte !


Les notes.

Muslera 3/5
Habile dans ses sorties, il n’a pas souffert du torrent de flammes que les royalistes lui promettaient.

Gimenez 3/5
Parfois dépassé en vitesse par la vivacité suspecte des Saoudiens, il a toutefois démontré une détermination brute à affronter de bien timides attaques, campé sur ses deux pieds tel un féroce combattant de la liberté.

Godin 4/5
Le camarade Godin a dit aux oppresseurs « vous ne passerez pas » et les oppresseurs ne sont pas passés.

Caceres 2/5
Son profil est défensif, exclusivement défensif. Seulement l’excuse du mauvais pied est-elle recevable ? Vous devez pouvoir être latéral gauche le matin, gardien à midi et coach le soir, compagnon !

Varela 3/5
Impliqué par intermittence au pressing, sans être ni flamboyant offensivement, ni inquiétant défensivement.

Bentancur 3/5
Encore et toujours au faîte de l’action concertée. Son implication dans la transversalité de la lutte et le bon fonctionnement de l’union de la collectivité est primordiale. Un camarade précieux !

Vecino 2/5
Afin de se singulariser, il s’est essayé au jeu long. Le comité de salut public l’a vite appelé à regagner son anonymat. Remplacé par Laxalt (75e)

Sanchez 3/5
Bourrin, pas fin, mais lui au moins parvient à déborder. En dépit de son raté impardonnable sur un centre exceptionnel de Cavani, il a apporté beaucoup de soin à tenter de déséquilibrer le bloc de la honte adverse. Remplacé par Nandez (83e).

Rodriguez 2/5
Pas décidé à faire autre chose que bloquer son couloir et allez porter le ballon dans l’axe, on ne lui reprochera pas néanmoins un manque d’application dans les glorieux desseins du socialisme réel, mais c’est clairement pas avec lui qu’on renversera des Saramane. Remplacé par Toreira (57e).

Suarez 3/5
Au bénéfice de son but, il empoche les trois points de la moyenne bien péniblement. Pas que ses matchs soient décevant : il est juste…lui-même. Et c’est un terrible aveu d’échec d’essentialiser ainsi un individu humain, de figer son idiosyncrasie dans une éternité tragique. Mais l’on a beau mettre nos meilleurs dialecticiens sur le sujet, personne ne parvient à tirer un constant différent : Luis Suarez est et restera une grosse tête de con.

Cavani 3/5
Rarement mis dans de bonnes conditions par ses coéquipiers, on le voit forcé à travailler seul. Ce qui est inadmissible dans le cadre de notre lutte, mais qui permet d’admirer son élégance.

Substitutos.

Toreira NN
Très belle entrée avec de l’allant, des projections, de la grinta et des retours défensifs désespérés. Un fier compadre sensible à la cause jusqu’au bout des crampons.

Laxalt NN
A manqué une belle occasion et rendu quelques ballons. On ne lui souhaite pas d’ouvrir un salon de coiffure malgré son catogan dégueulasse (vos réponses en commentaire seront hilarantes, nous n’en doutons point).

Nandez NN
Ola cabron.


Avec 6 points, les Tupamaraos figurent en bonne voie position pour s’extraire victorieusement de l’enfer des poules. Mais la lutte pour la première place du groupe ne se fera pas sans damer le pion à l’hôte russe, ancienne source d’inspiration historique et actuelle terre de délabrement de l’idéal collectiviste. Toutefois, nos têtes pensantes restent ouvertes au dialogue avec les partenaires politiques de bonne volonté. Il se pourrait donc que des négociations s’ouvrent avec nos homologues slaves. En attendant ce moment, n’abandonnez rien de votre combat ! Libertad o muerte !

Diego Guedin

Présent sur tous les fronts révolutionnaires sud-américains depuis les premiers soubresauts zapatistes, Diego Guedin joue les agitateurs partout où il passe. Il a choisi la voie populaire du football pour faire valoir les droits du prolétariat qui travaille ses centres à l’aide de ses mains calleuses.

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