Bon appétit Pelé : Parie-Maule fait mariner nos coeurs

(Episode 7/32) Après avoir excité nos papilles tout au long de la Coupe du Monde 2014, Parie-Maule revient munie d’un défi de taille : vous proposer une recette par jour, une pour chaque pays qualifié. Aujourd’hui, exceptionnellement, nous allons vous parler abats, pour une recette suédoise péruvienne.

Hébonjour les amis,

Alors là je vais vous parler d’une recette péruvienne qui me tient à cœur, et justement ça tombe bien qu’elle me tienne à cœur, hein, parce que c’est de cœur dont il s’agit. Ça s’appelle des anticuchos de corazon et ça fait fureur là-bas. Pour une fois, c’est pas une recette que j’ai cherchée pour l’occasion, ça fait quelques années déjà que je voulais l’essayer. Je me souviens, c’était un été à Lalbenque, et là j’ai Gustave, du hameau d’à côté, qui vient chez moi me demander conseil. C’était un Néerlandais qui avait emménagé depuis quelques semaines juste à côté de chez lui, et, boudu excusez mon langage, mais c’était un de ces casse-couilles le Batave, bouducon, vous avez pas idée. Et vas-y que je gueule parce que le tracteur y pollue, et vas-y que le coq il chante trop fort, et vas-y que Madame elle a chopé le coup de soleil parce que quand Gustave a abattu son platane elle pouvait plus faire la sieste à l’ombre…

Le Gustave, c’est un sanguin, hé, il était prêt à décrocher la carabine mais j’ai réussi à le calmer. Et puis là, bouducon, c’est là que je me suis souvenue de l’album de Tintin que mon petit neveu il avait oublié à la maison, dedans il y avait un sacrifice humain. J’ai dit à Gustave : « hébé voilà, c’est ce qu’il faut, faut trouver un Péruvien, il va faire le boulot à ta place ». Bon, le problème, c’est que des Péruviens y en a pas des caisses à Lalbenque, alors qu’il y a plein de Néerlandais. Des fois je me dis que c’est dommage, si on avait des Péruviens à la place des Néerlandais ça nous arrangerait. Ah bah non, je suis conne moi, si on n’avait plus de Hollandais on n’aurait pas besoin de Péruviens pour leur faire des sacrifices humains, je suis conne, moi. Bon, de toute façon, Gustave il a résolu le truc sans me prévenir, un matin il en a eu marre et il a plombé la caravane du Néerlandais à la chevrotine à sanglier. Bon, la juge est une cousine éloignée, on a arrangé du sursis contre une année de canards gras offerts, et le Néerlandais a plus jamais remis les pieds chez nous. Ouine-ouine-dile, finalement.

 

Hébé du coup, je me suis retrouvée avec toute ma documentation sur le Pérou qui me servait plus à rien, y compris la recette de ces anticuchos de corazon. Hébé vous savez quoi ? On va les faire ensemble, maintenant.

 

Anticuchos de corazon

1 cœur de bœuf nettoyé, dégraissé, dénervé. Vous demandez ça à votre mère ou votre boucher, ils sont payés pour et ça leur fait plaisir.

1 cc piment, 1 cc cumin moulu, 2 cc origan

3 gousses d’ail haché

100 ml vinaigre

1 piment péruvien aji panca séché et moulu, ou à défaut un piment doux

Sel

Vous commencez par mélanger l’ail, les épices et l’origan avec le vinaigre, vous salez le tout à votre goût. Ensuite, vous coupez le cœur de bœuf en dés de 3 cm environ. Hébé oui, là vous allez devoir le faire vous même ; petite nature, va, vous n’avez qu’à penser que c’est un Néerlandais si c’est plus facile. Heu, j’y pense maintenant, vous êtes pas néerlandais au moins ? Habé non, je suis conne, les Néerlandais c’est comme les Italiens, y sont pas là. Bon.

Vous mettez les morceaux de cœur dans la marinade – té, c’est romantique comme phrase, ça, bouducon, je peux pas m’empêcher de chanter maintenant, « tuuuu as mis mon coeuuuuur, en marinâââde ». Con, je suis poète quand je m’y mets, des fois. Vous laissez mariner 2h au moins, toute la nuit c’est mieux (c’est dingue comme ça reste bien en tête, ça, « tuuuu as mis mon coeuuuuur, en marinâââde »).

Pour vous mettre dans l’ambiance, vous vous réveillez avec ce petit morceau typique que m’a amicalement transmis notre ami académicien Jean-Elcon d’Orpissa. Moi, ça m’a mis la patate pour la journée, hé.

Bon, c’est pas le tout, faut s’y remettre : vous sortez le cœur de la marinade (… la marinââââde), vous le piquez sur des brochettes et vous les faites bien cuire de tous les côtés (au barbecue, à la braise, à la plaque de cuisson… je suis pas sectaire, hé). Ca se déguste avec des pommes de terre, du maïs et de la sauce aji.

Eh là vous me dites : « bouducon, c’est quoi la sauce aji » ? Hébé c’est ce que je vais vous expliquer maintenant.

Bonus : la sauce aji, une amie qui vous veut du bien

Oui, pour les parigots, hein, le calembour du dessus il marche si on prononce comme il faut, hé : « arrrhhi ». Alors, la sauce aji :

2 piments forts (type « rocoto rouge », pour les puristes)

1 gousse d’ail hachée, 1 oignon rouge émincé

2 cs huile végétale

3 branches de cive

10 grains de poivre noir, 1/2 cc sel

Alors, vous ôtez les pépins et les filaments des piments. La tradition péruvienne, c’est de se frotter les yeux juste après, ça porte bonheur il paraît.

Hé…

Vous êtes toujours là ? Je plaisantais, hé, faut pas être premier degré comme ça. Bah oui, vous pleurez, hébé qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse, pas ma faute si vous comprenez pas l’humour, hé. Une fois que vous avez débarrassé le piment de ses trucs, là, vous émincez finement les cives, en séparant le vert du blanc. Vous faites revenir doucement l’ail et l’oignon dans 1 cs d’huile, puis vous ajoutez les morceaux de piments, les grains de poivre, le sel, et la partie blanche des cives. Vous faites fondre doucement pendant 8 minutes puis, quand tout est bien cuit, vous laissez refroidir.

Vous mettez tout ça dans un bol, vous ajoutez une cs d’huile et vous mélangez. Vous zavez le droit de passer ça au mixeur pour que la texture soit plus fluide. A la fin, vous décorez avec le vert des cives, parce que les oignons, hébé c’est comme la Ligue 1 : le vert sert juste à décorer.

Et sur ce, je vous souhaite de bonnes brochettes et vous dis : bon appétit bien dur.

Parie-Maule.

Parie-Maule Pelé

Experte cunilaire à tendance footballistique, secrétaire perpétuelle de la confrérie de la truffe et du canard gras de Lalbenque (Lot).

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