La PL Academy vous présente la neuvième journée.

Cette fois, la gueule de bois ne vient pas d’un énième match de bouchers arrosé de mauvaise bière. Le goût de terre et l’odeur de pluie ne sont pas le résultat d’un Fulham – Everton boueux, mais de celui d’un bout de planète qui s’est arrêté de tourner. Aujourd’hui est un jour de deuil mondial pour le football. En Angleterre, Maradona est probablement aussi reconnu pour son génie que honni pour cette main fatale qui sortit son équipe du match et ensuite de la Coupe du Monde 1986 (ils auraient perdu en demi, de toute façon). Humblement, la Premier League Academy tient à rendre hommage au footballeur incomparable que fut l’Argentin, sans omettre le génie, au sens propre du terme, que cet homme trop rare a incarné. Farewell, Diegôche.
Heureusement qu’on a vu les matchs avant ça : l’œil spectateur aurait été encore plus trouble que d’habitude.


Newcastle 0 – 2 Chelsea

Déjà que Chelsea, c’est difficile à supporter, si en plus Lampard se met à gagner… Ça va devenir encore plus pénible que quand Lampard gagnait en tant que joueur, c’est dire.
Victimes du jour : les Magpies. Newcastle a très mal démarré et même mis directement Chelsea sur les bons rails : côté droit, Mason Mount a centré ; côté gauche, Chilwell a poussé Fernandez lequel, sous la pression, a marqué contre son camp. Ce serait bien joué si cela avait été un Scouser mais comme c’est un Blues londonien, c’est de la saloperie. A part un Allan Saint-Maximin un peu remuant mais pas trop, Newcastle a montré une première période bien triste. En seconde, Hayden et Joelinton ont raté de peu l’égalisation. Conséquence : Chelsea a fait le break sur une chevauchée pas si fantastique que ça de Timo Werner, lequel a décalé au bout du contre Abraham. Oui, Werner remonte tout le terrain mais oui aussi, la défense de Newcastle est digne de la PL (Promotion de Ligue). Longstaff et l’inénarrable Andy Caroll tenteront de réduire le score, sans succès.
Chelsea, troisième, accueillera Tottenham, leader, pour un match qui vaudra son pesant de cacahuètes. Newcastle, quinzième, ira à Palace.


Aston Villa 1 – 2 Brighton

Les Villans, convaincants en tout début de saison, semblent caler et alternent le bon, le moins bon, et le pas bon. En face, Brighton mériterait sûrement un peu mieux que leur seizième place au coup d’envoi.
Le match a parfaitement commencé pour Brighton et ce pour deux raisons : Danny Houellebecq a réussi son un-contre-un en bout de course face au gardien et ouvert le score ; Ross Barkley, homme de base de Villa, est sorti blessé. Le reste de la première période a vu les Villans tenter et tenter mais surtout louper à l’image de celui qui s’appelle Trezeguet mais qui n’en a pas la classe à l’état pur. Les boys de Birmingham ont logiquement égalisé à la reprise par l’intermédiaire de Konsa mais un intérieur du pied appliqué de March a remis Brighton devant. Une fin de match dramatique (au sens premier) a animé les débats : temps additionnel, Aston Villa pousse, obtient un pénalty. La VAR intervient. Michael Oliver va voir les images. Pas pénalty. Chacun jugera mais ce n’est qu’une pierre de plus dans l’édifice branlant de la vidéo.
Brighton gagne son deuxième match de la saison et prend de l’air avant d’accueillir Liverpool. Villa redescend un peu en septième place.


Burnley 1 – 0 Crystal Palace

Est-ce qu’on doit vraiment faire semblant d’avoir vu le match ? De se réjouir du but de Chris Wood, consécutif à une action rappelant les plus belles heures du kick and rush (un long ballon repris par Jay Rodriguez, dont la remise contrée parvient jusqu’au buteur kiwi) ? De saluer la performance de Nick Pope, dont on a entendu qu’il avait réalisé une grande partie ? De rappeler que Roland Gromerdier est le cerveau de la Jouzé Académie ? Je ne sais pas, je ne sais plus.


Fulham 2 – 3 Everton

L’une des équipes les plus impressionnantes depuis le début de la saison qui se déplace chez des Cottagers déjà en train de budgétiser leur descente, tout était réuni pour une boucherie. D’autant plus quand Calvert-Lewin ouvre le score après moins de quarante secondes de jeu. Mais tel Constantin XI refusant de se rendre aux Turcs en dépit d’une infériorité numérique criante, Fulham se bat avec l’énergie du désespoir et Bobby Reid égalise au quart d’heure de jeu. Sauf qu’à l’instar des Byzantins, dont les croisés avaient déjà pillé les richesses, les Cottagers n’ont pas les moyens de se défendre et reprennent rapidement deux buts supplémentaires du même Calvert-Lewin puis d’Abdoulaye Doucouré. L’éternel espoir Ruben Loftus-Cheek aura beau réduire le score à vingt minutes de la fin, le sort de Fulham est déjà scellé et la dix-huitième place à eux réservée. Les Caramelsmousdégueulasses remontent pour leur part au sixième rang.


Liverpool 3 – 0 Leicester

Ah ça, parfois, les Reds n’ont pas envie de niaiser. Et quand cela arrive, gare à ceux qui se trouvent en face. Manque de pot pour les Foxes : cette fois-ci, c’était pour leur tronche.
Après dix minutes équitables, Liverpool a mis la machine en route pour ne plus s’arrêter. Un rouleau-compresseur duquel les hommes de Brendan Rodgers n’ont su s’extirper. Sur un corner, Jonny Evans a marqué de la tête contre son camp : ça arrive mais on a toujours l’air un peu con. Une ouverture du score méritée tant les Foxes ne voyaient pas le jour et Liverpool faisait le siège. La première période est toute entière du même tonneau : si Mané et Firmino ont manqué plusieurs fois de faire mouche, Diogoal Jota a répondu, encore, toujours, présent en reprenant de la tête un superbe centre de Robertson. 2-0 à la pause. Et les 45 minutes suivantes ont été du même acabit : monopolisant le ballon et privant Leicester de toute sortie propre du ballon, les Reds n’ont pas baissé en intensité. Après avoir touché le poteau deux fois et manqué quelques grosses occaz’, Bobby Firmino s’est finalement joint à la fête d’une tête sur corner.
Un gros Liverpool qui n’est pas sans rappeler le match face à Leicester en décembre 2019 quand, déjà, les Reds avaient écrasé des Foxes (0-4) pourtant en haut du classement. Malgré de nombreux blessés, Klopp et ses hommes enchaînent un 64e match sans défaite à Anfield en PL et sont en tête avec Jouzé. Leicester devra se relancer à domicile face à Fulham.


Manchester United 1 – 0 West Bromwich Albion

Petite, toute petite victoire de MU contre un club qui ne lui réussit habituellement pas. C’est donc bien qu’il y a du progrès mais s’il se lit au score, il ne s’est pas beaucoup vu dans le jeu.
Il a fallu batailler dur contre une des seules équipes de Premier League à n’avoir toujours pas gagné, l’objectif de United en ce 21 novembre étant de remporter sa première victoire à domicile cette saison. Fin novembre. À un mois du Boxing day. Première victoire à domicile. Mais non voyons, ce n’est pas gênant.
Si les Mancuniens peuvent remercier De Gea, auteur d’un excellent match, les West Bromiens peuvent eux pester contre leur déveine et consoler leur propre gardien, Sam Johnstone, qui multiplie les performances de haute volée depuis le début de saison et se voit malheureusement fusillé plusieurs fois par match en raison d’une défense régulièrement prise de vitesse. Si le portier formé à United a tout donné, il n’a pas pu faire grand chose sur le penalty offert à Bruno Fernandes. Un premier arrêt lui a immédiatement été refusé parce qu’il avait quitté sa ligne avant le tir, la suite ne lui a pas été favorable.
United frappe enfin à la porte de la première partie de tableau (sans toutefois y entrer), West Brom ne peut pas s’enfoncer beaucoup plus.


Wolves 1 – 1 Southampton

En confiance après six matches sans défaite, les Saints débarquent au Portugal avec l’ambition de prendre place sur le podium. Malgré quelques occasions mendesistes, notamment par le biais de Nelson Semedo, les hommes de Ralph Hasenüttl (je désespère d’arriver à écrire et/ou prononcer son nom un jour – nous aussi – NDLR) pensent réussir leur pari quand à l’heure de jeu, ce bel homme de Theodore James Walcott ouvre le score sur un centre de Che Adams. Mais un quart d’heure plus tard, Moutinho sert Raul Jimenez à l’entrée de la surface. Le Mexicain trouve le poteau, lequel adresse une merveille de remise à Pedro Neto, qui n’a plus qu’à conclure. Les Loups ne quittent pas la neuvième place, Southampton demeure pour sa part à la Saintquième place.


Spurs 2 – 0 Manchester City

Après avoir fait de Chelsea un grand club, le Mou parviendra-t-il à rééditer l’exploit avec les Spurs ? On peut légitimement se poser la question tant le début de saison de son équipe est impressionnant. Leader au terme de neuf journées, le Tottenham d’un Heung-min Son qui n’a pas attendu la cinquième minute pour ouvrir le score n’a semblé faire qu’une bouchée du City de Pep, toujours à cours d’intensité et, plus étrange penseront certains, d’idées.
À une défense toujours fiable et un milieu mené par le magnifique Pierre-Emil Hojbjerg, les Skyblues n’ont rien su opposer de probant à part une possession stérile que seul Kevin De Bruyne, au four et au moulin, a tenté de faire fructifier.
Pep peut bien pester contre les blessures, l’absence de pré-saison, la forme des nuages ou la brillance de son crâne, il n’y arrive pas et son équipe déjoue régulièrement, laissant croire qu’elle est à sa place à ce treizième rang. Cela ne devrait pas durer trop longtemps (on peut déjà imaginer des transferts mirobolants dès le marché hivernal), en tout cas on le souhaite à Pep et à son football offensif qui accuse pour l’instant une différence de buts négative.
En définitive, à part pour ceux qui refusent obstinément la perspective sus-mentionnée de voir Tottenham entrer dans la cour des grands, cette seconde défaite est une bénédiction pour les adversaires directs de City.


Sheffield 0 – 1 West Ham

Il ne fallait pas trop aimer le football pour regarder ce match du dimanche après-midi tant chandelles défensives, passes en touche, contrôles américains et tacles en retard ont failli avoir raison de l’attention du spectateur exigeant (non, nous n’en sommes pas – vous nous connaissez).
Ceci dit, ceux qui ont réussi à résister à l’appel de la sieste ont pu voir quelques occasions, un peu d’action et surtout le beau Declan Rice en action.
Côté Sheffield, on est malheureusement toujours incapable de marquer des buts, ce qui pose un problème quand on veut gagner son premier match, vous en conviendrez. Le plan tactique façon « chaos organisé » qui piégeait presque tout le monde la saison dernière n’a plus vraiment d’effet de surprise pour quiconque, même pour un David Moyes qu’on sait habituellement étonné par un simple courant d’air.
Si Jarod Bowen a tous les airs du croqueur, cela n’a pas été le cas pour Sebastien Haller, qui a expédié une jolie lourde au bénéfice d’un coup de billard un poil chanceux. Cela suffit pour gagner et s’installer un peu plus en première partie de tableau, chose sur laquelle on n’aurait pas parié un penny en début de saison.


Leeds 0 – 0 Arsenal

Vous aviez vraiment cru pouvoir assister à un match intéressant entre deux coachs ambitieux dans le jeu ? C’est ce que vous auriez eu en lançant Leeds-Arsenal sur un simulateur de gestion footballistique. Les hallebardes qui se sont abattues sur la pelouse d’Ellan Road avant et après le match n’ont probablement pas aidé, mais ne suffisent pas à expliquer pourquoi Bernd Leno est le joueur ayant le plus réussi à trouver Aubameyang durant la rencontre. Leeds a dominé la rencontre, s’est procuré une palanquée d’occasions mais Leno et ses montants se sont montrés impitoyables. Cerise sur le pudding, Nicolas Pepe a vu rouge, pour un vilain geste sur Alioski. De quoi donner davantage de velléités offensives aux hommes de Bielsa, mais Bamford et Raphinha ont continué à toucher du bois.

Comme toutes les équipes à la domination stérile, les Whites auraient pu se faire crucifier en contre-attaque, mais Ilan Meslier a parfaitement joué le coup dans son face-à-face avec Bukayo Saka à cinq minutes de la fin, pour éviter à Leeds une défaite injuste. Les Gunners stagnent à la douzième place, les Peacocks trois rangs plus loin.


The table : le complot jouziste porte ses fruits, bien aidés par une myriade d’académiciens prêts à chanter leurs louanges, les Spurs sont en tête du championnat. A l’opposé, si Sheffield continue à descendre comme ça, le record de plongée en profondeur de James Cameron est en danger.

Edgar Allan Poeteau

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