Bayern Munich – Arsenal (5-1) : La Gunners Academy touche le fond

Ou comment passer en cinq minutes du miracle à la bataille des Ardennes.

Salut vous tous,

Compte tenu du délai plutôt long de gestation de cette Acad (vous m’excuserez, j’avais mieux à faire, comme tenter de mettre fin à mes jours), je vous épargne la phase de présentation du match. De toute façon, sauf si vous avez découvert le foot la semaine dernière (auquel cas, je préfère ne pas savoir comment vous avez atterri sur horsjeu.net), vous savez qui est le Bayern Munich, qu’on rencontre cette équipe tous les ans en Ligue des Champions et qu’on se fait systématiquement ouvrir en huitièmes de finale de cette compétition. Entrons donc directement dans le vif du sujet.


ZE MASSACRE :


Comme on pouvait le pressentir, au vu de la composition et de la forme du moment d’Arsenal, le début de match devrait bientôt figurer en bonne place dans les documentaires sur la maltraitance animale. Étouffés par le panzerpressing bavarois, nos hommes n’arrivent tout simplement pas à sortir un foutu ballon de leur camp durant les vingt premières minutes. Sauf si l’on prend en compte certains missiles sol-air bazardés par notre arrière-garde mais, hormis si vous êtes fan d’un club en Championship, vous conviendrez que cela ne compte pas.

C’est donc sans surprise que le Bayern ouvre le score. La manière est encore moins surprenante puisque Robben réalise sa spéciale (les mauvaises langues diront « son seul enchaînement ») : parti de l’aile droite, il rentre sur son pied gauche et enroule sa frappe. Sachant qu’il ne réalise cette séquence que depuis quinze ans, c’est donc tout à fait logiquement que notre défense se fait prendre. Ospina ne peut que saluer en passant le ballon qui file dans la lucarne.

Alors que mes fesses commencent leur numéro de castagnettes, Arsenal rentre enfin dans le match et parvient à sortir la tête de l’eau, d’autant que la défense munichoise, fébrile, nous laisse gentiment nous approcher de la surface de Neuer. Après une première alerte sur un coup-franc pourtant tout mou d’Özil, Lewandowski concède un pénalty en confondant Koscielny et le ballon sur le corner qui suit.

Ah ce pénalty, transformé en trois temps par Alexis Sanchez… Il résume à lui seul la saison du Chilien : je vendange une occasion nette parce que je ne m’applique pas, je rate un truc facile et je réussis derrière un truc impossible. Toujours est-il que, contre toute attente, Arsenal égalise et aurait même pu prendre l’avantage juste avant la pause si Xhaka avait pu placer sa mine en bout de course ou si Neuer n’avait pas fermé l’angle à Özil.

Ah oui au fait, la compo ressemblait à ça.

Encore une fois, le jeu n’y est pas, mais un exploit semble possible. Sauf que l’on parle d’Arsenal, et qu’un huitième de finale avec un scénario positif n’est pas envisageable, et que Koscielny se blesse après une intervention de patron devant Lewandowski.

Je ne m’attarderai pas sur la fin de match, tant dès lors tout est parti en cacahuète : défense aux fraises, milieux incapables de presser et de jouer vers l’avant, des offensifs fair-play qui rendent immédiatement le ballon au Bayern… Dans le quart d’heure qui suit la sortie de Kos, on en prend trois et à l’arrivée, l’addition aurait pu être beaucoup plus lourde sans quelques réflexes miraculeux d’Ospina. Cette équipe a une nouvelle fois lâché mentalement, de façon aussi soudaine que brutale. Hormis certains (on va y revenir), ce n’est même pas le niveau technique qui est en cause, c’est surtout l’incapacité de nos gars à se surpasser dans les grands moments. Quoiqu’il en soit, au vu de ce qu’elle a produit mercredi, notre équipe n’a rien à faire en Ligue des Champions.


ZE BÂCHES :


Ospina (2/5) : Difficile de mettre plus à un gardien qui en prend cinq. Mais David a tenu son rang et nous a évité une honte éternelle grâce à trois arrêts de grande classe. Ne cherchez plus le titulaire pour la saison prochaine.

Bellerin (1/5) : Un joueur peut donc avoir été formé à Barcelone et ne servir à rien offensivement, que ce soit au niveau de son jeu de passe ou de sa capacité à se projeter. Sauf que l’alternative se nomme Jenkinson…

Mustafi (0/5) : Ah quand il s’agit de gueuler sur les coéquipiers mal placés, il y a du monde. Manque de bol, quand dans le même temps tu laisses complètement filer ton joueur, tu passes pour un jambon.

Koscielny (5/5) : Cinquantième minute, l’équipe a remis la marche avant, Lewandowski n’arrive pas à se débarrasser de Kos et l’exploit semble à portée de main. Sauf que le Boss est remplacé par Gabriel (0/5), dont l’humiliation fut telle que même l’IGPN, au vu des images, a proposé de retenir la qualification de viol contre les attaquants adverses.

Gibbs (1/5) :  On a fini le match avec Kieran Gibbs capitaine. KIERAN GIBBS PUTAIN !

Coquelin (1-/5) : C’est pas faute d’avoir essayé, mais il semble évident que le Francis est trop tendre pour la Ligue des Champions. Et pourtant, je reste convaincu qu’on peut en faire quelque chose, à condition de mettre un mec de la trempe de Cazorla à côté de lui. Remplacé par Giroud, qu’on aimerait voir un poil plus tôt quand l’équipe a besoin d’allonger pour se sortir de la mouise.

Xhaka (1-/5) : Il avait l’occasion de montrer enfin l’étendue de son talent et de prendre ses responsabilités au milieu de terrain. A part un énième tacle de salope, on n’a pas vu grand chose, hormis des passes vers l’arrière. Et pourtant, paradoxalement, les deux seules fois où il s’est projeté, l’équipe a failli marquer. La seule chose certaine, c’est que lui et Francis ne se comprennent pas.

Özil (1/5) : On va encore me dire qu’on n’a pas vu Mesut dans un grand match. Peut-être qu’on le verrait s’il avait derrière lui ne serait-ce qu’un milieu capable de relancer proprement. Au hasard un certain Santiago C.

Iwobi (0/5) : Il n’a donc pas (encore ?) le niveau, ni le mental pour ce genre de matches. Il est rentré sur la pelouse avec l’assurance d’un lanceur de couteaux atteint de Parkinson et n’a rien réussi de toute la rencontre. Une certaine Kimberly me souffle que la prochaine fois, c’est peut-être lui qu’il faudrait prêter au Sporting Portugal. Remplacé par Walcott, parce que Tonton a visiblement mal compris la campagne Justice pour Théo.

Oxlade-Chamberlain (2-/5) : Lui aussi a beaucoup tenté, en vain, notamment cette relance suicidaire qui amène le cinquième but. Mais contrairement à d’autres, il a tenté de mettre de l’intensité. Et il est surtout le SEUL (!) à avoir pris le temps de saluer les Away Fans en fin de rencontre.

Sanchez (0/5) : Stop, je n’en peux plus. Que tu pestes parce qu’on ne gagne pas de titre et contre le niveau de jeu de certains coéquipiers, passe encore. Mais dans ce cas, essaye au moins de te montrer irréprochable dans l’attitude. Parce que là, tu goinfres à peu près chaque putain d’occasion pour le plaisir d’aller t’empaler sur trois mecs.


WHAT’S NEXT ?


Pour la première fois depuis son arrivée, Tonton a laissé entendre qu’il n’entraînerait pas forcément Arsenal la saison prochaine. Arsène devrait même être convoqué par Kroenke prochainement. Certains vont donc pouvoir sabrer le champagne : leur rêve va bientôt se réaliser, Wenger devrait quitter Arsenal.

Je vous avoue ne pas spécialement partager cet enthousiasme. J’ai atteint désormais la phase de la résignation, mais je ne m’en réjouis pas vraiment. Le seul exemple à ma connaissance, à savoir le Manchester post Ferguson, ne me fait pas spécialement rêver. Et si c’est pour se coltiner un jour la Mourigne ou, pire, son descendant Diego Simeone, autant s’ouvrir les veines tout de suite. Quel que soit le successeur désigné, je croise les doigts pour qu’au moins les proprio fassent attention à préserver la philosophie de jeu qui est la nôtre depuis une vingtaine d’années (entendre des noms tels que Tuchel me rassure un peu, cela dit). Je suis tombé amoureux d’Arsenal parce que ça jouait d’une manière différente, pas parce qu’on gagnait toujours à la fin.

Enfin, lire certains commentaires de fans à l’égard de Wenger me fout la gerbe. Insulter comme ça le meilleur entraîneur de l’histoire de ton club (et probablement celui qui te l’a fait aimer), c’est le summum de l’ingratitude. Il en est réduit à devoir rappeler lui-même ce qu’il a apporté au club en conférence de presse. Est-ce qu’il a fait son temps ? Oui, c’est probable, comme c’est probable qu’il connaisse la saison de trop. Mais sachant qu’il quitte le club bientôt, il mérite qu’on lui foute la paix et qu’on lui rende hommage à la fin de la saison. Et je lui souhaite de nous faire rêver avec son prochain club (Lyon ?).

 

Johny Kreuz

Johny Kreuz

J'ai autant de clubs de cœur qu'Alex Oxlade-Chamberlain a de neurones. Seul supporter non-basque de Bilbao et Cazorliste convaincu.

5 commentaires

  1. Si Wenger finit à Lyon, je vais être un tantinet plus virulent qu’avec mes « Wenger démission ». Et Sanchez qui se comporte comme Nolan Roux, ça fait mal au fion. Mais à la limite, lui il marque.

  2. Wenger à Lyon, avec Aulas Lacombe Houiller… J’ai rien contre voir des papy s’etriper, j’ai hâte.

  3. Franchement, je salue le courage de l’am kreuz pour avoir noté ce match.

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