Napoli-Arsenal (0-1), la Fuorigrotta académie se réfugie dans la spiritualité et l’opium pour oublier

Par où commencer ? Par une élimination pathétique en Europa League face à Arsenal où sur les deux matchs, le Napoli n’était que l’ombre de lui même ? Ou bien encore par la défaite du lundi soir contre l’Atalanta à domicile ?

Un problème de riche ou de pauvre en l’occurrence, le Napoli est une fabuleuse raison pour céder à sa rage intérieure et faire ressortir sans complexe son côté le plus sombre. Mon instinct initial a été de laisser le monstre sortir, j’ai attrapé la dernière part de pizza (assez ignoble au passage, même pas la consolation d’avoir une Montanara à me mettre sous la dent) et je l’ai jetée sur l’écran de la télé. Un amas de sauce tomate et de mozzarella de synthèse, dégoulinait sur le visage de Lorenzo Insigne pendant qu’il pestait au bord du terrain, sous les sifflets du San paolo après sa sortie. Ce qui me rappelle l’Italie-Allemagne de 2016 où j’ai balancé une poignée de California rolls sur la gueule de Zaza ; un peu comme les Gremlins, il ne faut jamais me nourrir après minuit ou pendant les matchs de football.   

C’est qu’il y avait vraiment de quoi être désespérée. Comme au match aller, Arsenal n’a pas eu à trop pousser pour nous battre. On va parler ici de choses imprécises, revisiter des lieux communs, mais oui on ne peut pas éviter de parler d’envie. C’était simple, il n’y en avait pas du tout du côté des Azzurri. Une attitude de mecs qui partent perdants, comme quand tu n’as pas révisé une seule ligne de cours et que tu te rends à ton partiel en touriste, au petit bonheur la chance. Nous ne pouvons même pas dire que c’était le coup franc somptueux de Lacazette qui ait porté le coup fatal à l’esprit de l’équipe. Non, tout était  déjà d’une imprécision affligeante dès le départ. Des occasions bananées, du déchet dans les passes les plus simples, Lorenzo qui courait et dribblait dans le vide, comme un poulet sans tête, les autres étaient tout aussi paumés ; il restait Kalidou qui essayait tant bien que mal de secouer ses coéquipiers léthargiques. Sur certaines actions (surtout quand Callejon recevait le ballon), je peux jurer sur la tête de Sarri que j’ai eu des gros blackout, trou noir complet, mécanisme de défense interne.

Enfin voilà, c’était triste et cela s’est poursuivi jusqu’à lundi soir avec le match contre l’Atalanta. Match que j’ai regardé que d’un œil, me repassant sur le téléphone les photos de tonton Maurice, pour me rappeler des temps plus heureux. Ses crises de colère sur le banc, ses mégots dégueulasses au coin de la bouche, son jeu en triangle, oh le temps des triangles, le temps des « Poto, je peux te faire une passe à 20 m les yeux bandés tranquille ».

Master 2 montage photo

LA PARTITA :

Source : Google actu

Et Alexandre le grand marcha sur Naples

Comme je disais plus haut, il n’y a même pas eu une once de suspens. De la bananade pendant une demi heure, Insigne et Milik (l’esprit invisible qui hante parfois le San Paolo) finissent par se coordonner un peu à un moment quand même, mais sans résultat. Entre en scène Alexandre Lacazette, prêt à tirer son coup franc, il enroule son ballon et c’en est fait de Meret qui reste debout, figé, pétrifié, comme un corps retrouvé dans les ruines de Pompéi, incapable de faire quoi que ce soit.

Meret après le coup-franc de Lacazette ( source wiki)

Callejon quand Kalidou le sert et qu’il est seul dans la surface pour frapper et qu’il se loupe : 

Se triturer la nouille pour n’arriver à rien, allégorie de l’impuissance du Napoli. (Crédit image : SciencePost)

La seconde mi-temps, seuls les Gunners resteront dangereux et ils seront même proches de doubler la mise à travers Aubameyang. Mario Rui sert pour une fois bien Milik, qui se plante et le reste du match sera une purge. Arsenal ayant fait l’essentiel, ferme tranquillement l’arrière boutique et les Partenopei n’auront à aucun moment un sursaut d’orgueil pour remonter les quatre buts, ni même pour planter un misérable but pour l’honneur. Arsenal se qualifie les doigts dans le nez et nous, nous rentrons la queue entre les jambes.

Je ne parlerai même pas de la défaite du lundi soir, car à ce stade là du billet je suis à cours de métaphores pour exprimer mon désarroi. Je trouve maintenant mon bonheur ailleurs, je m’inspire de la sagesse du Mahabharata, le Râmâyana, le Coran, le yoga ou encore le bouddhisme. Si vous me cherchez pour le prochain match de Serie A, je serai au salon d’opium. Vivement la fin de saison !

I VOTI :

Nous ferons simple, j’ai noté tout le monde 1 sur 5. Un point pour la participation, sauf pour Callejon, Zielinski et Milik qui ont 0 et Kalidou qui a 3, parce que bon, le pauvre ce n’est pas de sa faute s’il doit se coltiner tous les autres.

Aurelia De Laurhindiis

8 commentaires

  1. Comme (malheureusement) souvent, c’est dans la défaite que les grandes académies son écrite en lettre de sang et d’excrément. Courage la saison est bientot fini

  2. Cruelle période que nous vivons, j’espère que nous n’assistons pas à la déliquescence du modèle de « développement » de De Laurentiis !
    Nous ne pourrons pas nous attendre éternellement aux faux-pas des milanaises et de la Roma… Forza Napoli sempre comunque e dovunque!

    P. S: Ça fait tellement plaisir d’avoir enfin des billets d’humeur sur l’unica squadra che conta ! Très belle initiative ! Merci de nous représenter comme il se doit ! ?

    • Si ADL avait raflé un titre il aurait pu en être autrement. Aujourd’hui j’ai l’impression qu’il est juste là pour pas perdre plus de pognon. Ça, plus une transition d’effectif délicate entre les années fastes et la situation actuelle (même si vous avez ce qui se fait de mieux ou presque en termes de mister)… Cet été s’annonce décisif pour tout le monde en Italie. Vous comme nous. Pourvu que ça ne laisse pas la place à l’Inter, c’est tout ce que je demande.

      • Belle analyse ! Cependant ADL est effectivement là pour renflouer les caisses de la filmauro (et donc les siennes) en s’imaginant que la champions League est acquise chaque année et depuis cet été il a racheté le Bari en banqueroute qui a déjà réussi à remonter d’un échelon, je crois que pour lui c’est clair, il va reproduire le modèle « napoli soccer » a Bari et donc laisser le napoli se débrouiller (régresser) car il est clair que sans de nombreux investissements structurels au club (centre de formation, terrains d’entraînement, internationalisation de la société et je ne compte même pas le stade), ce napoli ne va pas pouvoir se maintenir éternellement en 2ème position du championnat (malheureusement).
        L’ouverture du capital ou un changement de présidence serait un bien pour l’équipe.

        • Est-ce qu’il serait seulement ouvert à une vente du club ? Et je pensais que la réfection du San Paolo était dans les tuyaux. Après j’imagine que tout devient compliqué en Campanie, dès qu’il y a des histoires de travaux publics engageant de grosses sommes. En Campanie comme ailleurs hein. Quoique, peut-être un peu plus là-bas. Enfin, pourvu qu’il ne fasse pas les mêmes erreurs à Bari niveau pérennisation du club j’entends. Et comme tu disais, la solution passe notamment par un centre de formation digne de ce nom. C’est globalement une catastrophe en Italie.

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