Tottenham – Manchester United (0-1) : La Raide et Vile Academy livre ses notes

Chateau de Luke Seafer, bureau, intérieur nuit
Les épais rideaux de velours sont tirés, laissant la pièce dans la pénombre. Seule les vives flammes crépitant au cœur de la cheminée permettent de distinguer la scène qui se tient devant nos yeux curieux
.

Le maître des lieux a quitté l’imposant fauteuil dans lequel on le retrouve habituellement. Mais pas de panique, il n’est que quelques mètres plus loin, debout sur une méridienne, paré de son plus beau peignoir de satin. Tout excité, il s’évertue à mimer avec de grands gestes face à un interlocuteur quelque peu interlocuté… Euh interloqué.

– « Et là Kane, hop, il tire le coup-franc et David wooop, solide, il capte des deux mains comme ça (il s’envole, s’écrase les côtes sur le dossier et étouffe un cri de douleur). Et juste après, t’as Kane encore, il fait le dribble là, zoup, et il frappe et David, wop wop pied tendu grand écart comme Jean-Claude Van Damme ! Solide la purée de sa mère ! Solide !
– Monsieur, s’il vous plaît…
– Et après c’est Aldervairelles là ou je sais plus comment, il monte sur le corner et…
– Monsieur je suis simplement venu relever le compteur électrique, alors si vous pouviez m’indiquer où il se situe que je puisse poursuivre ma journ…
– Ah c’est comme ça… Ah… C’est à la cave. Suivez-moi. »

On le bench : Romero, Dalot, Fred, Mc Tominay, Pereira, Mata , Lukaku

On l’a lu, on l’a entendu, ils l’ont dit toute la semaine, il s’agissait du premier grand test de la mort pour Ole Gunnar Solskjaer : Tottenham, Pocchetino, Harry Kane, Wembley, Buckingham Palace, King’s Cross, la Tate Gallery… Ok je pose mon Lonely Planet. Mais vous savez ce qu’il en fait de vos tests Ole ? Il prend un stylo, il écrit « l’audace c’est ça » et il se barre.

Et puis il revient, conscient que c’est pas du tout ce qui lui est demandé, s’excuse, fait sa compo, gagne son match et il se re-casse parce que mission accomplie.

Ainsi, face au troisième plus fin tacticien de la Premier League (derrière Guardiola et Klopp, source proche du dossier), mais aussi le moins dépensier du Big 6 (source Barclays), Ole Gunnar n’a pas fait dans la trouille et la prudence : on embête, on presse au maximum et surtout, là où les Spurs ont la manie de susciter la crainte chez leurs adversaires en jouant déraisonnablement haut, Ole a répondu du tac au tac en demandant à Martial et Rashford de rester devant. Ainsi Trippier et Davies d’habitude enclins à partir à l’abordage n’avaient quelque part jamais la conscience tranquille. Surtout cela offrait à United la possibilité de contrer, et vite, comme on l’aime.

Ca n’a pas manqué. Si Tottenham s’est crée une ou deux situations (Winks à la neuvième minute fait n’importe quoi et centre devant un but vide mais pour personne, Harry Kane marque à la demi-heure de jeu mais en position de hors-jeu), Manchester donne l’impression de maîtriser son sujet globalement. Une maîtrise confirmée en fin de première période lorsque Pogba côté gauche, sur une ouverture laser qui fleure bon l’été russe, trouve Rashford gambadant tout devant et qui d’une subtile frappe petit-filet bat Lloris. Dur pour le gardien français qui avait été solide jusque-là.

Évidemment, vous savez tous ce qui s’est passé en deuxième période, car les troubadours parcourent encore les chemins des Royaume d’Angleterre, de France et de Navarre pour conter les exploits du grand David de Gea, le mur, auteur de 11 arrêts.
Les Spurs ont joué leur va-tout, avec un passage en 4-2-3-1 pour étouffer United, ce qui a « en partie » marché. On lit çà et là qu’ils auraient dû au moins arracher le nul sans un immense De Gea… C’est sans doute vrai. Mais au jeu du « what if », on rappellera que United s’est aussi créé quelques occasions de 0-2, notamment par Pogba, rattrapé par une facilité et un sens de l’esthétisme critiquables là où une bonne grosse minasse aurait pu assurer un but.

L’essentiel n’est pas là, David a écœuré, David à dégoûté les Londoniens que ce soit sur le terrain ou en tribunes. Mais le pire dans tout ça, c’est que sur certaines actions et notamment cette chevauchée solitaire de Dele Alli qui se conclut par une frappe sur le portier mancunien (66e), les Spurs ne peuvent finalement s’en prendre qu’à eux mêmes. On pourra toujours débattre sur l’influence d’un gardien, qui à mesure qu’il paraît de plus en plus imbattable peut pousser les attaquants à faire de mauvais choix. Mais quand même…

Quoi qu’il en soit, voilà trois points précieux, trois points significatifs et sur lesquels il va falloir capitaliser. Sur les quatre prochains matches, si ce n’est une visite chez le Leicester de Claude Puel, c’est un calendrier « facile » alors pas d’excuse.

Les Diables

De Gea (5/5) :
Il l’aime le club, tout le monde l’aime en retour, alors arrêtez de chipoter pour 100 000 pounds par semaine, on n’est pas à ça près. Une prolongation.

Shaw (3/5) :
Moi aussi je sais ce que c’est d’être le gros de l’équipe qui court après tout le monde, qui fait preuve de bonne volonté mais qui est quand même vraiment un peu juste (et qui se fait prendre dans le dos régulièrement).

Jones (4/5) :
Promené sur les corners par un Kane roublard (mais heureusement David était là), il n’en a pas moins démérité à grand coups d’intervention rocambolesques qui finissent tête dans la pelouse, comme s’il traquait les taupes. Le Phil qu’on aime.

Lindelöf (5/5) :
Le Suédois marche sur l’eau. Il est autoritaire, élégant, propre, de plus en plus à l’aise à la relance. D’ici trois semaines il résout les désaccords autour du Brexit si on lui demande.

Young (3/5) :
Il y a un an, si on m’avait demandé quel vieux garder dans l’effectif de United, c’est-à-dire Young ou Valencia, j’aurais rigolé mais fort et roulé en faveur de l’Equatorien. Tout va très vite dans le football. A deux doigts de me dire qu’on peut le prolonger encore un an.

Matic (4/5) :
Le pied qui traîne pour faire rager l’adversaire : c’est lui.

Pogba (4/5) :
Assez insensé d’arriver à reprocher à un mec qui en est à 5 assists et 4 buts en 4 matches de ne pas en avoir fait assez, mais oui il a eu une ou deux vraies occasions de tuer le match qui n’ont pas été bien gérées. Reste cette passe. Reste ce talent. Actuellement injouable, même avec un Sissoko (blessé en fin de première mi-temps, il faut le dire) sur le dos.

Herrera (4/5) :
Pas du tout Roy Keane sans sa barbe. Pas du tout. Alors là, haha, non, pas du tout.

Lingard (3/5) :
Soldat rouge. Ce n’est pas un leader technique, mais qu’est-ce qu’il bosse.

Martial (3/5) :
Loin de la réussite de Marcus, Toto essaie pourtant et fait du mal quand il déboule couloir gauche. Les Spurs ont souvent tenté de le serrer à deux bien conscients qu’il peut faire énormément de dégâts. Accroche-toi au football, pas à snapchat s’il te plaît.

Rashford (4/5) :
Born-again striker.

Les Suppôts de Satan

Lukaku pour Martial, 73e (NN) :
Pas simple d’entrer alors que Tottenham pousse vraiment. Jusque-là, rien d’infâmant. En revanche quand ça devient compliqué de conduire le ballon là… Qu’est-ce qu’il se passe Romelu ? Regarde-moi. Parle-moi.

Dalot pour Lingard, 83e (NN) :
Première couche de béton.

Mc Tominay pour Pogba, 90e (NN) :
Deuxième couche.

La bise inferanale,

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

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