Chers tous, inquiétés par mon absence,

Purée, quelle grosse murge. Comme quoi, il ne suffit pas d’écrire un scénario pour qu’il se réalise, tel un démiurge… Devoir subir successivement la défaite française face aux Schleus, puis la qualification des troupes de Neymar le Peléide, a eu pour conséquence sur mon organisme un phénomène grave et très dangereux dans la profession, le décollement du troisième œil ; étant forfait, je suis donc désolé d’avoir été contraint de vous abandonner pour la deuxième journée de quarts de finale, face à l’incertitude et l’injustice du Grand-Tout. Heureusement, la star de fortune de ce pauvre Brésil sans éclat n’est plus de la partie, et revisionner en boucle les radios de ses vertèbres m’a rétabli à temps pour ces demi-finales. C’était sa santé ou la mienne.

Je pourrais donc me tromper ? Est-ce que finalement, l’influence des astres serait hors de ma portée ? Non, c’est impossible. J’ai dû me tromper de France–Allemagne, simplement, le scénario que j’ai décrit devrait bien se produire d’ici 2074. à ce stade-là, je voudrai bien entendre raison et me diriger vers l’asile le plus proche. Je m’inspire de mon ancêtre célébré Nostradamus, qui a minimisé la prise de risque en prédisant une fin du monde cinq cents ans plus tard.

Après avoir célébré l’occision du peigne-cul à casquette comme il se doit, j’ai pu refaire des almanachs. On est dans la dernière ligne droite qui n’intéresse plus personne, hormis les cyniques qui veulent une victoire du Brésil pour endormir les consciences révoltées du pays, les traîtres à la nation qui se sont découvert des origines allemandes subites, et les Messix assez pervers pour vouloir revivre le Maracanaço à la sauce argentine ; je ne trouve rien à redire sur les Hollandais, c’est chiant, même Robben me paraît beau et sympathique depuis son festival contre la Roja : j’aurais préféré avoir sa classe plutôt qu’avoir la mienne, moi je suis un peu just.

 

Les demi-finales :
Brésil–Allemagne :

 

Analyse :
La physionomie du match côté brésilien est limpide : ils vont entrer sur le terrain en pleurant, chanter l’hymne en pleurant et jouer en pleurant, leur cher Rufio. En effet, le 5 de Coupe est un carte de grand chagrin, on sait que quelque chose a été perdu, mais on peut trouver la force de le surmonter. Les Allemands quant à eux auront des problèmes de fatigue et de physique : le 7 de Deniers y fait clairement allusion, ainsi qu’à un gâchis d’énergie probable qui pourrait leur donner l’impression que tout leur travail ne porte pas ses fruits.

à peine le temps de décapsuler sa bière au coup d’envoi que le Brésil se chie déjà dessus sous la pression allemande : le 9 d’épée inversé est une carte de peur, d’oppression et de grande anxiété, des heures les plus sombres s’annoncent, au moins c’est l’impression qui ressort. Heureusement pour eux, les imprécisions offensives sont nombreuses côté allemand, ce qui leur empêche de capitaliser sur la liquéfaction des entrailles adverses : le 6 de Bâton inversé désigne des problèmes au travail, des difficultés causées par les collègues.

Il faut croire que voyant cela, Scolari décide d’en revenir aux fondamentaux du football moderne : le vice et la provocation, puisque le Cavalier d’épée inversé signale un connard vicieux et provocateur, comme pourrait l’être Fernandinho par exemple. Cela les fait revenir dans la partie aux dépens des Allemands qui prennent quelques jaunes (identifiés par le Valet de Deniers inversé, petites pertes).

On pourrait penser que là-dessus le match change de maître mais pas du tout : les Germaniques se ressaisissent et sont plus présents, même s’ils sont incapables d’enchaîner derrière, car le Valet de Bâton inversé parle d’hyperactivité qui tourne à l’instabilité dans l’action. Lesdits duels sont gagnés car les auriverde héritent du 9 de Coupe inversé, implacable contre la paresse et la complaisance, bref ceux qui ne mouillent pas le maillot, le cliché du Brésilien flemmard remonte en flèche.

Bref, une bonne petite mi-temps moisie après un début en fanfare, toujours 0-0.

Au retour des vestiaires, une sacrée combinaison nous attend : le 5 d’épée inversé (bataille de volontés perdue, il faut l’accepter et avancer) contre le Diable inversé (on est en conscience sous l’emprise de quelqu’un de certes puissant mais qui en abuse, ceci est un avertissement). Faute de mieux, on peut penser que l’Allemagne s’en remet à Müller, qui fout certes un sacré bordel dans le camp adverse avec des moyens pas toujours honnêtes, mais qui attire un peu trop le ballon à lui, ça risque de se payer cher à un moment. Et nous qui le voyions comme un joueur altruiste et discret et pas comme un vulgaire CR7…

Ledit moment ne tarde pas à venir puisque le 3 de Bâton garantit les opportunités et le succès, un GOOOOOOOOOOOL quoi, alors qu’en face il y a la Lune qui est la carte la plus chiante à interpréter et de loin, mais trop ambiguë pour contrecarrer l’effet adverse : par acquit de conscience, précisons qu’elle signifie au choix une attitude lunatique (captain obvious), des illusions, une perte de contrôle pour les esprits pragmatiques, un besoin de dormir ou des toxines dans l’organisme. Il reste donc un quart d’heure à jouer et le Brésil mène 1-0.

Ce dernier quart d’heure n’est pas non plus aisé à interpréter, mais étant un taromancien accompli, c’est parti mon kiki : le Jugement inversé signifie qu’une décision est prise trop tardivement, et que cela a des conséquences lourdes (encore un joueur blessé ?), ou bien une grande peur de la mort et du changement (on se rechie dessus, les Brésiliens ?). Le 4 de Deniers inversé est quant à lui la carte d’avarice et d’insatisfaction par excellence, on n’est jamais content si on la tire. L’Allemagne ne marque pas, le Brésil passe, on en casse la télé, mais une petite lueur d’espoir reste puisqu’il n’est pas impossible qu’un joueur important manque à l’appel en finale.

Préviction potentielle :
Les Brésiliens font les pleureuses avant et pendant le match, mortifiés par le sort de Neymar… Putain mais ça va deux minutes quoi, il a pas subi un décollement de la rétine au moins, il pourra rejouer ! L’Allemagne, elle, sent la fatigue monter, et en corollaire moins de précision et de lucidité. Elle attaque quand même très fort, faisant véritablement le siège de la cage de Julio Cesar : si c’était nous, on aurait vengé Alésia (qui, rappelons-le, est une légende, comme la Coupe du Monde 2002) mais les Teutons réussissent à ne pas marquer, pourtant les auriverde sont jaunes au niveau du caleçon et verts de trouille. à force d’occasions ratées en face, ils finissent par se reprendre… en faisant des coups de pute, et en se démerdant même pour que ce soit les Allemands qui se fassent sanctionner, Van Bommel est Brésilien ce soir. Comme le match commence à revenir entre leurs mains, paf ils se remettent à faire n’importe quoi, dans le cas présent à perdre tous les duels, gênés par le pressing allemand, mais ces derniers sont toujours aussi imprécis à la conclusion, et ça donne 0-0 à la mi-temps.

L’approche tactique de la première mi-temps n’ayant pas fonctionné, les Allemands décident de jouer sur leurs fondamentaux, non non pas le jeu rugueux et les sorties deux poings dans la gueule, non, leurs vrais fondamentaux : toujours s’en remettre à un Führer, en l’occurrence Thomas Müller, qui est au four, au moulin et à la simulation (j’ai compté deux points Godwin dans cette phrase, mais il y en a peut-être trois si c’est l’homonyme d’un général SS). Tout passe par lui et il travaille au corps la défense brésilienne, mais ça commence à vraiment se voir, et on sait comment ça a fini pour eux de s’en remettre à un Führer (voilà le troisième au cas où, de rien) : ce qui devait arriver arrive, but du Brésil sur une de leurs quelques occasions, le schéma tactique adverse devenait carrément prévisible. Reste le dernier quart d’heure, assez similaire au premier dans l’état d’esprit : les Brésiliens se chient dessus à l’idée d’être rattrapés au score, les Allemands insistent mais ne réussissent pas, la colère gronde dans la Bundesrepublik contre Joachim Löw alors que c’est une quatrième demi-finale d’affilée, excusez du peu.

Tl;dr : 1-0 pour le Brésil, je hais cette Coupe du Monde finalement.
Pays-Bas–Argentine :

Analyse :
Le goitre magique est à l’honneur aujourd’hui, avec la Justice qui est une carte aérienne du plus bel effet, annonciatrice de décisions toujours bonnes et de justesse dans la gestion des litiges : les pairs de Robben ont une équipe équilibrée, tactiquement affûtée, qui aura des jugements en sa faveur si, et seulement si la logique l’impose. Côté bleu et blanc, on retrouvera le Messi du Barca qui continue de traîner des pieds sur le terrain, personnifié par le Cavalier de Coupe renversé, un jeune homme talentueux mais paresseux et démotivé.

Le premier quart d’heure, sous l’influence du Chariot et du Roi de Bâton renversés, partira sur les mêmes bases soporifiques que les quarts de finale de cette compétition. Le Chariot à l’envers, qu’on a déjà croisé, représente le travail qui ne paie pas malgré de gros efforts, et la frustration, la nervosité qui en résultent. Comme, en face, les Argentins ont droit au Roi de Bâton renversé, un grand classique de la taromancie lui aussi, qui désigne une équipe ambitieuse et prête à tous les coups de vice pour atteindre ses objectifs, on peut s’attendre à une opposition entre des Oranje qui possèdent stérilement la balle, la faute à des Argentins prêts à multiplier les fautes de toutes natures pour empêcher la progression ; bien sûr, à cause de la carte de la Justice, elles seront justement sifflées en faveur des Pays-Bas, sans pour autant apporter le danger.

Avant la demi-heure de jeu, la Roue de Fortune qui avait considérablement fait avancer la carrosserie hollandaise dans la phase de groupes se présente désormais en leur défaveur, et les Néerlandais vont, malheureusement pour eux, échouer sur les poteaux à de nombreuses reprises, ne pouvant pas concrétiser une domination outrancière. Les Argentins n’ont pas de meilleure réaction qu’intestinale : le Jugement, qui est bien évidemment une allusion au Jugement Dernier annoncé par les trompettes de Jéricho, représente à l’envers la peur de la mort, et par extension du changement (ou, selon le contexte, le retard dans les décisions qui se paie lourdement). Pendant que les Argentins se chieront dessus en pensant passer près de la mort, les Hollandais passeront près de la petite mort.

Changement de décor avant la mi-temps, puisque les Argentins arrêtent de paniquer sur les conseils de la Papesse, qui recommande la patience et la suivi des instincts : ils s’en remettent peut-être à des coups de génie de Messi. Ils peuvent se le permettre, puisque les Hollandais changent un peu de rythme et font preuve d’une énergie fluctuante (difficile de dire si c’est volontairement ou non). C’est, du moins, ce que laisse entendre le 7 d’épée, carte d’instabilité et de mutation à l’instar des autres 7, qu’on traduit ici dans le contexte des épées, cartes de raison. Le retour aux vestiaires se fait sur un score nul plutôt flatteur pour les Argentins.

Après la pause, ça se gâte pour le plat pays, au grand dam des europhiles : s’il est difficile de comprendre le rôle du Cavalier d’épée dans la partie, jeune homme intelligent agissant vite (sans doute Wijnaldum ou Depay rentrant en jeu), la carte argentine est on ne peut plus clair. En effet, le 3 de Bâton me facilite bien la tâche dans ces lectures, faisant office d’Exodia du tarot (ce serait plus difficile d’assumer cette référence sans un générique qui encule Dorothée et Minet à sec simultanément), et annonçant on ne peut plus clairement des opportunités et succès. Quand on combine le nombre 3, nombre trinitaire de croissance et prospérité, au Bâton, carte d’énergie et de leadership, comment voulez-vous que j’y trouve des nuances… En tout cas, malgré une domination globalement hollandaise, et l’entrée en jeu d’un bon percuteur, les Argentins ouvrent le score, sans doute sur un coup d’éclat (puisque la Justice assure une tactique sans faille des Pays-Bas). 1-0 à l’heure de jeu pour les Argentins.

C’est sans aucun doute le tournant du match, puisque dorénavant tout mon tirage astranal est largement en faveur des Argentins, comme un symbole de la position des astres sur la voûte albiceleste : passée l’heure de jeu, le Bateleur à l’envers (un magicien dans la taromancie traditionnelle) ne parvient pas à faire passer ses idées au concret, son inspiration est nulle et sa créativité bloquée ; on ne voit donc pas comment les Hollandais peuvent s’en sortir. à l’inverse, les Argentins sont guidés par le 2 de Coupe, qui est une carte d’émotion à la symbolique évidente inspirée par le 2 : un couple argentin forme une harmonie pleine de créativité, qui devrait se révéler très productif. Comme dans cette équipe, le collectif se confond avec les deux joueurs que sont Messi et Di Maria – bon qui ne sera à priori pas là, alors, on va dire Higuain qui depuis son but contre la Belgique a sûrement retrouvé un peu de son efficacité -, le porisme immédiat est que la machinerie collective de l’équipe est efficace, et devrait aboutir à des résultats, si ça se poursuit.

Confirmation en fin de match, puisque le 2 de Bâton, à l’interprétation tout aussi positive mais à la réalisation cette fois concrète, annonce cette fois que l’Argentine enquille au moins un but. Il faut dire que les Pays-Bas n’ont pas les moyens de réagir : le 7 de Bâton, encore un 7 avec son lot de complications, annonce le siège, et la grande ténacité nécessaire aux Hollandais pour ne pas prendre l’eau définitivement, commun symbole des menaces de fonte du pôle nord.

Préviction potentielle :
Ce début de match, comme un symbole de « vis ma vie », oppose des Argentins vicieux et casseurs à des Hollandais qui font le jeu mais sont frustrés et énervés de le voir si haché, par des fautes tactiques et autres coups de pute. Leurs actions finissent par se fluidifier et donner de sérieuses occasions de buts, malheureusement annihilées par les montants des Argentins dont les fesses applaudissent au rythme des assauts (et ça se comprend, devant le talent de percussion du divin chauve ; pas lui, l’autre). Passant le reste de la mi-temps à observer l’adversaire et à tenter de réagir sur des coups de génie de Messi, les Argentins rejoignent les vestiaires sur un 0-0 plutôt heureux, alors que les Hollandais ont calmé le jeu avec intermittence en cette fin de première mi-temps.

Après la pause, les Argentins arrivent à faire grincer la mécanique hollandaise à travers deux dépassements de fonction, sans doute messiesques : d’abord en début de seconde mi-temps où l’entrée en jeu de Memphis ou Wijnaldum n’y fera rien, puis en fin de match. Les Hollandais, suite au premier but, ne sauront pas réagir, déjouant complètement jusqu’à se retrouver assiégés dans leur propre moitié de terrain.

Tl;dr : 2-0 pour l’Argentine, avec en ligne de mire une finale Peste–Choléra.

Nostradanus

 

2 thoughts on “ALERT SPOILER : les résultats des demi-finales

  1. J’avais aussi prévu que la France battrait l’Allemagne et comme depuis le début, je me suis trompé.

    Cette fois, je pense que le Brésil va passer et que ces connards d’Hollandais vont gagner. On aura donc une finale Allemagne-Argentine.

    1/2 pour vous Nostradanus, c’est pas si mal.

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