BDLV, vacances avec Ribéry Tome 2

Bernard en tient une bonne. Oui, mais quoi ?

Notre reporter sans frontières ni scrupules, Bernard Delavillelumière se trouve à présent dans les ruelles d’Ibiza, accompagné de son ami de lapidation, Franck Ribéry. Notre reporter, après avoir retrouvé le champion d’Allemagne en sa villa et s’être rendu compte de l’hérésie de sa situation maritale, se trouve à présent dans la vieille ville, en admiration devant l’architecture des maisonnées méditerranéennes tandis que Franck Ribéry tape l’œillade à chaque passage féminin.

Ibiza, un endroit que nous ignorions. Franck avait désormais le visage placide de l’enfant dormant d’un sommeil éternel. Il n’est pas étonnant de le découvrir à présent si serein. Le temps est au beau fixe, un ciel d’azur et un soleil de plomb nous survole depuis l’horizon jusqu’au zénith.

Notre Franck se remettait à suinter de plus belle. Ce n’était pas dû au simples rayons du soleil, grand Dieu, non. Le mouvement saccadé et vertical de son short en témoignait. C’était bel et bien à cause de sa passion des femmes que ruisselait à nouveau sa marque de fabrique et de douleur. La passion. Cela le perdra. Nous Bernard, devions veiller sur lui. Croisant chacune de ces jolis bouts de femelles peuplant cette île, Franck ne cessait de se répéter « pas craquer, calme, pas craquer, calme, t’as quel âge ? calme, t’as tes papiers ? calme ». Le pauvre homme était à bout. Alors qu’ une sculpturale brune aux formes harmonieuses s’approchait de lui, cigarette finement roulée, au tabac débordant légèrement sec, tourbillonnant et ressortant du bout de papier humidifié qu’elle tenait entre ses lèvres, Franck s’écria : « Tes papiers, putain, tes papiers ou j’te nique ta gueule ! » La bougresse, saisie de stupeur s’en alla comme elle était venue, rutilante et opérée,  tandis que le milieu de terrain était pris de tremblements.

« C’est fini, Franck, c’est terminé, lui glissions nous au creux de ce qui semblait être son oreille

-Putain, la pute, putain, t’as vu Bernard, elles me provoquent.

-Vous avez été très courageux de l’affronter. Venez, allons nous ressourcer en haut de la vieille ville. Là où nous pourrons nous perdre dans des pensées heureuses, intemporelles et asexuées.

-J’ai rien compris, beau gosse pédé, mais j’te suis. »

Après quelques minutes de marche et sept nouvelles crises pour Franck, nous atteignons enfin le sommet de l’île. En contre bas, la méditerranée, en contre haut, nous. Les rois du monde, voici ce que nous étions à cet instant précis, entouré de l’Eglise Santa Eulalia (quelle belle femme) et des fortifications moyenâgeuses.

Mais à l’instant précis ou notre regard recherchait le faciès saillant de Franck, nous nous rendions compte que ce dernier s’en était allé depuis quelques temps, le voyant dévaler la cité ancienne en direction du port.

Descendant les ruelles étroites et fraiches en cette fin d’après midi espagnole, nous avions le plaisir de croiser quelques vendeurs ambulants tandis que les boutiques pour touristes affichaient toujours porte close. L’automédication est apparemment fortement répandue dans cet archipel, mais la logistique y semble parfaite, tant le nombre de marchands croissait au fur et à mesure que nous approchions de notre destination.

Nous approchions du Paseo de las Pitusas, en contrebas de la vieille ville, et retrouvions notre ami grâce à notre canon VRC-758 à double chiffrage numérique et pixellisation automatique, ce qui fait des photos aberrantes, pour ne pas dire dégueulasse (ciel, nous l’avons dit) mais permet un zoom exceptionnel sur plus de 500 mètres. De toute façon, les cris des enfants effrayés au passage de « Lascarface » (nous n’avons jamais réellement compris ce surnom) nous avaient indiqué la voie. Nous retrouvions Franck au devant des portes du Grand Hôtel Central Playa, non loin de la place de la Syphilis, accompagné d’une jeune muse blonde, locale et callipyge. Le doute nous étreint alors. Et si ? Et si Franck était en train de craquer ? Et si Franck ne supportait plus la présence de cette « arabe » qui lui servait d’épouse ? Pardonnez-nous le terme générique. Et si tout simplement, cette jeune femme l’avait entretenu d’une affaire de la plus haute importance afin de l’attirer dans sa chambrée. La vile péronnelle, les femmes en sont bien capables.

Ainsi, nous nous étions fait piéger à Bangkok au cours d’un voyage culturel lors de notre stage auprès du ministre de la culture, Frédéric M. (nous garderons l’anonymat de cette personne publique pour le protéger de son amour indicible pour les enfants de moins de quatre ans).

Jawadpur, jeune éphèbe au corps juvénile et légèrement ensanglanté nous avait persuadé que le lavabo de sa chambre était bouché, et l’avions suivi pour l’aider. Or ça, messieurs, aucun lavabo, ni même de chambre, mais un garage de mobylette (je reconnaissais par ailleurs celle que je m’étais fait voler quelques heures plus tôt devant le Royal-Lupanar, un hôtel de luxure. De gens riche donc) où ses deux oncles nous promirent la vie sauve en échange de quelque solde trébuchante et autres liquidités séminales.

Ce flash-back étant terminé en notre encéphale, nous courrions à présent en direction de notre champion, afin de l’arracher des griffes de cette tigresses des Baléares.

« Franck, doux Jésus, que faites vous ?

-Ah, putain, i’ m’a r’trouvé ce con… Ouech’, Bernard, j’te présente Svetlana, tu vois, c’est la kiné du club, tu vois, que c’est pour réparer mon ménix, t’as vu, pour la reprise de la Boundechose là…

La kiné du club ? Nous n’en croyions rien. Fort de notre méthode d’apprentissage du Russe en 64 leçons faciles avec Nikita Khrouchtchev (lors d’un stage au Parti Communiste Français pour le compte de Rivarol) nous approchions de la soit disant kiné, lui tenant à peu près ce langage :

« Ou Vass Yest Prastitié ? (nous retranscrivons phonétiquement ce dialogue pour cause de non-alphabet cyrillique sur notre clavier. Amstrad n’est plus ce que c’était).

-Gdie. 50 euros.  C Moy Iazouchnik Frankie ? »

Par les valseuses de nos aïeux, Franck s’était fait avoir. Cette femme n’était pas la kiné du club ! C’était une péripatéticienne venue des steppes de l’Oural. Cette ambiance de guerre froide ne nous disait rien qui vaille. Aussi, sans prendre le temps d’expliquer la situation peu conventionnelle à notre balafré préféré, nous l’attrapions par le bras, et l’entrainions dans la ruelle la plus proche, non sans avoir assené un coup d’objectif à cette vulgaire chauffeuse d’engin non motorisé.

« Putaaaaain, mais qu’es’tu fais guignol, putain, j’vais t’éclater ta race toi ! Ma parole que j’ai qu’ça qu’à dire !

-Franck, cette femme n’était pas kiné, ni même Espagnole. Je pardonne vos errements en langues étrangères, mais, c’est une Russe, et elle vend son corps pour de l’argent. Nous savons à quel point vous êtes encore sensible à ce sujet. Nous savons à quel point cette Zahia vous manque, et à quel point, vous, jeune cœur pur et fougueux dans la fleur de l’âge, étiez bouleversé par la nature de sa profession qu’elle vous avait cachée. Ecoutez…

-Non, toi t’écoutes, toi là. T’arrêtes, lâche moi les testicouilles, tu me les casses et toi tu te casses.

-Allons Franck, soyez raisonnable, nous ne voulons que votre bien. Ce qui n’est pas le cas de mon nouvel appareil qui a cru bon de vous photographier à l’entrée de l’établissement précédent, si vous voyez ce que nous voulons dire. Et notre éditeur (mâtin, quel homme) possède quelques bons contacts auprès de Paris Match, Bild et The Sun, suite à quelques démêlés judiciaires indépendants de sa volonté. Nous n’aimerions guère avoir à agir de la sorte et user de ce type de procédés, cependant, si vous nous y obligez…

-Putain, mais t’es un putain d’enfoiré. T’es pire qu’un Duluc de fusée à bas étages. Putain, bon ta gueule et viens, putain. »

La soirée débutait calmement sur Ibiza. Franck ne transpirait plus, et les pores en paix, s’adonnait à l’une de ses grandes passions, le Cuba Libre. Nous savions que Franck n’avait pas oublié ses racines indo-européennes à caractère chrétiennes. Un peu d’alcool ne fait jamais de mal après tout.

C’est assis à la terrasse du « Acid River » que nous prenions ensemble un rafraichissement. Franck semblait tendu (difficile de lire sur son visage une quelconque expression hormis celle du chat grimaçant après s’être fait rouler dessus par un bus Heuliez à accordéon). Peut-être avait-il mal pris notre méthode, certes peu académique mais fort persuasive afin de le garder sous notre main. Cet appareil que Rhinit (quel bel homme) nous recommanda avait sauvé notre papier.

22h12 à ma montre à gousset, héritage de Jochen, notre cousin germano-argentin. C’est à ce moment précis que résonna la musique dans toute la ville. « I want you fuck my pussy » était alors le tube de l’été sur les plages d’Ibiza, et les corps huilés des habitants de la petite cité des Baléares s’enfiévraient et s’entrechoquaient, nous rappelant les souvenirs de drague d’avec Cristiano Ronaldo. Tandis que nous fûmes pris dans un nouveau flash-back sensoriel, Franck s’était levé, et discutait avec deux locaux. Un noir et un moins noir. Nous n’étions pas rassuré pour lui qui est si naïf. Nous nous levions alors, pensant faire autorité par la simple présence de notre musculature toute gauloise, mais Franck nous fit un signe. Il avait noté notre puissance et avait fait preuve de respect quant à notre anatomie. Aussi, nous rasseyions-nous attendant que Franck revienne.

« Putain, beau gosse, excuse pour l’aut’ fois, j’ai bien vu qu’tu cherchais à m’protéger, tu vois, alors j’voudrais m’faire pardonner, inch’ allah, tu vois ?

-Vous êtes tout excusé mon bon Franck, gentil comme vous êtes. Vous les connaissiez ces noirs ?

-Ouaich’, t’inquiètes, tu vois, c’est les préparateurs du club, tu vois, i’m’donnent des compliments élémentaires, c’est pour mettre dans la bouffe que celle que tu manges, tu vois.

-Ciel, ce que vous me montrez-là est fort intéressant. De simples cristaux, quoi qu’un peu rosis. Surprenant, tout simplement. Jacques Vendroux nous en avait parlé, mais nous ne le croyions pas.

-Ouaich’, s’tu veux. Enfin, tu vois, c’est pas pour moi, là, tu vois, c’est pour toi. Pour que tu comprennes de l’intérieur que ce qui se passe dedans ton corps comme un pro t’as vu ?

-Ce n’est pas contre-indiqué dans notre cas ? Nous n’avons pas l’habitude.

-Non, t’inquiètes, t’as vu, c’est des médecins, tu vois, et j’connais les doses, tu vois. Vas y mets en dans ton verre tu vois.

-Franck, ce ne serait pas une de vos blagues fétiches ? Du sel dans ma boisson, voyez-vous ?

-Non, cousin, t’as vu, j’suis vraiment désolé pour tout à l’heure, t’as vu. C’est du vrai, c’est du bon. On appelle ça de la MDMA tu vois ? Mais si t’as les choquotes parce que t’es qu’une poule mouillée, tu vois, c’est pas grave.

-Une poule mouillée ? Franck, vous nous provoquez comme l’on provoque un enfant. Allons. Nous n’avons peur de rien et ne sommes en aucun cas de la race des gallinacés humides. Donnez-moi donc votre sachet de ce produit. Nous n’en avions jamais entendu parler, mais cela sonne scientifique. »

Il n’était pas dit qu’un Delavillelumière ne soit vu comme un pleutre des Balkans. Aussi, nous vidions la totalité du pochon que nous tendait Franck, à nouveau souriant.

La musique battait de plus belle « fuck my pussy, fuck my pussy » martelaient les baffles de l’établissement. Nous ne comprenions que trop mal cet appel à la zoophilie, mais soit, les jeunes ont le droit de s’amuser, comme les légionnaires et autres jésuites.

Les couleurs chaudes et chamarrées des néons et des rares vêtements des habitants donnaient à notre soirée des airs de fêtes foraines, et l’ambiance générale, torride et moite allait crescendo. Nous nous sentions nous-mêmes plus légers, comme envoutés par les sensations nouvelles que notre corps n’avaient alors jamais ressenties. Nous nous mettions plus à l’aise, déboutonnant notre chemise d’un cran, nous affalant un peu plus sur notre chaise en teck et décroisant ostensiblement les jambes. La température grimpait, la vision se faisait un peu plus floue. L’absorption du produit miracle nous bousculait, nous avions à présent besoin de reprendre nos esprits et de marcher un peu. Franck, lui avait encore disparu.

Peu nous importait, puisque nos jambes ne sauraient nous porter à l’endroit où se trouve le Bavarois, et de toute façon nos yeux ne pourraient nous guider. C’est enveloppé dans une sorte de chaleur cotonneuse, bien que la dent fut grinçante, que nous avançâmes vers l’inconnu.

Nous ne fîmes pas dix mètres que nous entendions une mélopée de termes jusqu’ici jamais entendu. « Crack, ecstasy, cocaine, quieres, chupa, gringo, amigo, ecstasy » était à présent le refrain de notre chanson, entrecoupé par l’habituel « fuck my pussy »… Nous rencontrions bien des regards et étions éperdument tentés de faire connaissance avec qui celui-ci, qui celle-là au hasard de nos pulsions. Nous ne comprenions toujours pas en quoi cela aidait les sportifs de haut-niveau, mais nous aimions notre prochain, comme nous nous aimons nous même.

Nous nous retrouvions nous ne savons trop comment ni trop quand au port, le cardigan défait et le tweed abimé, un chat à nos côtés, qui quoique claudiquant se frottait inlassablement à notre jambe. Un pas vers les navires, prendre l’air et le large. Nous étions encore totalement pris dans les impondérables effets de ce formidable élixir, l’entre-jambe endolori par Dieu seul sait quelle activité. C’est à ce moment précis que nous retrouvions Franck, son ami noir et son ami moins noir, auprès d’une embarcation de fortune.

« Franck, notre ami, comment-allons nous. Nous vous aimons vous savez ! Vous aussi,  le noir, on vous aime, nous vous aimons tous, lancions-nous dans un élan de fraternité et de sympathie.

-Putain, i’tombe bien lui. Qu’est-ce qui fout là ce chat ? Faites pas gaffe, il est arraché. Il a pris du MDMA lui-même ce con.

-Franck, venez, on nous attend en ville, allons passer une soirée dantesque ! Wahiba ne vous fera plus rien, nous sommes là, nous vous aimons !

-Bon, lui c’est le connard dont j’vous ai parlé les gars, ok. Donc comme pour Gourcuff, ok ? Putain, bon débarras, vous demanderez le chèque à Abou, mais je le connais pas j’ai que ça qu’à dire, ok ? »

Sur ces entre-faits, Franck disparut dans la pénombre de cette nuit marquée par l’encre de chine noircissant le ciel et l’encre sympathique noyant notre sous-vêtement. Le moins noir des deux approcha de nous. Nous ne le distinguions que difficilement grâce à ses dents impeccables et ses yeux grands ouverts. Alors que nous nous apprêtions à l’inviter à un simple câlin amical, l’homme se saisit de ce qui nous semblait être un cric et l’abattit sur notre crâne.

C’est depuis la longitude 42, latitude 8 que nous vous écrivons. Nous dérivons à présent vers notre nouvelle destination, pour le moment inconnue. Nous ne comprenions que très mal les agissements de Franck. Peut-être était-il définitivement perdu pour la cause chrétienne, aveuglé qu’il est par le fanatisme grimpant de cette Wahiba. Nous la méprisons.

Si un lecteur, ou notre éditeur lisent ces lignes que nous envoyons par bouteille express, dépêchez, nous vous prions, un navire de reconnaissance dans le but de nous repêcher ou au moins de nous faire parvenir quelques menus fretins pour nous nourrir. D’avance merci,

Bernardement votre.

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