Bernard de la Villelumière enquête sur le Mexique

Bernard notre grand reporter polyglotte, pro de l’investigation ne recule devant rien pour ses lecteurs

6 juin 2010

Bureaux d’Horsjeu.net (quel site), endroit très secret. Prenant nos quartiers dès 14h30 du matin, nous nous rendons dans la salle de réunion de l’élite journalistique, là où le café et la bière de fabrication douteuse coulent à flots et où les informations et les mouches tombent comme… des mouches. Nous feuilletons les dépêches lues ça et là dans le 10 sport, le Foot Hebdo et autres collaborateurs compétents et chevronnés. Lorsqu’attrapant une feuille de chou, nous croisons le footballologue, (puits de savoir et de gélules) connaissant toutes choses se rapportant au ballon rond et notamment, aux méthodes de préparation ultra-efficaces d’avant les grandes compétitions. Or, nous nous sommes laissé entendre dire que la Coupe du Monde en est une.

Nous nous posions bien des questions quant aux capacités de l’Equipe de France à se qualifier et à se sortir de ce diable de poulailler. L’Afrique du Sud, pays hôte, nous nous y rendrons prochainement, afin de mieux comprendre cette compétition. L’Uruguay, Francis nous a expliqué que manifestement, ça ne poserait pas de grands problèmes. Ce n’est après tout qu’une nation de marchand de guano, pas de quoi en faire un plat. Non, la chose qui  nous effraie sincèrement, c’est le Mexique. D’après ce que nous avions compris, de la bouche de Francis, même si nous étions à plusieurs mètres l’un de l’autre (pour notre sécurité olfactive), « les guacamoles? i’ boufferaient d’ la ligne blanche pour déborder ses adversaires, tête de con, t’entends garçon ? allez casse-toi » (nous retranscrivons précieusement les paroles de Francis pour éviter tout amalgame, nous tenons à nos sources). Nous prenons conseil auprès du sage afin de savoir si ce que Francis disait lui paraissait vrai. Le sage confirma le propos du singe…

Notre père, Dieu ait son âme, nous avait toujours dit de  nous méfier des moustachus lors des réunions politico-catéchistes du mardi, jeudi, samedi et dimanche soir. Les Mexicains prendraient donc des alcaloïdes pour booster leurs performances contre les Bleus. Par Saint Bernard-Henry, voilà une investigation pour nous, Bernard de la Villelumière, grand reporter au long cour pour Horsjeu.net (mâtin, quel site).  Nous décidons donc de partir immédiatement vers le Mexique, infiltrer le milieu de la sélection aztèque. L’éditeur, ce grand homme, absent, sans doute débordé par de multiples et douloureuses tâches, ne pouvant donc financer notre vol, nous prenons notre courage à deux mains et décidons d’enquêter au El Paso, restaurant mexicain de la rue de Panama, tenu par Pancho, sympathique mais bourru clandestin, au teint bistre et méfiant comme une belette.

Nous entrons dans l’établissement, typiquement local, poussant les portes à battant. Le décor rappelle ce pays si accueillant, mais tellement loin de notre niveau de civilisation européenne. Des cactus, des sombreros, des ponchos, les deux pales du ventilateur tournant en ellipse, le moteur du climatiseur de sodas ronronnant comme une vieille chatte malade du scorbut et le carrelage fendu par endroits permettant d’entrapercevoir le menu de quelque courageux cloporte avide de fajitas vous laissent imaginer, chers et cultivés lecteurs de horsjeu.net (merveilleuse source de connaissance) dans quel cauchemar nous nous embarquons. Nous approchons alors du bar, équipé de notre poncho de service et de notre sombrero personnel non sans avoir pris soin de placer une moustache-postiche sur notre visage afin d’amadouer le tenancier et de lui inspirer confiance. Commandant une tequila des plus fortes nous nous élançons dans un espagnol des plus sûrs (Bernard possède un DEUG LEA).

« Ola, muchacho, donde esta en la casa ?

-…

-Me gusta la sena, me gustas tu.

-Qué ? »

Ayant enfin établi le contact avec l’indigène et ayant retenu son attention, nous passons à l’action, lui demandant s’il a des contacts avec les champions de sa terre natale ou du moins son staff.

« Quiero saber señorita, se connaites el jamon de futbol de Mexico.

-Qué ? »

Sa réponse affirmative ne nous surprend pas. Il faut savoir que le Mexique est un tout petit pays où tout le monde se connait.

« Y prenàn la cocaina los jamon ?

-Qué ? »

Encore une fois, nous tenons une information capitale. L’équipe du Mexique, selon les dires d’un Mexicain du Mexique se dope à la cocaïne. Incroyable, mais nous devons le souligner, Francis nous avait mis sur la bonne piste. Poudreuse. Oui nous sommes parfois follement spirituel. Mais passons, l’investigation avant tout.

« Y donde esta la cocaïna ? »
-No sé.

-Pancho, diga me.

-No sé.

Nous nous attendions à ce genre de refus de coopérer de la part d’un supporter aussi farouche que Pancho, aussi, grâce à notre mobile 3G, nous envoyons un SMS à la brigade des stupéfiants de la Police de Paris où travaillent quelques uns de nos consanguins.

« Pancho, donde estan los papelos d’identificacion ?

-Qué ?

-Diga me vito, vito, la policia esta arrivando para arretar tu. »

Hélas, trois fois hélas, la proximité du poste de police ne nous laissa pas finir cette conversation. Ces respectables agents de l’ordre arrivèrent un peu trop rapidement. Pancho s’en alla entouré par quatre gaillards, nous saluant d’un « héros de la loi » ou quelque chose comme ça. Quand à mon frère, mon cousin, et mon meilleur ami, ils me félicitèrent pour cette incroyable carrière de dénicheur de scoop et d’informateur hors pair. Comme quoi, nos amis policiers s’y connaissent en matière de journalisme d’investigation. Bon vent Pancho et à bientôt, à l’ombre des haciendas et autres penitenciaras, ces habitations des peones du Chiapas. A bientôt chers lecteurs d’Horsjeu.net (quel support merveilleux) pour une enquête en Afrique du Sud, la terre de tous les dangers.
Courageusement votre,

BDL.

8 thoughts on “Bernard de la Villelumière enquête sur le Mexique

  1. Cette enquête fait froid dans le dos ……..
    Il a du en falloir plus d’une de Tequila afin d’amadouer ce sympathique Chicano.

  2. Quand on pense que les Paraguayens ont été volés par un type à l’air local qui avait enfilé le jogging, qu’est-ce que ça serait si notre reporter se servait de son ensemble poncho-sombrero-moustache à des fins malhonnêtes.

    Heureusement que notre Bernard n’est pas malhonnête et que seule l’info l’intéresse.

  3. Muchas gracias para esta investigacion Bernardo de la Ciudad de la Luz.
    Pour la prochaine, Bernard maîtrise le zoulou ?

  4. Hola compañero !
    El Javier serait ravi de venir avec toi dans le prochain bar à pétasses mexicain !

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