Créteil – Ajaccio (3-2) : L’Aiacciu Académie livre ses notes et raconte le déplacement d’I Sanguinari

On connaissait l’adage « Plus c’est long, plus c’est bon » (allez demander confirmation à la femme de Zubar), on connaîtra désormais l’adage « Plus c’est près, mieux c’est ».

Les supporteurs d’I Sanguinari se rassemblent tous deux fois dans l’année : pour l’assemblée générale d’avant-saison et pour le match contre le PSG ou Créteil cette année. En attendant peut-être Issy-les-Moulineaux ou Ivry dans 3 ans en CFA2. Alors qu’il y avait eu plus de 200 supporteurs de l’ACA dans les tribunes visiteurs du Parc des Princes deux années consécutives, il y en avait plus de 70 au stade Dominique Duvauchelle. Inespéré.

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Mais avant de tous se rejoindre en banlieue parisienne, le Perfettu a vécu une histoire extraordinaire. Comme souvent, les plus motivés des supporteurs se retrouvent à l’hôtel des joueurs. Aujourd’hui, des supporteurs motivés, il n’y en avait qu’un seul. Rendez-vous donc à l’hôtel Suite Home porte de Pantin. L’ami Joseph, de la sécurité de l’ACA, attend sagement devant le hall, une Marlboro Light aux lèvres. C’est un jour particulier pour lui : il fête ses 25 ans (enfin presque). Pourtant, c’est lui qui fera un cadeau au Perfettu. « Allez viens, on va t’emmener ! » Me voilà aussi surpris qu’après un but de David Gigliotti. Oui, je vais bel et bien faire le trajet de l’hôtel au stade dans le bus des joueurs. Devant moi, le duo d’entraîneurs Yann Daniélou et Christian Bracconi, à gauche, le bel Alain Orsoni et Léon Luciani, derrière Thierry Debès. Pendant que les premiers lisent L’Equipe, Thierry Debès, lui, regarde un film avec Will Smith. Du côté des joueurs, pas de bagarre pour savoir qui va occuper les places du fond. Elles sont réservées au « clan » des anciens auxerrois Benoît Pedretti et Dennis Oliech. Les casques et écouteurs sur les oreilles, les joueurs ne verront pas ou peu les embouteillages. Heureusement, le chauffeur connaît les raccourcis, il passera dans Paris plutôt que par le périph’. L’occasion de dézinguer 5 ou 6 rétroviseurs et d’écraser 3 ou 4 piétons. Pendant ce temps-là, ne croyez pas que Christian Bracconi parle tactique et schéma de jeu, il préfère se battre avec du journal, du plastique et son gilet pour boucher la clim’. Et c’est drôle. Après plus d’une heure de route, nous voici enfin arrivés au stade Duvauchelle. Il est venu le temps pour moi de retrouver le parcage visiteurs. Ou plutôt les autres supporteurs. En attendant tout le monde, on fait la connaissance de Georges Ngangué, un ancien du centre de formation de Caen, en même temps que Ronald Zubar, à qui il ne fait que des éloges.

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A 19h, le kop visiteurs ouvre ses portes. Une petite quinzaine de supporteurs se précipitent alors dans le stade. L’occasion de remercier l’ACA, qui a offert 20 places aux I Sanguinari et aux stadiers de Créteil, qui ont laissé passer plusieurs personnes, sans faire payer. Bienvenue en Ligue 2. Le parcage visiteurs se remplit alors au fur et à mesure. Les habitués 8clem, la fratrie Vince Per Noi, Fabio2A, Julien, Manufrankin et Clément sont là. D’autres que l’on voit ponctuellement également. Le contingent est complété par d’illustres inconnus, jeunes et moins jeunes ainsi que par la famille d’Oumar Sissoko, venue en nombre. A peine le temps de bâcher et de brancher le mégaphone que la tribune est pleine : plus de 70 supporteurs ont pris place sur les sièges : du jamais-vu. Comme un but d’Olivier Fauconnier.

20h, le match peut commencer. Les supporteurs de Créteil ne tarderont pas à se faire remarquer avec des « Libertés pour les Ultras », ce à quoi Manufrankin répondra « Liberté pour Colonna ». Chacun ses revendications. La rencontre était lancée. 8Clem, échaudé. La preuve avec son « Oh Portugais, oh PD, retourne à ta bétonnière pour finir le stade ». Le Portugal, véritable fil rouge de la soirée. On écoutera ainsi des « Oh Portugais, oh PD, oh mangeur de morues ! » ou des « Et à Créteil, y’a que des Portos ». Mais la palme de la meilleure macagna reviendra à « Il ne joue pas Claude Gonçalves ? C’est dommage de ne pas le faire jouer à domicile… »

A part ça, il ne se passera pas grand chose. Ni sur le terrain, ni en tribune. On s’endort. Et les joueurs aussi. Du coup, Créteil en profite pour ouvrir le score. C’est la consternation. Certains, dont on taira le nom pour ne pas qu’ils soient menacés de mort par la suite, évoquent d’autres alternatives au match :

« – oh les gars, si Créteil marque un deuxième but on va au Papacionu, avec une calzone et une bouteille de Casteddu !
– Ta calzone tu la prends à la crème fraîche ou à la sauce tomate ?
– Aio, je la prends toujours blanche moi, c’est la meilleure »

Comme quoi, les priorités de certains sont bien éloignées du football. Au final, pas de calzone mais un sandwich jambon-beurre de la buvette. Il n’y a pas que l’AC Ajaccio qui voit ses ambitions à la baisse, les supporteurs également. Pour en revenir au jeu déployé, l’analyse est simple : c’est quasiment le néant. Les Acéistes ne parviennent pas à hausser le ton, à aller de l’avant et tout simplement à faire le jeu. L’absence de Johan Cavalli, qui a débuté sur le banc, se fait ressentir. Et Créteil a profité d’une erreur défensive pour ouvrir le score.

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La deuxième période fut plus mouvementée. Sur la pelouse et en dehors. Parce que quitte à voir un match de merde, autant s’occuper en chantant. Le mégaphone est ainsi confié aux deux membres de l’Orsi Ribelli ayant fait le voyage (bravo à eux). On va pouvoir se casser la voix. Les chants se suivent et se multiplient. Des chants habituels et d’autres moins. Mais un aura l’approbation de tous, « Et à Créteil, et à Créteil, et à Créteil, y’a pas d’soleil ». Même la famille d’Oumar Sissoko chantera. Mission réussie. Seul le but de Benoît Lesoimier viendra casser la routine. Une bonne partie des I Sanguinari se ruera sur les grillages pour célébrer le but avec l’ancien Brestois. Assez rare pour qu’on en profite un maximum.

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Derrière nous, un con (parce qu’il faut appeler un chat un chat, désolé s’il nous lit) fouille dans son sac pour craquer un fumigène. Fort heureusement, un stadier sosie de Stéphane Ruffier – nous qui croyions que Ruffier avait une tête de flic ou de CRS, le voici à la sécurité du stade de Créteil – interviendra à temps pour l’en empêcher et le virer du parcage. Les dix dernières minutes seront intenses. Les Cristolliens inscriront deux buts consécutifs, bénéficiant de la défense « beurre » de l’ACA. Nicolas Fauvergue réduira bien l’écart dans le temps additionnel mais il était déjà trop tard.

L’AC Ajaccio perd son deuxième match de suite, et termine une cinquième rencontre sans victoire. Les hommes de Christian Bracconi sont … 16èmes. Ce qui n’empêchera pas les joueurs de venir nous saluer. Nicolas Fauvergue, Claude Gonçalves, Johan Cavalli et bien d’autres viendront nous faire un signe. La palme de la gentillesse reviendra à Oumar Sissoko, qui offrira son maillot à sa famille et à Gary Coulibaly qui jettera le sien au « Capo » de la soirée. 8Clem en fait encore des cauchemars, lui qui rêve du maillot floqué du ‘8’ de son « cousin ».

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On débâche, on refait le match, on quitte le parcage direction le bus des joueurs. Là-bas, on croise le sosie de José Bové, sans doute venu faire une conférence sur les OGM dans le coin ou faire péter le Burger King de Créteil. On croise également deux jeunes chevelus et une petite blonde. Ca ne fait qu’un tour dans la tête de 8Clem.

« – Hey, mais vous êtes les fils de Memo ?
Non, ceux de Sissoko !
Ah d’accord, vous avez vu, il y a Mimie Mathy là-bas les enfants !?
C’est qui Mimie Mathy ?
(les deux gosses se dirigent vers la petite blonde, qui, de l’autre côté du grillage, s’occupe de la sécurité de l’USCL)
Et Madame, c’est vous Mimie Mathy ?? »

Si la jeune femme semble gênée et vexée, c’est l’éclat de rire général chez I Sanguinari. Il en faut peu après une défaite. Cette ultime mésaventure marquait la fin de la soirée. Enfin presque. Il fallait désormais rentrer. Problème, le centre de Paris est loin en métro, il reste 6 personnes et une seule voiture. Une seule solution : rentrer à 6 dans une Saxo. Deuxième problème : les occupants de la voiture ne sont pas galbés comme Paul Babiloni mais plutôt comme Dennis Oliech. Après 30 minutes à essayer de s’encastrer (rien de sexuel, ne vous inquiétez pas), le ‘taxi’ prend la route pour déposer chacun des I Sanguinari aux 4 coins de Paris. Les adieux sont faits. Avec la promesse de se retrouver très vite. Pour une victoire peut-être ?

I Sanguinari tient à chaleureusement remercier Joseph Scaglia pour sa gentillesse ainsi que les stadiers et autres bénévoles de Créteil. Au stade Dominique Duvauchelle, I Sanguinari a continué sa campagne de recrutement et force est de constater que cela fut un succès avec une quinzaine d’inscription. Si vous avez raté ça, il n’est pas trop tard pour vous, vous pouvez envoyer un mail à isanguinari.acajaccio@gmail.com pour de plus amples renseignements. A L’OURS !

ANNUTAZIONI

Oumar Sissoko 3/5 : On connaissait Rémi sans famille, maintenant on apprend à connaître Oumar sans défense. Orphelin de protecteurs, le gardien s’est incliné à 3 reprises sans pouvoir y faire quelque chose. Il a, par ailleurs, réussi à stopper plusieurs grosses occasions cristoliennes, grâce notamment à une main ferme.

Laurent Abergel 0/5 : Un 0, c’est la norme pour un joueur expulsé. Il n’a pas pu terminer son match qui ressemblait plutôt à un entraînement de patinage artistique tant il a glissé sur la pelouse. Brian Joubert a trouvé un concurrent de taille.

Ronald Zubar 1,5/5 : Sa meilleure action de la soirée ? Quand il a couru après le bus qui partait sans lui à la fin du match.

Grenddy Perozo 1,5/5 : Une passe en retrait (très) mal ajustée à Sissoko en première mi-temps aurait pu coûter très cher et faire le tour des zapping. Mais au final, on se moquera juste de son étanchéité proche de celle d’une passoire.

Eric Marester 2/5 : Des mauvais contrôles mais de l’envie.

Gary Coulibaly 1,5/5 : Il est tellement discret qu’on le remarque que lorsqu’il perd des ballons comme pour le dernier but de Créteil.

Benoît Pedretti 2/5 : Pedretti, c’est un véritable intermittent du spectacle. Problème, il est la plupart du temps en grève plutôt que sous le feu des projecteurs.

Dennis Oliech 1,5/5 : On le compare souvent à une gazelle pour sa vitesse. Mais contre Créteil, Oliech était une gazelle morte dont le squelette est bouffé par des lions. Lent et emprunté, il a buté sur les défenseurs adverses. Et quand il parvenait miraculeusement à s’en défaire, il mettait 3 ans et demi à prendre une décision.

Jordi Quintilla 2/5 : C’est désormais sûr et certain, Jordi Quintilla vient du FC Barcelone : le Football Cécité de Barcelone.

Benoît Lesoimier 3/5 : 30ème minute : « Oh Lesoimier il est bon à rien, il sait plus dribbler ! ». 84ème minute : « Oh Lesoimier c’est l’idole, il a dribblé toute la défense pour marquer ! » La vérité sort de la bouche des supporters. Enfin un bon match de l’ancien Brestois qui s’est bien battu et qui a tenté. La preuve – avec son but – que cela fonctionne.

Nicolas Fauvergue 3/5 : Encore un but, encore des occasions et encore un rôle de pivot qui commence à être un peu trop systématique malheureusement.

I RIMPIAZZANTI :

Mouaad Madri, 57ème minute, NN : Il n’a pas apporté ce qu’on attendait de lui : des débordements.

Johan Cavalli, 62ème minute, NN : Dès qu’il est entré, le jeu acéiste s’est fluidifié. C’est de lui que viennent les deux buts.

Paul Babiloni, 65ème minute, NN : RAS

Perfettu Erignacci

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