La Blaugrana académie, bilan

Hristo Mario a oublié un superlatif, saurez-vous le retrouver ?

Une Liga, une supercoupe d’Espagne et une Ligue des Champions en poche, on peut réellement considérer que la saison 2010-2011 est une réussite pour le club blaugrana.
Quand science art et football ne font qu’un, retour sur une saison épique.

Le film :

Un début de saison poussif

Les recrues Villa, Adriano et Mascherano en poche, un changement de président pendant l’été et Zlatan envoyé à Milan, le Barça peut débuter sa saison par une Supercoupe d’Espagne face au vainqueur de la Copa 2010, le FC Séville. Au match aller, les internationaux champions du monde au repos, Barcelone se prendra une vilaine fessée de la part de Navas et sa bande 3-1 en Andalousie. Mauvais départ. Au match retour, les tauliers sur la pelouse, les blaugranas retourneront la situation en explosant les sévillans 4-0 à la piaule avec un triplé de Messi. Déjà un titre en poche, le message est clair : il faudra encore une fois compter sur les catalans.
La Liga reprend enfin fin août et le Barça s’imposera facilement au Racing. Mais, après une trêve internationale qui ne réussit jamais aux catalans, ces derniers s’écrouleront à domicile 2-0 face aux promus de l’Hercules et un Nelson Valdez sur un nuage. Un accident ? A priori oui puisque le Barça, ayant hérité d’un groupe plutôt à leur portée en Ligue des Champions (Rubin, Panathinaikos et FC Copenhague), s’imposera 5-1 à domicile face aux grecs. Govou marquera au Camp Nou, la mauvaise farce.
S’en suivra une belle série de victoires sur les pelouses de l’Athletic et de l’Atletico ainsi qu’à domicile face au Sporting. Deux matchs nuls face au Rubin et à Majorque viendront entacher cette belle série.
Mais Barcelone a de la ressource, et une fois David Villa bien intégré aux rouages de la machine blaugrana, les catalans domineront Valence, Copenhague, Saragosse et le Ceuta, en 16ème de finale de Coupe du Roi avant de sécher une nouvelle fois sur la pelouse de Copenhague 1-1.
Barcelone gagne, Barcelone est efficace, Barcelone est troisième du championnat mais Barcelone n’impressionne pas.

 

La machine est lancée

C’est alors que le déclic survient en ce 30 octobre 2010. Au Camp Nou, face à Séville, les catalans atomiseront les andalous 5-0. La saison est enfin lancée et les fessées vont s’enchainer.
5-1 face au Ceuta, 3-1 contre Villarreal, 8-0 à Almeria sur un triplé de Messi et un doublé de Bojan, 3-1 au Pana, Barcelone enchaine les rencontres et les viols collectifs. Les catalans sont irrésistibles, Messi est sur une autre planète, la défense est solide et le milieu de terrain toujours aussi bandant. Cela tombe à pic, le Clasico arrive en cette fin novembre.
Et quel Clasico ! Un chef d’oeuvre, une symphonie. Les merengues plieront sur chaque coup de boutoir des catalans. Xavi et Iniesta à la baguette, Messi et Villa dans tous les bons coups, les catalans réaliseront le match parfait et s’empareront de la tête du classement. Le Real ne reverra plus la première place de la saison.
Mais les azulgranas n’ont pas envie de s’arrêter là. Plus l’écart entre eux et le Real sera important, plus le titre se rapprochera. Il enchaineront alors : Osasuna 3-0, Rubin Kazan 2-0, Real Sociedad 5-0, 5-1 chez le voisin catalan et pour finir cette première partie de saison, un triste 1-1 sur la pelouse de Bilbao en Coupe du Roi, dans une quête d’auto-humanisation.
Barcelone est en tête à la trêve. Aucun nuage à l’horizon.

 

Le coup de chaud de janvier

Après un mercato d’hiver plutôt calme ne comptant que la recrue hollandaise en provenance du PSV, Afellay, Barcelone attaque le premier obstacle dans sa course au triplé : le mois de janvier et ses sessions bi-hebdomadaires alternant Coupe et championnat.
La dinde et les marrons pesant un peu sur les organismes, le Barça s’imposera 2-1 en Liga puis bloquera encore une fois 1-1 à San Mamès pour le huitième de finale retour de Copa mais se qualifiera grâce aux buts à l’extérieur.
Mais une fois les gâteries de Noël digérées, la Pep Team reprendra à nouveau sa course folle en écrasant successivement le Depor 4-0 sur leur pelouse puis le Betis 5-0 en Coupe et, pour finir, les bourgeois de Malaga 4-1. Seul un petit accident dans le match retour face au Betis 3-1, les titulaires à la maison, ternira un peu le tableau. On le savait déjà, les remplaçants n’ont pas le niveau.
Car ce tableau est un chef d’oeuvre et les artistes qui composent cette fresque en veulent toujours plus. Barcelone hérite d’Almeria en demi-finale de coupe du Roi et renverra les andalous vers leur triste réalité en les humiliant 5-0 puis 3-0.
Entre temps les blaugranas prennent leur revanche sur l’Hercules en leur faisant la leçon chez eux 3-0, Messi en maitre d’école, Coluche en serait jaloux. C’est l’Atletico, bête noire habituelle des catalans, qui prendra ensuite sa rouste au Nou Camp 3-0 sur un triplé de Messi, l’argentin est innarêtable. Le Sporting et son escouade de jeune espoir fera tout de même barrage aux catalans qui ne pourront ramener qu’un match nul des Asturies.
Barcelone sort donc de ce mois de janvier la tête haute, qualifié pour la finale de coupe et toujours premier du championnat. Sans encombre.

 

La vraie Champion’s commence enfin

Février arrivant, les choses se corsent. Les anglais d’Arsenal ayant eu la mauvaise idée de terminer deuxième de leur poule, ils affronteront les catalans en huitième de finale de C1. Les fantômes de 2010 hantent toujours les nuits de Wenger.
Mais les gunners ont de la ressource et s’imposeront 2-1, dans un match aller pourtant dominés par les catalans, en les faisant plier en fin de rencontre alors qu’ils étaient menés 1-0. La soirée de Piqué fût longue.
Il faut alors se remobiliser en championnat car le Real impose un rythme d’enfer à Barcelone, obligé de gagner tous ses matchs sous peine de devoir céder la tête aux portugais de la capitale. Une série de quatre victoires face à l’Athletic, Valence, Majorque et Saragosse rassurera la Catalogne. La triplette MVP fait des merveilles.
Arsenal débarque ensuite en Catalogne qualifié pour les quart de finale de C1. Qu’à cela ne tienne, après une première mi-temps insipide et une expulsion de Van Persie, les hommes de Guardiola s’imposeront finalement 3-1 et empocheront leur ticket pour le prochain tour. Au mental.
En championnat 7 points séparent encore et toujours les deux rivaux historiques mais un faux pas des catalans sur la pelouse de Séville réduira un peu plus l’écart : la Casa Blanca est désormais à cinq longueurs de Barcelone. Mais Barcelone s’accroche et se refuse à céder son titre grâce à deux victoires poussives 2-1 face à Getafe et 1-0 à Villarreal. Mais cette victoire en terre valencienne sera précieuse. Le Real ayant perdu à domicile face au Sporting, Barcelone compte désormais huit points d’avance avant le second Clasico. Le titre est en vue, si jamais…
Mais avant Real-Barcelone, un quart de finale de Ligue des Champions à jouer face aux ukrainiens du Shathktar est prévu, eux qui avaient déjà joués un mauvais tour aux catalans l’année passée. Mais ce Barça-là est trop fort, ce Barça-là est au dessus même pour une des équipes les plus sex&fun d’Europe. Les ukrainiens repartiront du Camp Nou avec 5 buts dans la musette suite à une démonstration de force impressionnante. Le retour ne sera qu’une formalité, la Pep Team s’imposera 1-0. Entre ces deux rencontres, une nouvelle star explose aux yeux de l’Europe. Thiago réalisera une performance de haute volée face à Almeria.

 

Mes que cuatro Clasicos

C’est alors que l’inattendu se produit. Alors que Barcelone doit affronter le Real Madrid une première fois en championnat puis une seconde en finale de Coupe du Roi, les merengues se qualifieront aux dépens de Tottenham en Ligue des Champions et n’offrirent non pas deux mais bien quatre Clasicos au monde du football en moins de trois semaines.
Acte premier dans l’antre de Bernabeu pour le match retour de championnat qui peut déjà, officieusement, sacrer le FC Barcelone en cas de non-victoire du Real. Au terme d’un match froid, ennuyeux, haché, à la limite de la courtoisie, les deux équipes se sépareront sur un match nul 1-1 après des réalisations de Messi et Cristiano sur pénaltys. Barcelone conserve ses huit points d’avance.
Acte second quatre jours plus tard, en terrain neutre, à Mestalla plus précisément, pour la finale de la Copa. Après 90 minutes, on aura droit au même match que le premier mais sans les buts. Les deux équipes mériteront chacune de terminer à neuf mais finiront à onze grâce à un arbitrage clément. C’est dans les prolongations que Cristiano offrira le premier trophée des madrilènes depuis 3 ans. La Casa Blanca prend l’ascendant psychologique sur Barcelone. La demi-finale de Champion’s s’annonce stressante pour le cœur des culés.
Acte troisième cette fois-ci, en demi-finale aller de C1. Les deux entraineurs ayant décidé d’allier les gestes de leurs joueurs à leur guerre des mots, le match commencera dans une atmosphère exécrable, à la limite du footballistiquement correct. Mais comme souvent Barcelone dominera son sujet, ridiculisera Madrid sur son propre terrain, prendra sa revanche de la finale de Copa et Messi s’offrira un doublé. Un match parfait d’un point de vue comptable et footballistique, enfin. Que demander de plus ?
Au retour, à Barcelone, les catalans se contenteront de gérer leur avance de deux buts et obtiendront le match nul 1-1. Le Barça est en finale de Champion’s. Dans les coulisses, les plaintes fusent, les deux équipes saisissent l’UEFA : Madrid pour comportement anti-sportif sur le terrain, Barcelone pour insultes publiques et comportement violent. La rivalité atteint son apogée mais le Barça n’en a que faire, le doublé leur tend les bras. Madrid , de son côté, est en larmes.
Entretemps les catalans s’imposeront face à Osasuna mais perdront sur la pelouse de la Real. 8 points d’avance toujours grâce à la défaite de Madrid à Saragosse.

 

La consécration

Cinq matchs à jouer en trois semaines pour deux trophées, 5+2-8 =11, Guardiola doit faire des choix.
Dans un premier temps assurer le titre en Liga avec les titulaires. Tout d’abord le derby remporté 2-0 sur des buts d’Iniesta et Piqué puis un match nul 1-1 à Levante. 6 points séparent désormais Madrid et Barcelone à deux journées de la fin. Barcelone, au goal-average particulier, est déjà sacré champion d’Espagne.
Suivront alors les deux dernières rencontres face au Deportivo et à Malaga où les joueurs de la réserve prendront le temps de s’exprimer. Afellay, Bojan et Thiago marqueront les esprits. Quatre points seront pris : ils laisseront les catalans à une longueur de leur record de l’an dernier. Dernier objectif : Wembley.
Les titulaires ont pris le temps de se reposer et de se préparer depuis 3 semaines pour cette finale afin de récupérer le titre qui leur est promis depuis le début de saison.
Arrivés 4 jours avant le match pour cause de volcan islandais en colère, les joueurs attaqueront la rencontre frais comme des gardons. 10 minutes suffiront aux anglais pour comprendre qu’ils n’ont pas le niveau. Le match est à sens unique, le Barça s’imposera 3-1 et réalisera un doublé monumental.
Ce Barça entre au panthéon comme l’une des meilleures équipes de l’histoire de ce sport. Mérité.

 

Les més que des joueurs :

Les més que des tauliers :

GUARDIOLA / 5 : prix Don Balon du meilleur entraineur 2011, le catalan n’a désormais plus rien à prouver. L’argument de ses détracteurs montrant du doigt sa présumée incapacité à gagner des trophées hors-Catalogne ne tient pas. Sacchi a-t-il réussi ailleurs qu’à Milan ? Et Bob Paisley , à part Liverpool? Et Cramer à Munich ?Heureusement ceux qui tiennent ce genre d’argument croient que Lippi est une marque de raviolis. En ajoutant deux nouvelles lignes à son palmarès, Pep l’élève rejoint et dépasse désormais le maître Johan. CUS. Une bonne grosse quenelle à tous les anti-catalans. Ouch !

MESSI / 5 : après sa Coupe du Monde en demi-teinte, l’argentin avait à cœur de réaliser une saison énorme, non pas pour se racheter aux yeux des argentins du pays mais pour entrer un peu plus dans la légende du club azulgrana. Avec ses 20 passes décisives et ses 53 buts, La Pulga n’a pas déçu. Meilleur buteur de la Ligue des Champions, second au classement du pichichi, le ballon d’or 2010 a réussi un exercice parfait de A à Z. Ballon d’or 2011 à n’en pas douter. Vainqueur su prix Don balon du meilleur joueur étranger de Liga ainsi que du trophée Alfredo Di Stefano, Messi enquille les trophées individuels et collectifs. Oui Messi est catalan.

XAVI / 5 : 3ème au trophée du ballon d’or, il représente à lui tout seul ce que le Barça produit de mieux. On a déjà tout dit sur l’homme aux 22 trophées mais que Xavi est grand, que Xavi est fantastique, que Xavi est exceptionnel. Sandro Rosell peut déjà commencé à commander une tonne de marbre pour sa future statue au pied du Camp Nou.

ABIDAL / 4,5 : jusqu’au mois de février, si le Barça ne plie pas face aux offensives des adversaires c’est bien entendu grâce au français. Avec un Puyol sur le déclin et un Piqué en mode fistfuckage colombien, le français sera l’homme fort de cette équipe sur la première partie de saison. Puis une vilaine tumeur au foie l’empêchera de fouler les pelouses pendant 2 mois. Mais « à la guerre » est gaillard et gratifiera le monde d’un come-back monumental en finale de C1 pour finalement soulever la Champion’s, brassard au bras.

VALDES  / 4,5 : en remportant son 4ème trophée Zamora de la saison, le portier catalan n’est plus qu’à une longueur du record du barcelonais Antonio Ramallets. Solide du début jusqu’à la fin de la saison, Victor franchit encore une fois un palier dans sa progression. De la même trempe que Ramallets et Zamora. Meilleur que Casillas vous dîtes ?

Les més que des valeurs sûres :

ALVES / 4 : avec ses 17 passes décisives et 4 buts sur la saison, Dani the Pitbull est mes que un latéral. Il attaque, il défend, il presse, il marque, fait des passes décisives, simule pour faire expulser de la tainpu portugaise et râle après les arbitres. Tout ça dans un si petit corps, comment est-ce possible ? Malgré cela sa saison sera un tantinet perturbée par la négociation de son contrat qui a quelque peu durée mais le principal est que Dani ait prolongé. Hristo est heureux.

MASCHERANO / 4 : fraichement débarqué en Catalogne pour la modique somme de 22Me en début de saison, le Masch n’aura que 2 solutions : faire banquette et encaisser son chèque à chaque fin de mois ou faire banquette et prouver qu’il n’est pas capitaine de l’Albiceleste pour rien. El Jefecito choisira la deuxième solution. D’abord remplaçant de Busquets, il grimpera les échelons jusqu’à devenir titulaire en défense centrale les trois derniers mois. En ayant mis la main à la poche pour rejoindre le club de ses rêves, Javier ne s’est pas trompé.

BUSQUETS / 4 : un numéro 10 au poste de numéro 6, telle pourrait être la description la plus rapide du fils de. Une technique hors-norme pour un tel gabarit est plutôt rare et Guardiola sait qu’il détient une pépite. Rampe de lancement indispensable de la machine catalane, Sergio ne galvaude jamais une rencontre, il est certainement le joueur le plus régulier de l’effectif. Malheureusement, comme tout héros Sergio a son point faible : l’art de simuler et d’en faire des caisses. Mais est-ce vraiment un défaut ?

INIESTA / 3,5 : d’un point de vue comptable, le Don réalise sa meilleure saison en Liga avec 8 réalisations. Plus buteur que passeur cette saison, le plus castillan des catalans, que Guardiola a fixé dans l’axe grâce au transfert de Villa, s’est pourtant montré moins décisif que d’habitude: pas de frappe en lunette dans les arrêts de jeu d’un match décisif pour une fois. Et alors ? Quand on influe autant sur le jeu de son équipe, pas besoin de flamber tous les jours, les votants pour le ballon d’or 2010 l’ont bien compris en lui offrant la deuxième place du classement.

PEDRO / 3,5 : 22 buts au total pour le joueur le plus sous-estimé de l’effectif blaugrana et il n’est pas donné à tout le monde de scorer dans un Derby puis dans deux Clasicos sur une même saison. Pourtant Pedro le fera et que ce soit avec la Roja ou en Catalogne, le petit homme des Canaries est toujours titulaire. Pas un hasard.

PUYOL / 3,5 : une première partie de saison pleine bourre, cheveux au vent, crampons aiguisés comme des lames de rasoir. Puis ses gambettes le rappelleront à l’ordre au mois de février. Une blessure annoncé anodine par les les médecins du club mais qui durera tout de même 3 mois. Il serrera les dents jusqu’en finale de ligue des Champions où il entrera symboliquement en fin de match. Opéré cet été, espérons qu’il retrouve sa forme d’antan pour une dernière saison en guise d’adieu.

 

Les més que des bonnes surprises :

ADRIANO / 3 : le brésilien, arrivé de Séville l’été dernier pour 9Me, a eu du mal, beaucoup de mal en début de saison. Bringuebalé sur le flan droit puis le flan gauche de la défense, Adriano ne trouvait pas ses marques et ne servait tout simplement à rien. Mais Guardiola, voyant Puyol sur le flan et Maxwell ne sachant pas mettre un pied devant l’autre, lui fera confiance et l’installera sur son côté de prédilection. C’est alors qu’Adriano brillera de mille feux..

THIAGO / 3 : un petit jeune qui deviendra grand. Déjà plus technique que Xavi et Iniesta au même âge, le fils de Mazinho participera tout de même à plus de 12 matchs histoire de prendre un peu de bouteille. Espérons juste qu’il n’aille pas se perdre en capitale anglaise.

PINTO /3 : on connaissait le Pinto blagueur, on connaissait le Pinto farceur, on connaissait le Pinto passoire mais on était loin de connaître le Pinto gardien de but. Appelé à jouer la Coupe du Roi à palier Valdes pendant un mois lorsque ce dernier se blesse blessé, le plus Sean Paul de tous les gardiens ne décevra que très rarement. Si en plus de cela on rajoute ses sifflements pour induire les attaquants adverses en erreur ou ses taloches en pleine face des madrilènes, on a droit à une saison réussi. Qui pouvait s’y attendre ?

 

Les més que des  « va falloir progresser » :

VILLA / 2,5 : recruté pour 40 millions d’euros l’été dernier, les culés attendaient de voir avec impatience ce dont était capable le meilleur buteur du dernier Euro et de la dernière Coupe du Monde dans une équipe déjà réglée comme du papier à musique. Prometteur durant les deux premiers mois où il enquillera but sur but, El Guaje s’éteindra, au fil du temps, pour devenir un joueur lambda de l’effectif blaugrana. Serait-ce dû à son replacement sur l’aile gauche comme avec la Roja ? Avait-il les moyens de faire mieux après une Coupe du Monde aussi harassante ? Malgré ses 18 buts, Villa décevra. Hereusement son doublé dans le Clasico et son chef d’oeuvre en finale de C1 sauveront sa saison.

PIQUE / 2,5 : auréolé du titre honorifique de meilleur défenseur du monde après sa Coupe du Monde, Gerard attaquera la saison comme il avait débuté la dernière, pied au plancher, gaillard, rugueux comme un matador andalou. Malheureusement, et comme souvent, l’amour viendra mettre des bâtons dans les roues de l’espagnol. A la fin de l’année 2010, Piquenbauer tombera amoureux d’une chanteuse de soupelette colombienne qui le métamorphosera en Shakiboy. Quand Cupidon décide de faire chier le monde.

AFELLAY / 2,5 : arrivé au mercato d’hiver pour la modique somme de 3Me (six fois le prix de Gignac), le hollandais savait à l’avance qu’il signait dans le meilleur club du monde pour y faire banquette. 10 minutes par ci, un quart d’heure par là, trop peu pour voir l’ex-capitaine du PSV à l’oeuvre et trop peu pour lui permettre de s’acclimater au toque catalan. Mais sur les brides de matchs où l’on a pu l’observer, on voit que le gamin a du ballon.

JEFFREN / 2 : avec onze matchs de football dans les jambes sur une saison, autant dire qu’il est difficile de juger la performance globale du garçon. Placé sur la liste des transfert pour ce mercato par Zubizaretta, l’avenir de celui qui offrira la manita lors du premier clasico de la saison semble déjà scellé.

 

Les més que des buses :

KEITA / 1,5 : Kekette est un bon joueur de football, très physique, dôté d’une bonne science tactique et d’un palette technique intéressante. Malheureusement il n’a pas du tout le profil pour jouer dans l’entre-jeu blaugrana. Une erreur de casting que Guardiola ne veut pas s’avouer.

MAXWELL / 1 : Maxwell la blatte, Maxwell la buse, Maxwell l’unijambiste, Maxwell l’inutile. Tant de surnoms pour définir un homme. On ne sait lequel choisir.

MILITO / 0,5 : quand on sait que ce joueur est meilleur blessé qu’au top de sa forme, ça vous place un joueur de football. A l’infirmerie durant les six premiers mois de la saison, Guardiola tentera tant bien que mal de l’imposer dans le cœur de la défense catalane lors de la série de blessures de Puyol et Abidal. Résultat : il jouera 2 match puis retournera sur le banc de touche.

BOJAN / 0,5 : « mon cœur est catalan, je veux progresser au FC Barcelone » annonçait fièrement Krkic ces derniers jours lorsque les rumeurs l’envoyaient du côté de Villarreal ou du Betis. Malheureusement pour lui, il semble que cette déclaration d’amour ne soit pas réciproque.

 

Les més que des matchs clés :

30 octobre 2010 / 9ème journée de Liga : FC Barcelone – FC Séville 5-0

Après un début de saison sans goleada, les catalans lancent enfin leur saison après une démonstration impressionnante face à une bonne équipe de Liga. Mais c’est surtout pendant ce match que la doublette Messi/Villa prend vraiment ses marques.
Le pressing catalan étouffera les sévillans pendant 90 minutes et les doublés de Villa et Messi ainsi que le but d’Alves permettront de faire comprendre aux madrilènes et à Mourinho que la saison va bel et bien ressembler à un mano-à-mano. La première manita d’une longue série.

29 novembre 2010 / 13ème journée de Liga : FC Barcelone – Real Madrid 5-0

Le match tant attendu arrive enfin. Le Barça de Guardiola et Messi face au Real de Mourinho et Cristiano. Le deuxième reçoit le premier et peut passer en tête en cas de victoire. Et victoire il y aura .
Après avoir fait illusion durant 10 minutes les madrilènes sombreront sur un premier but de Xavi. S’en suivront un but de Pedro puis deux autres de Villa sur deux caviars de Messi et, cerise sur le gâteau, un dernier de Jeffren pour conclure un Clasico qui restera dans les annales. Piqué terminera la rencontre la main grande ouverte vers les socios. Mourinho, lui, s’avouera vaincu en conférence de presse d’après match. Un chef d’oeuvre.

8 mars 2011 / Huitième de finale de retour de C1 : FC Barcelone – Arsenal 3-1

Le match aller accouchant d’une victoire « anglaise », les catalans se devaient de gagner cette rencontre en évitant, si possible, de prendre un but.
Les blaugranas domineront toute la première période, stérilement. Mais sur un coup de génie, Messi donnera l’avantage aux catalans juste avant la mi-temps. Le plus dur semble être fait. Malheureusement, sur le seul corner obtenu par les gunners, Busquets marquera contre son camp.
Réduits à 10 suite à une expulsion de Van Persie qui fera couler de l’encre, les anglais ne toucheront ensuite plus la gonfle. Et ce qui devait arriver arriva. Après le but du 2-1 de Xavi, Messi, fauché dans la surface, se fera justice lui-même. 3-1, le Barça a frôlé l’accident.

27 avril 2011 / Demi-finale aller de C1 : Real Madrid – FC Barcelone 0-2

C’est dans un climat de tension extrême instauré par les deux entraineurs que débutera ce Clasico.
Les deux équipes ont les dents qui rayent le parquet mais veulent surtout asseoir leur supériorité l’une sur l’autre. Mourinho aura à cœur de montrer que la manita reçu au mois de novembre n’était qu’un accident tandis que Guardiola, lui, ne rêve que de finale de Champion’s.
Le spectacle sera enfin au rendez-vous.
Messi, auteur d’un doublé, enverra son équipe en finale de Ligue des Champions, le match retour accouchant d’un résultat nul.

28 mai 2011 / Finale de C1 : FC Barcelone – Manchester Utd 3-1

Une finale dont beaucoup ont rêvé entre les deux meilleures équipes européennes du moment. D’un côté la chaleur et le toque espagnol, de l’autre la pluie et la rigueur anglaise. Deux styles de jeu, deux entraineurs que tout oppose pour la revanche de la finale de 2009.
Comme la plupart des adversaires des catalans, Manchester ne résistera que 10 minutes face aux assauts répétés de l’armada azulgrana. Pedro ouvrira la marque à la demi-heure de jeu. Puis, dans un sursaut d’orgueil, Ronney prendra sa chance et nettoira la lucarne de Valdes. 1-1 à la mi-temps.
La seconde période sera un récital, peut-être les 45 meilleures minutes joués par les catalans cette saison.. Les anglais ne verront plus le jour. Le tiki-taka catalan atteint son paroxysme. Messi puis Villa donneront la victoire pour un doublé mémorable et historique du club. Une saison parfaite.

 

La saison prochaine :

D’abord ‘un point de vue purement sportif, l’objectif du club est simple : rafler tous les titres possibles sachant que l’équipe sera engagée sur 6 compétitions à la fois.
Ensuite d’un point de vue économique, résorber le trou de 360Me laissé par Laporta, fair-play financier oblige, en arborant un magnifique « Qatar Foundation » sur le maillot quelque peu spécial de la saison prochaine. Il va falloir s’y faire, mais pour 150Me sur 4 ans, on se ferait même tatouer « Cum’s box » sur le front. Le premier versement de 8Me du transfert de Zlatan et les 3Me d’indemnités versés par Seville pour Caceres vont aider.
Enfin d’un point de vue mercatorial les souhaits de Guardiola sont clairs : conserver l’ossature actuelle de l’équipe tout en se renforçant. Bien entendu aucun des onze titulaires ne devrait partir, ce qui devrait être aussi le cas pour Adriano, Afellay, Keita, et Mascherano. Les cas Maxwell, Bojan et Jeffren sont quelque peu différents. Les deux premiers, qui n’ont jamais donnés satisfaction, pourraient (et doivent) être vendus (voire cédés contre deux Twix). Le troisième aussi malgré sa saison en demi-teinte mais les offres affluent pour l’hispano-équatorien apparemment. Aucune nouvelle des dossiers Keirrisson, Hleb et Henrique.
Côté arrivé Guardiola veut 4 renforts : un défenseur, un milieu de terrain et deux attaquants. Sachant que l’enveloppe du duo Zubizaretta-Guardiola est de 45Me, il n’y a que l’embarras du choix… si les choix sont faits intelligemment. Les noms les plus cités par la presse espagnole sont Alexis Sanchez, Kiko Femenia, José Angel, José Enrique, Giuseppe Rossi, Thiago Silva, et Fabregas. Si les quatre premiers noms plaisent à Hristo, les sommes entendues pour les trois derniers ne lui plaisent pas du tout. La logique voudrait que Kiko, Rossi et Fabregas soient signés.
Si on ajoute à cela les montées de Bartra, Fontas, Jonathan et Thiago, la profondeur de banc ne pourra être que meilleur que cette année.

 

La dédicace à la réserve :

Et oui car le Mes que un Club n’a pas qu’une seule équipe dans l’élite.
La réserve de Barcelone, de Luis Enrique, terminera 3ème de Liga Adelante (2ème division espagnole) au crépuscule de cette saison 2010-2011 avec une équipe composée uniquement de joueurs de moins de 25 ans tels que Bartra, Fontas, Thiago, Jonathan, Muniesa, Soriano, Romeu, Vasquez, Montoya ou Nolito ayant fait quelques apparitions avec l’équipe première. Un bel exploit.
Malheureusement pour eux, le règlement ne leur permet pas de disputer les barrages d’accession à la montée en BBVA.
Jonathan Soriano termine meilleur buteur d’Adelante avec 32 buts.
La saison prochaine les départ de Luis Enrique à la Roma, Soriano, Nolito à Benfica et les promotions de Bartra, Fontas, Thiago et Jonathan vont donner du fil à retordre au nouvel entraineur Eusebio Sacristan, adjoint de Franck Rijkaard il y a quelques saisons. Objectif : les six premières places et offrir du temps de jeu aux jeunes canteranos.

15 thoughts on “La Blaugrana académie, bilan

  1. Et ça fanfaronne…en même temps, après une saison pareille, difficile de rester humble! Encore une très belle saison du Barça qui risque de prolonger sa domination encore quelques années…
    « Pinto…lorsque ce dernier se blesse blessé… » Heureusement qu’Abidal n’est pas mort décédé…

  2. Si l’OM était passé contre Manchester, la coupe aux grandes oreilles était pour nous. Gignac aurait lobé Valdès facile. Vous vous en sortez bien.

  3. Mes que une saison ! Sur l’ensemble, le Barça a été moins solide que les deux précédentes saisons, mais au final, ça restera la plus marquante. Je n’oublierai jamais ce Clasico aller, ni ce 8° aller, où même si on a perdu (enfin bon, je suis également supporter d’Arsenal), ce fût un spectacle comme on en voit rarement. Car rarement un match de foot de 90 minutes m’a semblé passer en 10 minutes, alors que les matchs de Liguain me semblent durer des heures et des heures, et encore d’autres heures… Avant de m’apercevoir qu’en fait, je me suis assoupi et qu’on est tout juste à la 25°. Et jamais je n’oublierai Abidal, brassard au biceps soulever la Coupe aux grandes oreilles après avoir renvoyé Sœur Alex et Patrice je-suis-trop-un-vainqueur Evra à leur juste place. Que ce fut beau ! Merci au FC Barcelona, à Hristo, ce beau moustachu, à l’éditeur, ce bel homme et visca Barça !

  4. Bon belle saison, magnifique tout ça tout ça… mais là, les choses sérieuses vont commencer.

    Le traductor va améliorer son équipe et pas qu’un peu. Par conséquent, Pep et les boyz vont devoir montrer à tous qu’ils sont les seuls patron sur la planète foot.

    Concernant les transferts, je ne comprends pas la junta…
    Le club n’a pas d’argent mais il compte claquer 30 M sur Rossi (qui sera sur le banc à priori) et 30 sur sanchez/sex (rayer la mention inutile).

    Des fois, no entiendo…

  5. Déconne pas avec Jeffren, le mec est hispano-péruvien, tu joues avec Radek là.

    A saison magnifique, bilan magnifique, merci à toi Hristo pour cette magistrale académie finale.

    J’ai déjà fait part de tout les plaisirs et bonheurs que cette équipe m’a procuré, je ne vais donc pas m’épancher plus longtemps sur le sujet. Je répèterais simplement que je suis toujours aussi HEUREUX comme un CON :)

    La saison prochaine ? Bah ça sera la saison prochaine ! Les rumeurs mercatoriales qui agitent la planète Barça ces derniers temps m’excitent et m’exaspèrent tout(es) autant : Cesc, Rossi, Sanchez, Thiago Silva, viendront, viendront pas, oui-non, pour/contre, et pour combien, et pourquoi faire bla bla toussa…

    Un bon DC, 1 grantattakan supplémentaire et quelques bons jeunes, ça m’ira très bien. Et s’ils veulent vraiment Cesc, no problemo, pourvu qu’on y laisse pas Thiago et plus de 40M€.

    En attendant, y a plus qu’à savourer, tout l’été, des souvenirs pleins la tête, d’une saison de rêve, d’anthologie.

    En attendant la saison prochaine donc et bien sûr le retour de la Blaugrana Académie, pour notre plus grand plaisir.

    PS : Tu prévois de faire un point presentation avant la reprise : arrivées, départs, enjeux, cantera, finances etc. ?

  6. Merci Hristo, excellente académie et vivement 2011/12

    ps: « arrivé au mercato d’hiver pour la modique somme de 3Me (six fois le prix de Gignac) »
    Affelay pour 3M€ n’est pas 6 fois le prix de Gignac mais bien 1/6eme du prix de Gignac, 1/5eme du prix de Rémy … CUS d’une gestion JC Dussière

  7. D’abord merci pour les mercis.

    >Billy
    Non je donne, comme Enrico.

    >Moké
    J’y pense tous les soirs en me couchant.
    Et si Gignac était la solution pour faire le triplé l’an prochain… Prix d’ami : 40Me + Messi.

    >Chulo
    Sanchez ne viendra pas. Barcelone a réussi son coup de bluff. Depuis cette rumeur, tout le monde s’affole comme des petites pucelles: MU, M City, Chelsea, le Real. Et pendant ce temps là, Barcelone, dans son coin, va tranquillement signer Rossi sans que personne ne s’en rende compte.

    >Oxianor
    Oui, il est possible que je fasse un petit résumé, fin aout, de tout ce qui s’est passé pendant l’été.
    Si tu as des suggestions passe sur le forum.

    >Un type
    Oui désolé, Hristo et les maths ça fait deux. D’autant que Hristo n’aime pas faire les bilans mais l’éditeur, ce bel homme, a menacé de l’envoyer une semaine en vacances en Thailande avec GM2 s’il ne le faisait pas.

  8. Bilan de Barcelone:

    la Sagrada Familia, après un siècle de travaux, toujours pas terminée.

    Mes que des branleurs.

  9. En même temps, à quoi bon se fatiguer, même inachevée, la Sagrada Familia est déjà le monument le plus visité d’Espagne, devant l’Alhambra de Granada et le Prado de Madrid.

    D’ailleurs, même le musée du Barça est plus visité que celui du Prado.

    La bise anale, mon cher Alter-Gaucho ;)

    Hristo, pas de suggestion particulière mais je retrouverais la Blaugrana Académie fin août avec plaisir. Et je contribuerais modestement au résumé estival par un long post dont j’ai le secret ;)

    PS : C’est quasi fait pour Sanchez, et ça n’empêcherais pas apparemment la venue de Rossi €?€?€?€? Et Boubou Krikri est enfin décide à se tirer, Chulo et toi allez faire la fiesta pendant dix jours :)

    ¡¡¡ CAMPION, CAMPION, CAMPION !!!

  10. Oulaaaa mon ptit doigt me dit qu’on est pas prêt de faire péter la mousse avec Bobo…

    Quand on verra son cadavre sur un banc étranger, on pourra courir à poil sur les Ramblas et pisser dans la canaletes pour que le petit soit sur de ne pas revenir ;)

    PS : Je sais bien que mes nouveaux copains qataris du PSG ont filé pleins de sousous à Sandro et doni, mais faudra m’expliquer pourquoi il faut claquer chaque année 30 M sur un attaquant qui n’en vaut pas plus que la moitié??

    Yaurait-il marqué pigeon sur nos tronches ?

  11. Bah disons que depuis notre affaire du siècle, tu sais celle de « Eto’o + 45 M€ = Zlatan que l’on revend 24 un an plus tard », Tixi et Andoni n’ont même plus besoin de s’inscrire « pigeon »
    sur la tronche, tout le monde est déjà au courant ;)

    PS : J’ai bon espoir pour Boubou et le boss de l’Udinese me casse les cojones grave. Glou glou ?? Glou glouuuuuu…

  12. Il m’plaisait bien moi le petit Bojan. De tous les matchs où je l’ai vu rentrer il a pas été trop dégueulasse mais les temps sont durs et on certains doivent quitter le bateau… Temporairement? Hum…

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