La Féria-Pont Académie note Arles Avignon-St Etienne (0-1)

Liguain, regarde comment meurt un Arlésien.

« Hey Johnny Jane
Ne fais pas l’enfant ne sois pas si stupide
Regarde les choses en face sois lucide
Hey Johnny Jane
Efface tout ça, recommence, liquide
De ta mémoire ces brefs instants torrides
Hey Johnny Jane
Un autre camion à benne
Viendra te prendre pour t’emmener vers d’autres Floride »
Serge Gainsbourg, extrait de La Ballade de Johnny Jane.

 

« Ô Ligue 1! Puisque que tu n’as point voulu de nous en ton sein, regarde comment meurt un Arlésien! Et vous tous qui nous ont moqué, brocardé, humilié, voyez avec quel courage Arles quitte ce monde! Car si Hadès nous condamne à le rejoindre en sa sinistre demeure, nous ne quitterons point le monde des vivants sans livrer bataille, sans une ultime fronde dont chaque mortel se souviendra! Alors, face à Sainté, vaille que vaille, fi des tactiques frileuses! Lançons-nous allègrement dans l’offensive, l’attaque, le quignon! Si nous devons partir, faisons-le avec audace et dignité! Avec 11 cavaliers comme autant de guerriers, partons à l’assaut du royaume stéphanois sans crainte du pire puisqu’il est déjà arrivé. N’ayons plus crainte de ce funeste destin qui nous a déjà voué aux gémonies depuis si longtemps. Montrons donc à tous que l’AC Arles n’est pas cette équipée si souvent décrite bancale et qu’il n’a péché que par inexpérience et maladresse. Que diable, jetons-nous à corps perdus dans un dernier baroud d’honneur face à un candidat à l’Europe! Et peu importe l’issue de la bataille! Que peut-il bien arriver à des condamnés à mort? Ne calculons plus et mourons comme des hommes! Pour cette fin de saison, ne tenons plus compte du tableau noir, des consignes castratrices!

Si nous devons être exécutés, allons au poteau l’air joyeux, respirant à pleins poumons ces senteurs printanières sans crainte du lendemain! Après avoir tant souffert, offrons-nous une ultime bouffée d’oxygène, un instant de joie, nous qui n’en connûmes si peu! Ô Saint-Etienne, toi qui vécut les exploits des tiens avec passion, toi qui entendit tes supporters scander à tout rompre ta grandeur, ose te mesurer à la furia acéiste qui se présente devant toi! Résiste donc à l’Armada frappée du Lion! Prends garde au fougueux Meriem, à l’auguste Kermorgant et au virevoltant N’diaye! Ô Saint-Etienne, toi qui rêve de retrouver les vastes plaines européennes qui firent ta Gloire, ose défier les Arlésiens aux coeurs valeureux et nobles! Que leur fougue n’ait d’égale que leur bravoure! Et si nous devons tomber, sache que nous nous relèverons et reviendrons un jour prochain! » Franchement, ça aurait pas eu de la gueule si Marcel Salerno avait parlé ainsi?! Le port altier, le torse bombé et le verbe haut, le Loup blanc des Alpilles aurait lancé à la foule médusée cette prière incandescente (en Ligue 2) avec maestria et aplomb. Avec son général en chef Hadzibegic à ses côtés, il aurait annoncé, grandiloquent, que l’armée acéiste, si elle n’avait que peu brillé cette saison, ne partirez point sans un coup d’éclat. Prenant la relève de son président, Coach Faruk aurait à son tour pris la parole, exhortant son armée à se libérer des chaînes du 6-4-0 qu’il avait pourtant érigé en art et à se ruer sur les troupes vertes sans arrière-pensées. Exaltée, la plèbe journalistique cathodique se serait levée d’un bond et se serait mise à hurler « Le Bosniaque, le Bosniaque » en hommage et en référence à cette scène fameuse de Gladiator.

Horreur! En dépit des espoirs des fidèles supporters arlésiens, il n’en fut rien. Coach Faruk n’eut guère d’égard à ces quelques volontés au moment de bâtir sa stratégie (David) martiale. Pis, il se fourvoya une nouvelle fois, obstiné à construire une muraille pour empêcher toute incursion ennemie. Or, en piètre tacticien qu’il est, il ne s’était point rendu compte que ses hommes défendent aussi bien qu’une capote trouée protège des MST. Las! ses sombres pensées tombèrent une nouvelle fois en décrépitude et les Stéphanois repartirent victorieux de la Cité des Papes.

Or, davantage que de fustiger les schémas suicidaires de son général, l’Imperator Salerno, a.k.a. le Caligula héraultais, s’en prit au référé de la partie, certes fort peu en verve en ce samedi après-midi. Appuyé en sa démarche par Guy Roux, sorte de Zeus icaunais, le président arlésien lança que l’AC Arles était une petite contrée et qu’elle était arbitrée petitement. Ainsi, il n’eut de cesse de remettre en cause les décisions de l’homme en vert (et contre tous) et dédouanait (Rousseau; ok j’arrête) de la sorte son général bosniaque et ses options mortifères. Maudit soit celui qui refuse de voir! Comment s’en prendre à la piteuse performance d’un arbitre pour cacher ses propres errances et ses craintes? Pourquoi jeter l’opprobre sur les gardiens du culte quand on est incapable de regarder en face sa faillite? Si M.Moreira fut aussi pertinent dans ses décisions que son homonyme prénommé Daniel l’était face au but lors de ses dernières saisons, il n’est pas responsable du vide collectif acéiste. Avant l’exclusion de Baldé, l’ACA avait connu une bonne période de presque 10 minutes mais sans parvenir à mettre en alerte le bondissant Janot. Néanmoins, le « 10 derrière-ah! quel dommage qu’on n’ait pas droit à 2 gardiens! » demeure une honte, non seulement en ce qui concerne l’image donnée par les Lions mais aussi pour le foot lui-même. Les supporters des deux camps qui s’étaient réunis en masse dans l’arène avignonnaise peuvent légitimement attendre mieux que cela. Mais, et c’est le lot des perdants, il reste toujours plus simple d’en vouloir aux arbitres que de concevoir sa faiblesse.

Peu de joueurs se démarquèrent. Le problème de jouer regroupé dans ses 30mètres certainement. Au-delà de cette 22ème défaite de la saison, il est à noter que l’AC Arles poursuit 2 séries qui seront difficilement battues: 6ème match dans but (pour nous je veux dire hein!) et 5ème match de rang achevé à 10! On marque la Ligue 1 avec nos moyens!

 

Planté (4/5): un match solide face au club qui nous l’a prêté. Vraiment dommage qu’il ne parvienne pas à détourner davantage le penalty mouligasse d’Alonso.

Soro (2/5): n’est pas passé loin de remporter le trophée Lorenzi en prenant un carton jaune dès la 20ème seconde. En dehors de ça, RAS.

Lorenzi (2/5): du mal à se placer, du mal à relancer. N’a pas offert un but à l’adversaire, c’est déjà ça.

Baldé (6/5): auteur d’un tacle parfait que l’arbitre a vu fautif, il s’est vengé proprement 2 minutes après. Aurait eu 7 s’il avait broyé la jambe d’Alonso comme à sa plus belle époque du Celtic. Deux expulsions en deux matches, respect.

Pavon (3/5): seul à surnager au milieu de ses comparses. On se console comme on peut.

Aït Ben Idir (2/5): milieu de formation, il a été placé arrière-droit par Hadzibegic qui, décidément, aime bien faire ce genre de choses. Après un début de match convenable, il a eu droit à quelques moments de solitude en 2ème période, avec notamment un petit pont de Sako et un déboîtement de hanche par Payet.

Fanchone (2/5): constamment pris dans le dos, inutile offensivement. On ne tire pas sur les ambulances.

Rocchi (2/5): fidèle à son patronyme, il a mis de bons coups de latte et aurait pu rejoindre Baldé dans la colonne carton rouge. Pour le reste, rien de bien extraordinaire. Remplacé par Ghilas (80′) qui est toujours aussi useless de noter.

N’diaye (2/5): de bons appels, de la vitesse, de la disponibilité mais manquer autant de contrôle à 20 mètres des bois, c’est interdit.

Meriem (3/5): vraiment pas mal jusqu’à la sortie de Baldé, il n’a pas survécu à la mi-temps. Remplacé par Daddy DJ (2/5), toujours aussi… toujours aussi… pfff. Sortir le seul milieu créatif de l’équipe au profit d’un attaquant aux fraises, c’est un concept que je n’ai pas encore saisi.

Kermorgant (3/5): les 2 meilleures occasions sont à mettre à son profit. Il s’en faut de peu pour qu’il ne reprenne victorieusement un centre d’Aït Ben Idir en 1ère mi-temps. Mais comment se procurer des occasions avec si peu de joueurs offensifs? Remplacé par Ayasse ou Ayassé pour l’homme de terrain de Foot + (77′).

 

Breakin’ news: au moment de retourner sur la pelouse du Stade Fournier afin de prendre part à la 2ème période du match ACA/Menton comptant pour le championnat de Division d’Honneur, Sébastien Piocelle, capitaine honni, a été pris à partie par 3 individus qui l’ont invectivé puis mollardé dessus. Les milieux autorisés parlent même de glaires. Choqué et vénère, Piopio a décidé de porter plainte dès lundi. Il devrait le faire en compagnie de son interprète français-poulet. En partance pour Château-rouquemoute, l’ancien Nantais achève une saison bien moisie. Bon, ç’aurait pu être pire: il aurait pu signer à Urziceni en juillet dernier! Amis magnats du pétrole, viendez donc à Arles! Nous creusons tellement bien que bientôt, nous ferons partie de l’OPEP!

Bonus du Choa:

Choa d’Arelate Choa d’Arelate est présent sur l’interface facebook avec ses merveilleux collègues académiciens ainsi que sur son excellent blog !

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