Allez, plus que 13 journées à subir, 13 môtches tout moisis, 13 concours de frappes déchoulées, 13 occasions de nous voir nous ridiculiser à nouveau en n’étant pas foutu de battre des équipes nullissimes comme Nantes ou Laval… bref, on n’a pas fini de pleurer.

Cette alléchante série débutait hier par le rattrapage de cette 23e journée qui avait été annulée pour raisons météo. Pour l’occasion, et comme un symbole de foutage de gueule marketing, le club aura tenté de nous vendre un derby « de la dernière chance », face à Boulogne/mer.

Alors, certes, Boulogne est un club du Pas de Calais, comme nous, mais ça s’arrête là. Il n’y a aucun historique en les 2 clubs, aucune rivalité, aucun rapprochement notable à rappeler (Lachor a bien joué dans les 2 clubs, mais ça fait light), et la plupart des mecs qui suivent Boulogne suivaient Lens il y a encore 5 ans. On pourra même rappeler que Boulogne doit en partie à Lens sa seule saison en L1 : dernière journée 2009 : Lens, déjà assuré de la montée, reçoit Boulogne, qui coiffera au poteau grâce à cette victoire (suspecte) Metz et Strasbourg dans la course à l’élite.Bref, tout ça pour dire que ce derby n’intéressait pas grand monde, … car ce n’est pas un derby.

Néanmoins, faute de choses à voir sur le pré, votre serviteur a mis à contribution ses collègues académiciens et autres lecteurs de Horsjeu, pour trouver un nom à ce match.

Evidemment, tous les poncifs (rigolos) sur le 6-2 y sont passés (le Pédophilico, le chomagico et j’en passe, ici) mais les lecteurs de la Lens Académie méritaient bien que l’on mette la barre plus haut. Ainsi, notre ami Liberté Capillaire, lyonnais de son état remporte le challenge en baptisant ce faux-derby, pour l’éternité, au nez et à la barbe de Grégoire Margotton, de Moulefritico.

Et c’est peu dire que ce derby sentait les fruits de mer de très loin. Voyez plutôt : Boulogne est plutôt mal barré pour se maintenir et lutte avec Amiens et 3 anciens pensionnaires de L1 fraîchement rétrogradés, Le Mans, Arles et Monaco alors que nous, lancés sur une belle série de matchs nuls aussi inutiles que frustrant, sommes solidement installés dans le ventre mou, déjà hors de course pour la montée et sans trop de stress pour le maintien.

Pour mettre un peu de mayo dans tout ça, Boulogne nous présente une équipe composée de complets inconnus pour qui ne joue pas à Football Manager (et j’en fais partie) avec, pêle-mêle, un gardien qui s’appelle Régis (et ça aura son importance), un gars qui répond au doux nom de Virgile Reset, 2 Kevin et son Touré, réglementaire à tout équipe de L2.

De notre côté, on se pointe avec une équipe qui, soyons francs, ne ressemble à rien :

– Bérenguer est suspendu,

– Cuvillier toujours absent suite au décès de sa compagne,

– Kondogbia est porté disparu,

– Hazard mis au repos (au repos de quoi, on sait pas).

– Toudic, en remerciement d’avoir claqué un cageot par match en janvier, est sur le banc, mais J-E Maurice est titulaire…

– idem pour Queudrue, qui voit Rémy débuter en charnière centrale.

– Pour la déconne, depuis le départ d’Aurier, on n’a plus d’arrière latéral de formation puisque Démont, Baal et Bergdich sont des milieux de terrain. Du coup, le Malgache Nomenjanahary se voit titularisé pour la 2nde fois de la semaine.

Sur le pré, ça donne donc (attention, image cliquable)

 

Le Moulefritico.

En cette soirée de LDC à la TV, le môtch, que la ligue avait intelligemment calé dans un 1e temps à 16h30, ne passionne pas les foules et, malgré un beau contingent Lensois, la Libération sonne un peu creux.

Sur le pré, nos joueurs font leur entame habituelle, faite de flottement derrière, de passes faciles ratées et de camping dans les 40 m, attendant sagement que l’adversaire ouvre le score.
Coup de bol, les Boulonnais sont très maladroits et galèrent à se montrer dangereux. Une tête ratée sur corner en tout début de match, une semi-frappe à la 20e : Bref, on s’emmerde.

Heureusement, la défense du Racing va nous permettre de vivre un challenge « Arrigo Sacchi ». Explication du challenge, qui se joue en 3 phases:

– Phase 1 :
Jouer avec une défense qui n’a aucun automatisme et n’a jamais été alignée ensemble.

– Phase 2 :
Laisser vos défenseurs se blesser un à un et faire rentrer poste pour poste des joueurs choisis au pif sur le banc.

– Phase 3 :
Remanier la composition de la défense 4 fois sur le même match, en ne prenant pas de but.

Pour la phase 1, expliquée plus haut : Check.

Phase 2 :
22e : Démont sort sur blessure. Queudrue rentre, dans l’axe, Rémy passe à droite.
45e : Nomenjanahary se blesse, il ne reprendra pas la 2nde période. Sow rentre. Bergdich redescend à gauche, Baal passe ailier, Sow jouera 6.
62e : Rémy se blesse. Garcia voit le bon coup à jouer et remplace son arrière droit par … Ben Saada, ailier/attaquant. Du coup, Baal passe arrière droit, Maurice passe à gauche… Bref, c’est le bordel et on finit avec un milieu Sow – Ducasse en mode « démerdez-vous » car sans réel soutien dans la construction car Ben Saada – Maurice – Koïta, niveau passes et construction, c’est pas trop ça.
Phase 2 : Check.

Parallèlement au challenge, le match suit tranquillement son cours, oscillant entre médiocrité et ennui. Les Boulonnais ne savent pas quoi faire du ballon, pourtant notre défense est l’allégorie de la fébrilité, de notre côté, on attend tranquillement pour envoyer des contres.

Si Ducasse est au final assez offensif, c’est notre ami Koïta qui va ouvrir le score sur une Régis … de Régis Gurtner, le portier maritime. Passe en retrait foireuse, montée ratée du gardien… pas loin du but le plus moche de ce début d’année (à noter que Koïta a failli la mettre à côté). Bref, 0-1 pour le Racing, et c’est vraiment pas cher payé pour les Boulonnais tant on a été mauvais dans le jeu.

La mi-temps approche et les Boulonnais tentent un peu tout et n’importe quoi : un ciseau dans la surface qui tue 2 mouettes, une Madjer immettable aux 9 m entre 4 défenseurs, et un centre – tir de 45m qui finit sur la barre de Fabre. Après une dernière occasion pour nous de Pollet (frappe contrée dans les 6m, de la main ?), c’est la mi-temps : mes yeux saignent.

La seconde période débute sur les mêmes base : ça cafouille à mort dès qu’un boulonnais entre dans nos 35 m, mais on tient bon.

Yahia est dans un bon soir et prend tout de la tête, nous sauvant les miches à la 52e et à la 57e, revenant à chaque fois sur Reset in extremis. De son côté, Queudrue a le bon goût de nous sauver la baraque à plusieurs reprises : sur une tête à bout portant suite à une « combinaison sur corner, travaillée à l’entraînement » (60e), sur une tête d’Allard (71e) & sur une frappe déviée de Touré (75e).

Si on souffre derrière, offensivement, ça galère à mort, car nos latéraux ne peuvent monter et prennent l’eau de toute part. Du coup, Ben – Saada et Maurice jouent d’avantage milieux qu’ailiers et Pollet se retrouve trop esseulé pour faire quoi que soit. On me souffle dans l’oreillette que Koïta faisait une sieste.

Nos seules occasions interviennent donc après des contres (pas trop) rapides (faut pas déconner) et se soldent par 2 frappes de Ducasse bien gérées par Régis. Alors qu’on s’apprête à vivre la fin de match estampillée JL Garcia (à savoir, prendre un pion dans les 10 dernières minutes pour finir par un nul), J-E Maurice va calmer tout le monde sur une accélération PES : Prise de balle aux 45m, passage en revue de 4 défenseurs, cacedédi à l’appel de Ben-Saada, repiquage dans l’axe, frappe aux 20m, missile, lucarne.

Le gardien est blasé, le stade aigri, le parcage Sang & Or hilare. Les joueurs de Lens mettent bien 20 secondes à aller le féliciter tellement tout le monde se demande s’il y avait une sauce aux champi dans le moule-frite ou si c’est bien Jean-Eudes qui vient de faire ça.

On mène 2-0 et le match est plié, le duo Allard – Reset faisant même tout ce qu’il faut pour ne pas réussir à en claquer un.

Bilan :
On continue donc notre série d’invincibilité inutile (car faite essentiellement de matchs nuls) en 2012 et on attend le leader Bastiais de pied ferme, histoire de faire encore semblant d’y croire un peu. Pour Boulogne, ça sent le sapin s’ils continuent à être aussi poissards.

Challenge, phase 3 : check.

 

Les gôrs :

Fabre : 2. N’a pas eu grand-chose à faire du môtch mais à réussi à se faire dessus pendant 90 minutes. Sauvé à 2 reprises sur sa ligne par Queudrue, 2 fois par Yahia et complètement aux fraises sur les 2 centres ratés – barres boulonnais, il a eu un mal du chien à organiser sa défense, à sa décharge, particulièrement expérimentale.

Nomenjanahary : 3. Une seule mi-tps jouée, soit un 1/3 de son temps de jeu cumulé en professionnel en plus. Pour le reste, il a été un peu pris par le vent de panique généralisé qui soufflait dès les Boulonnais un ballon dans le paquet. S’il n’a pas été trop à la peine sur son côté défensivement, se permettant quelques relances balles aux pieds en toute sérénité, il n’a pas non plus été particulièrement tranchant dès qu’on a avait le ballon. Je demande à revoir avant de juger.

Yahia : 4. Dans un bon soir, Yahia a fait du bon Yahia : découpages en règle, dégagements de la tête de tout ce qui passait, tacles dans la surface sans faire de faute et 2 sauvetages sur sa ligne. Pour les relances propres on repassera, mais on ne lui en demande pas tant. Par contre, un match de Yahia sans carton, c’est cadeau.

Rémy : 2. Sa meilleure action du match a été de se blesser. Avant ça, c’est-à-dire pendant une grosse heure de jeu, il était d’une fébrilité totale, que ce soit dans l’axe ou après avoir été recasé à la place de Démont. Trop souvent pris de la tête, trop imprécis dans les passes, bouffé à l’impact physique, il a intérêt à vite se sortir les pouces, parce qu’on risque d’avoir besoin de lui dans les prochaines semaines.

Démont : NN Blessé assez rapidement, Yoyo a réussi à foutre le bordel sur le terrain dans y être, sa sortie ayant entraîné un remaniement taquetique assez foufou.

Baal : 2. L’école du placement Jérôme Kerviel vous salue bien, merci.
Brinqueballé de postes en postes tout au long du match, il a ainsi pu nous prouver sa polyvalence, étant mauvais partout. Pas efficace dans la récupération, pas irréprochable derrière, pas terrible quoi.

Ducasse : 4 Déjà son 4e retour cette saison, après des blessures, des méformes, des soirées piscine, bref, on était un peu surpris de le voir là. En même temps, avec Cuvillier et Bérenguer absents, c’était son soir ou jamais. Plus avantage dans ce 4-4-2 que dans les schémas à 3 milieux, l’ami Ducasse a fait le métier avec un certain zèle. Il a plutôt bien colmaté derrière et a surtout été notre principale rampe de lancement pour les les attaquants. Sur un malentendu, il aurait même pu marquer.

Bergdich : 3 Plus efficace uns fois repassé derrière, son repositionnement en défense aura permis à JE Maurice de nous mettre le but de sa vie. Rien que pour ça, il mérite la moyenne.

Maurice : 4 Il allait bien finir par le mettre, il l’a mis. Après 1422 tentatives de raid solitaire, il a marqué LE but qui va nous gâcher la fin de saison. Maintenant qu’il sait qu’il peut en mettre un, Pollet n’aura plus une passe. En cadeau, la tête de Luissettinho sur le but de Maurice :

Koïta : 2. + 2 pour son but hideux. Sinon rien. Pas de profondeur, pas de solution, rien de la tête, rien dans les courses, il a même réussi à polluer les appels de Pollet. Sinon, ça lui fait 2 buts en 4 jours… pour le plus grand plaisir de Toudic, bien aigri sur son banc hier.

Pollet : 2 On l’avait déjà vu faire la gueule à Laval parce qu’il n’était pas titulaire, on l’aura vu faire la gueule parce qu’il ne touchait pas une balle. Trop isolé pour pouvoir faire parler son jeu en pivot, il a été un peu le sacrifié tactique de JLG. Obligé de redescendre presser dans son camp, il pouvait difficilement apporter devant mais aura au moins eu le mérite d’y croire sur chaque ballon.

 

Les entrants :

Queudrue, 22e : 4 The right guy at the right place, au moins à 4 reprises.

Sow, 46e : 3  Entré en 6, il a fait du bien à Ducasse par son abattage défensif et son jeu physique. Sinon, comme d’hab : dribbles de trop, passes ratées, le tout entrecoupé de coups d’éclats.

Ben-Saada, 68e : 2 A la rue depuis quelques semaines, l’embellie n’est toujours pas programme pour l’attaquant Tunisien. En même temps, quand tu vois la CAN de Jemaa avec la Tunisie, t’as de quoi pleurer d’être resté en Artois.

 

Bonus :

La frappe Boulonnaise déviée sur la barre, vue du slip de Mickael Fabre.

 

Cadeau empoisonné : le résumé.

Si tu aimes l’hiver et les relances dans l’axe, Luissette est sur Facebook. En cherchant bien tu le trouveras même sur Twitter.

Si tu aimes Horsjeu.net et la Lens Académie, abonne-toi pour soutenir le site ou fais un don. Si tu es originaire du 62, et que tu es donc pauvre, tu peux cliquer sur les pubs rapidement mais aussi en bas de page sur l’insigne +1, pour un meilleur référencement du site. Tu peux aussi envoyer une bonne bouteille à l’Editeur, ce Bel Homme, et offrir une bière à Luissette avant chaque môtch.

4 thoughts on “La Lens Académie note Boulogne-Lens (0-2)

  1. Encore une super académie mais pouvait t elle en être autrement avec un match ayant vu le but du second meilleur joueur haitien de l’histoir de Lens après Wagneau Eloi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.