Les impressions « à chaud » d’après match ont une dangerosité similaire aux confessions faites sur l’oreiller. Les murmures d’un « je t’aime » ont la puissance équivalente aux « bande de guignols ! Vous me faites chier !! J’en ai plus rien à foutre de vous !!!» apparentés à des cris de douleurs résonnant à chaque contre performance ajacide. L’esprit recouvré, « je ne le pensais pas vraiment » a beau être répété, le mal est fait, les insultes proférées ont été couchées sur papier, et le « je t’aime » imprimé sur son petit cerveau de gonzesse en quête d’amour.

Par expérience et volonté de dompter ma connerie, j’ai ainsi laissé refroidir avant d’écrire quoi que ce soit sur Utrecht – Ajax.

 

12eme journée d’Eredivisie, il est 12h30, le stadion Galgenwaard fait le plein et acclame son ancien gardien de but Vorm, sauveur de Swansea, venu taper la bise à ses anciens équipiers.

Anciens équipiers, façon de parler, vu la purge vécue par le club cet été. Van Wolfswinkel, Strootman, Mertens, Cornelisse…dépouillé de la moitié de ses titulaires, Erwin Koeman n’a pas fait de miracles en début de saison et démissionné mi-octobre. Son adjoint, Jan Wouters, ex défenseur de l’Ajax et surtout coach anal du onze du même nom (http://horsjeu.net/fil-info/le-onze-anal-historique-de-lajax-amsterdam/) a pris la relève et honoré son statut. Une première défaite logique face au PSV, puis une claque 1-4 contre Heerenveen et une nouvelle déconvenue à Nimègue, autre mal classé, 3-1. L’Ajax devait-elle s’attendre à un accueil les bras ouverts de la part de Wouters, ou s’en méfier, bien au fait du vice des coachs anaux ?

A côté de Wouters, De Boer – Bergkamp, le banc le plus classe du monde apparaît encore plus classe. Classe, l’Ajax l’a été contre Zagreb en LDC, et Roda en coupe puis championnat, mais sinon du nul depuis mi-septembre. L’Ajax a enchaîné les « gros » avant Roda, 2-2 au PSV, 1-1 contre Twente et Feyenoord, 2-2 contre Alkmaar, défaite à Groningen, avec une tendance à finir les matchs à 10 et répéter les mêmes conneries en défense. Ce dimanche, ils ont progressé sur un point, ils ont fini à 11, mais ils se sont surpassés sur l’autre aspect.

 

4-3-3, avec Janssen avancé et De Jong en pointe depuis la blessure de Sightorsson, du classique.

Vermeer- VdW Vertonghen Alderweireld (Ooijer 16e) Anita – Enoh Eriksen Janssen – Boerrigter De Jong (Bulykin 2e) Sulejmani.

4-3-3 pour Wouters, qui peut toujours compter sur Asare, Mulenga et Duplan, mais toujours pas sur Lensky. Las de vivre sa vie de Theo Janssen, il est proche d’un retour après une cure pour soigner un goût trop prononcé pour l’alcool.

 

Galvanisés par le mix You’ll never walk alone / Eyes of the tiger à l’entrée des joueurs, Van der Wiel se retrouve déjà dans la surface après 20 secondes de jeu mais ne cadre pas sa frappe.

2 minutes, De Jong sur son premier appel se déchire, Bulykin le remplace. De ce changement émane les premières effluves d’Eredivisie espiègle, avec ce qu’elle a de plus beau à offrir, annonçant un spectacle permanent, sans aucune logique.

5e minute, dans un jeu à trois avec Eriksen, Bulykin reprend le centre de Boerrigter, 0-1.

Jusque là, tout va bien. Asare prévient l’Ajax qu’il ne faut pas lui laisser d’espace et alerte  Vermeer. Mais comme on est un petit peu con en défense, on le laisse recommencer 5 minutes plus tard, il repique au centre et sa frappe déviée par Anita finit au fond. 1-1 à la 16e.

Là, le match prend une tournure inquiétante. Alderweireld, souffrant de crampes abdominales, sort immédiatement après le but, Ooijer rentre…(rire nerveux). 3 minutes, il n’en faut pas plus pour qu’Ooijer soit pris de vitesse par Mulenga, puis Duplan, abandonné par Verthongen, achève le taf. 2-1 à la 20e.

Prenant exemple sur Verthongen concentré uniquement sur ses remontées de balle, Ooijer fait de même, mais rapidement dépassé par le contrôle du ballon et affolé par la présence d’adversaires à dribbler, il finit ses 10 mètres de démence footballistique sur le tibia, heureusement résistant, de Sneijder (petit frère prêté par l’Ajax). L’arbitre ne sanctionne que d’un jaune l’impétueux qui parvient par là même à sauver son honneur. Il attendait et méritait pourtant une récompense à la hauteur de sa réputation (blessure du joueur/carton rouge/baston).

Entre deux tranches d’Ooijerade, Sulej, frappe 3, 4 fois, dont un piqué malicieux retombant sur la barre. Comme notre ami est un obsédé, il tentera à nouveau 2 fois ce geste, dont un inapproprié en deuxième mi-temps, bousillant totalement une occasion.

Le moment ou tout à basculé arrive à la 32e minute et le but du ventre d’Ooijer. Oui du ventre. J’arrête tout, je pose le stylo, l’Eredivisie a gagné, ce match a définitivement perdu toute forme de cohérence, il n’y a plus rien à comprendre, tout peut arriver, pour le meilleur et pour le pire, à la fois jouissif et inquiétant, les 22 bonshommes vont se la donner jusqu’au bout.

Et c’est parti avec Mulenga qui claque un retourné aux 18 mètres, Vermeer s’arrache. OK.

41e, percée de Verthongenbauer, Quaresulejmani dépose d’un extérieur gauche le ballon sur la tête de Voromir Bulykin. 2-3.

Le 4e but est proche, l’égalisation d’Utrecht aussi, et c’est déjà la mi-temps.

2-3 à la pause, et 6-4 au final, la 2e période a du être magique, me diras-tu cher lecteur avisé et aviné. Tout dépend de quel côté tu es. La magie a effectivement opéré du côté d’Utrecht pendant 5 minutes.

49e, Vermeer manque sa sortie et Bovenberg, qu’Ooijer a préféré ne pas marquer, égalise.

52e, l’alignement en S de la défense ajacide permet à Mulenga de donner l’avantage, 4-3.

54e, Ooijer porte le ballon mais dans le mauvais sens, le temps qu’il trotte, il se fait presser et a la merveilleuse idée de donner un ballon merdique à Vermeer qui foire son dégagement sur Asare. Le but est vide alors 5-3.

Eriksen de la tête à la 73e, pour une reviviscence ajacide, mais il n’en sera rien.

Le 4e arbitre remplace l’arbitre de touche, rien de surprenant, puis Mulenga se blesse et reste assis dans la surface de Vermeer. Le jeu continue, Ooijer-Verthongen-Vermeer jouent en triangle, attendant un coup de sifflet de l’arbitre, ou que Mulenga se relève, partagés entre l’envie de jouer et de sortir le ballon, ça devient surréaliste jusqu’à ce que Vermeer, sous la conspuation du stade, dégage le ballon…une fois de plus bien mal, les joueurs d’Utrecht se posent moins de questions, le supporters ne sifflent plus, et nous sommes passés très près d’un nouveau but débile.

Utrecht gère mieux la fin de match et à la 96e, Vermeer en position difficile dégage à nouveau sur un joueur d’Utrecht. La frappe de Kali, à nouveau dans le but vide, vient ponctuer ce match de fou et une deuxième période catastrophique de l’Ajax.

 

Les notes de ce match de l’étrange, mais vraiment histoire de :

Vermeer 2/5 : Des boulettes, des arrêts, un jeu au pied déficient. Cillessen n’a jamais été aussi proche du titulariat.

Van der Wiel 2/5 : Au moins il a centré correctement.

Verthongen 1/5 : De plus en plus flagrant qu’il n’a qu’un physique. Des erreurs défensives indignes de ce qu’on attend de lui, qu’il répète fréquemment.

Ooijer 1/5 : Les mots me manquent, c’est aussi ça l’effet Ooijer.

Anita 1/5 : Dépassé.

Enoh 3/5 : Au niveau habituel, un des rares aujourd’hui.

Janssen 1/5 : Pas en forme, il a joué avec une douleur quelque part mais je ne sais plus où et je m’en fous.

Eriksen 2/5 : Du bon et du moins bon, ce n’est pas du cochon.

Boerrigter 2/5 : Sa première sélection en équipe nationale va le réconforter.

Sulejmani 1/5 : Coupable d’une poussée d’individualisme en deuxième mi-temps. Désolant.

Bulykin 3/5 : Remises, déviations, c’est simple et ça plante 2 buts.

 

L’Ajax est le grand perdant de cette 12e journée, je vous laisse avec l’ami Fritasse pour vous en dire plus sur cette folle Eredivisie.

 

Anaal Kusjes

Rhinit vous propose également les images.

6 thoughts on “L’Ajax Académie note Utrecht-Ajax (6-4)

  1. 2/5 pour Vermeer c’est bien payé. Je lui aurais mis 0. A chaque match il te fait une petite boulette. Son jeu au pied est catastrophique, même Isaksson est meilleur c’est dire.

    La faute dégueulasse de Ooijer qui ne lui coûte qu’un jaune. Strootman a pris un rouge et deux matches de suspensions pour moins que ça et Ooijer ne peut pas être suspendu. Merci la KNVB.

    http://static3.ad.nl/static/photo/2011/18/8/12/20111107084456/media_xl_1002192.jpg

  2. Pour une fois, Rhinut, je comprends ta détresse.
    Mais bon, claquer le Dinamo tranquille pour ensuite se faire torcher par Utrecht, c’est quand même moche.

  3. Ca se saurait si l’Ajax était un modèle de régularité.

    Je ne sais pas pourquoi j’ai mis 2 à Vermeer, un moment d’égarement.

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