OCDE Académie: Les losers de la Champion’s League

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Honneur aux losers.

OCDE Académie : Les losers de la Champion’s League

Les peuples européens se battent depuis la nuit des temps pour savoir qui a la plus grosse.  La naissance de Van Bommoul ayant mis un terme au débat, les pratiques les plus extrêmes y étant liées, genre la guerre, ont paru à tout le monde quelque peu disproportionnées et on décida de régler la chose par la beauté du football.
Un peu comme dans le film Troie où le roi de Sparte envoie Brad Pitt zigouiller ses alter-égo surhommes des cités voisines, on organisa un grand tournoi, avec un nom bien prestigieux et des spots télé princiers, où chaque pays envoya ce qui se fait de mieux chez lui, où ce qui se faisait de moins pire selon les moyens du moment. Alors que les nations les plus avancées footballistiquement exhibent fièrement leurs Achille et leurs Sangoku supersayan 4, d’autres parviennent tout juste à dégotter un Harry Potter asthmatique et sans pouvoirs magiques.
C’est à ces derniers que nous allons rendre hommage lors de ce premier bilan de la phase de poules  de la Ligue des Champions, qui vous accompagneront jusqu’au tirage au sort. Ces faire-valoirs promis à un destin tragique et accompagnés dans leur trépas par des héros en perdition, qui s’imaginaient mieux que ça. C’est aux derniers de chaque groupe que nous allons offrir leurs derniers instants de gloire médiatique, ceux-là même sans qui les coupes européennes n’auraient pas le même parfum de grande communion, dont les défaites les plus lourdes permettent aux plus brillants de nos astres de briller encore plus fort.

Les loosers ultimes :

Ils sont trois à avoir réaliser le Grand Chelem Régis, c’est à dire à avoir perdu tout leurs matchs. Ces compagnons idéaux, généreux en défense et câlins tout plein en attaque nous viennent d’Espagne, de Croatie et de Roumanie.
Villareal, demi-finaliste en 2006, tire bien la gueule en championnat et a du composer avec la perte de Cazorla à l’intersaison et la blessure de Giuseppe Rossi. Affronter City, Naples et le Bayern, des équipes à la puissance offensive reconnue avec une défense inefficace depuis plusieurs saisons, cela ne pouvait que se finir mal. D’autres part, la force des hommes de Garrido réside dans sa capacité à prendre le jeu à son compte et à monopoliser la gonfle au milieu de terrain, chose qu’ils n’ont pas eu le loisir de faire fàce à de tels cadors et les matchs se sont donc soldés par des additions salées. Le sous-marin jaune, touché à 14 reprises en 6 batailles, touche le fond en ayant seulement inscrit deux petits buts, ce qui en fait une des plus mauvaises attaques de cette première phase.
L’Otelul Galati a remporté son premier titre de champion de Roumanie lors de la saison précédente, et son seul fait d’arme sur la scène européenne est une victoire en coupe Intertoto. Oui souvenez-vous, celle que Marseille a remporté avec Wilson Oruma, et qui a servi d’alibi de trophée pour pas mal de supporteurs. Compte tenu de son inexpérience, le club des Carpates avait peu de chances de sortir indemne d’un groupe avec Benfica et Manchester United. Sur le papier, les confrontations face à Bâle semblaient plus abordables, mais les roumains ont manqué de réussite concédants un penalty dans les dernières minutes au match allé. Le reste n’est qu’impuissance offensive et défense perméable. 11 buts pris pour seulement 3 buts marqués. C’est le métier qui rentre, ou pas, le club étant actuellement très loin de se qualifier pour la prochaine édition(11 points de retard sur le leader).
Le Dinamo Zagreb complètent ce trio de loosers magnifiques, et de la plus belle des manières. Valise à Amsterdam, valise à Madrid, valise contre Lyon. Ces retrouvailles avec la compétition reine furent assez douloureuses pour le club croate, qui nous apparut assez limité étant donné que son seul atout résidait dans sa pelouse pourrave. Ils resteront néanmoins dans l’Histoire en offrant à Lyon une qualification venue de nul part, et ils quittent la compétition avec la plus mauvaise défense de ces phases de poules, avec 22 buts encaissés.

Les loosers spéciaux :

Deux équipes n’ont gagné aucun match sans pour autant tous les perdre, avec plus ou moins de mérite. Le BATE Borissov, venu de la ville obscure de Borissov, elle-même située dans un pays très obscur, la Biélorussie, a réussi à accrocher le Milan AC. Il obtiendra également un match nul à Plzen, ce qui pour une deuxième participation en Ligue des Champions est honorable. Pour le reste, le club s’est fait éclaté par deux fois par le Barça et s’est incliné laborieusement à domicile contre Plezn. Le BATE Borissov, pour « Borisov Works of Automobile and Tractor Electric Equipment », le genre de nom sexy uniquement si on a connu les plans quinquennaux brejneviens, finira probablement champion de Biélorussie et retentera sa chance si il parvient à sortir des tours préliminaires.
Le KRC Gent est un des clubs tout mignon tout plein de cette Champion’s League. Après s’être fait atomiser à Stanford Bridge, la presse anglaise, dans sa sobriété traditionnelle, avait enfoncé plus bas que terre nos amis belges. Sauf qu’au match retour, les Blues ont vécu un enfer et ne sont pas passé loin de la défaite. Gent n’a également pas plié à domicile face à Valence et Leverkusen, mais a pris la valise la plus sevère de cette phase à Mestalla ( 7-0). Ils se sont inclinés lors de tout leur voyages loin du Plat Pays et étaient bien parti pour avoir la pire défense de toute la phase de poules, jusqu’à ce que le Dinamo file un petit coup de main à la Aulassie. Ils ont lutté avec leur moyen, et à défaut d’avoir gagner un match, ils ont gagné un peu plus de respect en sur le vieux continent.

Le loser sale :

Le Shaktar Donetsk est une équipe ukrainienne faîte de brésiliens de troisième choix, victorieuse de la feu-dernière coupe UEFA, et qui a certaine ambition. Ils étaient tombés dan un groupe logiquement à leur porté avec Porto, le Zenit et l’Apoel. Au final, le club a salement erré  de défaites en matchs nuls fébriles jusqu’à une victoire lors de la dernière journée sur l’Apoel, qui était déjà qualifié. Un bilan bien sale quand on participe à la compétition depuis plusieurs années. Ca vous apprendra à ramener des Brandao en Europe.

Les losers en dilettante:

Lors de la dernière journée, Dortmund menait tranquillou deux zéros face à Marseille à la demi-heure de jeu et était plutôt serein quant à sont avenir, qui devait se terminer au minimum en Europa League. Une heure plus tard, Marseille leur avait passé trois buts et en Grèce, les coiffeurs d’Arsène avait fait étalage de tout leur fighting spirit anglais. Le Borussia qui pouvait tant espérer à l’issue de ce match finit dernier de son groupe, ce qui n’est pas vraiment immérité à la vue de son parcours. Les marsupilamis se sont systématiquement inclinés à l’extérieur, et ont glané qu’une seule et unique victoire à domicile face à l’Olympiakos. Le dénouement de leur épopée européenne devrait être riche en enseignements pour la saison prochaine.
Et enfin les lillois, incapables de passer un but à Trabzonspor et doublement floués par la victoire du CSKA à San Siro. Lille a livré des prestations honnêtes tout au long de la phase de poules mais a souffert du mal connu sous le syndrome du puceau de 17 ans, cette incapacité à conclure par manque d’expérience. Entre défaites et match nuls acquis par manque de saignant et de réalisme, le LOSC peut se mordre les doigts de ne pas pouvoir poursuivre en Europa League. En plus vu que Rudy Garcia refuse de jouer le titre en Ligue 1, ils vont se faire chier jusqu’en mai…

Comme vous le montre ce petit classement entre derniers de chaque groupe, ceux-ci avaient des niveaux et des parcours différents. Neammoins, nombre d’entre eux partagent certaine caractéristiques :

–    Mis à part Villareal et le Shaktar, tous découvraient la Ligue des Champions où y participaient pour la première fois depuis plusieurs années.
–    Exceptés Villareal, Dortmund et Lille, tous ces clubs évoluent dans des championnats mineurs européens.
–    Des tirages peu avantageux, comme pour Villareal ou Gent.

En plus d’accuser un déficit d’expérience et de niveau de jeu, nombre de ces clubs semblent être trop petits pour jouer les premiers rôles sur la scène européenne, ne pouvant rivaliser avec l’industrie footballistique des pays majeurs. On serait bien évidemment tenté de dire qu’ils ne servent que d’alibi à la domination sans merci des plus grands clubs, mais cela se ferait au mépris des résultats obtenus par Bâle et l’Apoel. Plus que la stature du club, la participation régulière en Ligue des Champions semble être un facteur déterminant qui manque à ces clubs. Bâle était là l’an dernier. L’Apoel était là il y a deux ans. Mais bref, je ne suis pas le footballologue ou son apprenti, il y a probablement d’autres raisons à ces échecs, je ne peux vous citer que les plus criants.

L’OCDE Académie est complètement pro-européenne dans l’âme et  continuera de bilanter cette Ligue des Champions jusqu’au tirage au sort de vendredi. Lors du prochain billet, j’évoquerai le parcours des clubs reversés en Europa League, qui ont de drôles de gueules cette année.

Alter-Gauchiste de Droite a découvert Twitter et trouve que c’est assez marrant en fait. Si vous venez me suivre en masse, ‘y aura peut-être une surprise…

La bise anale.

9 thoughts on “OCDE Académie: Les losers de la Champion’s League

  1. Oui mais avec deux o ça accentue bien le fait que c’est des loÔozeurs, tu vois ?

  2. @waldemar: en même temps ils confondent aussi Genk et La Gantoise (Gent en hollandais)

  3. C’est juste, il s’agit bien de Genk et non Gent. Mais AGD sait que tout le monde s’en fout de notre seul ex-représentant en Kampioen League.

  4. Hop hop hop, je m’insurge ! C’est pas Gent mais Genk, comme le souligne la face b et PES. Gent, ce sera l’année prochaine. Et puis, « Exceptés Villareal, Dortmund et Lille, tous ces clubs évoluent dans des championnats mineurs européens. » C’est pas un championnat mineur la ligue 1 ?

  5. @Bart De le De Krr: Avec Lens, Metz et bientôt Nancy en Ligue 2 on ne peut plus dire que la Ligue 1 est un championnat mineur !

  6. Donc en fait Gent et Genk c’est pas pareil ?!

    Oh putain mes billets d’avion…

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