PSV Eindhoven-Manchester United (2-1) : La Raide et Vile Academy livre ses notes dans la douleur.

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Bobby n’a pas mal qu’à la jambe.

Bonsoir,

la Raide et Vile academy est en deuil. Elle ne parvient pas à surmonter la tristesse qui l’étreint à l’image de la blessure abominable du jeune Luke Shaw.

C’est vrai qu’on s’est un peu crus tirés d’affaire, avec ce début de saison pas dégueulasse, et les blessures, ces connasses, semblaient enfin accepter de nous laisser tranquilles… c’est un peu grâce à ça qu’on accueillait avec enthousiasme cette stabilité et cette efficacité retrouvées en défense, aussi. C’est certainement à cause de ses performances de haute volée qui ne cessaient de provoquer la dithyrambe dans les milieux autorisés, enfin, qu’on a cru le petit Luke invincible.

Mais, hélas ! Bras armé, ou plutôt crampon aiguisé de la fatalité, Moreno a tellement bien fait son boulot d’équarrisseur, que l’UEFA a été jusqu’à l’élire homme du match. Sûrement piloté par l’âme déchue de Florentin Perez, l’affreux salopard a abattu en plein vol la progression fulgurante de notre angélique blondinet du couloir gauche.

Mais voilà que je deviens lyrique : cessons-là cet insupportable balbillage.

Le grand Luke, lui, est inconsolable ; et du coup, incontrôlable : je ne vous décris que par le menu le nombre de catastrophes humanitaires qu’il a commandées à son papa pour le noël des Enfers : victoire de Nadine Morano aux primaires de l’UMP [aux présidentielles ndLS], nouvel album de Garou, Prometheus 2… la liste est encore longue, mais je crains de ne pouvoir citer toutes ces atroces exactions moi-même sans pouvoir résister aux hauts-le-cœur qui font bondir ma poitrine chétive de pimp. Et puis, il faut le voir, le Luke, enfermé dans sa cave du soir au matin à rejouer la scène du tribunal de l’arbitraire de M le maudit (le M signifiant Moreno) [Impossible, je déteste ce film, ndLS] en modifiant un peu le scénario afin que la sentence soit appliquée… et puis, il faut se les coltiner jusqu’à la benne, les têtes aux trois-quarts dévorées des jouvencelles dont il me demande toujours plus d’échantillons, et qui roulent à mes pieds à une cadence effrayante…

« Pas les Serbes, s’il te plaît, Luke : c’est elles qui remplissent les caisses le week-end, mieux que personne ! Ah, les Moldaves, très bien. Si tu veux, oui, rejoue leur la scène du tacle sur ton homonyme… »

Si vous croisez de jeunes péripatéticiennes parlant langue étrangère et dotées de trois genoux au lieu des deux habituels, vers les coins de Pigalle, adressez vous à la Raide et Vile Academy en commentaire. Nous vous indiquerons, moyennant règlement, comment procéder.

Avant cela, et puisque le spectacle doit continuer (ça sonne mieux dans la langue de Margaret Thatcher), parlons du match.

Et c’est là que je ne vais pas me faire d’amis.

Tout ceci aurait du être une fête, bien sur : le retour de la grande Ligue des Champion, après un barrage négocié à la perfection face à Bruges, un premier déplacement selon toute vraisemblance à la portée du club, nos grandes ambitions enfin mises au pied du mur face à un champion domestique : les Pays-Bas, l’autre pays des polders, pas une nation de peintres. Enfin, si justement, mais pas de peintres pour le football. Vous suivez ? Pas grave. Mais à part la blessure du jeune Rosbif, qu’a-t-on eu le luxe de voir ? Ben pas de la grande peinture, justement.

DÉ-COMPOSITION

Jusqu’ici, tout va bien.

Toujours blessé, Rooney contribue donc à laisser Martial honorer sa première titularisation avec son nouveau club, en match d’inauguration de la LDC, s’il vous plaît.

Au milieu, la décision de faire reculer Herrera semble étrange, étant donné qu’on l’a vu livrer de bien meilleures prestations un cran plus haut. De même, Schneiderlin cire le banc depuis quelques matchs, ce qui n’est pas loin d’être bizarre.

Peut-être est-ce pour donner de la place à Young, proche de l’hyper-activité car depuis trop longtemps sur le banc lui aussi : il arpente le côté droit afin que Van Gaal, cédant une nouvelle fois aux exigences idiotes des fans, place Mata en 10.

MATCH.

En première période, rien à signaler de spécial, donc revenons sans préambule à la polémique : le découpage en règle de Luke Shaw. Au ralenti, et même à vitesse réelle, le tacle de Moreno n’a strictement rien d’impressionnant. Le défenseur est proche, il n’arrive donc pas très vite : le tacle part de très près de la jambe (oui, je me suis retapé les images, avec une bassine à côté de moi pour recueillir du vomi à chaque revisionnage de la scène de crime). Placé derrière et assez loin, l’arbitre n’a donc aucune raison de tomber sur Moreno pour le coup, d’autant que le ballon semble dégagé proprement.

Autant la défense (dans la presse) du tacleur est débile (ou alors il est footballeur, a fortiori défenseur, mais il ne connaît pas les règles du foot sur les fautes), autant sur le terrain, il est clair que l’arbitre n’a que peu de raisons de le sanctionner.

Une fois pris connaissance des conséquences malheureuses du choc, il est bien entendu trop tard pour revenir sur sa décision pour le directeur de jeu, tout comme il paraîtrait absurde qu’il juge Moreno responsable a posteriori de la blessure, si grave soit-elle. On dira ce qu’on veut, « ç’aurait été Messi blablabla faut la vidéo blablabla », c’est mort : l’arbitre décide, et la seule chose qu’il puisse faire, c’est donner huit foutues minutes d’arrêt de jeu.

Pour en terminer avec mon avis sur la question, je ferai référence à Platon (il paraît qu’on a le droit sur ce site) : toute victime d’une injustice est moins à plaindre que celui qui commet une injustice. Voilà. Donc vous pouvez tomber dans le symbolisme larmoyant façon Brésil 2014 quand un de vos joueurs se blesse (comme moi avec mon petit cœur sur le schéma, par exemple), vous pouvez envoyer des monceaux de fleurs dans la chambre d’hôpital du jeune et pleurer sur les six mois de vide qu’il va laisser sur son aile gauche, cela ne fera pas de lui l’unique victime de ce malheureux incident, car c’est bien Moreno qui est au plus près du mal dans cette histoire. Voyez quel accablement pèse déjà sur lui, alors qu’il n’est en rien responsable des circonstances malheureuses de l’événement.

Et ce n’est certainement pas le tragique de cette situation qui va me faire excuser quoi que ce soit à l’équipe pour cette défaite merdique. Cela n’a pas semblé être une bonne excuse non plus pour Depay, qui a marqué un but très similaire au premier qu’il avait marqué à Old Trafford lors du barrage aller face à Bruges : sur une passe de Blind dans l’intervalle (c’était déjà le beau Néerlandais à la passe sur le but contre les Belges, d’ailleurs), Memphis s’enfonce, dribble, mais cette fois repique vers le poteau de corner à l’aide d’un superbe crochet, au lieu de continuer vers le point de penalty. Pas grave : il frappe du gauche, et ça fait 1-0 (41e).

Le match manque de basculer dans la grosse fessée après un contre que Memphis colle juste à côté, et une action rocambolesque impliquant Chris Smalling, parti presser au départ très loin de sa ligne de défense (quasiment au niveau de la ligne médiane). Le central enclenche son Beast mode acheté cet été sur Steam, récupère la balle, défie le dernier défenseur, le crochète (!), et parvient à frapper. Le gardien la sort, mais après une action pareille, on se dit que le match ne peut pas nous échapper.

Et puis…

Et puis, par un malheureux hasard, encore un, ou une « chaîne causale de Cournot », diront les autres (ceux pour qui le n’importe quoi est une science, sûrement), le malheureux Blind se retrouve sur la trajectoire d’une tête du même Moreno monté sur corner, et la dévie juste assez pour que ça rentre. 1-1 (47e).

Voilà. Le match de Manchester United s’est terminé ici.

En deuxième mi-temps, presque rien n’a été, et surtout, personne n’a semblé à la hauteur. Ce qui provoque le plus de tristesse chez moi quand je repense à la blessure (LA blessure), c’est d’avoir vu cette tanche de Marcos Rojo entrer. Mais bon diable de merde, n’aurait-il pas pu, lui aussi, prendre le chemin de Paris avec son compère à tête de rat et nous laisser tranquilles ? À ce compte là, je veux bien rappeler Tyler Blackett de son prêt si Van Gaal tient absolument à mettre un gaucher dans l’axe gauche, mais par pitié, PAS CETTE CROUTE DE ROJO.

D’ailleurs, ça ne rate pas : sur un contre initié par un Belge au nom de pantoufles, ou de véhicule de nettoyage urbain (Lestienne, pour ceux qui veulent savoir), les Néerlandais inscrivent le but de la victoire (mais ils ne le savent pas encore). Et qui croyez vous qui soit au marquage et laisse partir Narshing dans son dos comme lors d’une mise en place à un entraînement des minimes du football club de Montdor ? Certainement pas Jonny Evans, en tout cas, qui lui a bien compris que son avenir n’était pas à MU mais dans les limbes. ENTENDS TU MARCOS ???

Pardon, je m’emporte.

Mais je pourrais m’emporter plus encore contre les fans trop choupinounets qui ont déclaré qu’ils étaient trop tristes pour juger de la défaite. Mais bien sur : c’est parce que l’un de nos joueurs a pris cher qu’on doit abandonner le jeu, prendre des buts facilement évitables, et faire n’importe quoi en attaque lorsqu’il est temps d’égaliser. En ligue des champions. Mais bordel, on est Manchester United, ou on est le club de belote coinchée de Montauban ? À ce niveau là, les joueurs n’avaient pas le droit de laisser filer un match aussi accessible, ni de baisser les bras comme Mata ou Schweinsteiger ont semblé le faire en fin de match, avec des occasions saccagées ou des ballons faciles rendus à l’adversaire. Ils n’avaient pas plus le droit de manquer autant d’occasions, ni céder à la pression du public (certes pas tendre) du Philips Stadion. Qu’est-ce qu’ils croyaient, que Blind n’allait plus être sifflé ? Que ses anciens partenaires allaient ouvrir les portes à Depay ? Je ne comprends pas. Je deviens chèvre.

Je sais qu’une défaite inaugurale ne signifie pas grand chose, et qu’il reste bien assez de matchs pour renverser la vapeur. Mais foutredieu, si vous vouliez adresser une petite pensée amicale à Unlucky Luke, fallait au moins assurer la victoire, ça me semblait le minimum. Là, je crache par terre chez moi, c’est dégueulasse.

LES NOTES

De Gea 2/5 : Ne peut rien sur le premier but, pas grand chose sur le second…mais quand même, il peut mieux. C’est David De Gea, merde !

Darmian 1/5 : Fautif sur les deux buts : au marquage de Moreno sur le premier ; le contre part d’une relance manquée sur le deuxième. Violé à répétition dans son dos par Lestienne, un mec qui ferait passer Antoine Griezmann pour l’homme le mieux coiffé du monde. Pas son soir.

Smalling 4/5 : Un des seuls à surnager. Ça tombe bien, il était capitaine. Vous l’avez ?

Blind 3/5 : Au four et au moulin en défense centrale, puis passeur décisif, puis complètement débordé sur les contres néerlandais. Jouer central ? il peut. Jouer latéral ? il peut, et bien, en plus. Jouer les deux à la fois ? Eh, il est humain…

Shaw 4 à 6 mois/5 : Peut-être plus. Remplacé par Rojgnnnnnnnnéputaindemerde (24e)

Herrera 2/5 : Comme d’hab quand il joue en 6 : on ne l’a plus vu à partir de la 60e minute environ. Remplacé un quart d’heure trop tard par Fellaini (75e)

Schweinsteiger 2/5 : Pas assez motivé, pas dans le tempo. Il aurait dû faire partie de la rotation si tous les changements étaient restés à disposition de Van Gaal.

Mata 1/5 : Déjà discret au début, il est carrément démissionnaire en fin de match. Inadmissible.

Young 3/5 : Il a travaillé infatigablement le côté droit en première, puis le côté gauche lors de la seconde mi-temps, où il a été le seul à exister. Remplacé par Valencia (86e)

Depay 3/5 : Note indulgente pour Memphis, qui a presque tout raté en deuxième mi-temps, mais a tout de même inscrit un but splendide, et manqué de peu l’égalisation.

Martial 2/5 : Ah vous vouliez une note. Vous ne vous attendiez peut-être pas à celle-là, hein ? Ben oui, mais j’y peux rien, moi…

SUBS ZEROS 

Rojo 1/5 : Les grande heures du moyesisme défensif étaient de retour !

Fellaini NN : entrée correcte, mais pas tout à fait couronnée de succès.

Valencia NN : groumpf.

Bobby Carlton.

5 thoughts on “PSV Eindhoven-Manchester United (2-1) : La Raide et Vile Academy livre ses notes dans la douleur.

  1. Pas tout lu parce que c’est long et que ça manque d’image.
    « balbillage », c’est une coquille ou un hommage à Denis B.?

  2. Bonjour, il y a moult temps que je n’ai point participé sur ce site déjà corrompu (bien qu’aveugle à ceci), mais votre performance mérite mérite (justement).

    Bravo pour votre analyse arbitrale. Vous pensiez vous faire des ennemis ? Que nenni, vous vous êtes fait un ami (arbitre de surcroît). Car franchement, qui aurait mis un carton, même jaune, à Ken le survivant quand icelui mettait juste un doigt sur le poitrail adverse ?

    Pratiquant le handball j’ai moi-même eu une fois la main fracturée suite à un attentat d’une salope de sa race. Qui s’en est sorti sans rien, et le tout normalement puisqu’en aucune façon les arbitres n’eurent pu déceler sa manœuvre de puttasse. Je pousserais même jusqu’au fait que le destin facétieux me donna d’arbitrer (plâtré) l’énergumène le week-end suivant. Cet enculé de sa race me voyant arriver fit semblant de se préoccuper de ma blessure la bouche en cœur (pédé), mais je l’ai arbitré normalement ce jour là (match nul, ce qui est rare en hand, mais pas ma faute ho).

    Je vous félicite aussi sur votre analyse sur la réaction mancunienne de la seconde mi-temps. J’ai déjà eu des blessés grave dans mon camp lors de matchs, ça ne m’a jamais contrarié plus que ça, que ce soit en tant que joueur ou coach (et souvent cela m’a même fait plaisir, je le confesse). Et je parle d’un type qui joue au plus bas niveau, alors en élite… Pour continuer avec mes comparaisons mangatesques : est-ce que Cobra se souciait de la mort de ses coéquipiers de l’équipe Z ? Alors quoi… Tafiolos de mancuniens

    Enfin un grand bravo pour souligner que les montalbanais sont suffisamment cons pour parler de belote coinchée, alors que tout le monde sait que l’on parle de belote contrée. Et j’irais même jusqu’à vous demander si nous nous connaissons ? Car en tout cas nous avons l’air d’avoir en commun comme connaissance la chèvre montalbanaise. Étrange…

    Finissons par vous avertir de vous méfier quand même de certains joueurs de belote contrée dont les cartes ne sont que prétexte aux pires vendettas.

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