Le Havre-OM (0-1) : La Canebière Académie éteint l’incendie

3

Aucun champion de 3000 mètres steeple n’a été aspergé pendant la rédaction de cette académie.

Aïoli les sapiens,

En cas de défaite au Havre, la fin de saison olympienne aurait tenu de la performance, un peu comme ces artistes contemporains qui s’agenouillent scarifiés et tartinés d’excréments humains en hurlant « LIFE IS LOOOOOOVE » (je viens de déposer le concept, il est encore temps de l’acheter 300 000 euros pour le prochain festival d’Avignon). Mais non, il est écrit que l’OM ne réussira rien cette année, pas même un sublime effondrement de fin de saison. Pour rattraper ça, il ne restera plus que la semaine prochaine, où l’on n’attendra pas moins d’eux qu’une élimination de toute compétition européenne sur une lucarne de 35 mètres de Rongier à la 94e minute.


Les B-Beye Boys

Rulli
Pavard – Balerdi– Medina – Emerson
HøjbjergTimber (Kamissoko, 87e)
Greenwood (honte à nous, Lago, 87e) – Nnadi (Vermeeren, 66e) – Paixão
Gouiri (Lamare El Kadmiri, 89e)

Quand on dit que l’OM est un organisme en pleine décomposition, c’est bien au sens physiologique du terme, quand on voit la tronche de l’infirmerie : Aguerd, Egan-Riley, Kondogbia, Weah, Nadir et Traoré sont forfait. Mais l’absence la plus marquante est celle de Jean-Bite, suspendu par le club pour avoir, pendant la mise au vert, aspergé à l’extincteur un champion de 3000 mètres steeple reconverti dans l’encadrement olympien. Dans l’absolu, on peut s’interroger sur l’état mental d’un daron de 36 ans capable de juger que l’atmosphère du moment n’est pas assez ridicule pour éviter de se comporter comme un pignouf. Pour notre part, on préfèrera l’hypothèse selon laquelle ce geste est aussi salvateur que réfléchi : on a assez considéré ces incapables comme un gros tas de morts sans âme, pour ne pas savourer les moments où le groupe a enfin l’air de rigoler un peu. On n’en est plus au point où l’on réclame de l’intelligence dans ce groupe, juste un peu de vie c’est déjà pas mal.

Rulli et Greenwood (honte à nous) sont en revanche de retour, tandis que le banc est, par la force des choses, colonisé par les pré-pubères.


Le match

Visiblement, le coup de l’extincteur n’était pas suffisant pour ramener notre défense de zombies parmi les vivants. Pour la semaine prochaine, il faudra visiblement qu’Aubameyang aille plus loin dans le kamoulox : montrer son zguègue à un biathlète polonais reconverti à la direction des ressources humaines, sodomiser le yorkshire de l’assistante comptable dont l’on apprendra plus tard qu’elle est la demi-sœur de Christophe Maé… je ne sais pas, mais il faudra se montrer imaginatif pour que les cerveaux de Pavard, Balerdi, Medina et consorts bénéficient enfin d’un électrochoc.

En attendant, c’est donc notre défense de poulets sans tête qui encaisse les premières actions, Rulli devant s’employer d’entrée pour colmater les boulevards laissés dans notre surface. Sur le plan du jeu, c’est bien simple : c’est toujours aussi nul. Il faut un coup-franc rapidement joué à la fourbe, pour que Gouiri se présente devant le gardien, avec un enroulé de peu hors-cadre.

S’ils ont de la mayonnaise dans les yeux et des fers à repasser aux pieds, nos joueurs répondent au moins présents dans le combat physique. À défaut de grandes envolées, nous avons droit à un joyeux échange de prises de lutte et de claques dans la gueule, les rares qui arrivent à s’en échapper d’un côté ou de l’autre étant immédiatement ramenés à la raison par la faute de putadou qui va bien.


Il en résulte une palanquée de coups-francs dangereux, qui aboutissent d’ailleurs aux deux meilleures occasions de chaque équipe. Sur un centre plongeant, Gouiri surgit devant le gardien pour semer le oaï dans la surface : Paixão s’arrache pour donner en retrait à Nnadi, bien placé mais qui ponctue l’action d’un tir de vieille. Peu avant la pause, c’est un coup-franc havrais qui prend à revers notre défense : à bout portant, Rulli s’oppose à un attaquant navrais, puis à un deuxième, puis à un troisième. Si un hors-jeu est signalé, les images montrent que cette triple RAIE fut loin d’être inutile, nous évitant un douloureux recours à la VAR en cas de but.

À la pause, le match est engagé, équilibré, indécis, et aussi un peu horrible à regarder pour qui aime bien voir des footballeurs se faire des passes.

L’OM revient des vestiaires avec la même détermination. Gouiri commence par rater une occasion immanquable, dont il se consolera par une position de hors-jeu flagrante. C’est ensuite Greenwood (honte à nous), qui passe en revue tous les défenseurs normands jusqu’à ce que l’un d’entre eux craque et le foute à terre. Notre attaquant tire lui-même, directement dans le mur. Le ballon toujours en jeu, les arbitres vidéo finissent par appeler Benoît Bastien avec la vivacité d’un diplomate occidental constatant les crimes de guerre israéliens. Un quart d’heure après le coup-franc, l’arbitre se rend enfin à l’écran vidéo, où il ne lui faut en revanche qu’une image pour se faire un avis : c’est avec le coude qu’un navrais du mur a contré le ballon, d’où un pénalty. Les Normands ont beau contester, rien n’y fait, ils n’avaient qu’à être rachetés par le Qatar, comme tout le monde. Transformant lui-même le pénalty obtenu suite au coup-franc qu’il a lui-même tiré suite à une faute qu’il avait lui-même provoquée, Greenwood (honte à nous) ouvre le score poteau rentrant (0-1, 55e).


Le dépouillement de notre banc de touche nous prémunit de toute expérimentation tactique. Tout au plus Vermeeren entre-t-il, à la place d’un Nnadi jamais à son aise et pas loin du deuxième carton jaune. Toujours décidé à tout faire tout seul, Greenwood (honte à nous) nous offre son combiné spécial « perte de balle d’inconscient + replacement en trottinant », qui offre au Havre un surnombre sur notre côté gauche. Lui qui attendait depuis le coup d’envoi d’avoir un peu de champ pour se lancer, Boufal s’infiltre dans la surface avec la ferme intention d’étaler tout son bagage technique. Medina ne lui en laisse pas le temps, plantant l’attaquant à terre dès son premier dribble, d’un croc-en-jambe de teubé.

Boufal ne tombe pas dans le piège grossier tendu par Medina : égaliser contre l’OM, ça se fait à dix minutes de la fin maximum, sinon nos joueurs ont le temps de se réveiller pour aller reprendre l’avantage. C’est donc avec un sens aigu des responsabilités que l’attaquant normand se charge de tirer le pénalty, qu’il expédie droit sur la barre transversale. Au rebond, un attaquant reprend de la tête côté opposé mais, même s’il avait plongé à dache, Rulli parvient à reprendre ses appuis pour écarter le danger.

La fin de match olympienne laisse une impression mitigée : certes, nos joueurs n’ont plus aucune intention offensive et paraissent vouloir jouer au plus couillon comme ils l’ont trop souvent fait, MAIS, on n’assiste pas cependant à la rétractation gonadique habituelle. Nos joueurs restent en effet présents et appliqués au duel, y compris dans les zones hautes du terrain. Plutôt que de laisser les premiers relanceurs adverses ouvrir une main dans le slip, nous les pressons et ne les laissons développer aucune action facilement : cela facilite grandement la tâche aux zigotos de l’arrière, qui s’en acquittent en tatanant loin devant le premier ballon qui se présente.


Ce comportement très louable nous permet ainsi d’arriver sans encombre à la dernière des sept minutes additionnelles. Højbjerg est près de perdre bêtement la balle, mais fait parler toute sa hargne pour récupérer dans les pieds normands et lancer Paixão face au but. Le Brésilien transforme, mais la VAR ne peut qu’annuler ce but pour un hors-jeu net (mâtin ! quel site !). D’un 0-2, on passe ainsi à un coup-franc havrais au milieu de terrain, ultime balle d’égalisation sur laquelle nos adversaires font monter leur gardien de deux mètres cinquante.

Au terme d’un cafouillage slipométrique, un Normand envoie la balle largement hors-cadre et nous permet enfin de souffler. Beye profitera de la conférence de presse pour dénoncer une presse qui s’acharne sur sa personne : sans le démentir, on s’autorisera néanmoins deux remarques :

1°) es-tu au courant du club dans lequel tu viens de signer, au moins ?

2°) si tu déplores que ta personne soit visée, attends donc de voir l’ambiance du dernier match : entre des supporters qui ne vont pas manquer de te faire connaître le fond de la pensée, et tes anciens joueurs rennais qui vont se faire un devoir sacré de te chier sur la tête dans ton nouveau chez toi, cette dernière journée, ça va être plus que jamais ta journée, mon garçon.


Les joueurs

Rulli (4/5) : Une triple-RAIE potentiellement décisive en première mi-temps, et une deuxième en seconde période pour bonifier le pénalty manqué de Boufal.

Pavard (2-/5) : Une fin de match passable, inespérée après une première mi-temps d’authentique pue-la-merde. L’ordre inverse nous eût rendus moins bienveillants.

Balerdi (3/5) : Sans le dédouaner des vacillements, hésitations et autre branledanlemanchades collectives, reconnaissons que Leo n’a pour une fois pas commis de bourde à s’arracher les yeux aux tenailles rouillées.

Medina (1/5) : La courageuse virilité du mec qui insulte des cyclistes au volant d’un SUV de deux tonnes.

Emerson (2+/5) : Il a su fermer son couloir à tout : les attaquants, les latéraux, les milieux, la joie de vivre.

Høbjerg (2/5) : On ne va pas non plus se taper le cul par terre parce que le milieu de terrain n’a pas pris l’eau contre Le Havre.

Nnadi (1/5) : Il me fait penser à ce joueur qui était chez nous il y a cinq ou six ans, là… attends que je me souvienne, c’est un peu loin… ah oui, Angel Gomes, voilà.

Vermeeren (66e, 3/5) : De la vraie bonne entrée, consacrée essentiellement à sauter sur le porteur de balle à chaque ébauche d’attaque havraise. Pour la créativité on verra plus tard, c’était pas le sujet.

Timber (2/5) : La reconstruction de l’OM suit résolument le plan Auguste Perret : c’est massif, ça coule du béton par dizaines de litres, ça tire tout droit, ça n’essaie pas de créer de fantaisies. Comme on dit au Havre : pour rebâtir un champ de ruines, c’est un choix ni pire, ni meilleur.

Kamissoko (87e) : Découvrir la Ligue 1, c’est bien, découvrir un vestiaire qui gagne, c’est encore mieux. 

Greenwood (honte à nous, 3/5) : Dribbler, obtenir un coup-franc, obtenir un péno, marquer, aller saluer Beye pour montrer à la presse qu’on est copains : Greenwood (honte à nous) a concentré toutes ses obligations en une minute, ça laisse plus de temps pour ne rien branler ensuite.

Lago (87e) : Principal bénéfice d’avoir été intégré au groupe pro : gagner quatre jours de séquestration à la Commanderie uniquement parce que les cadres de l’équipe n’en ont plus rien à foutre de rien. S’il avait su, il aurait demandé à rester en National 3.

Paixão (2+/5) : Pas rebuté par la perspective d’aller au mastic pendant 90 minutes. L’inquiétant, ce sera s’il commence à trouver ça plus amusant que de jouer au foot.

Gouiri (1+/5) : Et là, vous me direz : tout rater, c’est quand même mieux que de ne rien tenter. Certes. C’est d’ailleurs ce qui fait la différence entre un avant-centre de l’OM et un ingénieur de Tchernobyl. Mais tout de même.

Lamare El Kadmiri (89e) : Se faisait appeler Lamare à sa précédente entrée, se fait appeler El Kadmiri hier soir, est prêt à se faire appeler Bernadette Chirac dimanche prochain, tout pourvu que ça continue à brouiller les pistes et qu’aucun historien ne se souvienne qu’il jouait dans cette équipe de viers.


L’invité zoologique : Lucas Gourna-D’oie

L’oie a cette charmante particularité de te sauter sur la gueule en faisant « honk » dès que tu approches de son enclos. Cela ne t’empêche pas de vouloir en faire du foie gras, le tout c’est de l’aborder avec détermination. Voici ses observations :

  • Les autres : aussi horribles que nous, sauf sur les pénaltys où ils sont pires.
  • Le classement : Les issues possibles sont désormais connues : victoire contre Rennes au Vélodrome, c’est la cinquième place et la Ligue Europa*. Match nul ou défaite sans victoire de Monaco à Strasbourg, c’est la sixième place et la Ligue Conference*. Défaite avec victoire de Monaco à Strasbourg, c’est la septième place et que dalle. (*offre non contractuelle soumise à conditions de non-sanction par l’UEFA, non-dissolution par la DNCG, non-auto-destruction du club à l’intersaison)
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Atmane H. remporte le concours zoologique.
  • L’annonce : ma filleDromadette, dite « Le Blaireau », aime beaucoup les blaireaux. C’est pourquoi nous organiserons un petit quelque chose à l’occasion de la journée mondiale des Blaireaux.Viens jouer avec nous, on pourra même boire une bière en mangeant des planches apéro :

Bises massilianales,
Blaah

3 réflexions sur “Le Havre-OM (0-1) : La Canebière Académie éteint l’incendie

  1. Désolé la dernière fois j’avais pas vu qu’on pouvait pas plaisanter (bicoz trop facile) sur la journée des blaireaux et nos joueurs ( et les dirigeants, bien sûr)… Maintenant on peut ? ou on attend la dernière journée ?

    1. C’est comme avec Habib Beye, on peut le traiter de grosse tache mais seulement si on précise « Habib Beye l’entraîneur de l’OM ». Les blaireaux c’est pareil, on ne dit pas : « Habib Beye est un blaireau », on dit : « Habib Beye l’entraîneur de l’OM est un blaireau (mais l’insulte, pas l’animal). »

  2. Tout à fait pour intégrer plus de jeunes au groupe, mais PEA a l’air d’être du genre à leur faire des pitreries qui envoient directement au tribunal

Répondre à Nico Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.