Monaco-OM (3-0) : La Canebière Académie est remise à sa place

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L’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage.

Aïoli les sapiens,

On a beau dire, on a beau faire, dans quelque domaine que ce soit, il arrive toujours que se pose la question de la compétence. Si vous prenez la politique par exemple, on trouve mille preuves de la capacité de ce domaine à faire réussir le premier demeuré venu pourvu qu’il ait la conviction absolue de pouvoir réussir. Eh bien même ici, on trouve des Aurore Berger qui, dépourvues de tout scrupule et neurones superflus pour l’exercice et par conséquent théoriquement apte à conquérir les plus hauts sommets, s’avèrent tellement creuses qu’elles explosent seules sur le plafond de compétences auquel elles étaient parvenues par miracle à se hisser. Eh bien l’OM de cette année est au sport ce qu’Aurore Berger est à la politique : si un hasard extraordinaire l’a amenée sur le devant de la scène, c’est pour mieux montrer à l’assemblée qu’elle n’a rien à y faire, et pourtant dieu sait si le contexte n’est pas exigeant.


Les Longorious Basterds

Rulli
MurilloKondogbia – Garcia (Lirola, 76e)
Luis Henrique– Rongier– Højbjerg (Bennacer, 60e) – Merlin (Dedic, 60e)
Greenwood (honte à nous, Harit 84e)– Rabiot
Rowe (Gouiri, 60e)

Vous vous souvenez quand en début de saison on se demandait ce qu’on pourrait bien faire avec cinq défenseurs centraux ? Bilan : l’un est blessé, deux ont été virés comme des malpropres, le quatrième est payé à rester au placard et le dernier est canadien. Notre objectif est donc de défendre la seconde place du championnat chez notre poursuivant immédiat, avec une ligne arrière composée de zéro défenseur central de métier. Ce n’est pas qu’on veuille pleurer exagérément sur les compétences de Brassier ou Méité, c’est juste histoire de rappeler que si la saison se finit en eau de garenne, faudra pas oublier de réserver un ou deux lapins à Longoria et Benatia.


Le match

Constat agréable : l’OM parvient grosso modo à faire jeu égal avec Monaco en début de rencontre. Un constat à nuancer par l’impression que, tout content voire surpris de ne pas prendre la marée des les premiers ballons, l’OM se satisfait de ce faux rythme sans chercher à réellement faire mal à son adversaire.

Une brève accélération monagasque passé le premier quart d’heure nous laisse imaginer ce que pourrait nous infliger un adversaire plus appliqué. Malgré tout, les rouge-et-blanc retombent dans leur jeu brouillon, si bien que le scénario devient évident : les positions vont rester figées jusqu’à ce que nous leur offrions un but de merde.

Il se confirme ainsi match après match que notre défense est infoutue de savoir jouer le hors-jeu, dessinant des couvertures en zig-zag qui feraient même hurler un entraîneur de district dont les joueurs ne se voient à l’entraînement qu’une fois par semaine entre deux cuites. S’agissant d’une équipe prétendant au podium du championnat de France, dont les joueurs sont payés pour passer des heures à travailler ensemble quotidiennement, effectuent des mises au vert et même des stages de team building de Mallemort, en voyant Murillo couvrir le hors-jeu d’un mètre on a envie de lui demander s’il est vraiment bête à ce point ou s’il se fout de notre gueule.

Bref, la cuisine habituelle se met en place, avec Rulli sauvant la patrie une première fois devant Biereth, puis en remportant un second face-à-face devant le même joueur puisque dégun chez nous ne semble savoir qu’il faut suivre les tirsbordel. Sur le troisième ballon, le duel entre Zakaria et Kondogbia nous rappelle ce qui manque principalement à nos branques pour se qualifier en Ligue des Champions : le vouloir. Quand le Monégasque se jette comme un mort de faim, Geoffrey tend la jambe avec la vivacité d’un Droopy sous tranxène : la balle échoit à Minamino, qui n’a plus qu’à conclure une main dans le slip (1-0, 34e).

La suite nous donne à voir ce mélange constant entre ces combinaisons collectives qui nous font parfois dire « ah ouais, on sait un peu jouer au football, quand même », et des ratés qui puent l’auto-sabotage délibéré. Quand Luis Henrique réussit sa seule passe sérieuse du match, c’est Murillo qui gâche le surnombre en précipitant un centre à la gacha empega ; que Greenwood (honte à nous) se sorte les doigtsd pour gagner un duel, c’est Luis Henrique qui, seul à deux mètres du but vide, rate sa reprise sur le centre de Garcia.

Rulli, quant à lui, se charge devant Biereth de préserver quelqu’espoir à la pause, et surtout dans les premières minutes après la reprise. Une première RAIE est réussie à bout portant sur corner, avant de voir une nouvelle tête arriver juste dans ses bras sur le coup de pied qui s’ensuit. Géronimo tente alors la relance rapide, trop rapide pour Rongier qui perd immédiatement la balle et nous fait subir le troisième tir slipométrique dans la même minute.


La néguade est complète, y compris au milieu de terrain où il apparaît vite évident que Højbjerg n’est physiquement pas en mesure de tenir la baraque plus longtemps. Pourtant, De Zerbi préfère laisser s’écouler un quart d’heure de torture supplémentaire, histoire d’être bien certain qu’il faille changer quelque chose. Avec une équipe monégasque enfin en forme, l’attitude est risquée ; avec un adversaire en forme ET nos branquignols en défense, la chose vire au suicide. Une relance abominable de Murillo se traduit immédiatement par un centre et une reprise d’Akliouche imparable pour tout le monde, sauf pour Rulli. C’est finalement notre deuxième pébron de l’aile droite qui porte le coup fatal : alors qu’Amir a enfin réussi à s’aligner avec ses deux autres comparses, c’est Luis Henrique qui se trouve trois pas derrière, préservant ainsi du hors-jeu Embolo, qui peut tranquillement trottiner et aller battre Rulli d’un tir croisé (2-0, 59e).

Comme pour mieux appuyer là où ça fait mal, c’est sur l’engagement que survient ce triple changement qui aurait dû intervenir au moins dix minutes plus tôt. Le sang frais apporté par Bennacer et Gouiri se fait immédiatement sentir : une belle combinaison entre Ismaël er Rabiot permet de lancer Amine sur la gauche de la surface. Notre attaquant se recentre et expédie un cachou, mais se voit écoeuré par Kohn, apparemment à classer dans la catégorie « gardien capable des plus beaux miracles comme des plus grosses cagades ».

La réponse de Rulli survient sur une lourde de Camara, consécutive à une perte de balle de Bennacer. Si quelques séquences autorisent encore le débat sur la qualité du jeu collectif olympien, ce qui se pase à l’arrière clôt de toute façon la discussion : avec de tels pitres, il est non seulement miraculeux d’être encore sur le podium de la Ligue 1, mais il serait en outre très surprenant qu’on y demeure.

Une nouvelle fois, un Rulli quasiment irréprochable devant les attaquants adverses est trahi par les siens : alors qu’il sort au-devant d’une balle en profondeur, Dedic la lui ôte bêtement. S’ensuit une chandelle où, une nouvelle fois, l’âpreté au duel des Monégasque est à mille lieues au-dessus de nos mugeasses. Pris dans la lessiveuse, Geronimo (légèrement bousculé, certes) heurte Embolo et commet la faute. D’un tir barre rentrante, Zakaria inscrit un troisième but aussi stupide que les deux autres (3-0, 80e).


En ce sens, rien n’a beaucoup changé depuis le début de saison : à ce niveau on ne parle plus de défauts mais de tares, que seules des performances individuelles de haut niveau et un engagement collectif sans reproche peuvent compenser. Il suffit que les blessures s’accumulent à des postes clés pour montrer que l’effectif construit par Longoria est De Zerbi peut facilement se retrouver en slip. Plus inquiétant, certaines défaillances inviduelles spectaculaires montrent qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du collectif, pour que des joueurs donnent à ce point l’impression de n’en avoir rien à foutre, voire d’être contents de saborder l’équipe. Comme le disait Adrien Rabiot, on en vient à se demander pourquoi certains viennent jouer au football, si ce n’est pas pour vouloir gagner des choses.

D’un point de vue personnel, on se satisferait très bien d’une qualification en Ligue Europa ou conférence, puisque la Ligue des Champions l’an prochain aurait toute les chances pour nous d’être une purgeasse continue. L’ennui, outre la question financière, est qu’à ce rythme, même une qualification dans le plus minable des barrages de la plus minable des coupes est loin d’être acquise. Qu’on ne vienne pas pour autant nous demander de réclamer la tête de De Zerbi : lui-même, à l’image de ses prédécesseurs éprouve sans doute la tentation de facilité de se casser loin de ce ramassis de branques. Soyons clairs : on ne veut pas que lui ou d’autres joueurs se cassent : on veut qu’ils TRAVAILLENT. Pas question de « mouille le maillot ou casse-toi », juste « mouille le maillot, réfléchis et bosse », point. Qu’on ne vienne pas invoquer le « contexte » : même si la presse se fait un plaisir d’allumer des feux là où il n’y en a pas, l’équipe bénéficie d’une patience remarquable ; c’est elle et elle seule qui s’est mise dans cette situation, de la conception de l’effectif à l’attitude des joueurs, en passant par les difficultés de l’entraîneur à lier le tout.


Les joueurs

Rulli (4-/5) : On va sans état d’âme outrepasser notre règle interdisant de bien noter un gardien qui a encaissé trois buts. On ne va pas reprocher à Géronimo d’avoir raté des sorties ou concédé un pénalty évitable, là où n’importe quel humain normal aurait craqué et déserté son poste avant d’aller emplâtrer l’un de ses coéquipiers.

Murillo (1-/5) : L’infirmerie nous indique « retour de blessure », mais vous êtes certains que c’est pas plutôt un retour de coma ?

Kondogbia (1/5) : « Chers dirigeants, moi aussi comme Chancel j’aimerais bien être mis au placard pour être payé à ne rien faire. Vous trouverez dans les performances ci-jointes un témoignage de ma plus grande motivation pour ce poste. Bien cordialement, »

Garcia (3-/5) : L’un des seuls à ne pas prendre l’expression « limité et pas à son poste », pour un synonyme de « c’est pas grave si je commets des erreurs qu’on ne fait pas en foot loisir, on me pardonnera ». Tant qu’à être sur le terrain, autant se respecter et faire quelque chose de sérieux, en fait.

Lirola (76e) : A eu le bon goût de ne pas commettre de pitrerie supplémentaire, sans ça c’était plus un match, c’était un film des ZAZ.

Luis Henrique (0/5) : La première explication, c’est qu’il a peut-être des soucis personnels importants qui l’empêchent de se concentrer sur le foot, auquel cas on le comprendrait volontiers. Mais comme on ne souhaite cela à personne, on privilégiera donc la seconde explication : il se fout de notre gueule et il refuse ostensiblement de faire le moindre effort, juste pour faire chier on ne sait qui.

Merlin (2/5) : Pas grand-chose de particulier à reprocher à ce brave garçon, pour qui il se confirme seulement que le niveau « haut de tableau » paraît un peu élevé.

Dedic (60e, 2-/5) : Il tente des choses, y compris les fois où il ferait mieux de s’abstenir.

Højbjerg (2+/5) : La première mi-temps montre qu’avec un Pierre-Emile au taquet, l’OM a déjà bien plus fière allure. C’est juste dommage que De Zerbi l’ait confondu avec le pape François en oubliant qu’un joueur de football, on a le droit de le remplacer quand il ne va pas bien.

Bennacer (60e, 3/5) : Entré pile quand l’équipe a touché le fond, c’est-à-dire un peu tard pour servir à quelque chose, mais suffisamment tôt pour avoir eu l’air de faire une bonne entrée en comparaison.

Rongier (2/5) : Hier au zoo on a fait de la réalité virtuelle : on se trouvait à croiser un troupeau de bisons qui nous dépassait de tous les côtés, c’était impressionnant. Et en plus cette attraction permettait de reverses des euros à la protection des espèces, je ne sais pas si Valentin a fait pareil avec ses primes de match.

Rabiot (2/5) : Le problème ne vient pas d’Adrien, mais de ses coéquipiers : quand ils ont entendu « vous devriez vous inspirer de la mentalité du Duc », ils ont cru qu’on parlait du Big Lebowski.

Greenwood (honte à nous, 1-/5) : Hier au zoo on a nourri les girafes. Ça vaut toujours mieux que de les peigner.

Harit (84e) : Enfin de retour après ses blessures à rallonge. De là à savoir s’il pourra – et voudra – porter l’OM à lui seul dans les derniers matchs…

Rowe (1+/5) : Fait vivre le martyre à son défenseur dans les cinq premières minutes de la partie, à ses supporters le reste du match.

Gouiri (60e, 2+/5) : Va longtemps se demander pourquoi un gardien à deux doigts de se coller un CSC quand Luis Henrique tire à côté se transforme en Lev Yachine pile quand lui envoie un tir en lucarne.


L’invité zoologique : Wilfried Dingo

Le dingo est un chien sauvage dont le mode de vie est celui d’un prédateur opportuniste. L’humain ne risque pas grand-chose à s’aventurer sur son territoire, sauf évidemment s’il croit spirituel de faire dormir son bébé devant la tente avec un t-shirt Pedigree Pal.

  • Les autres : Gardien douteux, défense douteuse, jeu tantôt puissant tantôt brouillon, bref une sorte d’Olympique de Marseille mais qui aurait une attitude professionnelle.
  • Le classement : Nous descendons à la troisième place, ce qui reste excessivement flatteur vu qu’à part Nice tous nos poursuivants semblent vouloir finir à fond. En étant raisonnablement optimistes, on peut toutefois espérer qu’à huit points de nous, Brest soit trop loin pour nous empêcher de finir au pire 7e, dernière place potentiellement qualificative pour un truc quelconque.
  • Coming next : Samedi soir c’est la réception de Montpellier, l’équipe dont les joueurs ont arrêté le championnat depuis trois mois pour déjà se concentrer soit sur la Ligue 2 soit sur le dépôt de bilan. Ne pas gagner consisterait en une déclaration de guerre officielle des joueurs à leur entraîneur, ou des joueurs et de leur entraîneur à leurs dirigeants, ou en tout cas du club à ses supporters.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte une le concours zoologique.
  • Le message : L’Etablissement français du sang nous alerte d’une situation relativement moche sur le plan des stocks de produits sanguins, notamment en Provence. Alors si tu le peux, va donc sur http://dondesang.efs.sante.fr t’inscrire pour une collecte de sang, de plasma ou de plaquettes : ça ne coûte rien à part un peu de temps, l’accueil est ultra-sympathique et surtout ça sauve des vies !

Bises massilianales,
Blaah

2 réflexions sur “Monaco-OM (3-0) : La Canebière Académie est remise à sa place

  1. L’orthographe du nom de la ministre des crèches, c’est pour éviter d’apparaître dans ses google trends, ou pour l’inviter à pratiquer le tennis en plein cagnard à Ramatuelle ?

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