Nice-OM (3-2), La Canebière académie est perplexe

Du bon, du moins bon et une défaite rageante. Devant la difficulté d’analyser ce match curieux, abordons-le avec la seule attitude sensée qui vaille dans un premier temps, c’est-à-dire en nous mâchant les couilles de dépit.

Aïoli les sapiens,

Puisque l’on ne peut plus s’absenter cinq minutes sans qu’une nouvelle info ne surgisse concernant la gouvernance de l’OM, commençons par quelques mots sur notre nouveau futur président, Jacques-Henri Eyraud. Pour résumer le storytelling putassier repris avec complaisance les enquêtes journalistiques approfondies sur sa personne, le Monsieur représenterait l’alliage parfait de la rigueur calviniste et de la passion méditerranéenne – pensez donc, il a vu France Allemagne en tribunes et se souvient du 5-4 contre Montpellier. Rapace à tête de hibou réputé tuer moins pour le plaisir que pour arriver à ses fins, M. Eyraud aura la lourde de tâche de faire oublier Giovanni Ciccolunghi.

Voilà qui est fait. Sa seconde tâche consistera à s’adjoindre un directeur sportif compétent et à le faire suivre du recrutement d’un entraîneur du même tonneau. A ce titre, la rumeur d’un ticket Leonardo / Rudi Garcia est d’autant plus alléchante qu’elle pourrait occasionner quelques coliques acides du côté de la Porte de Saint-Cloud. Nous nous permettrons cependant de la trouver trop belle pour être vraie, raison pour laquelle nous ne nous étendrons pas plus longtemps sur ces sujets. Avant « l’OM Champions project », la priorité plus immédiate était en effet le « Essayons d’abord de fister Nice project ».

L’équipe

Cabella, Alessandrini et Diarra sont blessés (ainsi que Sané et Rabillard). A priori rétabli, Bedimo prend place … sur le banc, laissant à Rekik la joie de faire des heures supplémentaires au poste d’arrière gauche. Si Rod Fanni ambiance la salle de remise en forme, nos autres recrues sont bien présentes : Njie en remplaçant, tandis que Vainqueur est associé à Zambo Anguissa au milieu de ce 442 à plat, où Thauvin et Sarr occupent les côtés en « faux-pieds ».

Le match

Dès la première minute, l’OM donne le ton en se procurant une grosse occasion par Iseka Leya sur un centre de Sarr. Les premières minutes sont alertes et plutôt bien gérées par les nôtres, jusqu’à ce que William Vainqueur fête son intégration à l’équipe par un sabotage d’une analité remarquable : sur un débordement côté gauche, le centre de Pléa est facilement repoussé par Hubocan. Problème : à l’arrière-plan, Vainqueur balance Séri qui s’infiltrait dans la surface. Loin du ballon ou pas, là n’est pas la question, la faute existe et M. Schneider ne la pardonne pas. Balotelli fait fi des tentatives d’intimidation assez pathétiques de la part de Gomis et transforme (1-0, 7e).

Ca ne pouvait pas marcher, Bafé.

L’OM ne se laisse pas désarçonner et profite d’une équipe niçoise déséquilibrée pour trouver facilement soit ses ailiers soit ses attaquants. Rekik trouve ainsi Iseka Leya d’un ballon en cloche. Aaron profite d’un magnifique hommage à Kassim Abdallah de la part de Dante pour contrôler, se retourner et lancer idéalement Thauvin, lequel ne se fait pas prier pour allumer Cardinale de l’entrée de la surface (1-1, 14e).

A l’image de ce début de match, la première mi-temps est foutraque mais plaisante : pour une fois que le spectacle du dimanche soir procure des émotions aux spectateurs plutôt qu’aux actionnaires des cimenteries Lafarge, nous n’allons pas nous plaindre. L’OM fait bloc, presse haut et contre vite, au prix d’un déchet assez – voire trop – important.  Comme contre Lorient, il se trouve toujours un défenseur pour rattraper la perte de balle slipométrique de son camarade. Côté Niçois, l’équipe souffre au milieu de terrain et s’expose, sur son côté gauche notamment. Chez eux également, les fautes techniques sont trop nombreuses pour qu’ils puissent exploiter leurs bonnes intentions.

 

Le retour des vestiaires voit Nice jouer de manière plus compacte et plus haut sur le terrain. Nous subissons une pression sinon intense, du moins plus constante, d’autant que Pelé révèle une fébrilité peu aperçue en ce début de saison. L’entrée de Machach à la place d’Iseka Leya transforme notre bloc en 4231 : si Zinedine se poste en position de n°10, c’est bien son travail de récupération qui profite à l’OM, avec un pressing efficace et productif. Le match s’équilibre mais garde tout son rythme, avec des équipes préoccupées de porter le ballon rapidement à l’avant fût-ce au prix d’un surplus de pertes de balle.

Assez inexplicablement, Passi modifie encore ce nouvel équilibre dix minutes après l’entrée de Machach : si la sortie de Vainqueur se justifie sans doute par un manque de rythme, le retour à deux attaquants par l’entrée de Njie libère immédiatement la relance niçoise. Les nouveaux rapports de force voient Nice accroître la maîtrise du ballon et Marseille partir de bien plus bas… et contre toute attente, cela nous est d’abord bénéfique : si deux contre-attaques intéressantes sont gâchées par des choix trop individuels de Njie puis Thauvin, la troisième est la bonne. Pourtant, l’action de Sarr est loin d’être un modèle de justesse collective, puisque notre ailier se fend de sa spécialité : prendre le ballon au milieu de terrain, accélérer, repiquer dans l’axe et provoquer la défense à lui tout seul. Si cette stratégie fonctionne une fois par saison, il faut croire que c’était le jour : Bouna passe entre deux défenseurs et se fait accrocher par un Koziello touchant de naïveté. Pénalty et carton jaune, Gomis frappe en force et nous autorise alors à croire à l’exploit (1-2, 73e).

Las ! c’est dans ce dernier quart d’heure que se rappellent à nous des limites si criantes pendant la préparation, mais que l’on aurait voulu croire abolies. Après que Lucien Favre a fait entrer Eysseric et Belhanda, en finissant pour ce soir avec cette défense à trois, Nice nous punit. Rekik dépanne honorablement comme arrière gauche ? Oui, mais « honorablement » ne suffit pas : Pereira lui colle deux mètres de retard d’un simple coup de rein. Hubocan et Doria démentent par leur sérieux nos craintes d’un niveau pitresque ? Oui, mais « sérieux » ne suffit pas : le centre de Pereira lobe Tomas pour atterrir sur la tête de Balotelli, invisible durant toute la deuxième période mais qui nous donne ici une leçon de placement (2-2, 78e).

Rageant, le match nul n’en reste pas moins un bon résultat contre cette équipe séduisante ; et puis, qui sait, le match est tellement imprévisible que l’exploit reste envisageable. C’est alors que survient la tuile, l’erreur bête, lourde et irréparable qui ne doit rien à personne d’autre que son auteur. Bien sûr, Zambo Anguissa se retrouve seul à devoir gérer deux adversaires au milieu de terrain et est dépassé, mais Cyprien se trouve encore à 25 mètres du but lorsqu’il arme sa frappe. Celle-ci part plein axe à mi-hauteur, sans effet ni difficulté apparente, et pourtant troue Pelé à qui il aurait suffi de ne pas bouger pour être sur la trajectoire du ballon (3-2, 88e). Sauveur en de multiples occasions dans les premières journées, Yohann est cette fois-ci le bourreau des espoirs de l’OM autant que le révélateur de ses faiblesses.

Car les observateurs ont un peu rapidement à mon goût déballé la notion de « défaite encourageante », hier soir. Sous prétexte que l’OM a produit du jeu contre une très bonne équipe, on devrait voir un facteur d’espoir dans ce revers. Après tout, celui-ci n’est dû avant tout qu’à un manque de réalisme offensif et à des erreurs individuelles. Mais justement, si ces failles étaient tout simplement dues au niveau des joueurs ? Dans ce cas, on ne voit guère pour quels motifs elles seraient amenées à disparaître en cours de saison. Voir les Olympiens dépasser leurs insuffisances en montrant une combativité et une application collectives de tous les instants est un motif de réjouissance, mais ne nous autorise pas pour autant à verser dans l’optimisme.

Nous verrons bien jusqu’où l’excellent comportement de l’équipe réussira à masquer les limites de l’effectif, mais ces limites existeront quoi qu’il arrive. Aussi cette défaite ne recèle-t-elle aucune autre promesse que celle du travail, encore et toujours, ce seul gage de réussite à défaut d’un talent que cette défaite honorable ne doit pas surtout pas nous amener à surévaluer.

Pendant ce temps, Dante est allé rejoindre Kassim Abdallah pour attendre ensemble que l’arbitre siffle hors-jeu.

Les joueurs

Pelé (1/5) : Après un début de saison plus que satisfaisant, Yohann a offert ce soir assez de cagades pour transformer le grand hall du parc Chanot en musée de la diarrhée. Frappes mal repoussées, sorties aléatoires et le chef d’œuvre anal qui nous enterre le match à deux minutes de la fin : une soirée complète et ne comptez pas sur moi pour faire des vannes faciles sur les athlètes paralympiques.

Hubocan (3-/5) : Cette impression ambivalente que rien ne lui est facile : si l’on ne peut que louer sa combativité et son sérieux de tous les instants, on aimerait parfois qu’il ait un peu plus de talent sur lequel se reposer.

Doria (3-/5) : Noté à l’identique de son partenaire, communsymbole de défense centrale solidaire et ne comptez pas sur moi pour faire des vannes faciles sur les tours jumelles. Il a pris son carton jaune habituel et par conséquent suspensif contre Rennes.

Sakai (2/5) : A l’image de Laurent Paganelli chez Canal Plus, nous aussi disposons d’un employé sympathique qui passe le match à parcourir la ligne de touche sans servir à grand-chose. Et il n’est pas dit que le nôtre parle moins bien français.

Même s’il adore la plaisanterie, Hiroki tient à faire savoir qu’à un moment, il faudrait tout de même voir à cesser de se foutre de sa gueule.

Rekik (2-/5) : Fichu scrupule, qui m’oblige à me rappeler sans cesse que Karim ne joue pas à sa vraie place, et m’interdit de ce fait de l’insulter plus que de raison pour son putain de chierie de sa vielle grand-mère la syphilitique de viol subi de la part de Pereira sur le second but. Au lieu de ça, le chroniqueur honnête doit réfréner ses pulsions haineuses au risque de l’ulcère karimgastrique. Je ne vous remercie pas, Franck Passi.

Khaoui (91e) : Le Tunisien est entré à Nice pour en repartir deux minutes après. Le rêve de Christian Estrosi.

Vainqueur (1+/5) : Il m’est arrivé au hasard de mes lectures de croiser des commentaires élogieux sur notre nouvelle recrue. J’y répondrai quand j’aurai fini de nettoyer mes slips endommagés du fait de son pénalty concédé et de ses pertes de balle.

Njie (68e, 2/5) : Sortir un milieu de terrain pour faire entrer un contre-attaquant plein de vivacité, pourquoi pas. Quand ledit contre-attaquant montre la vision du jeu d’une huître panée, le choix se montre tout de même relativement risqué.

Zambo Anguissa (3-/5) : Du bon gros football de tâcheron comme on l’aime. Pas le genre d’esthète à vouloir réécrire la Pléiade quand on lui demande de bloquer des actions.

Sombre semaine cependant pour André-Frank, dépassé par Renato Ben Hur Oliveira dans le cœur des officiers d’état-civil.

Thauvin (3+/5) : Homme du match, constant, provocant, buteur, sans oublier de saloper quelques wagons de situations dangereuses pour ne pas trop malmener sa réputation.

Pourquoi pas 4/5 alors ? Eh bien, pour ceci, entre autres.

Sarr (3/5) : Moins percutant que Thauvin mais néanmoins intéressant, surtout en première période. En seconde, il a avant tout brillé par sa percée individuelle amenant le pénalty. En conséquence de quoi, il devrait logiquement à passer le match suivant à réessayer de dribbler sur 30 mètres à un contre quatre.

Iseka Leya (3/5) : Une excellente première période avant extinction quasi-complète au retour des vestiaires. Reste à voir si un mi-match fait de lui un mi-Michy.

Gomis (3-/5) : Après sa danse ridicule tentant vainement de déconcentrer Balotelli, manquer son propre pénalty lui aurait valu les insultes méritées de la France entière et de Marseille en particulier. Il n’en a pas eu le mauvais goût, ce qui valide un match passable, sans plus.

 

L’invité zoologique : L’Aspic de Dante

Alternant entre cachette, fuite et morsure fatale au moment où l’on s’y attend le moins, la vipère est bien l’invitée appropriée pour commenter avec moi ce match, son côté langue de pute ne gâchant rien dans la ville dont les principaux représentants maîtrisent à merveille l’art de transformer le langage en toxine diarrhéique.
– Les autres : Une équipe ma foi bien séduisante, son côté parfois bordélique en première mi-temps n’enlevant rien à l’affaire, bien au contraire.
– Le classement : Quatorzièmes après une victoire, un nul et deux défaites. Je conçois que le fond de jeu est encourageant, mais il est plus que temps de concrétiser ces dispositions en éclatant des équipes de merde, en commençant au hasard par dimanche prochain.
– Les images : Si vous parvenez à voir où se trouvent les mains de Pelé sur la dernière action, écrivez-nous.
– Les filles : Premier match en première division et déjà le respect des fondamentaux, avec une enculerie arbitrale d’un fort beau gabarit subie chez les girondines.
– Le rappel : Si tu l’as ratée, voici l’académie de l’intersaison – mouvements d’effectif, révolutions de palais et matchs de préparation.
– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.
– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter et souhaite un heureux Aid à Valérie Boyer. Didier A. remporte encore le concours zoologique.

Pour évacuer la déception, Yohann Pelé s’est détendu en allant taper la balle après le match. (eh merde, j’ai craqué)

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

15 commentaires

  1. C’te rapidité. Bientôt on aura le compte-rendu avant le match. (au fait quelqu’un sait pourquoi on a un joueur qui s’appelle Macache ?)

  2. Enthousiasme – Espoir – Déception.
    Il n’y a de défaites encourageantes que pour les petites équipes. Doit on penser que nous en faisons parti ? A la vue de notre effectif, surement. Scénario cruel, pas de bras pas de chocolat.

  3. Le fait de faire jouer les équipes féminines sur un champ de patates c’est pour leur rappeler que leur place est à la cuisine ?

  4. l’équipe de Nice m’a rappelé la notre du temps de Bielsa. t’as l’impression que tu peux lui en mettre 5 à cause des trous dans la défense et du un contre un à chaque attaque mais au final c’est eux qui scorent … Saloperie de nostalgie

  5. – Le classement : Quatorzièmes après une victoire, un nul et deux défaites. Je conçois que le fond de jeu est encourageant, mais il est plus que temps de concrétiser ces dispositions en éclatant des équipes de merde, en commençant au hasard par dimanche prochain.
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    Coeur avec des tours Eiffel

  6. 2 c’est gentil pour Sakai dont la seule arme défensive est de compter très fort sur les retours de Thauvin. Rekik aurait bien aimé en dire autant de Sarr.

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