OM-Brighton (2-2) : La Canebière Académie ne tient pas la distance

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Le jour où les joueurs seront aussi endurants que les supporters, ils auront une VO2 max de cycliste.

Aïoli les sapiens,

Commanderie, début octobre 2023

– Pablo, je crois qu’il faut qu’on bosse sérieusement le mercato d’hiver dès maintenant, parce que sur celui d’été on s’est un tout petit peu loupé quand même.

– Mais non Javier, il est parfait le projet, il va falloir lui laisser du temps, c’est tout.

– Attends, regarde les matchs, on a des joueurs cramés après même pas une demi-heure de jeu, on dirait que ton pote Marcelino, il leur a fait une préparation physique pour n’être à fond que dans le premier tiers du match.

– Oui, tout à fait, c’était la consigne.

– Pardon ?

– C’est ça le projet, des joueurs en intensité maximale pendant 20 à 30 minutes.

– Mais merde, Pablo, s’il faut mener 4-0 pour avoir une chance de ne pas se faire remonter au score, on va pas en gagner beaucoup des matchs.

– C’est parce que tu vis encore dans le football d’hier. Faut se mettre dans un mindset qui englobe la totalité des enjeux. Regarde, j’ai justement préparé un powerpoint.

– Mais qu’est-ce que tu racontes, Pablo, t’es bizarre ?

– Tais-toi et écoute. Bullet point n°1 : les changements de l’effectif. Encore plus de maillots floqués, encore plus de cartes Panini échangées, l’impossibilité pour les joueurs de sortir de leur zone de confort. Bullet point n°2 : les highlights. Faire une heure de gestion en jouant à la baballe on s’en fout en 2023, je veux des joueurs qui fassent le show pendant 20 minutes, à chaque match on pourvoit le compte Youtube du club en actions de grande classe, et on monétise comme des porcs. Les vidéos courtes, ya plus que ça qu’ils regardent les jeunes, maintenant. Ce qui m’amène au bullet point n°3 : de toute façon, j’en ai parlé à Gianni et Alexander dans les instances, ils sont à fond là-dessus : les matchs vont raccourcir. Regarde aux Jeux Olympiques, ils ont introduit les matchs de basket à 3×3 et le rugby à VII, les matchs font pas plus de 20 minutes. Bientôt les matchs de foot ce seront trois tiers-temps de 20 minutes avec changements illimités, et là, qui est-ce qui sera bien content d’avoir un effectif habitué à tourner et qui reste focus uniquement sur 20 minutes ? C’est nous, parce qu’on aura tout anticipé dès maintenant ! Alors, c’est pas mal, hein ? T’en penses quoi, Javier ?

– Je… je sais pas, je crois que je vais commencer par aller me bourrer la gueule, en fait.

– Ouopopop, attends, je veux plus que mes équipes prennent des produits nocifs pour la santé, regarde, j’ai mis sur ce slide des moyens tout à fait licites pour te relaxer.

– Tisane « Nuit tranquille » ? C’est quoi ce bordel Pablo… OH PUTAIN, T’ES PAS PABLO, T’ES JACQUES-HENRI EYRAUD, ENLÈVE TOUT DE SUITE CE MASQUE, ENCULÉ !

– EH OUI, CAR C’ÉTAIT MOI DEPUIS CET ÉTÉ, MOUHAHAHAHAHAHA ! VOUS NE M’AUREZ JAMAIS !

– Sécurité ! Javier Ribalta à l’appareil, on a un code rouge, IL est revenu ! Je répète, code rouge, IL est revenu. Je me mets en chasse.

– Ici la sécurité, bien reçu Javier, on met une équipe sur le coup. Le lâchez pas.

– Je fais ce que je peux, il court vite l’enfoiré. Je savais que j’aurais dû arrêter la clope. Attendez, je le vois de loin, je… mais bordel, Rachid, qu’est-ce que tu fous là ?

– Ouais alors avec les copains du local, comme vous avez pas bien compris la dernière fois, on est venus rediscuter calmement et vous soumettre la liste des vrais Marseillais qu’il faudrait garder au club pour le bien de l’OM et pour le vôtre, si vous voyez ce qu’on veut dir…

– J’ai pas le temps pour ces conneries Rachid, IL est revenu.

– Comment ça ?

– Pablo. Ben depuis cet été c’est pas Pablo, c’est Eyraud avec un masque.

– Ahhhhh, ben ça explique pourquoi on avait tant envie de lui péter la gueule, alors.

– Mouais, on en rediscutera plus tard, en attendant : urgence et union sacrée. Vous êtes venus avec votre kit de négociation, je suppose ?

– Boh, quelques écharpes, des tracts, pas plus.

– Rachid… on n’a pas le temps.

– Ouais, OK. Je vais chercher quelle mallette de négociation, la « cyprès » ou la « dockers » ?

– C’est celle de Renaud Muselier la « dockers » ? Envoie, il va bien falloir ça.

– Et sinon, une fois qu’on aura chopé l’imposteur, on sait si on va pouvoir récupérer le vrai Longoria ?

– Va savoir…


Les Longorious Basterds 

Lopez
Clauss – Mbemba– Balerdi– Murillo
Rongier– Veretout (Ounahi, 51e)
Ndiaye (Lodi, 79e) – Harit – Correa (Sarr, 62e)
Aubameyang (Vitinha, 62e)

Balerdi revient à la titularisation, Gigot étant blessé à une côte (information sponsorisée par Fabien Roussel). Les Rongetout sont alignés au milieu derrière Haerit, chargé de mener le jeu.


Le match

Intensité, intentions, tout commence de la manière idoine pour un match de coupe d’Europe. Nous laissons Brighton relancer de derrière à deux à l’heure, pour concentrer notre pressing sur les duels vraiment importants. Ceux-ci sont invariablement remportés par nos joueurs, y compris sur des récupérations hautes très alléchantes.

Seules quelques hésitations et incompréhensions témoignent ainsi du manque d’automatismes de l’équipe : à l’image des 30°C actuels, c’est une situation un peu incongrue pour un mois d’octobre mais une fois que les conneries ont été faites, il faut bien apprendre à faire avec.

Toujours est-il que, sur une nouvelle récupération haute après un corner renvoyé par lé défense anglaise, Clauss et Correa tricotent un une-deux mignon tout plein, qui envoie Jonathan en position de débordement. Sans contrôle, Clauss adresse un centre en retrait non moins joli, repris par Mbemba quasiment à l’identique du but de Gigot dimanche (1-0, 19e).

A l’inverse du gabian de Marsactu, les Seagulls de Brighton ne sont pas avare en goodies pour leurs clients fidèles : sur l’engagement, Dunk se troue lamentablement et Harit profite de l’offre promotionnelle « un but acheté, une peluche offerte ». Le doudou, en l’occurrence, c’est ce boulevard offert côté droit, qu’Amine convertir ici encore d’un centre prenant la défense à revers. Lancé, dans la surface, Veretout reprend pour battre un gardien pas plus inspiré (2-0, 20e).


Après un épisode VAR d’un comique pour une fois innovant (corner pour l’OM, vérification d’une main de Rongier sur l’action précédente, constat d’une faute anglaise sur l’action, annulation du corner et coup-franc pour l’OM 80 mètres plus bas), l’OM gère sans trop de difficultés des Anglais pas du tout dans leur match.

Sauf que cette équipe, on commence à la connaître, est similaire à mon vieux Samsung J5 : quand son indicateur de charge atteint 50 %, il s’éteint. Les premières fois on est surpris, puis par la suite on apprend à ne plus s’étonner. Nos joueurs n’ont même pas le loisir d’atteindre la mi-temps pour s’enfiler un chargeur, puisque le manque d’énergie se fait sentir dès la 35e minute. Heureusement, Lopez est présent pour une jolie RAIE, sur une tête de Fati faisant suite à un long ballon dans le dos de Clauss et Mbemba. Juste après, un nouvel alignement anal de la défense envoie Welbeck seul face à notre gardien. Pau réalise sa plus balle sortie de victime (« j’y vais, ah non finalement, j’y vais pas »), mais contre toute attente parvient à mettre en échec l’attaquant. Une nouvelle action slipométrique juste avant la pause confirme que ces deux buts d’avance représentent un matelas bien insuffisant pour envisager l’avenir avec sérénité.


Cela étant, l’OM entame la seconde période avec l’intensité adéquate, se doutant bien que Brighton allait revenir avec d’autres intentions. L’OM maintient ainsi l’impact, et le maintient haut, comme en témoignent une tête de Correra contrée par un défenseur, et un duel litigieux de Ndiaye dans la surface suite à un pressing haut d’Harit.

Bien évidemment, les équipes en crise ont ceci de commun avec les cancéreux le fameux « eh bien à voir vos analyses tout va bien, mais… ». Or donc, en cette 48e minute, tout va bien mais on va quand même s’inquiéter de cette petite blessure de Jordan Veretout, ah ben non c’est pas une petite blessure il s’est fait un claquage. Ah, on va regarder aussi la cheville d’Harit, c’est vrai que l’arbitre n’a rien vu sur le coup mais quand il y a quand même une trace de crampons sanguinolente sur la chaussette on va vérifier que ce ne soit pas anodin, quand même. Oh et puis un but pendant qu’Amine se fait soigner sur la touche, tiens, pas de bol : Lamptey (précisément auteur du tacle de porc sur Amine) et Mitoma s’infiltrent à gauche entre un Clauss et un Rongier beaucoup trop timides, avant un centre en retrait pour Gross qui finit une main dans le slip (2-1, 54e). Bref, dix minutes après la reprise, tout va bien si l’on excepte le fait que c’est un peu la merde.


Dans un premier temps, Gattuso fait entrer du sang frais sans modifier son schéma : Sarr et Vitinha remplacent ainsi poste pour poste Correa et Aubameyang. Astucieux, Lopez joue vite un coup-franc d’un dégagement de mammouth dans la course de Vitinha, qui résiste à son défenseur sans parvenir à s’en débarrasser tout à fait.

Notre équipe reste concentrée mais ne peut pas s’empêcher de jouer de plus en plus bas, incapable de maintenir Brighton loin de notre surface comme elle y parvenait en début de rencontre. Le manque de fraîcheur se fait sentir sur certaines actions, comme par exemple lorsque Clauss se fait fumer par Mitoma, pour un centre en retrait et une reprise miraculeusement ratée par l’attaquant. Gattuso prend la mesure du danger et fait entrer Lodi, sans que les rapports de force ne changent. Les corners se multiplient, les coups-francs naguère concédés à la ligne médiane le sont désormais à proximité de la surface, et nos temps de possession se réduisent.

Les dix minutes restantes sont de trop pour que l’OM parvienne à faire le dos rond : un corner repoussé revient vite dans la surface, où Clauss intervient un quart d’heurte trop tard sur Lemptey : c’est le pénalty indiscutable, que Joao Mario transforme à contre-pied (2-2, 86e).

Invariablement, l’OM produit des débuts de rencontre alléchants mais s’effondre ensuite de manière spectaculaire. Tout l’enjeu consiste à trouver une constance, sans doute pas par un regain physique venu de nulle part, mais plus par un jeu collectif mieux rodé, qui permettra de réduire les courses inutiles et de mieux gérer les temps faibles. Une question se pose également sur le niveau réel de cette équipe, dont on ne sait pas bien si elle s’effondre après avoir joué à son niveau pendant une demi-heure, ou bien si cette première demi-heure n’est que du surrégime avant de retrouver le niveau habituel et pas terrible de ce collectif.


Les joueurs

Lopez (4/5) : Yohann Pelé avait les buts encaissés au centre de la cage, Pau, lui, sa marotte c’est les buts au premier poteau. On serait cependant bien taquins de lui reprocher ce but imparable : au contraire, on n’était pas loin du match référence de sa part.

Clauss (2+/5) : Son corps consomme le glucose comme Jimi Hendrix l’héroïne : trop vite et en trop grande quantité. Quand y en a c’est magnifique, quand y en a plus on peut sortir les couronnes.

Mbemba (3+/5) : Hormis une gestion douteuse de quelques ballons en profondeur, Chancel a renoué à la fois avec sa solidité et avec son sens du but. La perspective de voir un jour tous nos défenseurs jouer ensemble un match de football et non la parade du cirque Pinder représente l’un de nos rares motifs d’espoir.

Balerdi (4/5) : Une et une seule faute de demeuré, à la 92e minute : d’habitude, cela suffit à se manger un coup-franc en lucarne et donc les insultes de toute la ville, mais pour une fois cette erreur n’a pas terni son match quasi-parfait. Nous le détestons toujours depuis Annecy, bien sûr, mais tout de même moins que Gérald Darmanin.

Murillo (3-/5) : Depuis qu’il est titulaire,Amir se concentre sur son unique mission sacrée : éviter à ses aïeules de se faire insulter sur huit générations par les supporters. Concentration extrême, zéro prise de risque, ça ne respire pas l’enthousiasme mais au moins ça assure le boulot.

Rongier (2/5) : Alors que Lemptey venait de désosser la cheville d’Harit sans même concéder un coup-franc, on a connu des capitaines olympiens qui auraient dès l’action suivante fignolé leur plus bel hippopotacle pour lui intimer de ne pas y revenir. Valentin, lui, a profité du duel immédiatement suivant pour effleurer Lemptey d’une charge à l’épaule de mollusque, permettant à l’action de se poursuivre jusqu’au but. Le résultat ne doit pas tout à cette action, mais symboliquement c’est terrible.

Veretout (4/5) : Alors lui ce n’est pas le moteur qui lâche, c’est le châssis. C’est pas une équipe qu’on a, c’est le 4L Trophy.

Ounahi (51e, 2/5) : « Cher public, Gari Greu étant absent pour cause d’une rage de dents, nous avons le regret de vous annoncer que le concert du Oaistar sera remplacé au pied levé par un tour de chant de Christophe Maé ».

Harit (3+/5) : Une première mi-temps de gala et encore quelques beaux gestes en deuxième. Ceci dit, on aurait pu espérer que les qualités combinées d’Amine et Azzedine en matière de tripotage de balle à rallonge nous permettent de faire défiler le chrono plus sereinement.

Ndiaye (3/5) : Toujours actif et percutant même les soirs où la réussite ne lui sourit pas. C’est au minimum ça qu’on veut (mais vraiment au minimum, hein).

Lodi (79e) : A voir si c’est lui qui devient le totem de la rétractation gonadique fatale.

Correa (3/5) : Ah là vous me mettez le doute, Monsieur. Après des semaines à me demander qui vous êtes et ce que vous faites-là, voici que vous laisseriez entendre que vous êtes peut-être footballeur ? Vous multipliez les fausses pistes, vous, mais vous avez beau être retors, je finirai bien par trouver.

Sarr (62e, 1/5) : Inutile dans la conservation du ballon, inutile pour nous procurer des contre-attaques. En même temps, ses entrées se basant sur la consigne « l’équipe est à l’agonie, démerde-toi comme tu peux », c’est peu dire qu’Ismaïla n’est guère aidé.

Aubameyang (1/5) : Encore un match fantomatique de Jean-Bite, successeur désigné d’Alexis mais dont le seul apport marquant à la soirée réside dans les traces slipales occasionnées par ses pertes de ballon. Plus que jamais un Dirty Sanchez, donc.

Vitinha (62e, 1/5) : La poterie du jour : l’oya. Céramique micro-preuse à planter ou enterrer au milieu de vos plantations, l’oya représente une solution d’irrigation économique et écologique. Peut s’acheter en diverses tailles et coloris, avec finition brute ou vernissée.


L’invité zoologique : Roberto Deux-Gerbilles

Rongeur des déserts froids, la gerbille pourrait profiter de l’absence de prédateur digne de ce nom pour ne rien foutre de sa vie. Mais comme elle a peu de s’ennuyer, la gerbille bouge beaucoup, tout le temps, ronge des trucs, déplaces des choses, enterre sa bouffe, déterre sa bouffe, re-ronge des trucs. Bref la gerbille est un animal mignon mais un tantinet fatigant à suivre, ce qui en fait l’invitée appropriée pour évoquer le match de ce soir.

  • Les autres : A la différence de nous, qui payons notre manque d’expérience européenne en passant à côté de nos matchs, eux ne sont passés à côté que de la première mi-temps. Ils ont également su jouer à plein de leur bonus « en Angleterre ça se siffle pas ».
  • Le classement : Statu quo cette journée après le nul entre l’AEK et l’Ajax. Les Grecs restent en tête du groupe deux points devant nous et Brighton.
  • Coming next : La réception du Havre constituera le dernier match avant la trêve. Au programme ensuite : récupération, préparation physique, travail collectif, bref rien que du boulot en masse, tout le temps, et dans tous les domaines.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Pof28 remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah

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