OM-Lille (1-2) : La Canebière Académie pisse sur la flamme mais garde l’étincelle

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C’est malheureux, Marseille est à la rue.

Aïoli les sapiens,

Comme à chaque élection, Marseille a feint de découvrir combien étaient nombreux chez elle les frustrés haineux, les classes moyennes proprettes pour qui rien d’autre ne compte que « mon » pavillon, « ma » piscine, « mon SUV », les victimes de la vie terrorisées de tout sauf de ceux qui les emmanchent vraiment, les branle-pétain plus ou moins assumés, les descendants d’immigrés partisans du « dernier arrivé ferme la porte », les résignés définitifs, les cons basiques, bref : les gens.

« Marseille, comme tu étais, comme tu es devenue », chante Massilia, mais de quelle Marseille on parle ? Celle qui chassait les Italiens fin XIXe ? Celle mise en coupe réglée par Sabiani, Carbone et Spirito, qui filaient le meilleur amour avec l’Occupant ? Celle qui menait les ratonnades dans les années 1980 ? N’importe quelle personne ayant assisté à une réunion de CIQ sait que la bêtise et le racisme n’ont pas attendu Allisio et sa tronche de pain-sucé pour s’exprimer sans complexe. Quand ces pébrons s’imposent dans les fiefs de Valérie Boyer et Guy Teyssier, je veux bien y voir un symbole, très moche certes, mais certainement pas une révolution.

Mais ça ne veut pas dire pour autant que le Marseille qu’on aime n’a jamais existé, bordel de merde. Il y a quand même pas mal d’endroits en ville où, par la force des choses, on sait ce que le mélange et le vivre ensemble veulent dire. En fait, des endroits qui ressemblent encore à une vraie ville, et pas à ces métastases urbaines du type « Lou Vivarium dou souleu », où les cons s’endettent 25 ans pour se cacher de la vie derrière une grille de deux mètres et un digicode. Alors oui, Marseille n’est pas forcément moins moche qu’elle ne l’a été, mais elle n’est pas moins belle non plus : sortons, chantons, faisons des choses ensemble, soyons heureux dans les rues, et que l’éclat de la Marseille qu’on aime résonne jusqu’aux oreilles des Tristus, jusqu’à les faire rougir à leur tour et oublier leurs vieilles et mauvaises idées. Évidemment, ça nécessitera de sortir un peu au-delà des rues militantes des Chave ou de la Plaine, mais ça se passera bien, on vous l’assure.

Et tant qu’on est à parler des endroits où ça se mélange et où ça crie très fort, quel meilleur exemple que notre cher Vélodrome, même si, ici encore, on ne peut pas dire que les représentants officiels fassent grand-chose pour enrayer l’abstention…


Les B-Beye Boys

Rulli
Weah – Balerdi – Medina – Emerson
Højbjerg – Kondogbia (Gouiri, 64e)
Greenwood (honte à nous, Nwaneri, 18e, Traoré, 75e)– Timber (Nadir, 90e) – Paixão Aubameyang

Balerdi et Nadir sont de retour, Aguerd est toujours blessé, et Vermeeren mis de côté. Avec tout cela, Beye reconduit son 4231 dans lequel Kondogbia ou Højbjerg se joignent à la défense pour permettre la montée des latéraux en phase offensive.


Le match

Au bout de 40 secondes, Paixão se fait décapiter par Ngoy sur son premier débordement. M. Bastien met cette fantaisie sur le compte des simples amabilités de début de match et ne sanctionne que d’un jaune. Pour ce qui est du jeu proprement dit, Lille déploie ses actions beaucoup trop facilement et, suite à un contre favorable subi par Balerdi, Mukau est trouvé seul en retrait pour un tir dévié de justesse par Emerson. Sur les corners qui s’ensuivent, une volée hors cadre de Meunier achève le premier jeu de slip de la soirée.

Dominé dans la construction, l’OM se montre meurtrier en contre-attaque. Ou plutôt, aurait pu se montrer meurtrier si Greenwood (honte à nous) ne s’était pas fait couper en deux par Verdonk au moment de lancer un gros surnombre. Notre ailier ayant l’outrecuidance de manifester, Haraldsson vient l’emplâtrer d’un bon coup d’épaule dans les gencives. Rien de tout cela ne justifie une expulsion aux yeux de l’arbitre, qui avertit tous les protagonistes, victime comprise (avec suspension à la clé contre Monaco). On imagine même que M. Bastien frôle l’éjaculation quelques minutes plus tard, en constatant que Greenwood (honte à nous) n’est plus en mesure de tenir sa place et doit être remplacé par Nwaneri dès la 18e minute.

Le jeu reste ensuite à l’avantage de Lille, toujours aussi peu gêné à la construction. La percussion est également l’apanage des Nordistes, à l’image d’Haraldsson plus vif que tout le monde pour récupérer un deuxième ballon et le transformer en tir juste un peu trop croisé.

En bonne équipe dirigée par Nénesse l’Arsouille, Lille nous oppose un blocquéquipe ultra-discipliné exigeant des trésors de créativité de quiconque souhaiterait le franchir. Cela tombe bien, de la créativité, Igor Paixão n’en manque pas. Sollicitant le une-deux avec Timber, le voici qui secoue le sieston général par un appel tranchant sur la gauche. Sans contrôle, il adresse un centre en retrait parfait pour Nwaneri qui, du point de pénalty, pladupiésécurise en pleine course (1-0, 43e).

Sonné par ce but contre le cours du jeu, le LOSC offre un joli cadeau à notre pressing, surnombre hélas gâché par Paixão. C’est ensuite Højbjerg qui adresse une merveille d’ouverture dans la course d’Aubameyang. Face à un gardien sorti à la one-again, on peut s’attendre à ce que Jean-Bite tente le dribble subtil pour soit s’ouvrir le but, soit se faire défoncer et obtenir le pénalty. Contre toute attente, notre attaquant ralentit et tente le petit piqué face à un gardien qui n’avait même pas esquissé un plongeon : non seulement le but n’est pas marqué, mais c’est notre attaquant qui devient responsable de l’emplâtrage inévitable avec le gardien. Bilan : une balle de 2-0 manquée, pas de pénalty, mais un gardien lillois assommé et qui doit être remplacé pour la seconde période.


L’OM revient des vestiaires plein d’entrain, passant même tout près de doubler la mise après dix secondes de jeu. L’excellent travail de Paixão est malheureusement anéanti par la défense in extremis d’un Lillois devant Aubameyang. L’avantage au score, une attitude plus conquérante, tous les voyants sont au vert, vert comme le chandail légendaire de Gaston Lagaffe, que Balerdi s’empresse de revêtir pour tout faire foirer une fois de plus. Certes, au début de l’action, c’est le duel perdu à l’épaule par Jean-Bite qui retient l’attention : après s’en être débarrassé comme d’une crotte de nez, Meunier rentre dans la surface et adresse un centre en retrait qui se veut imparable. Un retour miraculeux de Kondogbia empêche Bouaddi de reprendre et c’est ici que l’Inénarrable fait son grand retour : un petit saut de pucelle dos tourné sur le premier rebond, et sur le deuxième un petit dégagement tout timide droit sur le pied de Meunier, qui égalise sans le faire exprès ; bref, un modèle de sabotage (1-1, 49e).

Peu après, Balerdi est à deux doigts de couvrir l’appel en profondeur de Fernandez Pardo, mais M. Bastien et ses assistants se disent qu’il y a des limites à la gourmandise et refusent le but. À l’heure de jeu, Gouiri remplace Kondogbia pour un système à deux attaquants. Le résultat est mitigé : globalement, les Lillois paraissent mieux en place quand les Olympiens semblent le plus souvent réduits à improviser. Néanmoins, ces improvisations portent parfois leurs fruits : Gouiri tire ainsi de peu à côté, avant d’embarquer toute la défense dans une série de dribbles en pleine surface, et un centre un poil trop haut pour Jean-Bite.


En fin de match, les Lillois enfilent leurs cagoules et arment leurs automatiques : l’heure du braquage approche. Haraldsson est tout d’abord trouvé dans le dos de la défense, avant de se voir mis en échec par une belle sortie de Rulli. Malgré l’imminence de l’alerte, les Marseillais ne s’inscrivent pas aux Voisins vigilants pour autant ; peut-être ne sont-ils pas au courant que Chuck Norris ne viendra pas les sauver, toujours est-il qu’ils se laissent presser comme des larves à l’entrée de leur surface, ce qui permet à Meunier de centrer une main dans le slip. À la réception, Weah est en retard sur Giroud, qui se fait un plaisir de placer sa tête hors de portée de Rulli (1-2, 86e).

Leur butin en poche, les Lillois se replient dans leur camp sans être inquiétés le moins du monde, dans une triste fin de match où la démission du public ne fait que répondre à celle de l’équipe.


Les joueurs

Rulli (3+/5) : Un arrêt aussi magnifique que déterminant, récompensé par une défense qui en branle encore moins sur l’action suivante histoire de bien s’assurer la défaite.

Weah (2-/5) : Un match pour l’hygiène plus que pour la performance.

Balerdi (1/5) : Quand on pense que pour faire partir certains joueurs, pourtant pas moins valeureux que d’autres, la direction a multiplié les pressions de pute à la limite du droit du travail, l’inamovibilité de Balerdi a quelque chose d’incongru. Pour être aussi intouchable en étant un tel boulet, c’est pas à Erzulie qu’il a fait des invocations, c’est à Patrick Rué.

Medina (2/5) : « Mais si, regardez, j’ai des tatouages, ça veut bien dire que j’ai du caractère, non ? »

Emerson (3-/5) : Comme la plupart des autres, apparemment il ne fallait surtout pas montrer trop de détermination.

Kondogbia (3-/5) : Plaque tournante du milieu de terrain. Bon, après, c’était pas du 3000 tours/minute non plus, hein.

Gouiri (64e, 3/5) : « On n’arrive à rien faire collectivement, donc entre et démerde-toi ». La qualité d’un entraîneur, c’est aussi de savoir faire passer des consignes simples.

Højbjerg (2/5) : Chaud comme un volcan, mais plutôt comme le piton de La Fournaise : une explosion de temps en temps, et surtout des coulées à deux à l’heure autour desquelles les touristes viennent faire des selfies en rigolant.

Timber (2/5) : On avait lancé la vanne au hasard, mais en fait, l’OM c’est vraiment ça : les Rigolus et les Tristus. À chaque épisode ils passent de l’un à l’autre sans qu’on comprenne pourquoi ni comment. (NdA : oui, je sais, c’est une référence de vieux. Continuez à m’emmerder et je fais une vanne sur Lionel Jospin)

Nadir (90e) : A pu savourer cinq minutes d’impuissance totale.

Greenwood (honte à nous, NN) : Alors, malgré tout ce que notre ailier a pu commettre de litigieux sur le plan pénal, il ne me semble pas que « le couper en deux puis lui mettre un coup d’épaule dans la gueule » ait un jour fait partie des sanctions légitimement prévues.

Nwaneri (18e, 2+/5) : Il a marqué, mais c’est parce qu’il est encore jeune. Encore quelque temps avec nous et il saura comment accomplir une performance merdique de A à Z.

Traoré (75e) : Moins de technique, plus de bourrinage, tel était le pari de son entrée en jeu. Pas très probant.

Paixão (4-/5) : Le seul à avoir envie de jouer un peu au football, une générosité qui l’a certes poussé à envoyer ses centres à la rasbaille afin que les ramasseurs de balle en profitent aussi.

Aubameyang (1+/5) : Quand Jean-Bite était bien placé, c’est le centre qui était envoyé ailleurs, et quand le centre était bon, c’est lui qui ne se trouvait pas où il fallait.


L’invité zoologique : Ténébrion Meunier

Le ver de farine est une larve de scarabée moche qui fait rien qu’à gâter tes ressources. Laid mais opiniâtre, c’est donc l’invité approprié pour évoquer ce nouveau tour joué par Bruno Génésio.

  • Les autres : Triste, rigoureux, organisé, efficace : la recette parfaite pour infliger un dimanche de merde aux adversaires.
  • Le classement : Avec la victoire de Monaco à Lyon, tout notre petit monde se tient en deux points. La troisième place se jouera à celui qui fera un peu moins de merde que les autres.
  • Coming next : Allez, rideau pour deux semaines. On se retrouve le 5 avril pour un Monaco-OM qui sent déjà le soufre ou les égouts, suivant ton niveau d’optimisme.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Je remporte le concours zoologique, puisque dégun n’a joué, bande de déprimés que vous êtes.

Bises massilianales,
Blaah

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