OM-Montpellier (2-2), La Canebière académie patine
Ventre mou et ciel de plomb.
Aioli les sapiens,
Qu’il me soit permis avant toute chose de saluer la réponse de notre peuple à l’injonction de François Hollande : oui, la France mérite que l’on affiche ses valeurs immémoriales et authentiques. Oui, soyons fiers de montrer au monde notre bonheur d’être français. Oui, messieurs les terroristes, vous avez échoué à modifier notre nature et au contraire, vous l’avez renforcée : veules, haineux et cons nous étions, veules, haineux et cons nous resterons. Pris pour des pécores par les élites, losers du capitalisme mondialisé, trop fatigués pour casser de l’actionnaire, trop conscients des enjeux pour risquer de ne pas pouvoir s’offrir un écran plat à Noël afin de pouvoir regarder Rennes-Gazélec en HD, mais plus que jamais prêts à défendre ce droit inaliénable de tout citoyen en République : trimer jusqu’à ses 70 ans pour se payer un pavillon Phénix de merde dans un lotissement inaccessible en zone inondable.
Si souvent décriée pour son anti-patriotisme, la Provence est à la pointe du roman national, sans doute grâce à son attachement au côté pratique des choses : désigner des citoyens de troisième ou quatrième zone, c’est le moyen le plus rapide que l’on ait trouvé pour s’élever dans l’échelle sociale sans empiéter sur le temps de l’apéro.
Mais avant la soirée électorale, il y avait un match. Et c’est peu dire que cela nous a mis en joie.
L’équipe

Après leurs blessures de jeudi, Diarra et Alessandrini sont forfait. Touché d’une fracture du sphincter anal lors du même match, Mendy cicatrise doucement sur le banc. Romao, Barrada et Manquillo les remplacent.
Le match
Nkoudou descendu après quelques secondes de jeu, une occasion monstrueuse vendangée par Batshuayi à la 3e : le match débute sur des bases connues. Les vingt premières minutes voient les deux équipes se livrer un combat équilibré au milieu de terrain, à peine égayé par une intervention litigieuse de Dja Djédjé dans sa surface.
A compter de la 20e minute en revanche, l’OM se met à dominer très nettement. Montpellier ne tient plus la balle est les offensives sur succèdent devant la cage héraultaise. Malheureusement, si nos attaques ont l’intensité d’Omaha Beach, elles ont aussi la coordination de la 7e compagnie conduite par Stephen Hawking sur la musique de Benny Hill. Coups de pieds arrêtés immondes et centres aléatoires s’accumulent. Pourtant, le déchet technique reste moins responsable de la débâcle que l’intelligence de jeu amibienne de Batshuayi et Cabella, aussi serrés dans la surface montpelliéraine que trois chromosomes 21 dans le caryotype de Christian Estrosi.
Selon la plus imparable des logiques, c’est après ces dix minutes où nous mettons nos adversaires à l’agonie que ceux-ci nous fistent en un coup bien ajusté. Barrada et Dja Djdjé perdent la balle sous le pressing, ce qui permet à Boudebouz et Ninga d’écarteler Romao en une passe. Boudebouz lance l’attaquant d’un extérieur à la subtilité flatteuse pour notre défense de pines : Nkoulou est pris par la passe, Dja Djédjé est à la fois mal aligné et lent, et Mandanda tente une feinte de sortie (0-1, 31e).
La fin de première période voit l’OM poursuivre une domination conclue sous les hourras des scatophiles. Dès la pause, Michel passe dans un 433 plus offensif avec notamment l’entrée de Sarr. Trois minutes suffisent pour que l’ancien Messin se mette en évidence, avec un centre bien redressé par Barrada au second poteau. Le temps que Michy et Rémy finissent de tourner leur clip en faveur de la copulation homosexuelle en milieu psychiatrique, et Cabella récupère par miracle pour adresser un tir mal négocié par un Pionnier encore en train de se demander ce qu’il vient de voir (1-1, 48e).
La complicité entre Batshuayi et Cabella fait plaisir à voir.
Sans doute en difficulté physique, peut-être par manque de coordination en 433, l’OM ne parvient pas à accélérer après être revenu au score, ce dont Ninga profite pour continuer à asticoter des rondelles. Sur un corner obtenu par le Tchadien et renvoyé par la défense, un Montpelliérain remet le ballon dans la surface. Partage des tâches après le départ de Jérémy Morel, c’est Benjamin Mendy qui se charge de couvrir le hors-jeu pendant que Rekik s’occupe du dégagement de merde. Le Belgo-kiribatien – oui, quand je me goure sur sa nationalité, personne ne me reprend, donc allons-y à fond – renvoie la balle sur Ninga, qui ajuste Mandanda (1-2, 56e).
S’ensuivent de pénibles instants pendant lesquels l’OM, assommé, tente péniblement de repartir à l’attaque avec le double défi d’une part de faire quelque chose d’intelligent du ballon à moins de 25 mètres du but adverse, d’autre part de proposer une défense à peu près alignée et apte au duel. C’est évidemment un échec sur toute la ligne, jusqu’à ce que Barrada adresse une superbe passe à Nkoudou. Malgré un contrôle un peu long, voire 10 cm au-delà de la ligne de but, George-Kévin (vous ai-je seulement dit que j’adorais ce prénom ?) redresse la balle au prix d’un gros effort. Lobé par son centre, Pionnier ne peut que voir Bouna Sarr, esseulé, placer la balle au fond (2-2, 72e).
Devant le haut potentiel de n’importe quoi de la rencontre, les équipes décident de se passer de construction au milieu, ce qui donne une fin de match animée à défaut d’être d’un niveau technique ahurissant. Attaques, contre-attaques, contre-contre-attaques se succèdent, avortées de notre côté par des retours défensifs parfois désespérés, du côté héraultais par notre sempiternelle imprécision dans le dernier geste (point sémantique : parler de défaillance dans l’avant-dernier geste serait inapproprié : s’il est raté, c’est par conséquent le dernier de l’action).
Malgré une grosse mais inefficace pression dans les ultimes minutes, l’OM doit ainsi se contenter d’un match nul, assez chanceux vues les circonstances arbitrales une nouvelle fois favorables.
Les joueurs
Mandanda (2+/5) : Encore lâché par la défense, il n’a pas su faire la sortie stratosphérique qui nous aurait préservé de l’ouverture du score.
Nkoulou (2+/5) : Quelques bons retours même s’il s’est fait secouer par Ninga plus souvent qu’à son tour.
Rekik (1+/5) : Après le succès de « J’ai perdu mes lentilles » et « Steve ne m’a pas dit laisse », retrouvez très bientôt « Ma grand-mère est morte » et « Le chien a mangé mes crampons » sur l’album « Mes meilleures excuses », par DJ Rekiki.
Dja Djédjé (2/5) : Quand il n’était pas occupé à éviter de se faire faire le coup de la brouette tchadienne, Brice s’est montré très actif offensivement avec de nombreux centres au corbeau. Non pas au cordeau, au corbeau, celui perché sur le haut du virage.
Manquillo (3-/5) : Pas gêné défensivement – forcément, ce n’est pas chez lui que ça se passait – et offensivement plus fade qu’un annuaire rédigé par Guillaume Musso.
Mendy (2+/5) : Idem que le précédent, avec un poil plus d’allant en attaque (encore heureux, il est rentré pour ça), et un malus pour attaques slipales intempestives sur certaines phases en défense.
Isla (3+/5) : Pas hyper régulier mais en l’absence de Diarra, Mauricio est l’un des seuls qui ait l’air plus intelligent devant le ballon que Laurent Blanc devant un mot à trois syllabes.
Romao (3-/5) : Après quelques minutes d’égarement où il a tenté des passes longues – quelle idée ! – Alaixys s’est plutôt bien tenu, à l’exception malheureuse du premier but où il se désintègre tout seul par un mauvais placement.
Sarr (45e, 4-/5) : Présent sur les deux buts, ce qui exclut toute note plus basse. On se sent comme le prof contraint de mettre 20/20 à l’élève qui réussit son devoir en faisant de la merde le reste du temps.
Nkoudou (3+/5) : Même si cela implique du déchet, c’est rafraîchissant de voir un jeune homme se battre sans compter et surtout sans se triturer huit fois la nouille avant de se décider à donner la balle.
Cabella (3-/5) : Un avion Rafale commandé par un processeur d’Amstrad 6128.
Barrada (4-/5) : Après comparaison de son attitude dans le jeu et sur coups de pieds arrêtés, le constat s’impose : Abdelaziz a le même rapport au ballon que mes lézards avec les grillons ; quand ça bouge, ce sont de bons chasseurs ; quand ça ne bouge pas, ce sont des merdes amorphes.
Silva (82e) : rien à signaler.
Batshuayi (1+/5) : S’il n’avait eu aucune intelligence de jeu, la loi des probabilités aurait voulu qu’il se trouvât deux ou trois fois en position de marquer, par hasard. Ce qui n’est pas le cas dans ce match, où il a systématiquement choisi l’endroit le moins approprié. Il faut croire qu’il essaie de se montrer pire qu’Ocampos afin d’obtenir un peu de repos.
« De l’espoir à la peur, ma 89e minute « , par Michy Batshuayi, huile sur slip, collection privée.
L’invité zoologique : Joris Narval
Faire passer pour une licorne un dauphin dégénéré avec une dent de travers, c’était aussi gonflé que grimer une ville peuplée de moustiques et de punk à chiens en phare de la renaissance antique. Aussi le narval était-il l’invité approprié pour te narrer cette rencontre contre la capitale de la Septimanie triomphante.
- Les autres : La réussite actuelle de Ninga est la seule chose séparant Montpellier des autres aspirants relégables. Ce qui n’est pas une raison pour qu’on le recrute, on a déjà donné.
- Le classement : Ca se décante lentement et ce n’est pas très agréable, communsymbole de station d’épuration.
- Les experts (rappel) : La mise à jour de l’enquête d’OMForum sur les finances de l’OM se poursuit toute la semaine. A ne pas rater.
- La page abonnement: Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.
Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook (attention, nouveau compte), et sur Twitter. Padls remporte le concours zoologique, à l’usure.
Pour ton second tour Estrosi/Le Pen, Monsieur Lapin existe aussi au format bulletin de vote (cliquer pour télécharger). Utilisable également dans d’autres régions.
Bises massilianales,
Blaah.
Allez
Vous
Faire
Enculer
Cette défense, c’est un complot judéo-maçonnique, n’est-ce pas? Un détail de l’Histoire sans doute…
Cet OM que l’on compare souvent -par erreur- à celui de Baup me fait bien plus penser à celui d’Anigo.
Le foot, sport spectacle s’il en est, a trouvé en l’OM l’équivalent du Jamel Comedy Club. Ici c’est impro à tous les étages, entre mauvais sketchs et chutes convenues, laissant peu de place à la surprise, mauvaise de surcroît.
Bref, je me fais chier, on se fait chier, mais on continue d’espérer, de supporter à défaut de soutenir.
Alors moi j’avais un 464 à cassette. Sinon pas mieux que Spado ( surtout la dernière phrase). Enfin j’ai des scrupules à glisser Mr Lapin dans une urne de fiente, par contre mon vier en a vu d’autres. A lire lundi prochain en page 7 de la Provence, avant que ce torchon soit racheté.
Estrosi, il n’aurait pas un chleu sur la langue?