OM-Paris FC (2-3) : La Canebière Académie n’a pas les moyens de ses ambitions
Avec un plaid, ça passe.

Aïoli les sapiens,
Au moins les trois premiers matchs auront suffi à l’OM pour nous présenter toute la panoplie des possibles cette saison :
– les matchs qu’on gagnera en jouant à notre meilleur contre des équipes moyennes ;
– les matchs qu’on perdra quoi qu’il arrive parce que les équipes d’en face seront trop fortes ;
– les danses qu’on prendra même contre des équipes moyennes, si on ne joue pas à notre maximum en termes de rigueur et d’impact.
La bande à Nénesse
De Lange
Weah– Aguerd (Cornelius, 72e) – Egan-Riley– Emerson (Garcia, 90e)
Højbjerg – Abdelli (Moumbagna, 90e)
Harit– Gomes (Mmadi, 72e) – Paixão (Abdallah, 72e)
Gouiri
Voyons le positif : l’OM aura au moins évité l’ultime connerie à faire dans les derniers jours du mercato, à savoir brader un joueur majeur juste pour le plaisir de recruter un gars moins bon. Cela ne nous empêche pas de perdre Quinten Timber dans l’affaire, mais bon, on ne peut pas dire qu’on ait eu le temps de s’attacher.

S’agissant du match du soir, la principale nouvelle est liée au forfait de Kondogbia, qui force la titularisation d’Aguerd et de son déambulateur. Devant, le retour de Paixão permet d’aligner l’équipe-type.
Le match
Tous les professeurs vous le diront : la première semaine après la rentrée consiste encore à apprivoiser la classe, de prendre conscience de la diversité des élèves et de la manière dont ils peuvent chacun comprendre différemment un même message. Par exemple, Nénesse aura été ravi de découvrir que, pour CJ Egan-Riley, la consigne « presser le porteur du ballon » signifie « courir comme un trépané dans le camp adverse dès le coup d’envoi ». CJ se trouve ainsi projeté sur l’aile gauche, à trois bons mètres du joueur qu’il s’imaginait coller, déséquilibrant ainsi toute la défense. Quand en face se trouve un représentant des établissements Pagis & Fils, une entreprise familiale spécialisée dans le footballeur à cerveau, il n’y a plus qu’à dérouler la pelote : Pagis lance Koleosho dans le dos de Weah, l’ailier soigne l’arthrite d’Aguerd d’un jet d’urine bien placé, et sert Sinayoko qui n’a plus qu’à conclure une main dans le slip (0-1, 1re).
L’OM ne se démonte pas et produit un « taper, taper, taper » de bon aloi, quoique peu créatif au-delà du raisonnable. Le meilleur exemple en est Emerson, qui perd la balle comme une bouse mais enchaîne avec un pressing autoritaire : cela suffit à paniquer Chergui, qui balerdise sa passe au gardien pour le plus grand bonheur de Gouiri (1-1, 8e).
Bouleversement climatique, percée du fascisme, austérité budgétaire et inégalités sociales, explosion du cancer, de la mortalité infantile et des troubles psycho-sociaux : face à la sinistrose, des gens se lèvent pour apporter un peu de bonheur dans nos vies. Ces gens sont les défenseurs pourris de Ligue 1, et on les verra sans doute l’an prochain monter une équipe d’humoristes pour Fort Boyard, au profit des hôpitaux et de la SPA (si si, véridique, cette saison, ya vraiment une équipe qui a dit « on n’a pas réussi à choisir entre les enfants malades et les animaux abandonnés, donc on partagera nos gains entre les deux associations »). Mais en attendant, c’est sur les terrains de football que les Défenseurs du Cœur nous mettent des étoiles dans les yeux, promettant une fin de match à cinq buts partout.
Peu émus par les clowns, même caritatifs, nos joueurs offensifs tentent bien de produire du jeu : après une remarquable accélération d’Harit, Gouiri se voit contré in extremis. Peu après, Gomes teste le gardien d’une belle lourde.
Mais le dernier mot reste vraiment aux héros du soir, qui font œuvre collective pour offrir le second but à Paris. Sur un corner joué à deux, personne ne presse pour sortir le centreur de son fauteuil. À la réception, nos joueurs confondent « défense en zone » et « défense de la ZUP ». Gêné par dégun, Sinayoko a tout le loisir de placer sa tête poteau rentrant. Impossible de désigner un fautif plutôt qu’un autre, c’est vraiment la consécration du collectif, c’est du grand art, on s’incline (1-2, 19e).
Décidé à arrêter les conneries, le PFC se regroupe en blocquéquipe à l’entrée de la surface. Trop esseulé dans la surface, Gouiri ne parvient pas à offrir une solution au cœur du jeu. Après de longues secondes de possession stérile, Emerson dit « zob » et entame une chevauchée fantastique en pleine surface, conclue par un pointu de peu à côté. Weah obtient quant à lui un coup-franc : seule la barre transversale prive Paixão du chef-d’œuvre.
En revanche, dès que notre pressing est cassé, le PFC récite ses sorties de balle pour s’offrir des boulevards dans notre camp. Aguerd passe près de concéder un pénalty, avant que Sinayoko ne soit mis en échec par De Lange. Nos adversaires en deviennent limite vexants : après que De Lange a de justesse évité un nouveau but moins d’une minute après l’engagement, le PFC se met à nous souiller à coups de jeu à une touche, petites talonnades et tentatives de lobs de 50 mètres.
À ce stade, deux options s’ouvrent à nous : soit on reçoit une fessée mémorable, soit on châtie des adversaires qui commencent un peu à se regarder jouer. Grâce à Harit, c’est le second choix qui s’opère : malgré un golgoth d’un quintal perché sur ses épaules, Amine résiste tout en hargne pour déborder, entrer dans la surface et donner en retrait à Gouiri. Tout aussi déterminé, le second Amine s’offre un contre favorable avant de finir d’une sacoche libératrice (2-2, 53e).
Ne nous voilons pas la face : c’est par deux actions ponctuelles que nous nous maintenons à niveau, quand nos adversaires, eux, marquent en jouant tout simplement mieux au football que nous. En ce sens, l’action de la 66e minute ressemble salement à un tournant du match, quand un tacle dictatorial de Weah offre le ballon à Gomes seul à l’entrée de la surface. Plutôt que de frapper en première intention, Angel panique, laisse le défenseur revenir, et marche sur le ballon avant même d’avoir tenté quoi que ce soit. Les changements s’opèrent ensuite de part et d’autre, laissant à voir encore plus nettement l’opposition de style entre les deux équipes : d’une part des courageux qui tentent maladroitement de percuter, de l’autre des patients qui attendent que les espaces s’ouvrent pour appliquer les schémas appris par cœur.
Les pertes de balle se multipliant de notre part, notre défense ressemble aux zones naturelles de Chamonix un week-end d’UTMB : c’est un saccage. Egan-Riley tente de se démultiplier pour parer la menace, sauf qu’au lieu de réussir le multiclonage, il fait jaillir une sorte de tentacule de son épaule pour contrer le tir de Moses Simon. Clément Turpin va chercher confirmation devant l’écran VAR : à ce niveau ce n’est plus une main, c’est Urotsukidoji. Le pénalty est évident, et Sinayoko se charge de nous faire subir les derniers outrages (2-3, 87e).
La défaite est totalement méritée, et seules quelques absences de leur part ont évité aux Parisiens de nous faire subir une déculottée en bonne et due forme. Nénesse l’Arsouille n’étant pas né d’hier, il y a fort à craindre qu’à l’austérité budgétaire succède l’austérité du jeu. Nos ambitions offensives se heurtent en effet d’une part à notre défense de tractopelles en panne, d’autre part au fait d’être infoutus de proposer un pressing collectif cohérent. À moins de vouloir continuer à tendre nos fesses chaque week-end, on risque de ne pas pouvoir se passer du blocquéquipe bien moche bien posé dans les semaines qui viennent.
Les joueurs
De Lange (2/5) : Les seules relances qui ont trouvé des Olympiens, c’est quand il leur renvoyait le ballon pour engager après un but.
Weah (2+/5) : D’abord on regarde son match et on se dit que ce n’est pas si affreux, ensuite on regarde le match des ailiers adverses et on pleure.
Aguerd (1/5) : Forcément, si on lui laisse 25 secondes d’échauffement alors qu’il avait expressément demandé 25 semaines… Rappelons en effet qu’il a refusé cet été un transfert en Espagne, pour ne pas précipiter son rétablissement physique. Résultat de ce choix : non seulement il se voit quand même bombardé titulaire malgré sa condition d’octogénaire, et en plus il se fait insulter sa mère dans une langue qu’il comprend.
Cornelius (72e, 2/5) : Le syndrome Raphaël Glucskmann : quand tu vois les pitres qui occupent le devant de la scène, tu te dis pourquoi ne pas lui donner sa chance. Puis une fois en action, tu vois que ouais, quand même, en fait non, quoi.
Egan-Riley (1/5) : CJ c’est la hess.
Emerson (2/5) : Il a ressuscité le gegendribble cher à Lucas Ocampos : foncer tout droit et presque faire exprès de perdre la balle pour aller péter l’adversaire au pressing. Tu rajoutes une fanfare par-dessus ça donne un film d’Emir Kusturica.
Garcia (90e) : Déjà, on se souvient qu’il existe, c’est un premier pas.
Høbjerg (2+/5) : Tiraillé entre les offensifs qui pressent n’importe comment et les défenseurs qui prennent deux mètres de retard à chaque sprint. Pierre-Emile, c’est le responsable RSE du groupe : il est chargé d’appliquer des ambitions abstraites à des gars qui ont déjà du mal à se servir de leurs outils sans se crever un œil.
Abdelli (2-/5) : Même un double-pivot Schweinsteiger-Robocop aurait eu du mal à faire le boulot dans ce contexte, alors on ne va pas en demander trop à Himad.
Moumbagna (90e) : Je sais pas, je leur ai jeté à la figure les derniers trucs qu’il me restait sur le banc.
Harit (3+/5) : Bien mieux que lors des deux dernières sorties. Ya plus qu’à reproduire ses fulgurances sur 90 minutes complètes, puis sur une saison complète, et on pourra déjà s’écarter de l’esprit quelques scénarios slipométriques.
Gomes (1/5) : C’est comme les minots à la maternelle :il était tout content de sa rentrée, mais il n’avait pas compris qu’il faudrait revenir tous les jours à l’école.
Mmadi (72e, 2-/5) : Il a tenté les mêmes gegendribbles qu’Emerson, mais sans le succès au pressing ensuite. Bref, il a perdu des ballons, quoi.
Paixão (2/5) : À chaque prise de balle, il voyait deux Parisiens arriver avec du Serflex, des élastiques et une balle de ping-pong. Note, ça ne lui a pas fait perdre le sourire pour autant.
Abdallah (72e, 2+/5) : Des tentatives trop désordonnées pour être efficaces, mais on salue l’énergie.
Gouiri (4/5) : A obtenu autant de ballons exploitables pour marquer ses deux buts que Greg Lorenzi a obtenu d’argent pour composer l’équipe. Comme quoi, la magie opère, parfois.
L’invité zoologique : Luca Koleoptère
Les coléoptères sont des animaux charmants, quoique parfois un peu pénibles quand ils ravagent nos céleris-raves. Toutes les connaissances de la permaculture permettent d’envisager une cohabitation en bonne existence, encore faut-il savoir comment ça fonctionne. Surtout quand on n’a pas le budget du PSG-FNSEA pour tout stériliser à coups de pesticides.
- Les autres : Donc, ça, c’est ce que ça donne quand des joueurs peuvent passer l’été à travailler, plutôt qu’à se demander si on va les dégager n’importe où en Europe d’un jour à l’autre.
- Le classement : Nous sommes toujours devant le PSG. Nous jouons donc le titre.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Dromadine remporte le concours zoologique.
- La joie :Avec la mairie de Venelles,Dromadame organise quelque chose qui s’appelle le Happy Festival. C’est sur l’écologie et le développement durable, c’est gratuit, culturel et convivial, et ça s’appelle « Happy » parce que par les temps qui courent, c’est bien de montrer qu’on peut faire des trucs bien ensemble au lieu de déprimer chacun chez soi. On se chargera pour notre part d’y animer quelques jeux de bon goût. Programme ici : https://venelles.fr/event/happy_festival-3/
- L’appelanal de la rentrée :Horsjeu.net, c’est un site dont les pages ne demandent qu’à s’ouvrir aux nouveaux talents. Tu as l’esprit anal et une plume aiguisée ? Rejoins-nous ! Plus de détails ici : https://horsjeu.net/a-la-une/la-flamme-du-football-anal-ne-seteindra-pas/ On s’apprête d’ailleurs à recevoir d’un jour à l’autre notre premier académicien du Paris FC. C’est pas rien.
Bises massilianales,
Blaah
CJ va relancer la vente d’alprazolam parmi les supporters de l’OM. Il pue la lose ce garçon !