OM-PSG (1-2) : La Canebière Académie a hâte que ça commence
Jusqu’ici tout va bien.

Aïoli les sapiens,
Cinq défaites en six matchs : c’était le risque de la stratégie entreprise par l’OM pour ces matchs de préparation, à savoir enchaîner les rencontres contre des adversaires situés une, voire deux divisions au-dessus de son niveau. Mais cela ne doit pas entamer la confiance et la motivation de cette équipe, qui a montré qu’elle était capable de belles choses. Avec les trois semaines de trêve qui précèderont le début du vrai championnat contre Troyes, gageons que ce collectif aura tout le potentiel nécessaire pour assurer son maintien. Voire – on va encore dire que les Marseillais s’enflamment trop rapidement, mais peste, donnons-nous le droit de rêver, que diable – pourquoi pas, oui, pourquoi ne pas viser une place dans la première moitié du classement en fin de saison ?
La bande à Nénesse
De Lange
Weah (expulsé, 77e) – Egan-Riley– Aguerd– Emerson (Garcia, 84)
Højbjerg – Abdelli (Bezahaf, 84e)
Harit (Abdallah, 63e) – Gouiri– Paixão (Gomes, 30e)
Maupay (Moumbagna, 84e)
In Marseillais, we don’t say « Je me couperais une couille plutôt que de titulariser Gomes encore une fois, donc je vais le remplacer par le premier couillon que j’ai sous la main », we say « Bruno Génésio tente un coup tactique en titularisant Neal Maupay », and I think it’s beautiful.
Le match
Premier enseignement : l’OM évite de se faire désanusser dès les premières minutes, bien aidé par des parisiens venus disputer un match amical. Heureusement qu’il y a eu cet hippopotacle manqué de Weah pour désarticuler un peu un adversaire, et que Pierre-Emile était là pour distribuer quelques tartes tout au long de la première mi-temps. Sinon, entre l’accueil de groupies des parisiens à Marignane, les sièges vides et l’ambiance générale, ce classique commençait à sentir méchamment la naphtaline. L’incident, doublé de l’entrée forcée d’Angel Gomes, n’entame pas notre bonne volonté : à l’image de Gouiri qui, entre contres favorables et habileté technique, dispose de la défense pour livrer un caviar à Maupay. Las, notre avant-centre de fortune panique, et cague sa reprise en s’excusant presque auprès des qataris.
Rien à signaler côté arbitrage : bien sûr, Gouri tombe dans la surface après un croc-en-jambe, mais sa manière de chercher le pénalty paraît trop suspecte aux yeux des arbitres. L’action relève en plein du « ça peut se siffler comme ça ne peut pas se siffler » ; et donc ici ça ne se siffle pas, on ne va pas commencer à polémiquer comme si on ne connaissait pas François Letexier, non plus.
L’OM poursuit sur la lancée de ses premières mi-temps contre Rennes et Besiktas : on assiste à du football tout à fait correct, manquant juste un peu d’adresse ou de détermination pour être pleinement efficace. Certes, l’analyse aurait pu être différente si, seul à la réception d’un centre de Kvaratskhelia, Dembélé et ses deux grammes d’alcool par paupière avait cadré sa tête.
Premier enjeu du retour des vestiaires : ne pas s’effondrer comme des bouses dès l’engagement. L’objectif est moyennement atteint : certes le 0-0 se maintient, mais on sent que Luis Enrique a remonté les bretelles à ses joueurs dans les vestiaires : la pression slipométrique s’intensifie, avec une succession de tirs hors-cadre des parisiens pendant le premier quart d’heure.
Dominés, certes, mais loin d’être en perdition : les Olympiens se permettent même de régaler l’assistance par une magnifique combinaison Højbjerg/Gomes/Gouiri. Amine donne en retrait à Maupay, qui invoque l’énergie de Clinton Njie et Jordan Ayew pour totalement paniquer et vautrer comme une bouse sa reprise en déséquilibre.
Survient ici le deuxième enjeu de la rencontre, qui, pour le coup échappe totalement à la responsabilité de nos joueurs : pendant qu’Harit, dont les ischios ont déclaré forfait, doit être remplacé par Abdallah, les milliardaires nous font entrer rien moins qu’Akliouche et Ferran Torres. Le cheat code fonctionne immédiatement : sur un centre de notre droite, l’Espagnol exécute un monstrueux appel depuis l’entrée de la surface pour passer devant Aguerd et placer sa tête de près (0-1, 66e).
Le PSG ayant fait le plus difficile, notre seule chance serait qu’ils restent sur leur attitude de gros branleurs en croyant finir le match sans effort. Bingo : Højbjerg réveille tout le monde en atomisant un parisien au milieu de terrain. Lancé, Gouri décale Gomes, qui nous offre un moment d’irrationnel : lui qui aurait été incapable de dribbler un cône de chantier, le voici qui pisse sur l’un des meilleurs défenseurs du monde, crochetant Pacho avant d’ajuster Safonov une main dans le slip (1-1, 71e).
À ce moment, forcément, on se dit que ce Classique pourrait être notre OM-Forbach (dégun au stade le dimanche, mais le lundi matin 500 000 Marseillais jurant y avoir été présents). Hélas, il est dit que nos efforts ne trouveront aucune récompense en ce début de saison, et ce bref moment de joie est vite gâché par le seul événement réellement énervant de la rencontre. Autant, en effet, on n’a trop rien dit sur le premier but (les attaquants sont forts, bah ils sont forts, que voulez-vous qu’on y fasse), autant le second relève de ces déconcentrations agaçantes qui nous exposent à encaisser aussi bien contre Paris que contre Lorient ou les Girondins de Bordeaux. Un corner est renvoyé par notre défense, jusqu’ici tout va bieng, mais le ballon revient vite dans la surface, où Emerson lâche complètement le marquage d’un Marquinhos resté aux avant-postes. De Lange montre bien un joli réflexe sur la première tentative du Brésilien, mais ni lui ni Egan-Riley ne peuvent l’empêcher de conclure à bout portant (1-2, 74e).
Après, la concentration, c’est comme l’effort physique : seuls les meilleurs peuvent les maintenir au maximum pendant 90 minutes et nos joueurs, clairement, ne sont pas les meilleurs. Juste après ce but, c’est au tour de Weah de craquer : accrochant un parisien pour l’empêcher d’attaquer, il se voit impitoyablement infliger un second jaune par M. Letexier.
Tranquille, le PSG domine mais se regarde un peu trop jouer au moment d’assurer sa victoire. Ils passent près d’en être punis quand Moumbagna dépossède du ballon un défenseur qui avait déjà la tête en boîte de nuit. Son centre trouve Aguerd, seul aux six-mètres, mais trop juste pour pouvoir rabattre sa tête et devenir le héros du match deux années de suite.
Au final, le stade n’a rien à reprocher à l’attitude de ses joueurs, d’ailleurs justement salués malgré la défaite. Pour autant, les bonnes dispositions montrées ce soir contre un adversaire infiniment supérieur ne représentent aucune garantie. C’est une chose de tenir tête à des champions d’Europe, qui se savaient très bien capable de nous rouinter en jouant en tongs et une flûte de champagne à la main. C’en sera une autre d’aller chercher des points indispensables dans des stades pouilleux, contre des mal dégrossis rompus aux joutes du maintien et prêts à transformer en coupe-gorge chaque centimètre carré du rond central.
Les Olympiens disposent de maintenant trois semaines pour faire fructifier les promesses, se préparer à tenir non plus une mi-temps, une heure ou 75 minutes, mais bien un match entier, corriger les errements défensifs, rendre nos attaquants affamés de buts, et aborder les matchs pour lesquels, à la différence de cette pré-saison, ils n’auront plus beaucoup d’excuses. On aimerait se féliciter du contexte extraordinairement serein dans lequel ce travail pourra s’effectuer, malgré notre avant-dernière place ; mais on voit mal les médias s’abstenir de meubler la trêve avec des rumeurs de départ de Génésio ou des rumeurs de rachat plus ou moins exotiques.
Les joueurs
De Lange (3-/5) : Si ça se trouve, lui aurait préféré qu’on prenne 4-0 en vingt minutes. Ça lui aurait évité de passer le match terrorisé à l’idée de commettre la boulette fatale à l’équipe.
Weah (expulsé 77e, 2-/5) : On avait affaire à un éjaculateur précoce qui lâchait son match sitôt le slip tombé. Là il a tenu 77e minutes avant de se laisser aller, on ne peut qu’encourager.
Aguerd (3-/5) : À l’image de l’OM, il a donné son maximum, sachant que ce maximum manquait d’un petit peu de tout pour qu’on se trouve récompensés.
Egan-Riley (3/5) : Bon, s’il fait des matchs de ce niveau contre le champion d’Europe, c’est pas pour se remettre à donner des buts contre Troyes, hein, promis ?
Emerson (2-/5) : Bordel, à noter les joueurs l’un après l’autre, j’ai l’impression d’être le président ukrainien qui fait la tournée des présidents européens pour leur demander de l’aide. L’impression de répéter en boucle « c’est mieux, mais il en manque encore ».
Garcia (84e) : Commence à régulièrement entrer dans la rotation. Normalement, on entre dans la période habituelle où il se fait lourder du groupe sans raison apparente.
Høbjerg (3+/5) : Gardien de la flamme éternelle du temple sacré du Saint-Esprit du niquage de mères de parisiens. Oh, certes, on reste loin de la grande époque, ce petit mélange de duels autoritaires et de petits coups de putes n’était pas le plus pétillant du monde, mais il a eu le mérite d’exister, et ce faisant, de maintenir la Tradition dans l’attente de jours plus heureux.
Abdelli (3-/5) : Bien dans les temps forts, souffre courageusement dans les temps faibles. Un peu comme ses cheveux, quoi.
Bezahaf (84e) : Un nouvel appelé du contingent des vainqueurs de la Gambardella. Ça fera des souvenirs.
Harit (3+/5) : C’est terrible ce début de saison, c’est le cheval Malabar dans La Ferme des Animaux : il bosse comme un stakhanoviste et, au moment d’espérer la moindre récompense, t’as le camion de l’abattoir qui vient le chercher.
Abdallah (63e, 2/5) : Aujourd’hui ce n’est pas passé, mais on aime l’entrée sans complexe et l’envie de tenter coûte que coûte.
Gouiri (4-/5) : Avantage de ne pas l’isoler en pointe : Amine est mieux intégré au jeu, ouvre davantage d’espaces, est capable de délivrer plusieurs passes décisives. Inconvénient : il n’est donc pas présent pour récupérer lesdites passes décisives, qui sont caguées par Maupay.
Paixão (2/5) : Se tord la cheville la même semaine que Dromadine. Sauf qu’elle, ses activités, c’est le tir à l’arc et des blagues sur les chauves, c’est beaucoup, beaucoup moins contraignant.
Gomes (30e, 3/5) : Deux actions de classe, dont l’une nous rapporte l’égalisation. D’accord, il n’y a pas eu grand-chose à côté, mais on a assez râlé sur notre manque d’efficacité pour ne pas saluer quand ça chiffre enfin.
Maupay (1+/5) : Bon, si Ousmane Dembélé s’inquiète pour la campagne du Ballon d’Or, on peut déjà le rassurer : il reste mieux placé que Neal Maupay.
Moumbagna (84e) : Si son centre avait été un poil plus bas, ou si Aguerd avait sauté un poil plus haut… mais bon, comme l’a dit un jour le philosophe Gennaro Gattuso, si mon grand-père avait trois couilles ce serait un flipper.
L’invité zoologique : Ferran Taureau
Paisible est la vie du taureau de Camargue, dont l’essentiel de l’activité consiste à s’extraire de son champ pour courir trente secondes après de pauvres couillons et se faire élever une statue pour ça. Voici ses observations.
- Les autres : Ils ont passé le match à joueren se touchant la nouille, y compris à 2-1 et 11 contre 10. S’il y avait eu une justice, ce comportement leur aurait valu de se prendre l’égalisation dans la mouille à la 96e, mais que voulez-vous que je vous dise, la vie est une pute, ma pauvre dame.
- Le classement : Nice ayant gagné, nous voici avant-derniers. La lutte pour le titre s’annonce compliquée.
- La suite : Troyes, Olympiakos, Angers, Sturm Graz, Le Havre, Toulouse. Le risque de vraie bonne crise dégueu, c’est ici qu’il se trouvera, pas dans la série de gentilles défaites qu’on vient de subir.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Atmane H. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah