OM- Vitoria Guimares (2-1), La Canebière académie prépare

Gagner était important ; claquer du slip en vue de bien se préparer à dimanche était essentiel.

Aïoli les sapiens,

Face à une équipe insignifiante et dans un stade très peu rempli, la tentation était grande de reléguer l’affiche du soir au second plan, et d’aligner une équipe de remplaçants en vue de préparer les titulaires au choc de dimanche contre le PSG. Pourtant, ne nous y trompons pas, ce match-ci est au moins aussi important : habitué, l’OM survivra à une énième fessée contre son rival parisien ; une élimination au premier tour de Ligue Europa, en nous privant des joutes enfiévrées du début 2018, ferait en revanche on ne peut plus désordre.

 

L’équipe

Mandanda

Sarr – Rami – Abdennour – Evra (Amavi, 58e)

Luiz Gustavo – Kamara

Lopez – Sanson (Zambo Anguissa, 81e) – Ocampos

Germain (Njie, 87e)

 

Oubliez ce que je viens de dire, Rudi Garcia préserve la plupart de ses cadres et, selon son schéma de pensée bien connu, fait mine d’assurer son coup tout en prenant de gros risques : rater une victoire essentielle pour n’avoir pas mis tous les atouts de son côté serait une faute impardonnable. Pour autant, et que je sache, Germain, Sanson et Lopez ne sont pas les dernières des brêles, leur confier du temps de jeu reste donc une idée qui se défend. Et puisque Rudi n’a pas poussé le vice jusqu’à aligner Grégory Sertic, abordons le match en nous convainquant qu’il existe bien une étincelle de lucidité chez cet homme.

 

Le match

L’OM prend tout son temps en début de match, appliqué surtout à réussir ses transmissions face à une équipe portugaise très repliée. Nos prises de risques sont dans ce premier quart d’heure quasi-inexistantes, ce qui nous autorise un petit jeu qui ne posera aucun problème à nos lecteurs habituels.

– Notre question est : que se passe-t-il quand l’OM refuse le jeu ? Alors ? J’attends… oui, la main qui se lève dans le fond ?

– Euh… on se fait défoncer ?

EH OUI ! Bonne réponse de notre lecteur de Carpentras ! En effet, cet OM sur la réserve ne met que 17 petites minutes à se faire élargir l’orifice. Un coup-franc repris sur le poteau en guise de hors d’œuvre, une occasion d’Ocampos pour tromper l’ennemi, et les choses sérieuses peuvent commencer. Une contre-attaque envoie un Portugais sur le côté gauche ; tiraillé entre deux joueurs au départ de l’action, Evra accomplit un remarquable effort pour revenir et ne pas aller presser le centreur. Celui-ci profite du temps laissé par Patrice pour appeler sa mère, se cuire une marmite de tripes à la façon du Sichuan – vous prenez des tripes (lavées et coupées en petits morceaux) que vous faites revenir dans l’huile de tournesol, puis vous commencez à les faire cuire à l’eau frémissante salée ; une heure après le début de la cuisson, vous ajoutez de quoi faire un petit bouillon anis-piment-cardamome-poivre du Sichuan, un chouïa de sauce soja et de vinaigre de riz avec une petite tranche de gingembre ; deux heures plus tard, vous ajoutez un peu de tofu, de germes de soja (pas trop, sinon ça gâte le goût) et de la coriandre ciselée – avant de centrer au premier poteau pour Martins : Rami est devancé, Mandanda est surpris, ça fait but (0-1, 17e).

Poussif, l’OM appuie sur l’accélérateur au milieu de la première période, une reprise en main qui s’exprime au travers de nombreux centres. Sur une belle récupération, Bouna Sarr perce plein axe avant de libérer sur l’aile pour Lopez, dont le centre intelligent est repris par Ocampos d’une sorte de volée-désarticulée-intérieur-du-pied-topée-oneagainandfly, bref le truc dont seul Lucas a le secret. Esthétiquement en tout cas, c’était pas dégueu et ce geste a surtout le mérite de nous remettre dans le bon sens (1-1, 28).

Hormis quelques coups-francs défensifs slipocides, nous ne sommes plus guère inquiétés et quelques belles actions de notre part s’achèvent par des tirs hélas non cadrés. Le même schéma se répète en seconde période, avec des Portugais rendus quasi-inexistants dans le jeu. Après une heure, Ocampos est tout près du doublé en reprenant sur la barre un service de Sarr après un coup-franc cafouillé. Malgré la domination olympienne accompagnée par un jeu qui, sans atteindre l’extase, n’est pas déplaisant, le score reste toujours source d’irritation rectale, davantage en tout cas que la marmite pimentée citée plus haut.

C’est alors que notre omniprésent Argentin finit par se muer – une fois encore – en sauveur : à la tombée d’un dégagement, Germain dévie dans la course d’Ocampos, dont l’enchaînement contrôle-petite pichenette de l’extérieur sert Maxime Lopez sur un plateau. Laissé libre au point de pénalty par une défense au laxisme patricévresque, le gamin ne gâche pas l’offrande (2-1, 76e).

Alors que l’OM est enfin récompensé et ne demande plus qu’à achever les faire-valoir d’en face, l’avantage au score agit sur les attributs virils de Rudi Garcia aussi sûrement qu’une pincée de sel sur un bigorneau : la rétractation est immédiate. Sanson est aussitôt remplacé par Zambo Anguissa pour que l’équipe forme une espèce de 433 dont la principale vocation semble être de commettre des fautes au milieu de terrain et de suer du fessier sur les longs coups-francs qui s’ensuivent. Mandanda se fend ainsi d’une double parade aussi hasardeuse que décisive, tandis que Njie, nouvel entrant, tente sans succès de profiter de nos situations de contre. Ne nous y trompons pas, c’est un simple sentiment de soulagement qui accompagne le coup de sifflet final, pour cette victoire étriquée qu’un simple supplément d’ambition de notre entraîneur eût suffi à rendre plus aisée.

Face à un PSG qui menace de nous salir encore plus vilement qu’il ne salit les règlements fiscaux et sportifs, on comprendrait, à la rigueur, que Rudi tente d’ébaucher une dérisoire muraille avec les moyens du bord. De toute façon, pour peu que la chute inévitable de l’empire qatarien de Nacer El-Balkany intervienne dans un temps raisonnable, le PSG sera relégué administrativement et tous les résultats subis contre lui seront invalidés : notre éventuelle rouste n’aura alors pas de conséquence. En revanche, face aux équipes notoirement plus faibles que nous et supposément pourvoyeuses de points faciles, je commence vraiment à m’interroger sur la pleutrerie de notre entraîneur. Ce qui est une figure de style pour signifier que je m’interroge depuis quelques temps déjà mais que ce soir, le sujet commence à me les briser menu. Ainsi, puisque ses choix en apparence ultra-défensifs nous conduisent, dans les faits, à abandonner le ballon en nous exposant comme jamais, quelle foutredieu de sécurité de sa mère escompte-t-il en nous faisant refuser le jeu ? Ceci dit, rappelons-nous qu’en début de saison il aurait fait entrer Doria pour passer à cinq défenseurs ; de ce point de vue, nous restons dans une démarche de progrès.

 

Les joueurs

Mandanda (2+/5) : Pas flambant sur le premier but, et franchement chanceux en fin de match sur une double parade absolument pas maîtrisée mais qui a la chance de finir en corner (dans le jargon on appelle ce type d’imposture une « Rémy Viercoutre »). Disons que cela équilibre ses bons matchs au cours desquels il encaisse des buts d’une poisse improbable

Rami (2/5) : Se fait secouer au toro-piscine de Boulbon le jeudi alors qu’il doit affronter trois Miura dans l’arène dimanche soir. La confiance est totale.

Abdennour (2+/5) : Une indulgence due à son récent retour et à sa volonté de jouer vers l’avant, malgré cette lenteur et ces hippopotacles désespérés qui ne sont pas pour l’instant sans évoquer Rolando, en pire.

Sarr (4-/5) : Infranchissable à l’exception de dernières minutes plus difficiles, et surtout piston infatigable sur son couloir droit avec de nombreux centres à la clé – OK, pas toujours bien ajustés. Comme quoi, même si Rudi Garcia fait rarement preuve d’audace, quand il s’y essaie ce n’est pas à moitié.

Evra (2-/5) : Et sur lui, Vinci ne veut pas construire un immeuble, par hasard ? Cette ruine-là, personne ne viendra appeler Stéphane Bern pour la sauver.

Amavi (58e, 3-/5) : D’accord, nous avons dit que nous étions pour le jeu et contre les stratégies peureuses. Il n’empêche que défendre, cela peut ne pas être totalement inutile, non plus.

Luiz Gustavo (3+/5) : Serein, efficace, sans aucune agressivité : Luiz Gustavo est apaisé. Il pensait peut-être déjà à ses prochains loisirs créatifs, la fabrication d’un ravissant petit mobile pour enfants avec les rotules de Neymar.

Kamara (3-/5) : Sobre, il doit encore gommer quelques fautes évitables et pertes de balles naïves, mais pour le reste il ne dépare pas dans ce groupe.

Ocampos (4+/5) : Quand en juillet prochain il va éliminer la France en 1/8e de finale d’un ciseau retourné sur un centre de Messi, du Sud du pays proviendront ces deux simples mots : « nous savions ».

Sanson (3+/5) : Fluide et suave comme une huile d’olive des Baux première pression à froid, avec les ballons récupérés à l’épaule qui font plaisir. Reste qu’il s’est fait mettre au sol en pleine surface par une obstruction de l’arbitre, ce qui laisse à penser que sa quête sur la voie du musclagedejeu est loin d’être achevée.

Zambo Anguissa (81e) : Certains dieux exigent des sacrifices d’animaux, voire d’enfants. Erzulie, elle, se contente de plus modeste : pour assurer le sort de titularisation éternelle d’André-Frank, il suffit de lui rapporter les testicules de l’entraîneur concerné

Lopez (4-/5) : C’est pile au moment où je me disais de lui « moui, pas mal, mais il manque un petit quelque chose » que, paf ! Maxime nous inscrit le second but. Du coup je vais tenter la même chose pour dimanche, on ne sait jamais, ça peut marcher : « Moui, André-Frank est pas mal, mais il lui manque un petit tir dans la lucarne d’Areola ».

Germain (3-/5) : Si j’osais une image à la hauteur de l’élégance de ce joueur, je me risquerais à dire qu’il sent le jeu comme Harvey Weinstein sent la chatte. Des déplacements intelligents, des déviations bien senties – dont l’une décisive – et même, quand il le faut, un tacle hargneux en position d’arrière gauche. Reste qu’un petit but, pour un avant-centre, ne nuirait pas à l’ensemble.

Njie (87e) : Pas loin de profiter d’une belle contre-attaque, mais un hors-jeu au poil de narine en décide autrement.

 

L’invité zoologique : Jubaleine

Venue s’échouer dans le Vieux-Port avant d’être poliment foutue dehors par les locaux, la baleine était l’invitée appropriée pour commenter ce match, en tant qu’attraction vaguement rigolote et surtout éphémère.

– Les autres : Pas maladroits pour peu qu’on les laisse jouer. Fort heureusement, nous avons fini par comprendre qu’en ne les laissant pas jouer, ils ne valaient guère mieux que leur condition de neuvièmes du championnat portugais.

– Le classement : Calés à la deuxième place un point derrière Salzbourg, un classement qui va sans doute nous permettre de… ? de … ? Une réponse de notre lecteur de Carpentras ? Eh oui, de GERER, bien sûr !

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Padls remporte une nouvelle fois le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

13 commentaires

  1. Nasser El Balkany….
    J’ai ri.
    Bon j’ai peur qu’on vous roule dessus dimanche soir. Et d’ailleurs je veux bien être ton Patrick Montel à distance pour le classicon retour (celui là je peux pas).
    Et quelle acad’, encore une fois.

  2. Encore une belle copie de notre bossu préféré, il y a une toute petite faute d’inattention dans la recette « puis vous commenceZ ».
    Merci encore pour ce bon moment et ce bel article =).

  3. Personnellement moins convaincu par Lopez que vous Monsieur Blaah. J’ai vu beaucoup de mauvais choix durant ce match. Alors oui, son contrôle est très beau sur le but, mais merde, c’est un footballeur après tout.

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