Reims-OM (3-1) : La Canebière Académie explose
« Il » est revenu.

Aïoli les sapiens,
Vous l’attendiez depuis le début de saison, vous l’attendiez depuis samedi… allez, il est inutile de vous faire languir plus longtemps, bande de sacripants, le voici enfin :

Les Longorious Basterds
Rulli
Lirola (Bennacer, 46e) – Balerdi (Maupay, 34e) – Cornelius
Luis Henrique– Kondogbia (Rowe, 79e) – Rongier– Merlin (Dedic, 46e)
Greenwood (honte à nous)– Rabiot
Gouiri (Garcia, 80e)
L’OM doit toujours faire sans Murillo ni Højbjerg, insuffisamment remis de leurs blessures. A cela s’ajoute l’indisponibilité, potentiellement lourde, de Luiz Felipe Ramos, touché aux ischio-jambiers. Il reste donc à espérer que notre défense, qui n’a déjà pas besoin de ces absences pour ouvrir grand le robinet à buts, ne souffre plus d’absences supplémentaires (spoiler : un petit gag surviendra au cours de la rencontre, sauras-tu le deviner ?).
Le match
Reims affiche dès le coup d’envoi son plan de jeu, dont le ballon ne fait clairement pas partie. L’OM se prépare à 90 minutes de blocquéquipe indépéguable, tâche dont l’équipe semble d’abord s’acquitter avec la meilleure volonté. Ainsi, une belle circulation de balle aux abords de la surface permet à Gouiri de servir Greenwood (honte à nous), dont la frappe croisée est sauvée sur la ligne par un défenseur.
Rien ne semble contrarier ce week-end printanier, jusqu’à ce que la première tuilasse nous tombe sur le mourre dès le quart d’heure de jeu : Balerdi se tord le genou et doit partir se faire soigner longuement sur la touche. Dans l’immédiat, cela ne perturbe guère l’OM, qui monopolise un ballon dont les Rémois ne veulent toujours pas, et surtout parvient à trouver des espaces. Gouiri lance ainci Greenwood (honte à nous) dans une position d’où il convertit habituellement ses tirs une main dans le slip, sauf que cette fois-ci notre attaquant croise trop sa frappe.
Ce n’est que partie remise, se dit-on alors, sauf que pendant ce temps notre équipe et leur encadrement démontrent un savoir-faire en gestion de crise que l’on croyait jusqu’ici réservé à la mairie de Marseille dans les années Gaudin. Au lieu de faire son deuil de la présence de Balerdi et d’envoyer immédiatement notre défenseur se faire bichonner à l’infirmerie, le staff maintient ainsi Leo sur la pelouse, des fois que le doigt de dieu ait envie de faire un tour par la Champagne et de se poser sur le ligament de notre joueur. C’est ainsi que pour l’unique fois où nos adversaires ont le ballon, ceux-ci cheminent presque par hasard jusqu’à notre surface, avec la bénédiction de nos milieux et défenseurs. A force de duels non joués et de défenses à un mètre (coucou Lirola), arrive ce qui doit arriver : Nakamura hérite de la balle en pleine surface, face à un Balerdi sur une patte. Le Japonais dépose facilement l’éclopé et adresse un tir qui échappe à Rulli (1-0, 29e). Bilan : les choix de l’OM nous ont évité de voir Balerdi sortir blessé à la 15e minute, et permis de voir Balerdi sortir blessé après 20 minutes de jeu supplémentaires et en ayant coûté un but.
N’en demandant pas tant, les Rémois se remettent aussitôt à faire les arapèdes à 20 mètres de leur but, ce qui n’empêche pas les Olympiens de se procurer quelques occasions. A la réception d’un corner de Gouiri, Rabiot place ainsi un coup de casque parfait, mais une nouvelle fois sauvé miraculeusement par un défenseur.
Disciplinés sur leur plan de jeu minimaliste, les Rémois ne peuvent cependant pas s’empêcher d’être mis en appétit par notre défense Lirola-Cornelius-Kondogbia, et nous font passer en cette fin de mi-temps quelques frissons gentiment slipométriques. L’OM achève ces 45 premières minutes par une domination très peu imaginative, nos multiples centres étant repoussés sans difficulté par les mammouths d’en face, contre lesquels nos bulles se savon éclatent trop facilement pour que l’arbitre puisse décemment leur octroyer un pénalty.
Bennacer et Dedic entrent en jeu à la reprise, ce qui transforme notre ligne défensive en Rongier-Cornelius-Kondogbia. Déjà placée dans des conditions propices au premier Monsieur Lapin de la saison, l’équipe obtient alors la martingale absolue :
- plan de jeu scolaire dépourvu de toute prise d’initiative ou dépassement de fonction, ne déséquilibrant jamais le bloc adverse ;
- attaquants et milieux qui ne pressent pas et ne se replacent pas à la perte de la balle ;
- défenseurs livrés à eux-mêmes et ne faisant aucun effort pour éviter le massacre.
Le jeu se déroule ainsi jusqu’à la caricature, quand Dedic perd la balle au terme d’une séquence de possession aussi interminable que stérile. En deux passes, les Rémois sont déjà en train d’affronter notre dernière ligne défensive. En pivot, Nakamura s’accommode d’un Rongier plus disposé à danser la Carioca qu’à l’empêcher de transmettre la balle ; le Japonais décale ainsi Diakhon qui, profitant d’un Cornelius résolument déterminé à ne rien faire, allume Rulli (2-0, 51e).
Zéro combinaison dans les espaces, zéro décalage pour des frappes à mi-distance, zéro tentative de percée individuelle : l’OM fait tourner la balle comme aux pires heures du sampaolisme, jusqu’à la sénction inévitable. Nouveau ballon perdu près de la surface adverse, nouvelle absence de repli des milieux et attaquants, et voici Atangana lancé dans la profondeur pour un duel de vitesse avec Derek Cornelius. Vu qu’en matière de vitesse, notre Canadien serait capable de se faire battre par sa brosse à dents, la conclusion est vite écrite, d’autant que Rulli lui-même semble avoir lâché l’affaire (3-0, 68e).
Le récitanal olympien se poursuit jusqu’au dernier quart d’heure et à la fausse note de Valentin Rongier. Alors que l’OM monopolise comme d’habitude le ballon, le Rongieur prend ainsi, une INITIATIVE ! Le voici démarrant et zigzaguant dans la surface entre des défenseurs désemparés par l’audace, avant de visser une lourde au fond des filets (3-1, 78e). Il aura fallu ainsi aux Olympiens 85 % du temps de jeu et trois buts de retard pour comprendre qu’en les provoquant balle au pied, les défenseur rémois redevenaient ce qu’on attendait d’un 15e du championnat : des cônes de chantiers inoffensifs dès lors qu’on leur oppose un minimum de vitesse et de technique.
Un bonheur n’arrivant jamais seul, Greenwood (honte à nous) émerge enfin d’une éclipse d’une heure quinze et se met à tenter des frappes, trop tardives pour changer quoi que ce soit à l’issue de la rencontre.
La crise se matérialise dans les propos post-match de Rabiot, qui donne à voir ce que l’on avait déjà tous constaté : qu’une bonne partie de l’effectif agit en ce moment comme de purs branleurs. Disons qu’avec un plan de jeu que De Zerbi ne parvient pas à faire évoluer et une défense insiffisante en quantité comme en qualité, il ne reste plus guère que l’intention et l’engagement des uns et des autres pour réussir à conserver notre place sur le podium. Autant dire qu’on doit croiser les doigts pour que les plannings ne soient pas déjà complets à Mallemort, car il va falloir en réserver, des séances de team building.
Les joueurs
Rulli (2/5) : Sauver ses défenseurs chaque semaine en bloquant des tirs à bout portant avec les couilles, c’est comme tout, il arrive forcément un moment où on s’en lasse. Bah voilà, Geronimo s’en est lassé.
Lirola (1/5) : Sachant Balerdi diminué, il ne l’a pourtant pas aidé un brin. Lui, quand le fascisme menace la France, il doit être du genre à préférer poster une indignation sur Donald Trump.
Bennacer (46e, 1/5) : Comme le dit le proverbe, « Bennacer de courir, il faut »… ah bah si, en vrai ça lui servirait un peu de courir, au temps pour moi.
Balerdi (1/5) : Si ça t’amuse de martyriser ton corps pour montrer que tu sais aller au bout de toi-même, tu fais pas chier et tu fais de l’ultra-trail, pas un sport collectif.
Maupay (34e, 1/5) : Enfoui sous les golgoths rémois, il a passé son match comme le fauteuil de Gérard Larcher : un truc qui a coûté un peu cher juste pour se faire asseoir dessus par des culs de deux quintaux.
Cornelius (1/5) : Si les diplomates et les militaires de son pays étaient aussi vifs que lui, le Canada aurait déjà été annexé depuis longtemps. Par Saint-Pierre-et-Miquelon.
Luis Henrique (1/5) : On peut s’écraser mille fois sur un mur, on peut s’écraser une fois sur mille murs, mais on ne peut pas s’écraser mille fois sur mille murs. Sauf Luis Henrique, lui non seulement il le peut mais il en redemande, apparemment.
Merlin (2/5) : Sur le plan de la difficulté, toucher l’un de nos attaquants poids-plume sur un centre équivalait à une séance de biathlon à dos de rhinocéros en rut. Et déjà qu’en matière de précision, Quentin c’est pas Martin Fourcade, à la base…
Dedic (46e, 1+/5) : Des jolis dribbles, que les Rémois ont regardé d’un œil amusé avant de l’aplatir invariablement, provoquant d’ailleurs l’action du deuxième but.
Kondogbia (1+/5) : Comme disent les jeunes, il a été d’éther. C’est comme être déterminé, mais constamment dans les vapes.
Rowe (79e) : Lui il va finir comme Raymond Barre, y aura plus que les lyonnais pour se souvenir de lui.
Rongier (1+/5) : Le dépassement de fonction, c’est bien, commencer par assurer lesdites fonctions, ça aurait été mieux.
Rabiot (2/5) : N’a pas réussi grand chose de plus que les autres, mais a au moins mont ré que ça semblait le préoccuper.
Greenwood (honte à nous, 1+/5) : Evénement notable dont il nous faut rendre compte par honnêteté : Greenwood a fait des efforts. Pendant un quart du match tout compris et pour un résultat nul, mais il en a fait.
Gouiri (2-/5) : Un début de match passable avant de s’user sur la défense rémoise plus vite que les lèvres d’un éditorialiste sur un chibre de droite.
Garcia (80e) : On n’a rien de particulier à dire contre vous, veuillez circuler.
L’invité zoologique : Keito Nakamurène
Si la murène a la décence de planquer en permanence sa mocheté au fond de son trou, elle reste dangereuse pour qui imagine venir la titiller vêtu d’un simple slip de bain. Voici ses observations.
- Les autres : Monolithe qui continuera sans doute d’éclater en mille morceaux face aux premiers attaquants qui savent s’y prendre. Mais contre des teubés à la motivation douteuse, c’est largement suffisant, la preuve.
- Le classement : De Nice et Monaco, ce sont les seconds qui s’imposent et nous ravissent la deuxième place. Les poursuivants sont menaçants à peu près jusqu’à la 7e place : notre place en Ligue des Champions est loin d’être assurée, si tant est qu’on prétende avoir quelque chose à y faire.
- Coming next : Nous attendent dans l’ordre et jusqu’à la fin de saison : Toulouse, Monaco, Montpellier, Brest, Lille, Le Havre, Rennes. Je sais pas ce qu’en pensent les joueurs mais ça paraît mériter un tantinet d’accomplir quelques efforts, non ?
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Olivier L. remporte le concours zoologique.
- Le message : L’Etablissement français du sang nous alerte d’une situation relativement moche sur le plan des stocks de produits sanguins, notamment en Provence. Alors si tu le peux, va donc sur http://dondesang.efs.sante.fr t’inscrire pour une collecte de sang, de plasma ou de plaquettes : ça ne coûte rien à part un peu de temps, l’accueil est ultra-sympathique et surtout ça sauve des vies !
Bises massilianales,
Blaah
Ah ben non, rien ici non plus… En même temps, c’est vrai que Reims, aussi… Vivement un match contre un adversaire un peu plus intéressant comme, je sais pas moi, Strasbourg…?