ASSE – PSG (1-6) : la Forez Académie ne se dissout pas
Tiens, on ne l’avait pas encore pris dans la tronche ce score…

Le mâche résumé en une phrase : « Cette saison a beaucoup trop banalisé la branlée »
Je vais vous parler un peu du mâche, mais j’avoue ne pas avoir envie de m’y étendre plus que ça mes b’lets. D’une, parce que j’ai l’impression de ressasser ce que je dis depuis 3 mois non-stop (défense trop faible, milieu pas assez costaud, attaque pas assez tueuse). De deux, parce qu’il s’est passé des choses autour de ce mâche qui me semblent bien plus importantes à mes yeux, et qui pourrait bien préfigurer l’avenir de pas mal de stades en France.
La compo :
Larsonneur (cap)
Maçon – Batubinsika – Nadé – Pétrot
Bouchouari – Ekwah – Tardieu
Cardona – Stassin – Davitashvili
Horneleuaaaaaaaaaand revient à la charnière Batubinsika – Nadé, vu que Bernauer a encore pris un rouge lors du dernier mâche, et que ce dernier a bien été confirmé. C’est intéressant car ça veut dire deux choses : la rencontre contre Montpellier ne sera pas rejouée en reprenant depuis le début (sinon, ce carton n’aurait jamais été validé), et elle ne pourra pas non plus être considérée comme perdue sur tapis vert par Montpellier (sinon, le carton aurait été annulé, au même titre que les deux buts de Stassin). Pour le reste, rien à signaler, ce sont les mêmes joueurs alignés régulièrement.
Le mâche :
Comme je l’ai dit plus haut, je ne vais pas m’étendre sur la partie. Sainté a tenu le choc pendant 35 minutes, avant de concéder son 15e penalty de la saison et de se faire rejoindre juste avant la mi-temps. Parce que, oui, on a cru à un moment qu’on pourrait ne pas être ridicules : Stassin a ouvert le score dès la 10e minute et aurait même pu doubler la mise sur la dernière action de la mi-temps, mais Safonov est bien sorti et son piqué manquait de conviction. Bref, la deuxième mi-temps ne fût qu’un long calvaire, le PSG a déroulé et s’est engouffré dans les brèches béantes laissées par la défense et le milieu. Les Verts prennent un set de tennis dans la tronche, et nous un gros coup de massue sur le gandot.
Faut dire qu’on n’avait pas besoin de ça en fait : certains l’ont vécu dans les rues de Sainté, d’autres via les réseaux sociaux, mais les supporters stéphanois étaient dans la rue avant le mâche pour défendre leurs deux groupes ultras. Le ministre Retailleau estimant que leur existence est une menace terrible à l’ordre public et empêche les familles et les gens bien intentionnés de venir profiter du spectacle d’un mâche de Ligain quand Saint-Etienne joue. Bon. Si vous voulez avoir un petit aperçu de ce qui s’est passé dans les rues de Sainté, les amis d’EVECT ont fait un très bon résumé des différentes actions, en suivant la manifestation au plus près des groupes et des supporters : derrière eux, il y avait tout Sainté. Je ne suis pas à pour faire un procès à charge ou à décharge contre les ultras de Sainté, je n’en ai tout simplement pas la légitimité. Je vais donc juste parler de ce que je connais : les faits. Il faut savoir que cette procédure de dissolution était dans les tuyaux depuis de nombreux mois, mais qu’elle a connu un gros coup d’accélérateur il y a quelques semaines, notamment en utilisant de méthodes que je qualifierai de « douteuses », la police étant allée jusqu’à harceler certains membres des groupes sur leur lieu de travail ou leur domicile pour remettre des documents sur cette procédure. Cette volonté de dissoudre les Magic Fans et les Green Angels s’appuie sur des incidents qui ont lieu sur plusieurs années, principalement l’envahissement de terrain contre Auxerre il y a bientôt trois ans, et la bagarre entre Magic et Green dans le parcage de Rodez il y a un peu plus de 2 ans. Rien sur la pyrotechnie. Donc si on résume, le ministre veut dissoudre les deux groupes pour des faits qui ont déjà été jugés et dont certaines personnes ont été condamnées par la justice de son pays, mais rien de neuf.
La commission qui doit rendre son verdict se tient le mardi 1er avril (ce n’est pas une blague, malheureusement), et les risques encourus sont :
- La dissolution pure, simple et immédiate des deux groupes si la commission suit l’avis du ministre. Interdiction totale d’afficher les noms des groupes ou de s’afficher en tant que membre de ces groupes ;
- Il y alors possibilité de faire appel, ce qui peut permettre d’obtenir une 2e audience pendant laquelle le dossier sera réexaminé. Mais la dissolution reste toujours effective ;
- C’est alors le Conseil d’Etat qui décide si la dissolution est actée ou bien s’il annule le décret et dans ce cas, la procédure de dissolution est annulée.
On voit bien que ça ne sent pas bon du tout, et qu’on se dirige tout droit vers la fin de ces deux groupes historiques des tribunes stéphanoises, et même françaises tant leurs déplacements ont été nombreux et garnis au fil des saisons. Comme je l’ai dit plus haut, je ne suis pas là pour donner les bons ou les mauvais points aux ultras, mais je remarque quand même que le traitement médiatique de cette affaire est souvent fait à charge, et que l’opinion publique qui ne s’intéresse pas ou peu au monde des tribunes voit plutôt cette dissolution comme une bonne chose. Et c’est là où je ne suis pas d’accord. Saint-Etienne est une ville de taille moyenne, comme il en existe quelques autres en France. Ce n’est pas Paris, Lyon, Marseille ou Toulouse : le tissu urbain est beaucoup plus petit, ce qui se passe en ville fait très vite le tour. Les Magic et les Green sont principalement issus de cette ville, ils sont donc très connectés à la vie de la cité, ils y travaillent ou y habitent pour la plupart, ils ont leur famille, leurs amis, leurs potes qui sont stéphanois, sans forcément être ultras pour leur part.
Dissoudre ces associations, ça revient à dire à des gens qui ont toujours vécu et qui font toujours vivre leur ville : « Désolé, mais là, vous n’avez plus le droit de la représenter, on vous interdit d’en être fier ». A quel moment autoriser ceci est une bonne chose ? Je sais qu’on parle beaucoup de leurs débordements, mais quand est-ce que la balance est remise à niveau en parlant de leurs bonnes actions ? Ces deux groupes ultras sont régulièrement sur le terrain pour aider des associations (lutte contre le cancer, brigades de solidarité, collectes de vêtements…). Ils passent des semaines et des semaines à confectionner des animations dans les tribunes dont les gens qui auront vu ça de leurs propres yeux parleront encore des années après. Ils redonnent de la fierté aux Stéphanois qui peuvent bomber le torse en maintenant leur équipe de foot préférée dans le bastion des clubs qui comptent, alors que les résultats n’ont pas suivi sur de trop nombreuses saisons. Si on ne peut pas cautionner tout ce qui a été fait pendant ces 34 et 33 années respectives de chaque côté des groupes, il faut aussi leur rendre hommage pour ce qu’ils ont apporté à ce club, à la ville de Saint-Etienne et ses habitants, mais aussi au foot français en général. On est en train de tuer l’une des ambiances les plus connues de l’hexagone pour des prétextes fallacieux, quand le dialogue qui est demandé depuis des années par l’ANS (Association Nationale des Supporters) ou l’AD2S (Association de Défense des Supporters Stéphanois) est constamment refusé par les différents pouvoirs qui se sont succédé à la tête de l’Etat.
Dans des situations comme celle-là, l’interdiction n’est pas une solution, la dissolution encore moins. Les groupes étaient les interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics, et même si les relations ne semblaient pas toujours au beau fixe, cette relation avait au moins le mérite d’exister. Là, il n’y aura plus rien : plus d’interlocuteur en face, juste une masse informe qui pourra exister de la façon qui lui plaira en tribunes, sans aucun cadre. Fini aussi les animations qui ont fait la réputation du Chaudron et les belles images des annonceurs pour vendre un peu plus de droits tv à l’étranger. Enfin, dans un monde où on veut nous érige la solidarité comme une valeur à cultiver absolument si on ne veut pas tous crever rapidement, on va mettre à mort deux associations qui avec leurs moyens tentaient de rendre la vie des plus démunis un peu meilleure.
Bref, la décision tombe mardi, l’ambiance en tribunes était assez morose en fin de mâche. Pas parce que le score était lourd, non. Mais parce qu’on se demandait si on ne venait pas tout simplement de vivre la dernière rencontre avec les Magic et les Green aux commandes de leurs Kops respectifs. Sportivement, Sainté est touché, Sainté est presque coulé. Mais les enfants de Sainté seront toujours prêts à se relever. Le Chaudron ne se dissout pas, ni le 1er avril, ni jamais.
La question minitel :
La question a tenté de jongler avec les chiffres comme Doué avec les plots stéphanois.


Une victoire assez large pour les penalties cette semaine : visiblement, on est chaud pour aller chercher le record ! À égalité, la défense gruyère et les moyens limités de notre équipe : c’est marrant, parce qu’il y a vraiment un lien de cause à effet entre ces deux catégories. Je pense que là aussi, on est parti pour aller chercher un record, mais il y a de l’espoir : la recherche avance malgré tout. Dernière place pour notre série hallucinante de raclées subies cette saison. Il reste encore Lyon et Monaco à jouer, c’est pas dit que ce soit vraiment terminé tout ça.
Roland Gromerdier