Rennes-OM (1-0) : La Canebière Académie fait de la récupération d’énergie
Happy festival

Aïoli les sapiens,
Après la défaite inévitable à Monaco, la défaite agaçante contre le Paris FC, voici le temps de la défaite encourageante à Rennes. Pour l’instant, il faut sans doute disposer d’un accélérateur de particules pour parvenir à distinguer les variations qui peuvent exister dans notre médiocrité. Mais bon, vous nous pardonnerez de ne pas passer des heures à trier les photons, de toute façon au rythme où ça va, la supernova slipale de la semaine prochaine ne devrait échapper à personne.

La bande à Nénesse
De Lange
Weah– Aguerd (Cornelius, 88e) – Egan-Riley– Emerson)
Højbjerg – Abdelli (Maupay, 78e)
Harit– Gomes (Abdallah, 65e) – Paixão (Mmadi, 88e)
Gouiri (Moumbagna, 88e)
Kondogbia et Nnadi étant toujours forfait, la principale condition pour prétendre à une place de titulaire étant de disposer de deux jambes et d’un cerveau en état de marche (et encore, on n’est pas les plus à plaindre : Sébastien Lecornu rêverait de pouvoir fixer le même niveau d’exigence, lui qui a été obligé de reprendre Aurore Bergé au gouvernement).
Le match
L’OM réalise une première période sinon séduisante, en tout cas très digne. La possession de balle est olympienne, les duels sont disputés, le jeu est créatif, la défense a enfilé ses couches… Tout ceci donne des débats alertes, où le gardien rhéné est largement plus sollicité que De Lange. Malheureusement, si un certain nombre de nos joueurs ont un talent certain, le clignotant rouge « SURVIE » ne s’est pas encore enclenché au moment de tenter un geste décisif.
Paixão, notamment, maintient les rhénés dans la partie quand, au terme d’une belle action collective, son pladupiésécurité mouligasse permet à Brice Samba de briller. Malgré de bonnes intentions de part et d’autre, peu de choses sont ensuite à signaler jusqu’aux dix dernières minutes. Weah teste le gardien d’une lourdasse hélas trop axiale, avant qu’Højbjerg ne soit lancé par Gomes sur la droite de la surface : Pierre-Emile frappe comme une mule mais ne trouve que le petit filet.
À la pause, Rennes fait appel à Al-Tamari et à de nouvelles intentions : les duels sont plus volontaires, le bloc se porte plus haut, le jeu offensif est plus direct. Ce sursaut suffit à nous faire atteindre notre seuil d’incompétence. Pourtant, la première occasion est marseillaise : Harit s’échappe à droite et allume Samba en angle fermé, avant de récupérer. Sa passe en retrait pour Gomes est parfaite, mais complètement sabotée par Angel qui catapulte le ballon hors-cadre. C’était le loupé de trop.
En effet, si le risque de Ligue 2 est visible comme une camionnette blanche au milieu de la rue des pédophiles, Weah garde pourtant toute son innocence au moment de se battre à la réception d’un centre de la gauche. Al-Tamari le détruit au duel, parvenant à remettre la balle vers Thomasson, surgi dans le dos d’Aguerd et Egan-Riley, coupables d’une micro-sieste certes unique, mais néanmoins fatale (1-0, 52e).
Sonné, l’OM se fait sévèrement gansailler dans les minutes qui suivent. Pourtant, quelques occasions subsistent, notamment un nouveau centre en retrait, cette fois-ci de Gouiri pour Højbjerg. L’occasion est manquée d’une manière moins comique que celle de Gomes précédemment, mais le résultat demeure : quand nos tirs sont cadrés, c’est avec une mollesse qui laisse tout loisir à Samba d’intervenir.
Rennes appuie pour tenter d’emporter la décision : De Lange doit dévier de justesse une frappe excentrée d’Al-Tamari, avant que Thomasson ne nous montre comment rater joliment une occasion, en fracassant la barre transversale à la réception d’un centre en retrait.
Vient ensuite le tour d’Emerson, dont le centre parfait dans les six-mètres trouve Paixão, dont la tête un peu trop timide est déviée sur la barre. Les remplacements de la dernière chance opérés par Nénesse ont peu d’effet, si ce n’est une ultime tête de Cornelius sur corner, dans les bras du gardien.
Si le jeu olympien fut certes très passable, l’inquiétant réside ainsi dans notre incapacité à nous jeter comme des affamés sur la moindre opportunité de points qui se présente. C’est pourtant ce qui fera la différence entre un ventre mou moelleux (voire mieux pour les optimistes) et une fin de saison on ne peut plus crispante.
Les joueurs
De Lange (3/5) : Trophée Pau Lopez de la victime plus ou moins résignée.
Weah (1+/5) : En lui confiant le brassard, la direction lui a fait sans doute beaucoup plus mal qu’à Højbjerg.
Aguerd (2+/5) : Une vraie montée en puissance par rapport aux derniers matchs, du moins jusqu’à ce que ce garnement de Thomasson lui chipe son démabulateur.
Cornelius (88e) : Pas plus efficace que les autres au moment d’être le héros du match, sur le corner de la dernière chance.
Egan-Riley (2+/5) : Avant on disait « dommage que Balerdi nous coûte le but, sinon son match aurait été génial », maintenant on doit se contenter de « dommage que CJ nous coûte le but, sinon son match aurait été moyen ».
Emerson (3/5) : C’est pas qu’il ait été particulièrement flamboyant, mais au moins il ressemblait à quelqu’un qui essayait de forcer son destin.
Høbjerg (2+/5) : Une bonne première mi-temps, une seconde néguée, et des frappes hommages à Valentin Rongier.
Abdelli (2/5) : Ce joueur ressemble à une règle graduée pour mesurer les inondations : il reste toujours au même niveau, c’est juste que par beau temps on le voit, et en cas de tempête il disparaît.
Maupay (78e) : Bruno Genesio, c’est Jackie Chan. Quand il n’a plus d’armes, il lance des ustensiles de cuisine pour continuer le combat.
Harit (3+/5) : Lui a vraiment tiré l’équipe vers le haut, maintenant il faudrait faire en sorte que ces bonnes dispositions soient dûment facturées en buts multiples et salvateurs.
Gomes (1/5) : OK, finalement, on veut bien Aurore Bergé à sa place.
Abdallah (65e, 1+/5) : Tenu en laisse par son latéral.
Paixão (1+/5) : Mais je ne comprends pas, on l’a vendu, Paixão, finalement ?
Mmadi (88e) : Fait le nombre.
Gouiri (3-/5) : Il a montré du joli football, c’est certain, mais que les rhénais n’ont finalement pas eu trop de difficultés à maîtriser à grand coups d’extincteur sur la calebasse.
Moumbagna (88e) : N’a jamais le temps de produire l’esquisse de micro-occasion qui pourrait inciter à se dire « tiens, si on l’associait à Gouiri en attaque ? ». Je ne dis pas que ce serait efficace, je dis que ça nous éviterait d’écrire la même chose toute la saison.
L’invité zoologique : Mousa Al-Tamandua
Le tamandua est une grosse peluche toute mignonne dont la langue collante sert avant tout à attraper les morpions sur les plus pouilleux que soi. Voici ses observations.
- Les autres : Que nos deux équipes se ressemblent, ça ne me choque plus, ce qui me chagrine, c’est que pour une fois, c’est nous qui sommes le clone dégénéré de l’autre.
- Le classement : L’académie est publiée juste à temps pour que nous puissions le proclamer haut et fort : nous sommes toujours devant le PSG. Nous jouons donc le titre.
- La suite : Besiktas jeudi, le PSG dimanche,et ensuite trois semaines de trêve qui ne seront pas de trop pour cicatriser.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Julien B. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah