Hors-Série #3 : La Scapulaire Académie dans la peau de Matthieu Chalmé

« On ne tire pas sur une fleur pour la faire pousser. On l’arrose et on la regarde grandir… patiemment. » Qui a osé tirer sur Lamine Sané ?

L’actualité bordelaise est si peu palpitante qu’on s’imposerait presque de regarder en Replay une étape de plaine du tour de France, ou une énième rediffusion « d’appels d’urgence » sur la douane d’Hendaye (qui a bien du courage avec tous ces trafiquants). Mais comme d’habitude, la Scapulaire Académie est là pour vous sortir de votre léthargie pathétique. Vous attendez désespérément la vente sans trop y croire, vous n’osez même plus effleurer les pages trop remplies du marché des transferts. Vous espérez, dans un dernier salut, que « chaque semaine sera probablement décisive » avant de vous raviser. Et pourtant, l’actualité est là, à portée de main. Pour vous éviter une thérapie aussi couteuse qu’inutile, nous vous offrons un troisième Hors-Série estival. Bienvenue dans la peau de Matthieu Chalmé (ne loupez surtout pas nos entretiens avec Sofian Valla et Alexandre Poirier, responsable du site Formation Girondins à la fin de l’académie).

Si la chronique vous ennuie, on vous invite à revoir cet appels d’urgence où la Police chasse le Jean-François Copé


Dans la peau de Matthieu Chalmé

La carrière de Matthieu Chalmé est marquée par une série d’échecs, par des remises en question incessantes, une part de chance incontestable et une capacité à saisir les occasions. Matthieu est un garçon du club. Né à Bruges, il fait toutes ses classes aux girondins (en U15 puis en U17). Sa volonté et son physique lui permettent de s’imposer, petit à petit, en U17. Il est titulaire de l’équipe qui finira champion de France. Lors de ses années en U19, il ne parviendra pas à confirmer les attentes placées en lui et à convaincre le staff. Ses performances générales sont trop faibles et il ne parvient pas à les compenser par son engagement physique intense. Il ne sera pas conservé. Matthieu a dix-neuf-ans et une partie de son rêve s’écroule, retour à la case départ. Sonné, il ne peut se résoudre à abandonner ses rêves. Mais il doit apprendre la dure réalité, renoncer à ses projets, à cette voie tracée dans sa tête depuis tant d’années. Il doit se construire autrement. Sans contrat et sans projet professionnel, Matthieu Chalmé va s’entretenir physiquement avec Libourne en CFA. Jean Marc Furlan tombe rapidement sous le charme du latéral droit et lui propose de terminer la saison. Redevenu simple amateur, le rouquin se remet en cause, il met les bouchées doubles à l’entrainement et trouve en Furlan bien plus qu’un simple entraineur. Et ça marche, Libourne joue les premiers rôles en CFA et s’offre une épopée en Coupe de France (ils éliminent Lille, Metz et Châteauroux avant de s’incliner en quart de finale aux tirs-aux-buts face à Bastia). Matthieu va saisir sa chance. Observé et approché par des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, le Girondin choisit l’exil nordiste pour progresser, partir pour grandir, partir pour s’émanciper, partir pour pouvoir mieux revenir.

Matthieu avec des cheveux c’est comme Bellion avec un ballon,  ça fait bizarre…


Finalement, notre Chalmé reviendra en 2009. Auréolé d’un titre (et même d’un doublé historique), enrichi par des expériences européennes, Matthieu rentre chez lui, dans le club où il avait été formé, dans le club où il avait échoué, dans le club où ses projets avaient été réduits à néant, sans rancœur ni regret. Il revient dans son « Club de Cœur » comme il aime à le rappeler à qui veut l’entendre. La formation d’un footballeur ne se résume pas à ses centres. Les stars des équipes de jeunes disparaissent dans les méandres de la dure réalité des Seniors. Certains recalés retrouvent un second souffle. Certains ont besoin de ce shoot de lucidité pour se retrouver, se ressourcer et enfin avancer. Notre bon Chalmé n’a jamais manqué de lucidité. Il est bien conscient que sa fin de carrière ne fut pas à la hauteur de ses espérances. Il n’avait plus de jus, plus d’énergie et le sentiment de n’être plus jamais à la hauteur. Alors, il s’y résout, c’est la fin d’une histoire.

Maigrir sans effort, après le régime protéiné, la méthode Zermati, essayez la méthode Chalmé…


Une fois les crampons raccrochés, Chalmé ne s’imagine pas très loin du terrain. Il commence comme adjoint de Philippe Lucas en U17 Régionaux qui lui laisse la main sur les matchs de coupe. En juin 2017, les Girondins décident de revoir l’organigramme du club et lui proposent de devenir « entraineur adjoint » de la réserve. Il prépare sérieusement ses diplômes. Philippe Lucas doit lui apporter son expérience, les deux hommes s’apprécient et se respectent. Mais une nouvelle fois, l’histoire dérape, le sort s’acharne à jouer avec les certitudes, à chatouiller les plans de carrière. Le 12 octobre 2017, Philippe Lucas est hospitalisé d’urgence en soin intensif suite à un A.V.C. Après quelques jours de latence et d’improvisation, Matthieu prend seul les commandes de l’équipe, forcé et porté par le destin. Mais au vu de son parcours, de son amour du club, pouvait-on rêver d’un meilleur choix ? Il sait mieux que quiconque la réalité des gamins qu’il entraîne, il connaît leurs inquiétudes, leurs rêves. Il connaît l’exigence du haut niveau et il sait surtout que rien n’est jamais irrémédiable, qu’il existe bien plus qu’un seul chemin pour mener au succès. On lui en souhaite beaucoup. Pour réaliser cette modeste chronique, nous avons pris le temps de nous pencher sur son parcours, sur l’homme et ses amis. Plus nous enquêtions, plus nous approchions des proches, et plus nous le trouvions attachant, loyal et intelligent. Nous avons souvent moqué le Chalmé des mauvaises années, le Chalmé qui taclait dans le vide, le Chalmé dépassé, le Chalmé qui levait systématiquement le bras par dépit pour espérer un hors-jeu aléatoire. Et nous le revendiquons. Nous avions le droit, nous en avions même le devoir. Mais nous respectons aussi ce Chalmé éducateur, respectueux des adversaires, des arbitres et de ses propres joueurs. Le hasard l’a porté à la tête de l’équipe. Comme quoi, parfois, le hasard fait bien les choses.

Chalmé entraineur essaie vainement de replacer Jovanovic


Les yeux dans les bleus marines

Après avoir échoué d’un cheveux l’an passé (vous pouvez relire notre académie en cliquant ici), l’objectif de la réserve aurait dû être la montée sans aucune condition. Mais voyez-vous, si c’était aussi simple, je ne me serai pas emmerdé à vous faire une mise en perspective avec une introduction et tout le tralala. L’an passé, l’équipe réserve était tombée dans un groupe à sa main. Jules Koundé jouait en défense. Boupendza et Romil animaient l’attaque et les pros venaient (trop) souvent garnir l’effectif. Tout était parfaitement engagé pour monter. Mais la fin de saison vint doucher les espoirs du staff.
Nous retrouvons une équipe de National 3 à la fois amputée de ses meilleurs attaquants (Boupendza et Romil) et d’un animateur précieux (Sofian Valla) et à la fois préservée de la présence des pros (qui ne le sont pas toujours). Avec Bayonne, Angoulême et Anglet, le groupe de N3 est assez costaud. En étant lucide une seconde, tous ces éléments incitent le staff à la prudence. Philippe Lucas répète à l’envie que « les jeunes sont là pour apprendre », que la montée n’est pas une finalité mais plutôt une éventualité.


L’équipe est constituée des U19 de l’an passé (Nilor, Carrique et Tchouaméni par exemple) et des piliers de l’an passé (Crivello, Verdon, Youssouf, Kounde ou Dumai). Seul Maxime Poundjé viendra les renforcer de temps en temps. Il faut noter l’investissement de notre latéral gauche (qui jouait souvent milieu gauche d’ailleurs). On peut se dire qu’on se félicite d’une chose tout à fait banale. C’est probablement juste. Mais quand au mois de novembre, Poundjé était sorti de la tête à Gourvennec, quand il n’était même plus une solution de rechange crédible après une épidémie de grippe, il faut saluer son professionnalisme, son sens du collectif et des prestations tout à fait honorables (en National 3, oui, on le sait bien). Enfin, relativisons tout de suite l’influence de Maxime sur les résultats de la réserve, avec trois petits matchs au compteur, il est clairement plus dans un rôle de figurants que de guest-star sur le retour. Après un début de saison compliqué, l’accident de Philippe Lucas et un chamboulement dans le staff, la réserve reste au contact de Bayonne. Si les jeunes n’ont pas forcément brillé à chaque match, ils ont su remporter des points quand ils ne le méritaient pas toujours. Cette régularité a fait la différence. Plus que le talent, c’est le sérieux et la solidarité qui a payé. (et un peu de talent quand même)


Vous vous posez forcément la question (si, si, n’insistez pas). Comment peut-on regarder autant de matchs de la réserve en habitant si loin de la gironde ? La réponse est pourtant simple. Je suis un des cinquante gars qui regardent « Girondins TV » de façon assidue et tout à fait volontaire. Car pour se taper les matchs de la réserve sur Girondins TV, il convient de s’armer de courage et de bonne volonté. Entre le match à Merignac filmé avec une seule petite caméra du pourtour (ça zoome, ça dézoome, on dirait du Luc Besson mais en mieux), celui de Chauray où le cameraman avait mal dû régler son matériel ou la discussion hors micro de Bordeaux-Anglet qui divague sur le match des pros, il faut bien avouer que parfois, on fleure avec un certain amateurisme. Loin de moi l’idée de me moquer, j’ai noté bien des changements à l’antenne. Le contenu est plus original, les commentaires sont plutôt réussis et dénués d’agressivité ou de chauvinisme débile. Les moyens sont limités, on sent que les gars bricolent pour produire des petites vidéos sympas avec un ton décalé. Alors quand M6 annonce dans un communiqué laconique la fermeture de la chaine, je dois reconnaitre avoir ressenti de l’empathie pour l’équipe et pour les supporteurs. Où allons-nous regarder les matchs de National 2 l’an prochain ?

A Girondins TV, on n’a pas de moyens mais on a des idées. (Enfin, on avait)…

Pour cet article, j’ai eu l’honneur de me baser sur six matchs (Bordeaux-Bayonne, Bordeaux-Chauray, Merignac-Bordeaux, Bordeaux-Anglet, Bordeaux-Bressuire et Bordeaux-Cozes). J’ai pu observer ainsi les jeunes régulièrement. Notre bilan de cette année n’est certainement pas définitif, nous ne voulons (en aucun cas) porter un avis péremptoire. L’exemple de Matthieu Chalmé prouve bien qu’il faut être bien prudent dans nos conclusions. Nous avons donc choisi de mettre en lumière les joueurs qui nous ont tapé dans l’œil et évoqué nos petites et frêles inquiétudes.


Le bulletin de Notes

• Les gardiens et les Défenseurs

Cette année, nous serons moins enthousiastes que l’an passé. Dans les buts, Over Mandanda a montré de belles choses et une sérénité exemplaire. Il rassure par son attitude sa défense et ses coéquipiers. A l’heure actuelle, il semble avoir pris un peu d’avance sur Gaétan Poussin qui est encore un peu hésitant sur les sorties aériennes. L’axe défensif est apparu parfois un peu fébrile. Olivier Verdon a certes stabilisé la défense mais sa complémentarité avec Messie Biatoumoussouka (aujourd’hui à Charleroi) laissait à désirer. Matthieu Chalmé doit donc à nouveau reconstruire sa défense. Il pourra compter sur l’immense (plus de deux mètres…) Till Cissokho qui commence à prendre ses marques.

Le Courageux : Raphael Crivello


International U16, Raphaël arrive plein de certitudes et d’envie en U19. Après un parcours honorable mais sans génie, il intègre la réserve en 2015. Après des débuts assez compliqués, il y gagne sa place sans défrayer la chronique mais sans susciter une quelconque excitation. Raphaël n’est probablement pas le joueur le plus talentueux de sa génération mais il dispose d’une force mentale au-dessus de la moyenne. Il réussit probablement sa meilleure saison, la plus accomplie, la plus régulière. Il gagne le droit de rester une saison de plus au club, une saison à faire ses preuves, une saison à aider les copains, une saison pour s’offrir un destin.

La déception : Thomas Carrique


Rien est définitif. L’an dernier, Thomas était notre pari. Il a réussi parfaitement son début de saison au point d’être appelé régulièrement avec les pros. Mais après deux expériences douloureuses (une expulsion et un penalty contre Granville et un match catastrophique contre Strasbourg), le latéral droit retrouve la réserve et l’anonymat de Sainte Germaine. Après cette mésaventure, Thomas ne sera plus le même. Il a perdu sa confiance, il semble fébrile sur chaque prise de balle. Défensivement, il est souvent dépassé et il n’apporte plus vraiment de plus sur le plan offensif. Mais Thomas Carrique a conservé ses qualités que nous mettions en avant l’an passé. Matthieu Chalmé va devoir le rassurer. La défense de National 2 a besoin de ses latéraux.

• Les Milieux

Si la réserve est montée, elle le doit principalement à ce secteur de jeu. Souvent opposé à des équipes courageuses et expérimentées, les jeunes ont pu compter sur leur qualité technique pour s’imposer. Njiké fait partie des éléments réguliers de ce milieu. Le staff compte sur lui en N2 pour apporter son physique et son explosivité (il n’est pas encore sûr de rester). La déception de cet exercice est sans contestation possible le petit Kebbal. Pétri de talent, Ilan n’a pas toujours le comportement que le haut niveau exige. Alors, il montre son talent par intermittence, il nous donne le voir tellement plus. Et il disparait de la circulation. Bonne route Ilan.

La valeur Sûre : Zaydou Youssouf


L’an dernier, Jules Koundé était notre coup de cœur de la saison. Cette année, ce titre honorifique reviendrait sans aucun doute à Youssouf. A chaque match, on ne voit que lui. Il est aussi à l’aise avec un ballon qu’il est intelligent dans sa vision du jeu. Mesdames, messieurs, vous devez voir son petit extérieur du pied, sa façon de caresser le ballon, c’est juste magique. Zaydou est au-dessus du lot. Et il faut noter son rôle dans le groupe. Il n’hésite pas à prendre la parole et à remotiver ses camarades. Il a grandi le petit. On espère que Gustavo Poyet lui donnera sa chance (plutôt en MC de grâce) car ce joueur a un truc en plus. On l’adore !!!

Le Coup de Cœur : Aurélien Tchouaméni


Vous le connaissez déjà un peu. Courtisé par des grands clubs, Poyet s’est déjà exprimé à son propos. J’ai donc eu l’honneur de voir ses matchs en réserve. Aurélien a des capacités physiques assez impressionnantes (il mange les kilomètres) tout en conservant une technique au-dessus de la moyenne. Mais rassurez-vous, il a encore des défauts à gommer. Il me fait penser au Youssouf de la saison 2016-2017. Il est tellement conscient d’être un excellent joueur qu’il en fait parfois un peu trop. Il tombe parfois dans la facilité coupable. Mais quand il est concerné, c’est une merveille, une petite pépite en formation. Il faut y faire attention, le protéger et le faire jouer.

Le Capitaine : Lucas Dumai
bordojeunes
Lucas Dumai est le capitaine de la réserve. Il a toutes les qualités d’un capitaine. Le club a donc décidé de récompenser son excellente saison en lui offrant une année de contrat. Son rôle ? Aider l’équipe à se maintenir en National 2. Mais si vous pensez que le club offre un contrat comme un cadeau bonus, vous vous trompez lourdement. Lucas est un élément essentiel de Matthieu Chalmé. Même s’il n’a que très peu de chance d’évoluer dans l’équipe phare, le maintien passe certainement par lui.

• L’attaque

L’attaque s’est considérablement rajeunie. Si Malhory Noc continue sa formation, Ervin Taha a déjà côtoyé les pros. Mais pour tous les jeunes, la route est encore longue…

Le Coup de Cœur : Ibrahim Diarra


Non, on vous arrête tout de suite, il ne s’agit pas du rugbyman qui joue à euhhh, et pis, on s’en fout du ballon ovale. Ce n’est pas lui. Notre Ibrahim à nous vient de la JA Drancy. Après avoir fait ses classes avec les U17, puis les U19, le voici en équipe réserve. Il a crevé l’écran. Après les départs d’Aaron Boupendza et de Sofian Valla et de Jorris Romil, l’attaque se retrouvait un peu orpheline, en manque de repère. Diarra a su s’imposer très rapidement. Il n’est pas resté longtemps sur le banc des remplaçants. Nous avons constaté sa progression sur toute la saison. Le Ibrahim Diarra de Juin n’est plus tout à fait le même joueur qu’en septembre. S’il a gardé sa vivacité et son aisance technique, il a appris à jouer plus collectivement, à combiner, à temporiser. Plus les semaines passaient, plus il devenait l’élément indispensable de l’attaque. Il faut continuer mon petit.

Le Pari : Yassine Benrahou


Son point fort ? Il a côtoyé Mbappé à Bondy. Son point faible ? Il a aussi joué avec Jonathan Ikoné. Plus sérieusement, Yassine s’est imposé petit à petit sur les flancs de l’attaque girondine. Technique et rapide, Benrahou ne se regarde pas jouer. Il sait faire la passe dans le bon tempo. Il excelle dans sa vision du jeu vertical. S’il n’est pas pour le moment dans les papiers de Gustavo Poyet, il n’est pas si loin de l’équipe phare (il a rejoint le groupe pour les matchs amicaux)

La déception : Michaël Nilor


On n’aime pas dire du mal (enfin si, mais pas avec nos jeunes). Mais nous attendions nettement plus de Michaël cette saison. S’il finit meilleur buteur de club, Nilor a plus déçu dans ses prestations générales que dans les statistiques. L’homme fort des U19 n’a pas su (encore) franchir le pallier. Il a manqué d’efficacité mais pas seulement, il a souvent manqué de lucidité et de justesse technique. Rien est fini pour Nilor. Michaël, il faut muscler ton jeu.


Un instant avec Sofian Valla

 

Nous avons rencontré Sofian Valla pour un petit entretien à la suite de cet article. Nous avons pris l’habitude de ce petit rendez-vous de fin ou de début de saison pour évoquer les jeunes, les enjeux de la formation, les pièges, le temps qui passe et que sais-je encore. Sofian Valla a été formé à Bordeaux. L’an dernier, il tenait une place singulière de notre chronique. Non conservé par le club, notre ancien 9 est parti se refaire une santé au Stade Bordelais avant de rebondir à Fleury qui a de grandes ambitions. Merci Sofian de nous offrir un peu de ton temps.

Kiki Musampalà : Comment réagit-on quand on a vingt piges et que les girondins t’annoncent qu’ils ont décidé de ne pas te conserver ?

Sofian Valla : On est un peu frustré de ne pas passer professionnel dans le club où tu as passé quatre années. A 23 ans, soit tu passes pro et tu franchis le cap, soit ils ne te conservent pas. Je m’en doutais un peu, donc ça m’a aidé à passer à autre chose, à me projeter. Je leur en veux un peu quand même, car durant mes années en réserve, j’ai côtoyé les pros, j’ai fait deux groupes (Europa League, L1 et même une heure de temps de jeu en match amical), ils m’ont toujours dit qu’il me manquait quelque chose pour passer plus haut. Mais ils n’ont jamais su me dire ce qu’il me manquait.

Kiki Musampalà : Tu as été conseillé par le staff ? On t’a approché ? Comment tu as rebondi ?

Sofian Valla : Je n’ai pas du tout été conseillé par le staff, j’ai dû me débrouiller seul. C’est un peu le regret que j’ai vis à vis du staff des girondins même s’ils ne sont pas là pour t’aider à trouver un autre club. Mais je pensais qu’au moins il y aurait un minimum d’aide de leur part. J’ai été contacté par Alex Torres, le coach du Stade bordelais, qui était mon éducateur pour mon diplôme du BMF. On se connaissait déjà et il savait que je n’étais pas conservé. Ça s’est fait assez naturellement.

Kiki Musampalà : Tu as signé à Fleury qui vise la montée en National. Tu peux nous en dire plus sur le projet et ton installation en région parisienne ?

Sofian Valla : Oui je viens de signer au FC Fleury 91. C’est un club qui se construit d’année en année. Le projet du club est d’être le plus haut possible, le président Monsieur Bovis met tout en œuvre pour avoir une équipe compétitive. Il place les joueurs dans les meilleures conditions. Le club ne se cache pas, l’objectif c’est la montée. Mon installation s’est bien passée. Je suis originaire de la région parisienne, plus précisément de l’Essonne. J’ai donc déjà mes repères ici, ça facilite l’adaptation.

Kiki Musampalà : Est-ce que tu gardes un œil attentif sur les Girondins ? Tu as toujours des contacts au club ?

Sofian Valla : Oui je suis encore les Girondins. J’ai des amis encore là-bas. Je suis en contact avec eux (Zaydou, Jules et Ibrahim), des jeunes qui ont évolué avec moi en réserve. Mais on va dire que je regarde surtout ce que font mes petits protégés.


Le Debrief’ de Formation Girondins

Notre papier touche à sa fin. Comme l’an dernier, nous donnons rendez-vous à Alexandre Poirier pour le debrief. Si vous ne connaissez pas encore Alexandre (déjà, commencez par avoir honte), sachez que ce jeune homme anime merveilleusement bien un site consacré aux jeunes des girondins et sur la vie et l’actualité de la réserve. Il vient nous apporter son œil d’expert, nous taper sur les doigts (pas trop fort hein) et nous parler de la saison qui s’annonce.

Kiki Musampalà : Commençons par parler de ton site. Tu nous promettais l’an dernier des changements et des projets en pagaille. Tu as tenu tes promesses. On veut savoir la vérité, comment tu fais pour suivre la réserve ou les U19 ? Tu viens avec ton matos, tes caméras, ton réflex et tes micros ou tu viens les mains dans les poches ? Explique nous l’envers du décor ?

Alexandre Poirier : Les changements sont surtout d’un point de vue technique en fait. Je souhaitais « professionnaliser » un peu plus Formation Girondins. C’est pour ça que cette saison, il y a eu ce que j’appelle des « live illustrés », un live habituel avec des commentaires sur un match, enrichi de photos prises en direct pendant le match. Ça permet d’avoir quelques images pour ceux qui ne peuvent pas voir les matchs, notamment ceux des plus jeunes qui ne sont pas filmés. J’ai également essayé d’enrichir les articles, avec plus de déclarations, d’analyses. Et j’ai aussi mis en place des visuels un peu plus travaillés qu’avant pour annoncer les matchs et même pendant les matchs, pour les buts, la mi-temps et la fin du match, avec l’ajout des photos prises en direct toujours. Avant d’aller plus loin dans la vie du site, je voulais qu’il ait un aspect plus « professionnel ». Après, oui je viens avec mon matériel : appareil photo, ordinateur (pour les visuels en direct) et le téléphone pour enregistrer les déclarations.

Kiki Musampalà : Que penses-tu de notre bilan, de nos coups de cœurs et de nos petites réserves ?

Alexandre Poirier : C’est un bon bilan, qui résume bien la saison. Elle a été difficile, tu l’as dit avec le souci de santé de Philippe Lucas qui a beaucoup marqué l’équipe (joueurs et staff) et même les supporters comme moi. Elle a aussi été rythmée niveau effectif, car beaucoup sont montés avec les pros, on « perd » Jules Koundé très tôt, des joueurs comme Zaydou Youssouf ont alterné entre les pros et la réserve, ça n’a pas été facile, mais cette montée en National 2 récompense un groupe très talentueux, sérieux et solidaire. Cependant, je te trouve un peu dur avec Michaël Nilor… Il termine quand même à 10 buts et a fait beaucoup d’efforts cette saison. Parfois seul devant en pointe, il a su garder les ballons et peser sur les défenses. C’est un peu notre Olivier Giroud, mais en plus efficace.

Kiki Musampalà : Les Girondins ont donné une saison de plus à Crivello, un contrat à Njiké, Noc ou Dumai (Njiké et Noc ont eu une offre de prolongation, mais on ne sait pas encore s’ils vont l’accepter ou partir, merci pour la précision Alexandre) pourtant destinés à jouer en National 2. C’est une pratique qui se généralise dans tous les clubs de Ligue 1. Pourquoi doit on passer désormais par ce genre de management ?

Alexandre Poirier : Le fait d’offrir une prolongation d’un an en amateur permet d’avoir une certaine continuité aussi pour un groupe qui sera comme chaque année rajeuni par les montées des U19. Il est donc important d’avoir des valeurs sûres comme Crivello, Dumai qui sont des piliers de l’équipe et qui aideront à maintenir Bordeaux en National 2. Certains voient ça comme une récompense pour la bonne saison d’un joueur, et c’est le cas, mais je vois ça aussi comme un encouragement.

Kiki Musampalà : La réserve évoluera en National 2. L’objectif est naturellement de se maintenir. Il est essentiel de pouvoir faire jouer les jeunes au quatrième échelon. Peux-tu nous donner les grandes lignes de l’effectif de la saison qui s’annonce ?

Alexandre Poirier : Contrairement à la saison dernière, il y a des recrues : six ! Marly Rampont (défenseur central), Alexandre Lauray (défenseur central), Driss Trichard (latéral gauche), Calvin Tshilumba (attaquant), Mathias Lopes (attaquant) et Daouda Diallo (attaquant). Ils viennent renforcer un effectif qui se compose de certains « anciens » : Raphaël Crivello, Lucas Dumai, Thomas Carrique, Abdoulaye Bomou… mais aussi de joueurs U19 : Corentin Michel, Ismaël Sow, Karamba Keïta, Koren Kerkour, Johab Pascal et il y a même deux U17 qui ont repris avec la réserve : Albert Lottin et Amadou Traoré.

Kiki Musampalà : Formation Girondins a encore d’autres projets en stock ? Comment as-tu envie de faire évoluer ton joli bébé ?

Alexandre Poirier : Oui bien sûr, j’ai envie de poursuivre son évolution. Après, tout est une question de moyens et concrètement, j’en ai très peu. Je suis (enfin) en fin d’études, mais je viens aussi de me lancer en auto-entrepreneur (alexandrepoirier.fr si je peux placer ma pub), donc ça prend du temps. Mais les idées ne manquent pas et j’espère pourvoir en concrétiser quelques-unes, notamment d’ici la fin de l’année (année civile, pas année footballistique).


Merci Beaucoup Alexandre pour ta patience, ta disponibilité et ton expertise. Nous conseillons aux quelques fous qui ne connaissent pas encore Formation Girondins de sauter sur l’occasion pour réparer l’infamie. On se retrouve la saison prochaine pour une nouvelle chronique consacrée à nos jeunes. En attendant, n’hésitez pas à vous perdre sur horsjeu.net et venez tailler la bavette, le bout de gars ou ce que vous voulez sur twitter. A bientôt. Analement votre.

Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château .Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

One Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.