Marioupol-Bordeaux(1-3): La Scapulaire Académie hésite pour le prénom

Si tu ne sais pas sur quel pied danser, ce n’est pas compliqué : évite d’appuyer sur la jambe amputée.

Au revoir Nicolas…

Après une union longue de dix-neuf ans, Nicolas de Tavernost a décidé de se séparer des Girondins de Bordeaux. Bien sûr, cela n’a pas du être facile de rompre après tant de temps. Les hauts et les bas rencontrés comme dans chaque couple n’auront même pas entamé la passion de cet homme. Non, ce n’est pas la lassitude qui aura eu raison du mariage mais plutôt la difficulté à assumer le train de vie toujours plus indécent d’un club de football. Le patron de M6, qui a affirmé ne pas pouvoir lutter contre la concurrence de plus en plus accrue, a préféré laisser la place à un homme ayant les reins plus solides. Renoncer et se mettre en retrait pour le bien-être de l’autre : serait-ce là une preuve d’amour?

Nous ne sommes pas obligés de croire la véracité de la cause annoncée du divorce (il n’a pas non plus dit en avoir marre de ramasser les chaussettes sales dans les vestiaires) mais lorsqu’il dit qu’il reviendra au stade en tant que supporter, je veux bien le penser sincère, de même que lorsqu’il raconte s’être assuré du sérieux du projet du repreneur.

La bataille fut rude pour savoir qui de M6 ou GACP encaisserait la recette du match de Ventspils.

On pourra regretter un certain manque d’ambition des années M6, de ne pas avoir pu franchir un cap lors des merveilleux moments de « l’époque Gourcuff ». En revanche, on ne peut pas nier le fait que le futur ex-propriétaire ait su éponger les dettes année après année et maintenir le club à un certain niveau. Et son honnêteté a pour preuve le lien entretenu avec les Ultramarines.

… salut à toi, Joe!

Joseph Da Grosa, Américain à la tête de GACP (ne pas prononcer « Gakpé », c’est effrayant) est donc notre nouvel homme. Si l’on se fie à notre ex, il arrive avec des moyens supérieurs à ce que pouvait investir M6 (bien supérieurs en considérant que King Street pourrait ouvrir un peu plus les vannes). Il reste à savoir ce que le nouveau boss compte faire de ses deniers… et donc de notre club.

Le changement c’est maintenant fait peur. L’expérience mitigée de clubs dirigés par des fonds d’investissement, comme le PSG époque Colony Capital ne nous rassure pas non plus. Nous ne sommes pas à l’abri d’être tombés sur un mec qui nous a choisi uniquement pour notre enveloppe corporelle. Si les sérieux atouts de Bordeaux et de sa région pouvaient le rendre amoureux au point d’offrir à la Belle Endormie tout ce dont elle rêve… Et  puis voir Da Grosa en claquettes/chaussettes à Gallice pour fêter la qualif’ en Europa League, cela vaudrait son pesant de beurre de cacahuètes.

Première bonne nouvelle: Joe a l’air content d’être là.

L’équipe constituée par GACP est en cohérence avec la volonté de recruter des « futurs Malcom ». Ce n’est pas un gage de réussite mais cela montre qu’il y a eu une réflexion en amont. Si les plus-values des futures ventes n’iront pas toutes dans les caisses du club (ah, le voilà, le vice caché!), on peut espérer qu’ils sauront aller chercher des jeunes à fort potentiel et constituer une équipe compétitive.

Le recrutement des jeunes pousses Kalou et Basi(li)c va en ce sens. Celui de Briand peut se justifier par la nécessité d’apporter de l’expérience à un groupe jeune et par la volonté des Américains de faire la nique aux Canadiens.

Ces derniers jours, j’ai changé de discours concernant GACP, ce qui n’est pas le cas de mes sous-vêtements (il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’habits). Entre un homme qui ne peut nous promettre la quatrième place mais nous réserve la sixième et un autre qui nous fait miroiter le Ritz mais qui pourrait nous amener au routier du coin, mon cœur balance… La relation n’en est qu’au début et je ne tiens pas à juger trop vite le nouveau soupirant. Je veux bien lui faire confiance, tout en espérant ne pas être amené à regretter Nicolas.

Wait and see, comme ils disent…

La composition:

Costil (c)

Gajic      –     Koundé     –     Pablo     –     Poundjé

Plasil

Tchouaméni                 Sankharé

Youssouf                                                 Kamano

Laborde

 

Après la qualification contre Ventspils, les Girondins poursuivent leur tour d’Europe de l’est, de ses stades vétustes et gris qui contiennent plus de sièges que de brins d’herbe. Si Papy était encore là, il en aurait la larme à l’œil.

Retour de Gajic après le bouillon pris par Lewczuk, recul de Sankharé après les remontrances faites à Poyet, titularisation de Laborde après l’offre de transfert de Strasbourg… Composition logique, donc.

 

Le match :

Nous avons à peine le temps de nous dire que nous avions déjà marqué lors du match précédent que nous sommes menés au score. Un corner bêtement concédé, le ballon renvoyé avec difficulté par Pablo et un adversaire qui se retrouve étrangement seul à l’entrée de la surface : nous avons collectionné les boulettes. Pavarov ne s’est pas fait prié pour balancer une praline en demi-volée (1-0, 7è).

Malgré ce mauvais départ, les Girondins n’ont jamais paniqué et ont imprimé le rythme de la rencontre, réussissant à se créer des occasions. D’abord timides, à l’image du tir non cadré de Gajic ou bien la tentative de retourné de Youssouf puis plus nettes, à l’instar de la tête de Pablo stoppée en deux temps par le gardien adverse. Nous arrivons à trouver des décalages, surtout sur le côté gauche mais nous devons rester vigilants car Marioupol sait se montrer dangereux, notamment sur une autre demi-volée bien sortie par Costil.

Bordeaux va égaliser à la suite d’un beau mouvement. Kamano s’est recentré balle au pied et alors que tout le monde s’attend à ce qu’il écarte le jeu à droite, il trouve Sankharé d’une merveilleuse passe entre deux milieux. Notre milieu résiste à un adversaire et glisse le ballon à Laborde qui frappe du gauche et trompe le gardien (1-1, 33è).

On peut souffler et même s’époumoner grâce à Laborde qui inscrit un second but dans la foulée. Le portier adverse contrôle mal une passe en retrait et se fait surprendre. Le ballon contré finit au fond des filets. Un but à la Benzema; il n’en fallait pas plus pour relancer la rumeur « Laborde à Liverpool » (1-2, 37è).

Apparemment, il n’y a pas que le jeu au pied qui déconne.

Nous atteignons la pause avec un but d’avance et surtout deux buts inscrits à l’extérieur.

Dès la reprise, Bordeaux va prendre le large par l’intermédiaire de Choux Chop Suey Chouaemni Tchouaméni! Après avoir gratté un ballon, il le donne rapidement à Laborde, qui transmet à Sankharé à l’entrée de la surface. Il talonne pour Aurélien (c’est plus simple comme cela, Alekvender Defarin?) qui n’a plus qu’à ajuster du gauche (1-3, 49è).

Là, on peut commencer à gérer. Une volée adverse nous rappelle toutefois qu’il vaut mieux ne pas trop reculer. Avec cette facilité pour les reprises, je sais où j’irai m’adresser quand je voudrai refourguer ma Yugo Zastava. Par contre, avec ses deux frappes contrées coup sur coup, Poundjé va devoir garder sa mobylette.

J’ai cru retrouver un problème trop souvent rencontré ces dernières années, à savoir confondre gestion et relâchement. Marioupol a failli réduire le score sur une frappe tendue mais heureusement, seuls le poteau de Costil et la tribune derrière lui ont tremblé. Les filets et mon slip sont restés saufs.

Ce n’était qu’une fausse alerte,  les Girondins ont finalement gardé leur sérieux et moi ma dignité. Vada, à peine entré, était à deux doigts (et un genou) d’alourdir la marque et Laborde a tiré au dessus à la dernière minute.

Score final, 3-1 pour les Girondins!

Les mauvais perdants n’en auront finalement pas voulu… Pas grave. Comme tous les Bordelais, j’envisage le retour sereinement.

Les notes des 33 :

Benoît Costil (3/5) :

Il ne peut pas faire grand-chose sur le but encaissé. Il a réalisé des arrêts importants et a su soulager sa défense par des sorties aériennes. Sauvé par son poteau en seconde période.

Milan Gajic (2/5) :

Titularisé pour la première fois de la saison, sa vitesse aurait du lui permettre de mieux contrôler son couloir. C’était sans compter sur sa technique… Auteur d’une frappe à la Otavio, ce qui n’est pas un compliment. Remplacé par Lewczuk, qui n’a pas vraiment sécurisé le côté droit.

Jules Koundé (3/5) :

Pris à défaut sur une touche rapidement jouée, ce qui amena le but concédé sur le corner suivant, il entra ensuite dans son match. Il a poussé quelques actions mais a aussi raté des relances. On ne va pas lui en tenir rigueur, il prend ses marques en Coupe d’Europe et si nous parvenons à la phase de groupe, je suis certain qu’il sera à la hauteur quel que soit le club en face.

Pablo (3/5) :

Le patron de la défense a géré et s’est montré dangereux sur corners. Défensif d’abord, en offrant une passe décisive à Benjameï Pavarov, ce qui n’est pas bien. Offensif ensuite, en reprenant de la tête plusieurs corners, ce qui est beaucoup mieux.

Maxime Poundjé (4/5) :

Il était chaud. Il a déboulé sur son côté gauche, trouvé des décalages avec Kamano. Ses centres ont semblé moins pourris mais attention à ne pas se laisser berner : il y avait de la présence bordelaise dans la surface adverse. Bon match du Max, qui relègue loin derrière lui… Euh, comment il s’appelle déjà ? Ah oui, Pellenard. Loin, cela veut dire Lorient. Ce n’est pas contre toi, Théo. Mais sachant que Poundjé est loi devant, maintenant, je ferais bien un peu de place au jeune Trichard.

Jaroslav Plasil (3/5) :

Un match correct, présent dans le combat et pour orienter le jeu. Son rôle est important au milieu des jeunes.

Aurélien Tchouaméni (4/5) :

Une première période plutôt neutre avant de monter en puissance en seconde. Auteur d’un joli but et de plusieurs interventions pleines d’autorité. Il est tout jeune mais déjà tout bon. Un vrai surdoué. Il devrait jouer un bon nombre de matches cette saison. Et n’en déplaise aux gars de l’UEFA, il va finir par se faire un nom.

Salut gamin, je te les mets où?

Younousse Sankharé (4/5) :

Une grosse performance de notre milieu, auteur de deux belles passes décisives et d’une grosse activité. Comme en attestent sa combativité et l’accolade donnée à Poyet, l’époque où on lui prêtait une envie de partir semble lointaine. Malgré une forte concurrence au milieu cette saison, on devrait le voir souvent sur le terrain. Sorti à dix minutes du terme au profit de Vada qui a réalisé une bonne rentrée et qui aurait pu marquer.

Zaydou Youssouf ou le contraire (3/5) :

C’est un jeune qui sait prendre ses responsabilités, en tirant les coups de pied arrêtés par exemple.Il a participé à bon nombre d’actions et s’il n’a pas toujours été en réussite, il s’est battu pour récupérer des ballons.

François Kamano (5/5):

Un match parfait (on ne va pas chipoter). Très en jambes, il a fait de nombreuses différences, a varié son jeu. L’an passé, malgré des statistiques correctes, il n’apportait pas assez. Là, il a crevé l’écran. L’association Poundjé/Kamano a été épatante. Si on m’avait dit que j’écrirais cela un jour…

Gaëtan Laborde (4/5) :

Marquer un doublé est le meilleur moyen de montrer au coach qu’il peut compter sur lui cette saison. C’est aussi le meilleur moyen pour trouver un club… Si son avenir personnel est assez flou, il aura éclairci celui de l’équipe par ses deux buts d’avant-centre. Sa combativité n’est plus à démontrer. Il aurait pu inscrire un triplé sans un manque de lucidité en envoyant sa dernière frappe au-dessus. Il a grandement contribué à la victoire mais cela rappelle néanmoins qu’il lui sera difficile d’être numéro un.

Pour conclure :

Cette semaine a été intense à Bordeaux. Entre la jolie victoire de jeudi avec les joueurs déjà présents l’an passé et le recrutement qui démarre enfin (Kalu, Basic et Briand), on peut espérer réussir quelque-chose cette saison. L’équipe a du potentiel et semble en confiance. Nous ne pourrons nous réjouir totalement tant que nous n’en saurons pas plus sur les réelles ambitions de GACP. Un peu comme une femme qui tombe rapidement enceinte après avoir rencontré un nouvel homme. Est-ce le bon? Est-ce le moment? Pourrais-je lui faire confiance? Et si c’est une fille, serait-ce Mary ou Paule?

Dimanche, la réception de Strasbourg lancera notre saison en championnat. En gardant le même sérieux et si Laborde avait envie de faire envie aux Alsaciens, nous devrions pouvoir espérer l’emporter.

A bientôt.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

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