Montpellier-Dijon (1-2) : la Paillade Académie fait caca à la rentrée

Aternissons le lombradaire !
Elle était presque entourée d’un halo angélique. Debout au milieu de cette rame de tramway dessinée par Christian Lacroix, elle scrutait d’un œil mélancolique l’horizon doré. On retournait vers un terminus, un opposé à celui où beaucoup descendirent pour la reprise. La reprise bon sang de bois bandé, la reprise digne de la mercerie ! Pas de pluie au large, le ciel est clément, paisible et il observe ces flots humains qui débaroulent de tous les cardinaux vers le seul point de fuite. Point de fuite mais le salut pour tout étendard. Enfin ça reprend, enfin, on a trop attendu. Même deux jours ce fût trop long. Même trois mois pourraient nous en coûter, ah la diablesse que la besogne du temps ! Ce temps qui file comme la métaphore que Kronos déroule jour après jour, et peu importe les conventions vernaculaires, patient comme un chien de fusil. Bam ! Ça pète par là, on regarde, non, toujours pas d’orage, mais des jeunes en pleine tempête hormonale qui s’amusent.
Mais dans ce tramway du retour, elle faisait tout pour ôter la mémoire. Elle appuyait ses fines mains sur les barres prévues à cet effet, ondulés d’orange dans le but de rappeler le corail (pas le train). Que voulez-vous, cette ligne va à la mer… Or elle, où allait-elle donc ? Elle ne revenait pas de ce stade où Déception serra fort la main d’Habitude, la voisine discrète du palier qui pisse pourtant contre les portes le soir tombé. Elle venait de plus près, elle n’était pas là au départ. Son maquillage léger mais soigné laissait à penser à la soirée décontract’ mais avec un dress code stipulé sur le carton d’invitation. Y allait-elle avec l’intention de rencontrer l’amour ? Sa belle robe de soirée semblait l’affirmer. Il restait le bout de l’humain, les pieds. C’est presque une honte abandonnée de regarder les pieds d’une femme. Mais de la tête, on finit à ses pieds. Toujours.
Et là ! Incompréhension. Faut-il demander la vidéo, le ralenti ? La foule paraît réclamer, il faut la satisfaire. Mais qui a vraiment remarqué ? Qui osera ? Ne serait-ce que jeter un coup d’œil…
Il y a deux élément perturbants aux petons de la demoiselle. Une chaussette. Une claquette. À chaque pied.
Fin du songe. La parenthèse s’explose contre la vitre sale du tramway. L’espérance d’un regard se fracasse sur les voies, et meurt dans d’atroces souffrances sous la vitesse insuffisante pour faire mat en un coup.
Et alors la mémoire revient. La mémoire monte à l’arrêt suivant. Elle a le pas traînant, le teint buriné et l’œil vitreux. Appelons-la Gérard. Attribuons-lui le statut de sdf avec une vingtaine d’années d’expérience de la rue. Elle a remplacé la princesse Panards. Et elle a envie qu’on la remarque, alors elle crie :
« BAH ALORS FAITES PAS CETTE GUEULE LES TOURISTES »
Et tout réapparaît. La reprise. Le stade plein comme un œuf vide, le soleil rasant qui se retire poliment au coup d’envoi. Tout.
C’est excitant un début de saison. Le football était loin. Il y avait exception toutefois cette année, vous savez bien, ces instants de gloire, ce mois dévastateur pour les finances, pour la santé hépatique, pour les nerfs, pour le cœur… sauf quand tout finit bien ! Hourrah, en fait, oui, hourrah, quoi d’autre que ce mot pour rassembler l’ensemble des moments passés ?
Le football hebdomadaire est revenu. Moins intense, évidemment, surtout quand on est pailladin. Mais diable ! On attendait une nouveauté, un inédit se présentant au bras de l’ambition. C’est vrai quoi ! C’est pas faire la fine bouche que de désirer une telle réception pour le retour de la ligain en nos murs !

Mercato

Chose n’est pas coutume, songeons à parler des mouvements estivaux pour mieux saisir l’effectif engagé pour cette saison.
Toto Mukiele (rien à voir avec son prénom) fut le premier à s’envoler des terres pailladines pour Leipzig. En espérant qu’il progresse car il avait sa place de titulaire bien chauffée pour les trois prochaines saisons minimum.
L’ami Roussillon, trop bien nommé pour supporter les nouvelles régions, s’est carapaté du côté de Wolfsburg. On a de quoi réapprovisionner son côté, donc gardons les quelques insultes couchées sur papier au moment de l’annonce.
Plus de chant de l’Île aux enfants à La Paillade, Casimir Ninga est parti pour Caen. Pas forcément une évolution pour lui, mais au prix où on l’a payé…
Mbenza rejoint Steve Mounié à Huddersfield en prêt avec option d’achat obligatoire (foutre dieu). C’est dommage de perdre un atout offensif quand on connaît notre capacité abyssale à planter des pions. Espérons qu’il soit vite et bien remplacé.
On aura une petite pensée toute gentille pour Tonton Pionnier, vidé comme un malpropre de son club de toujours. On t’aime Lolo.
En arrivée, on comptabilise celle marquant le retour des coup de pifs de la cellule de recrutement en terme d’attaquant, en la personne de Petar Skuletic (plus de vannes sivouplé). On voit à la signature en prêt expresse du minot de Sète Andy Delort (je ne le fêterai pas comme les autres, je rappelle qu’il est supporter sardine) montre toute l’inquiétude qu’a donné le Serbe.
Mollet, rare satisfaction de la saison messine l’an passé, vient souffler les braises de l’optimisme pour l’organisation du jeu. Le Tallec, pas fils unique, signe pour remplacer Mukiele au poste de troisième central.

Le match 

Vingt premières minutes excellentes, l’envie d’avoir envie et tout le tremblement. Période faste et sensiblement porteuse d’espérances pour un démarrage en trombinoscope, bim, bam boum, la ponctuation est toute trouvée avec un coup franc frappé en velours par Dolly, détourné par Delort, conclu par Mendes.
La défense fonctionne, coulisse pour monter et densifier le secteur sentinelle, plouf, les Dijonnais balancent leurs épées dans la flotte. Et là, patatras. Mendes se pète et sort, on se dit que chouette, on va voir de la recrue défensive. TÉ ! Le Tallec est perdu et dérègle la machine. Égalisation en deuxième mitemps, baisse de pied. Tous seuls comme des grands. Mais dites-moi, madame la marquise, cela ne vous rappelle tititil pas quelque chose ? La ? Saison dernière ? Ah bah oui, c’est bien ça.
Ça tient ! Lecomte sauve, repousse estocs après estocs, la bête est roseau ! Personne ne rompt. Allez, va, un match nul c’est pas trop m… Mais, que vois-je subitement ? Un but, non ? Ah bah oui, c’est bien un but. C’est bien une défaite.
On renifle en rentrant dans le tramway. Les mines sont basses. Quand soudain, l’apparition. Elle est presque entourée d’un halo angélique. Debout au milieu de cette rame de tramway dessinée par Christian Lacroix, elle scrute d’un œil mélancolique l’horizon doré.

Les notes 

Lecomte (3/5) : un héros percé de toutes parts, abandonné par la garde qui a préféré se rendre. Un face-à-face gagné superbement et un pénalty arrêté, mais deux pions dans la courge. Et pourtant il a quitté Lorient.
Poaty (3/5) : excentré à gauche et se recentrant avec succès pour disparaître par la suite. Christophe Castaner ?
Mendes (Non noté/5) : une ouverture du score et des attaquants adverses avant une fermeture douloureuse sur un tacle. Remplacé par Le Tallec (1/5), qui s’est placé comme un milieu dépannant vite fait en défense centrale. Devinez son vrai poste.
Hilton (2/5) : à l’aise avec deux types qui tiennent la route, le triolisme s’est barré en cagettes de champignons quand Le Tallec l’a appelé à l’aide, alors qu’il est plus sur une phase de chercher son zizi pour pisser que redevenir l’aigle majestueux des saisons passées.
Congré (3/5) : pour une fois qu’il y est pour rien, sa prestation solide passe un peu au second plan.
Aguilar (2/5) : moins en vue, mais qui tirerait des conclusions d’un premier match comme s’il s’agissait déjà d’un décisif, à part tous les médias « spécialisés », s’entend.
Lasne (2/5) :  un peu opalescent, voire cagueux sur certaines phases, sa baisse de régime à permis la glissade sur la peau de banane.
Skhiri (3/5) : le seul constant, se mouvant même en guide-âne sur la deuxième période, pour limiter les dégâts. En vain.
Dolly (3/5) : une envie appréciable, un combat véritable et une jolie vista, s’il est en forme et qu’il fait mentir ceux qui ont vu en Mollet le vrai dépositaire du jeu, chapeau bas.
Delort (2/5) : lui aussi a beaucoup bougé, se rendant disponible jusqu’au zèle. Pour ensuite plonger physiquement et tenter de la filoche en pelote.
Sio (Ø/5) : deux-trois combinaisons avec Delort au début puis… plus rien. Non, non, pas la fin du monde. Mais rien du tout. Ce trou du cul a passé son temps à marcher et à essayer de trouver des pâquerettes sur la pelouse, plutôt que de se sortir les doigts pour aider son équipe. Il se permet en plus de gueuler sur ses collègues et de toiser du regard Der Zak en sortant. Dégage.

Entrés en jeu 

Le Tallec : non mais on n’a pas les deux, soyez pas cons, c’est une redite par rapport à plus haut.
Sambia : histoire de serrer le jeu mais en fait non.
Camara : il n’y a qu’un seul Maradona.

Le bisou vigneron,
Marcelin Albert

marcelin

Qui ne saute pas est un Nîmois.

One Comment

  1. Allons, un peu de foi. Vous allez finir dans les 10-12, comme à chaque fois… Vous avez été assez intelligent pour recruter le seul chez nous, qui avait du coeur, tout devrait bien se passer mon doux, gardez tête haute, panache et honneur.

    Jolie, l’intro.

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