Bordeaux – Lyon (1-2), la Scapulaire Académie livre ses notes

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Bruno Bistrot fait le taff jusqu’au bout, lui.

Salut les sucrées, le gros Bruno fait sa livraison. Mon collègue bouffeur de miel n’académisant que des défaites et portant donc la poisse, c’est sur mes épaules rembourrées que pesait la lourde responsabilité d’entretenir l’illusion d’un Bordeaux 2014 qui tient, au moins, sa chambre propre (3 victoires de rang) mais qui va se faire salir les fesses à chaque visite chez des « amis » (aucune victoire et 0 but marqué en déplacement depuis le début d’année). En parlant d’amis, v’là que les Lyonnais arrivaient à Lescure ce dimanche pour un bon vieux « Bourgico », affiche périmée depuis la fin des années 2000. Ben ouais, on va pas s’mentir, même s’ils sont plus ou moins – pour Bordeaux – encore en course pour la 5ème voire 4ème place, Lyon et (surtout) Bordeaux ne font plus bander grand monde. M’enfin, vu que Marseille, Reims et Sainté ont tous paumé, le vainqueur du « grand match » d’Anal+ – s’il y en a un – fera la bonne opé de la 28ème journée. C’est donc un putain d’jeu à enjeu qui s’annonce, à l’inverse de celui chanté par Passe Partout.

Les 22 qui courent

Trêve de plaisanteries, on passe au match. Comme environ 6/5ème du temps cette saison, J-Lo a un effectif avec tout plein de joueurs blessés dedans. Sans Diabaté, Maurice-Belay, Nguemo, Faubert et Traoré, (+ Bréchet et Olimpa, dont on se branle), mais avec les retours de… blessures (le monde est bien fait) de Rolan et Jussiê, le berger bordelais bricole une compo mi 4-2-3-1 mi 4-4-2 avec un revenant du 3ème âge en défense, deux molosses et deux roquets au milieu, puis un meneur/attaquant de fortune pour épauler un golgoth : Carrasso (cap) – Mariano, Planus, Henrique, Orban – Sané, Poko – Rolan, Saivet – Sertic, Hoarau.

Pas mal de soucis d’effectif aussi pour Rémi Garde, privés de 2/3 de sa « 3G » au milieu, avec les blessures de Grenier et Gourcuff, mais aussi celle de Fofana (et aussi la suspension de Benzia, mais bref…). Du coup, le gendre idéal du 6-9 n’est pas forcément chaud pour remplacer ces trois là par trois puceaux jeunes et sacrifie son 4-4-2 losange pour un 3-5-2 que personne n’avait vu viendre : A. Lopes – Umtiti, Bisevac, B. Koné – M. Lopes, Tolisso, Gonalons, Ferri, Bedimo – Lacazette, Gomis.

IMAGE 1 PLANUS
La vérité sur l’âge de Marc Planus… (via @Scapulaire_Com)

La première mi-temps où ça va pas trop mal
3ère minute de jeu : Passe diagonale de Lamine Sané pour Diego Rolan, grand pont de l’Uruguayen face à Henri Bedimo et centre au second poteau. Mais Hoarau était au point de penalty. Les autres ? 5 mètres derrière. As usual…
7ème : Grande touche dans la surface de l’OL. Succession de duels et ballon qui échoue à droite sur Mariano, pas attaqué, qui centre au second poteau pour Saivet, lancé et libre de tout marquage pendant que les Lyonnais se touchent le bout en regardant les autres Girondins dans la surface, dont la tête croisée trompe Lopes. Le 3ème but, tous de la tête, sur les 3 derniers matches à domicile pour le Little Big Man bordelais… C’est presque trop facile ! En tout cas, ça récompense la bonne entame bordelaise. 1-0.
11ème : Premier temps de possession des visiteurs dans le camp bordelais, où Bordeaux défend (mal) à 9 joueurs de champ dans ses 30 derniers mètres… Ce qui n’empêche pas Alexandre Lacazette d’être trouvé en une passe, seul dans l’axe, aux 25 mètres. Le meilleur buteur des Gones se retourne, efface Henrique, résiste aux retours de Poko et Planus et frappe du gauche en bout de course, juste à côté des buts d’un Carrasso qui était sorti pour le gêner. On a eu chaud.
12ème : Tacle Planusesque d’Orban sur Tolisso. Jaune.
14ème : Dos au but face à une défense regroupée, mais qui ne presse pas le moins du monde (tant qu’à faire), Gomis aère vers Umtiti, qui perd toute notion du temps et prend sa chance aux 35 mètres comme si c’était la dernière action du match… Forcément, ça passe loin. Surtout qu’il la prend tibia. Le génie.
16ème : Louche d’Orban pour Saivet, dans le dos de Miguel Lopes. Le buteur du début de match déborde et trouve Rolan, qui frappe en pivot. Dans les gants d’Anthony Lopes.
26ème : Gomis confond le ballon et le genou d’Henrique. Jaune.
34ème : Touche « Javelot » de Mariano dans les 22 mètres de Lyon, déviation d’Hoarau, air-reprise de Rolan qui se prend Koné dans l’élan et demi-volée au dessus du système solaire de Saivet. Pas grand-chose à se mettre son la dent depuis 15 minutes, mais Bordeaux gère sans trop de soucis.

IMAGE 2 BRIAND ROLAN
Notre Ligain a du talent…

37ème : Sortie de Bakary Koné pour l’entrée de Jimmy Briand. Garde a bien vu que son 3-5-2 ne marche pas du tout et repasse en 4-4-2, avec Briand devant, aux côtés de Gomis. Lacazette gravitant derrière ce duo.
38ème : Pour son premier ballon dans sa position axiale plus reculée, Lacazette se joue de Sané et décoche une frappe des 25 mètres sur laquelle Carrasso doit s’employer avec une belle horizontale. Même si ce n’était peut-être pas cadré.
45ème : Henrique intercepte une longue ouverture vers Briand et envoie une bûche qui rebondit devant Gonalons. Surpris, par ce rebond, le capitaine lyonnais rate sa tête qui part en arrière et lance parfaitement Hoarau en profondeur, qui termine son sprint de 40 mètres avec Bisevac à ses côtés par une frappe ratée, trop croisée, qui n’inquiète pas Lopes. Alors que le match est dans un faux rythme qui semble plus gêner Lyon que Bordeaux, l’ex Parisien rate le 2-0.
45ème +2 : Instant « Actors Studio » de la rencontre. Planus jaillit devant Ferri pour récupérer un ballon dans sa surface et, voyant que son geste va entraîner un corner, se jette grossièrement pour faire croire à un croche-pied du N°12 de l’OL. Par pitié ou par incompétence, M. Gautier se laisse abuser par cette simulation pourtant très prévisible (comme le tennis d’Amélie Mauresmo – les amateurs de contrepèteries l’auront -).
Mi Temps : Sans briller, mais en suant beaucoup, même si c’est brouillon, Bordeaux mène 1-0 sans grande discussion possible. Lyon se cherche encore tactiquement.

Capture 3 PLANUS BRIAND
Mano née grasse ?

La deuxième mi-temps où tout se pète la gueule en 180 secondes
47ème : Instant « Actors Studio » de la rencontre N°2. Bedimo saute le milieu pour atteindre Briand, qui se gaufre dans son duel avec Planus à l’entrée de la surface, bien « aidé » par le tirage de maillot assez évident du vieux briscard des Girondins, lequel berne tout le monde (et Anthony Gautier le premier) en se replaçant le buste haut, la fesse bien ferme et la mèche au vent, comme si de rien n’était.
50ème : Parti de son camp, dans un une-deux de 30 mètres sans doute involontaire avec André Poko, facilité par l’apathie de Bisevac pour intercepter, Sertic part au but. Son crochet extérieur en plein course pour se recentrer et éliminer Umtiti est inspiré, mais sa frappe des 20 mètres, alors qu’il pouvait encore s’avancer, passe bien loin des cages de Lopes. Un peu comme Hoarau avant lui, l’attaquant d’un soir des Marine et Blanc chie dans la colle.
60ème : A force de ne faire que reculer et de rendre le ballon trop vite en s’affolant depuis plusieurs minutes comme une jeune première qui découvre la dureté de la vie, Bordeaux manque de se faire planter sur une connerie. Ca commence par un air dégagement de Poko, puis par une mésentente entre Carrasso et Henrique sur un ballon anodin de Tolisso. Percuté par son défenseur central, le capitaine bordelais relâche le ballon, mais Mariano revient sur la ligne pour empêcher Briand d’égaliser.
64ème : Un joueur revenant de blessure en remplace un autre. Jussiê rentre à la place de Rolan. Le N°9 s’éteignait peu à peu, malgré beaucoup de bonnes volonté et quelques prouesses techniques dans la conservation du ballon tout au long de sa présence sur le terrain. Avec l’arrivée du Brésilien sur le pré, Gillot vientd’effectuer le seul vrai changement un minimum qualitatif qui lui était possible.

IMAGE 4 BANC BORDEAUXCe que Francis Gillot voit quand il se retourne vers son banc…

67ème : Passé à droite avec la sortie de Rolan et l’entrée de Jussiê (qui évolue, lui, à gauche), Saivet se permet une petite roulette pour contourner Bedimo et envoie parfaitement Sertic en profondeur. En avance sur Umtiti et couvert par Bisevac, le Franco-Croate s’immobilise complètement sur son contrôle et ne s’offre pas le face à face attendu avec Lopes, obtenant un corner assez décevant au final. C’est la 3ème fois que Bordeaux bouffe la feuille et rate le 2-0…
72ème : Clinton Njie, encore un jeune de Lyon, remplace Bafé Gomis, mis sous l’éteignoir par le quatuor Planus – Henrique – Sané – Poko (comme Lacazette d’ailleurs). Quelques instants avant, ce même Gomis avait cependant frappé… bien à côté et dans un angle très fermé, avec Orban qui s’était jeté sur lui. Rien de bien dangereux.
80èmeet 82ème: Gaël Danic entre en lieu et place de Jordan Ferri. Imité deux minutes après par Maxime Poundjé, qui compense la sortie de Guillaume Hoarau. Le jeu des chaises musicales continue à Bordeaux. Jussiê passe attaquant, seul devant, avec un Sertic exténué qui trotine autour, la langue pendante, la tête basses, les bras ballants, tandis que Poundjé prend le rôle de milieu gauche. Vous savez, le poste que Jussiê et Saivet ont occupé avant ?

 

IMAGE 5 GILLOT CHAISES MUSICLES
Le palmarès de Francis Gillot à Bordeaux risque de s’étoffer cette saison…

85ème : Et sinon, Marc Planus se prend son jaune syndical. Pas de tacle dont il a le secret cette fois, mais une discussion un peu vive avec un arbitre assez nerveux ce soir. C’est beau de voir un joueur de devoir comme ça !
90ème + 1 : HOLD UP ACTE 1. Dangereux deux fois dans le match (Numéro en solo de Lacazette à la 10ème et cafouillage Henrique – Carrasso avec frappe de Briand et sauvetage sur la ligne de Mariano à la 60ème), les Lyonnais égalisent sur une phase vraiment pitresque des Bordelais bien exploitée par le duo Briand – Bedimo. En voulant dégager un ballon gratté par Sertic, Poko est contré par Bedimo, toute la défense, bien trop haute et mal alignée, est prise à revers, ce qui profite à Briand, lancé côté gauche, qui décale Bedimo, lequel avait continué sa course, à l’entrée de la surface, permettant à son N°3 d’aller marquer en taclant face à une sortie hasardeuse de Carrasso.
90ème + 3 : HOLD UP ACTE 2. Alors qu’il reste 20 secondes à jouer et que Lyon a une dernière touche près du poteau de corner girondin, les 8 Bordelais sont statiques face aux 7 Lyonnais, surtout Poundjé qui ne monte pas sur Gonalons, laissant le capitaine des Gones centrer pour Tolisso, qui passe devant Henrique et ajuste tranquillement Carrasso, de la tête, à l’entrée des 6 mètres.
En moins de 200 secondes, après un match médiocre des deux côtés mais légèrement dominé par Bordeaux, Lyon et son inoffensive équipe de gamins (tous de futurs Sylvain Idangar) ont pourtant donné une leçon d’état d’esprit et de volonté aux Planus, Henrique, Mariano et autre Sané, légèrement plus expérimentés s’il en est. Pendant que grands médias et mastres vont expliquer 180 secondes d’irrationnel par de grandes théories simplistes sur le refus de jouer, le mérite, la politique des uns et des autres, et que les joueurs vont continuer de dire qu’ils jouent l’Europe voire même la 3ème place (si si, ils l’ont dit), le verdict est rendu. Bordeaux est 8ème, loin de l’Europe. A sa place sans doute. Rien de plus.

Voilà pour le match. Maintenant, place aux notes.

Les 11 types 

Cédric CARRASSO (2/5) : S’il n’a pas reproduit sa boulette mémorable de Sochaux, le capitaine du navire de l’épave n’a rassuré personne. S’il n’a pas eu grand-chose à faire niveau arrêt, il n’est pas vraiment à son avantage sur les buts. Mais on l’a connu tellement bon qu’on se dit qu’il aurait pu faire mieux. Tout comme sur certains dégagements et certaines prises de balles.

MARIANO (3/5) : Toujours un peu trop de déchet dans les relances et une fâcheuse tendance à couvrir les attaquants qu’il doit mettre hors-jeu, mais ça n’atténue pas un match avec beaucoup d’interceptions, de duels gagnés, un sauvetage sur sa ligne et une passe décisive.

Carlos HENRIQUE (2/5) : Anormalement fébrile sur plusieurs phases de jeu, pris de la tête sur le second but lyonnais, souvent hasardeux dans ses passes, Carlos a été au diapason de l’équipe… Combatif, mais médiocre.

Marcs PLANUS (2/5) : Capable du pire (fautes grossières, mauvais placement, jeu long stéréotypé) comme du meilleur (interceptions salvatrices, retours bien sentis, transversales précises) Marco est sans cesse sur le fil… Et ça fait peur !

Lucas ORBAN (2/5) : Match confus pour l’ex du Tigre. Bon comportement défensif individuel, bonne entente dans le repli avec Saivet. Offensivement, dans les relances surtout, on repassera. Mais la saison est encore longue pour régler les détails ! Comment ? 28ème journée ? Ah…

Lamine SANE (3/5) : Lui qui n’avait plus joué à ce poste depuis plusieurs matches et revenait en force dans la défense centrale a dû dépanner une ligne au dessus face à l’absence de milieux disponibles. Et ca n’a pas été mal du tout. Partie assez sobre tout de même pour l’international sénégalais. Sans faille, ni éclat.

André POKO (3/5) : Tout de même actif à la récup’ et pas bête sur certaines projections vers l’avant, il retombe parfois dans ses travers et pêche par naïveté, dans ses placements notamment. S’il est pareil aux entraînements qu’il ne l’a été sur le match, on comprend pourquoi Francis Gillot l’a dans le collimateur vu son potentiel et sa marge de progression.

Diego ROLAN (3/5) : Confirme quand il joue (c’est-à-dire pas souvent vu qu’il est sans arrêt blessé) qu’il a un réel talent et qu’il est meilleur en milieu droit qu’en attaquant. Avec du rythme et du muscle, il a les qualités pour se montrer décisif. Mais ça fait un peu un an qu’on dit ça de lui…

Henri SAIVET (4/5) : Même s’il a aussi souvent joué arrière latéral que milieu de côté, cela a été pour le bien de l’équipe. Une vraie débauche d’énergie de la part du buteur bordelais de la partie malheureusement inutile vu le résultat.

Grégory SERTIC (2/5) : Un peu comme face à Sainté, c’est comme second attaquant qu’il a évolué. Pas son poste donc. D’où beaucoup de courses dans le vide et de pressing à contre temps. Parfois, son aisance technique fait du bien cependant. Dommage qu’elle n’ait pas été assez mise à profit en fin de match.

Guillaume HOARAU (1/5) : Pas aidé par ses coéquipiers qui n’ont, visiblement, pas assez de jugeote pour le solliciter autrement que par des longs ballons aériens – ou, au moins, en lui apportant du soutien sur les innombrables déviations qu’il fait -, le N°13 du FCGB n’a, il est vrai, pas montré de justesse technique pour inciter qui que ce soit à combiner avec lui au sol. Un match à oublier pour lui. Comme pour un peu tout le monde en fait.

Les entrants

JUSSIÊ : Plus ou moins le seul remplaçant digne de ce nom présent sur le banc, l’ex du RC Lens, pourtant offensif dans son profil, a été l’un des premiers à reculer, tant dans le couloir gauche, où il était utilisé par défaut, qu’aux avant-postes. Problème de consignes ? Ou mec qui s’est chié dessus ? On attend l’enquête parlementaire…

Maxime POUNDJE : Sans tirer sur l’ambulance, force est de constater que le jeune d’origine camerounaise, rentré milieu gauche, a compilé, en une dizaine de minutes, tout ce qu’on lui reproche cette saison quand il joue. Le pauvre est au fond du trou.

Bruno Bistrot.

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