Bordeaux – Rennes (2-2), la Scapulaire Académie livre ses notes

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Bruno Bistrot n’aime pas la Bretagne.

Salut les sucrés, le gros Bruno est de retour. Pour commencer, je vais m’excuser d’avoir zappé l’académie du match face à Nice. J’étais occupé à faire le 89ème coma éthylique de ma brillante carrière de supporter (avant le 90ème à Nantes le weekend d’après)… Mais au final, c’est presque tant mieux vu qu’il y aurait sans doute eu quelques redondances avec cette académie. Puis, entre nous, vous z’étiez pas bien avec nounours ? Certainement mieux que les Girondins avec leur dignité en ce moment. Car pour faire les beaux devant la presse avant les matches en parlant de jeu et d’Europe il y en a du monde, mais pour mettre en pratique ces jolis discours sur les pelouses dévastées de notre belle Ligain, il n’y a plus personne. D’ailleurs, à propos de dévastation, c’est Rennes l’adversaire du soir, ou l’équipe contre laquelle l’immense majorité des derniers affrontements on été de très bons laxatifs. Mais ils restent sur 3 victoires de suite, et nous sur 3 matches nuls… Donc profil bas.

Les 22 qui courent

Trêve de plaisanteries, on passe au match. Pour une fois, J-lo from the North n’a pas trop d’absents à déplorer. Seuls le sosie de Vin Diesel, Landru Nguemo et le magicien Jussiê squattent l’infirmerie, en plus du bon Carlos, suspendu pour avoir top mordu les mollets adverse. Du coup, le 4-4-2 de 6Fran ressemble à ça :
Carrasso (cap) – Mariano, Planus, Sané, Orban – Sertic, Traoré Rolan, Maurice-Belay – Saivet, Hoarau.

Du côté de Philippe Montanier, à part Paul-Georges Ntep qui n‘est pas au Ntop (pardon), l’équipe est à peu près la même que celle des derniers matches, avec les deux recrues offensives Kamil Grosicki et Ola Toivonen et le 4-3-3 habituel :
Costil – Danzé (cap), Kana-Biyik, Armand, Mbengue – Konradsen, Doucouré, Makoun – Grosicki, Alessandrini, Toivonen.

La première mi-temps où ça pose le jeu

2ère minute de jeu : Déjà, Abdoulaye Doucouré se projette entre les lignes, servi au dessus du milieu bordelais par Jean II Makoun, mais Marc Planus revient le tacler de façon autoritaire (comprendre : « Le pied à 70 centimètres du sol en arrachant tout, mais le ballon en premier »).
3ème : Premier duel entre Grosicki et Lucas Orban et débordement « main dans le slip » du Polonais face à l’Argentin. Le N°6 rennais rentre dans la surface et centre fort à ras de terre, Cédric Carrasso dévie, tout le monde cafouille et l’arbitre Mikael Lesage siffle on ne sait pas trop quoi en faveur des Girondins. Mon rythme respiratoire et la fréquence de contraction de mon anus redeviennent normaux.
10ème : Bordeaux, qui a mis le pied sur le ballon après de premières secondes compliquées, se crée sa première occasion. Lancé à droite par Abdou Traoré, Mariano profite de l’appel de Diego Rolan pour rentrer dans l’axe et décale Grégory Sertic à l’entrée de la surface, mais la frappe sans contrôle du N°26 des Girondins est un peu molle et Benoit Costil (mauvais sosie d’Olivier Giroud) la repousse du genou.
12ème : Corner obtenu par Henri Saivet face à Sylvain Armand. Sertic trouve Orban au second poteau, Au duel avec Mbengue, et monté très haut pour prendre le ballon, le N°23 du FCGB n’inquiète pas Costil, qui capte le cuir sans souci.

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Ou quand Guillaume Hoarau ne voit pas de longs ballons aériens lui passer au dessus…

30ème : D’un côté comme de l’autre, pas d’occasion franche à signaler. Malgré tout, le match est pas dégueu, principalement du fait des Girondins qui semblent avoir enfin écoute les beuglements de leur coach aux entraînements et n’ont pas balancé une seule fois vers Hoarau. Le pari de la possession (60-40) et du jeu au sol est tenté, avec un bloc haut et un pressing assez bien mené, notamment par le duo Sertic – Traoré, qui fait la loi au milieu. Ca manque quand même de percussion, malgré les appels incessants de Rolan et les décrochages de Hoarau et Saivet… Mais vu ce à quoi on était habitué ces derniers temps, on se contente de peu.
34ème : Contre mené par Grosicki à droite, en relais avec Makoun. L’ex joueur du championnat turc n’est pas vraiment attaqué et se sent pousser des ailes, frappant en force depuis les 20 mètres. Ca s’envole en direction d’un des 678 153 579 enfants présents au Parc Lescure.
37ème : Sur l’une des premières phases de construction rennaise au milieu, et tandis qu’ils reculaient un peu depuis quelques minutes, les Bordelais plantent un contre éclair. Au pressing sur Makoun, Rolan récupère dans son camp, combine avec Traoré et profite du no man’s land pour perforer dans la moitié de terrain bretonne, servant idéalement Hoarau entre Konradsen, Kana-Biyik, Armand et Danzé, lequel s’en va marquer en attendant le dernier moment pour frapper du plat du pied droit sous le ventre de Costil. 1-0. On n’est pas trop mal ma foi.
40ème : Euphoriques après leur but, tels des collégiens découvrant la bière après leur brevet, les Bordelais frôlent la correctionnelle. Sur un renversement de Planus pour Sertic, tout le monde part à l’abordage (la palme revenant à Sané, qui se croit milieu droit – bon, à sa décharge, l’action vient d’un corner où il était monté -) et il faut un retour miraculeux de… Traoré (?!?) pour empêcher Grosicki (décidément très remuant) d’aller se présenter seul face à Carrasso plein axe.

Mi Temps : Presque rassurant et cohérent dans le jeu (même si c’est pas fou hein), les Girondins mènent 1-0 de façon assez logique.

La deuxième mi-temps où ça pose pas les couilles

48ème : Grosse erreur de concentration de Lamine Sané, qui rate un contrôle sur une passe en retrait d’Orban. Toivonen, pas con, a suivi, mais le défenseur sénégalais rattrape sa cagade avec un sprint et un tacle glissé impressionnants. Le genre de conneries – sauvetage dont on a l’habitude avec lui…Nos machines à laver, moins.
61ème : Reparti sur un rythme moyen, la seconde période va voir, comme la première, les Girondins faire la différence en contre. Exploitant, à nouveau, un déséquilibre du milieu rennais lors d’une attaque placée, les Bordelais récupèrent haut avec Orban, puis Maurice-Belay, qui décale Saivet, isolé à l’entrée des 30 derniers mètres, conditions parfaites pour ajuster un amour de passe en profondeur vers Rolan, permettant à l’Uruguayen de se dépuceler en inscrivant son tout premier but d’une frappe en force du plat du pied droit que Costil ne peut qu’effleurer. Grâce à son N°9, qui marque un an et 3 mois après sa venue, Bordeaux mène 2-0 et se dirige vers un succès intelligemment construit. C’est trop beau pour être vrai, mais à ce moment précis, c’est pourtant bel et bien la vérité.

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Le supporter bordelais, quand son équipe mène au score…

64ème : La vérité, c’est aussi que cette équipe a un mental de crustacé. Et que toute la Ligue 1 commence sérieusement à le savoir. Du coup, même à 0-2 après une heure de jeu et sans avoir été trop dangereux jusque là, Rennes revient dans le coup. Profitant d’une infériorité numérique temporaire de Bordeaux dans l’entrejeu (sortie sur blessure de Sertic pour se faire soigner), Makoun monte d’un cran et, servi par Toivonen en pivot dos au but, adresse une passe vicieuse dans le dos de la défense zone sinistrée bordelaise, offrant à Doucouré l’occasion de tromper Carrasso à bout pourtant. Ironie du sort, le cousin de Ladji devait être remplacé par Foued Kadir depuis quelques instants… Et sort donc immédiatement après son but.
68ème : Le sketch continue ! Sur son deuxième (et dernier) tir cadré du match, le Stade Rennais va inscrire son deuxième but en moins de 300 secondes et recoller au score. Cette fois, l’action est digne d’un match de handball, allant de gauche à droite via le circuit Alessandrini – Konradsen – Makoun – Grosicki et se terminant par un centre de ce dernier pour Alessandrini, à la base du mouvement donc, qui se jette au second poteau pour marquer de près. Que dire côté bordelais… Qu’Orban laisse centrer Grosicki trop facilement ? Que Sané est un mètre plus bas que tout le monde et couvre le buteur ? Que Mariano ne voit jamais Alessandrini – certes hors jeu pendant de longues secondes – absolument seul dans son dos ? Que Carrasso fait une vieille sortie en chaussette, pensant d’abord pouvoir capter le centre, avant de réaliser qu’en fait non ? Et bien tout ça à la fois figurez-vous !
71ème : A l’inverse de ce qu’il font en général quand les choses vont mal, à savoir reculer et faire les cons, les Girondins, en réaction à ces 10 minutes de n’importe nawak absolu, se ruent à l’attaque et obtiennent une série de corners Sur l’un d’eux – le plus mal tiré pourtant -, Armand déchire son dégagement au premier poteau et va taper le poteau opposé de Costil.
73ème : Le centre de la gauche de Maurice-Belay est mal capté par Costil, Hoarau reprend à bout portant mais Mbengue contre, Sertic, gêné par le tacle d’Alessandrini, tente ensuite une frappe depuis l’entrée de la surface. Ca passe au dessus. Les vendanges sont bonnes à Bordeaux !
80ème : Cheick Diabaté pour Bordeau et John Boye pour Rennes, remplacent respectivement Henri Saivet et Jean II Makoun. D’un côté comme de l’autre, les artistes sont de sortie… L’un en attaque (Mon Dieu quelle audace Francis !), l’autre en défense (Mon Dieu quelle frilosité Philippe !).
84ème : Enchaînement contrôle poitrine et frappe du droit de Sertic des 35 mètres. La trajectoire est pure, mais ça passe un bon mètre à côté.
85-90ème+2 : Jusque là discret, Mr Lesage s’énerve (j’en suis très fier de celle-ci) et sort les cartons. Toivonen, Grosicki et Diabaté sont avertis, avec au passage un sacré cinéma de Kana-Biyik, pourtant pas gaulé comme un cure-dent, qui reste deux minutes au sol suite à un choc aérien avec le Cheick. Aussi, Steven Moreira remplace Kamil Grosicki, confirmant que Montanier se satisfait du point pris (vu le scénario, en même temps…)
90èm +4 : Arrive l’instant « caleçon souillé » du match… Comme Sertic quelques minutes avant, mais de plus près, Rolan s’essaye au combo du désespoir de la volée enchaînée après le contrôle poitrine. Cette fois, non seulement c’est pur, mais en plus c’est fort et cadré… Sauf que Costil empêche le foutre de sortir en allant chercher le ballon dans sa lucarne. Sur le corner, bien que le ballon soit resté dans les 30 derniers mètres rennais, le match se termine.
Paradoxalement, c’était, dans le contenu, le meilleur match de l’année 2014 des Girondins et l’un des meilleurs de la saison (c’est dire la saison). Mais, encore une fois, le résultat n’est pas au bout… Du coup, même si les Girondins regagnent 2 places et sont 7èmes, vu que Reims et Toulouse ont perdu, la 5ème place dont le club rêve – et que Lyon occupe – est désormais à 7 points. En termes d’enjeu sportif au classement, à 6 journées de la fin, la saison est finie. Malheureusement, les supporters vont devoir supporter ça encore 6 longs matches.
Voilà pour le match. Maintenant, place aux notes.

Les 11 types 

Cédric CARRASSO (chaussette/5) : Plus ou moins rien à faire dans la rencontre. Se prend deux buts sur lesquels il ne peut, là encore, rien faire. On notera quand même sa sortie Vercoutresque sur le second but, où ses défenseurs plots avaient déjà fait trop de merde pour qu’il évite la chiasse…

MARIANO (3/5) : Bon p’tit match dans l’ensemble pour le Carioca, qu’on avait rarement vu si influent sur con côté droit cette saison. Entente avec Rolan intéressante, notamment quand il prend son couloir, pour que l’Uruguayen se recentre.

Marc PLANUS (3/5) : Rien à reprocher (pour une fois) à Big Ma®c, qui a même été bon, apportant ses qualités de relance et de jeu long, dont ni lui ni Bordeaux n’ont abusé (pour une fois, là encore).

Lamine SANE (2/5) : Les duels, ok. Les relances, ça peut aller. Le placement, à réapprendre. La tactique pour savoir quand monter et quand rester derrière, également. La concentration, pas la peine d’en parler…

Lucas ORBAN (1/5) : Il se souviendra sans doute longtemps de Kamil Grosicki, ce Polonais au visage ingrat, au gabarit plus banal qu’une punchline de Manau, au N°6 laissant augurer une erreur de casting pour un milieu offensif… Mais qui l’a violé pendant 90 minutes.

Abdou TRAORE (4/5) : Peut-être son meilleur match depuis ses débuts prometteurs en 2008/2009. On se donne rendez-vous dans 5 ans, quand il sera encore au club, prolongé on ne sait pourquoi, éternel espoir de 31 ans, revenu de toutes les blessures, maladies et méformes imaginables, pour qu’il refasse une telle performance… Comment j’ai trop hâte !

Grégory SERTIC (4/5) : Une centaine de ballons touchés, plusieurs occasions obtenues, des coups de pieds arrêtés bien tirés et un impact quasi palpable sur le jeu. La chalance qu’on aime.

GIF NOTES

Diego ROLAN (5/5) : Passeur, buteur, mais aussi violeur sur certains enchaînements techniques. Qu’il continue ainsi. Et en milieu droit avec Mariano derrière siteuplé Francis. En espérant que cette rencontre sera le véritable point de départ de sa carrière bordelaise. Il serait un peu temps quand même…

Nicolas MAURICE-BELAY (2/5) : Moins en vue que d’habitude du fait de l’activité du côté droit bordelais, NMB a tout de même assuré le minimum syndical avec de la justesse technique, de l’abattage défensif (pour venir aider Orban notamment) et de l’audace offensive, mal payée cependant.

Henry SAIVET (2/5) : Sa passe décisive illumine un match assombri de mauvais choix techniques, de duels perdus et de décrochages mal sentis. Heureusement qu’il fait le taff défensivement.

Guillaume HOARAU (3/5) : Pas forcément très à son avantage mais juste dans son jeu et opportuniste pour ouvrir le score, le Réunionnais semble définitivement revenu à un bon niveau physique et technique après son année d’errance chez les bridés. A suivre, à titre individuel, d’ici la fin de saison… Parce que collectivement, y’a plus rien à espérer.

L’entrant

Cheick DIABATE : Qu’on aime ou pas son staïle, le voir sur un terrain avec sa dégaine improbable est toujours une attraction. Rien que pour ça, 2 lignes sont nécessaires.

Bruno Bistrot.

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