OM-PSG, Paris à culer…

Paris à culer

Craignant – à juste titre – que fister du farfadet n’y suffirait pas, la Ligue avait eu la bonne idée de programmer ce deuxième OM-PSG de la saison ce vendredi, garantissant ainsi le quota de bus caillassés nécessaire à la crédibilité du football professionnel.

Tandis que Duckhamel nasille aux deux entraîneurs de donner « une bonne image…on reste cool… », Niang préfère la blanche et l’emporte sur l’exotisme cynophile de Armand. Marseille gagne la « pièce » pour ce second acte d’une rencontre finalement très amicale. En effet, le PSG, « fair-play », est venu au Vélodrome pour servir de sparring partner à un OM toujours victime de sa gestation d’imbéciles.

Loin de vouloir satisfaire aux esprits partisans, il faut avouer que les lignes à suivre sont pleines de marseillais, tant le silence est parfois preuve de respect. Taire la prestation du PSG, c’est imaginer cette équipe atteinte d’un mal plus profond que la grippe A et lui souhaiter des jours meilleurs. En outre, raconter Marseille, ce n’est jamais que décrire une séance de mise en place tactique en « conditions du réel »…intéressant mais pas transcendant.

« Bouffer du tableau noir »…c’est en substance ce que les Marseillais ont du faire ces 10 derniers jours. Deschamps semble autant revenu de ses essais tactiques que ses joueurs de blessure, et le 433 aligné rappelle « le projet » initié début août. Ligne défensive originelle Taïwo-Heinze-Diawara-Bonnart, fermeture du Hilton au profit de Diawara, tandis que Heinze doit VRAIMENT avoir un contrat garantissant sa titularisation. Le triangle « pointe en bas » M’Bia-Cheyrou-Abriel n’est orphelin que de Lucho convalescent, la ligne offensive Niang-Brandao-Valbuena laissant le frêle Koné sur le banc. L’ensemble est « classique » mais son positionnement l’est encore plus. Aux errances habituelles a succédé une rigueur tactique surprenante.

–    En phase défensive : les deux relayeurs, resserrés dans le rond central, empêchent la construction adverse par un pressing haut. Sur les côtés, un latéral et son ailier veillent sur des attaquants parisiens endormis. En cas de jeu long, les tractopelles défensives sont prêtes à l’emploi : Heinze et Diawara, bouchers-charcutiers de leur état, chassent la viande de kebab (apparemment du bison ou du taureau…) après l’indigestion de bœuf argentin. En cas de « trou », Mbia vient colmater, parfois d’une « semelle scandaleuse » dénoncée par Dugarry très Louboutiniste. La refondation du « projet » passe par le retour aux fondamentaux : une base défensive solide, et sur un malentendu…

–   En phase offensive…provoquer le malentendu : Dès la 1ère minute, Bonnart combine avec Abriel, s’échappe dans le couloir droit et centre pour la tête de Brandao. Latéral offensif, relais court avec son « milieu relayeur », centre pour le grand 9…action de base du schéma en 433. 2ème minute, Abriel court-circuite son animation de couloir pour jouer long côté opposé en direction de Niang : « renversement », jeu long enrichissant les combinaisons pour mieux déstabiliser l’adversaire. Ces gammes se répètent tant bien que surtout mal durant le match, l’équipe n’étant dangereuse que sur coups de pied arrêtés. Ces derniers ont également fait l’objet d’un travail spécifique, en témoignent des combinaisons plus ou moins heureuses mais toujours variées. Si la récupération se fait en resserrant les lignes, l’animation offensive voit l’équipe coloniser les couloirs. « Izévite Lax » clame un Paganelli pharmacologue…Dugarry, partageant la passion de Henry pour les vidéos de Stéphanie la Fisteuse, appuie sur « la souffrance des 5 premières minutes…avant de ressortir un peu » puis s’extasie : « Ca coulisse hyper bien côté marseillais ! »

Certes, « ça coulisse », mais l’équipe ne dégage pas une grande assurance et l’ensemble ne passerait pas au marbre. Ainsi, Erding, « taureau-bison du Bosphore », parvient à échapper aux carnivores obsessionnels de la défense marseillaise, obligeant Mandanda à se faire « feulin » (38’.) Le même Erding multiplie (au moins 2 !) les raids solitaires, le Vélodrome raisonnant dans le mistral comme au bon vieux temps des chevauchés macabres de Ronaldingo. Las ! Le Turc « bégaie ses dribbles » tandis que Niang trouve l’arête d’Yves Montant sur le premier tir marseillais de la partie… à la 40ème minute. Entre temps, Heinze grimpé sur Diawara avaient rendu hommage au XV de France sur un coup franc de Abriel : 1-0, à la 24ème.

Que vous soyez Parisiens ou Marseillais, votre buteur sera ou non hors jeu… Quoiqu’il en soit, l’OM s’applique mais ne se procure aucune occasion nette dans le jeu et ne porte le danger que sur coups de pied arrêtés. La mise en place tactique se poursuit avec les inévitables dézonages de Valbuena, jamais remis de ce maillot floqué 10 offert pour ses 10 ans le 10/10, et dont le « rorschach » offert par canal illustre l’axomanie. Ses pertes de balle dans l’axe représentent une menace systématique pour la formation marseillaise dont le jeu offensif reste fondé sur l’occupation des côtés. De plus, aussi bien Niang que « cyclo dwarf » empêchent l’occupation sur la largeur et l’écartèlement adverse qui en résulte inévitablement. A l’approche du but, l’OM a donc tendance à s’empaler là où il serait préférable d’écarter…

« On est à culer ! Il faut mettre un bon ballon devant pour les faire re-culer ! »

Samy « saucisse » Traoré résume les envies parisiennes dans la langue de Mony Vibescu.

La seconde mi temps est même l’occasion pour les marseillais de renouer avec leurs errances, Niang jouant l’axe au point de devenir deuxième attaquant auprès de Brandao, tandis que Valbuena repique une crise de 10. A la 60ème, Deschamps ramène ses errants sur la pelouse, avant de sortir « le mannequin caleçon » et d’offrir son 10 à Lucho : 442, l’argentin meneur, Abriel-Cheyrou-Cissé à la récupération, Niang-Brandao en attaque. Le merdier a du bon, et Deschamps dispose désormais d’un tas de schémas et de compos différentes, toutes aussi inefficaces, mais tellement pratiques pour faire jouer Lucho. Le PSG sort Jallet pour Giuly puis Chatôme pour Jean-Eudes Maurice, résumé onomastique de l’histoire de France. Ainsi, les deux formations sont en place pour offrir 10 dernières minutes d’attaque-défense, l’OM travaillant son regroupement défensif tandis que le PSG, décidément excellent sparring-partner, fait semblant d’attaquer. De ce bain de siège supposé soigner les maux, seul le clin d’œil d’un Giuly enrhumant Taïwo mérite d’être mentionné (85ème), alors que le carré-tresses-moustache de Koné nécessiterait bien plus que ces quelques lignes.

1-0, l’OM toujours en gestation, semble être parvenu en salle de travail, pendant que le PSG reste fidèle à son calendrier : 1 victoire sur les 8 derniers matchs = crise de novembre. Il semble que « faire voler des objets » n’ait pas suffi à Kombouaré pour impressionner son monde et il lui faudra « créer quelque chose » pour réanimer une équipe qui « marque peu en début et encaisse beaucoup en fin de match »…signes de sénilité.

Un couple dans le match :

Le couple Cheyrou-Abriel illustre la reprise en main tactique apparemment opérée du côté de la Commanderie. Ce couple de milieux-relayeurs est de première importance dans l’animation du 433 envisagé. En phase défensive, il déclenche le pressing et son positionnement détermine celui de l’équipe. Ainsi, le pied gauche de Cheyrou l’incite à transmettre le ballon côté droit, annulant Niang et Taïwo. Parfois, Abriel se retrouva en position d’ailier droit à la place d’un Valbuena sans doute parti perdre des ballons dans l’axe. Deschamps inversa leur plat du pied à la mi temps, Abriel jouant à droite, ce qui permit quelques percées à Taïwo. En phase offensive, un seul se place en soutien de Brandao tandis que l’autre reste en retrait prêt à récupérer. Ainsi, l’OM se dote d’un « logiciel girondins » tendance Ligue des Champions, le milieu jouant le rôle d’un Gourcuff soutenu par l’autre milieu (en Fernando) et de la sentinelle (Diarra.) Le triangle « tête en bas » se mue en « colonne vertébrale. » Autre modification, Cheyrou ne force plus sa frappe de loin. Enfin, ce couple s’occupe de tous les coups de pied arrêtés, qu’ils tirent côté opposé, donc systématiquement « rentrants », variant parfois les combinaisons.

L'ancien

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