L’Internazionale si chère à Moratti, principal bailleur de fonds du calcio depuis plus de 20 ans, affrontait le Chelski de Abramovitch, jadis principal source de liquidités d’une Premier League alors en gestation. Duel d’entraîneurs entre Mourinho, invaincu à domicile depuis… 8 ans, en championnats et Ancelloti, double vainqueur de la Ligue des Champions comme joueur et comme entraîneur avec le Milan AC, aujourd’hui en charge des « vestiges du Mour. »

442 losange pour Mourinho, Zanetti (36 ans, 157ème match de rang)/ Lucio/Samuel/Maicon derrières Cambiasso en « Jim Ellison », Tiago Motta et Stankovic en relayeurs, Sneijder en 10 et un duo Milito-Eto’o en pointe. Zanetti parcourt le couloir gauche sans toutefois pousser au-delà des 35 mètres adverses, préférant le plus souvent combiner avec un relayeur ou piquer dans l’axe à la recherche d’un attaquant, au contraire de Maicon, toujours à la recherche du débordement-centre dans son couloir droit. Sneijder se démultiplie sur le terrain tandis que les deux attaquants plongent dans les couloirs afin d’offrir des solutions. 433 « arbre de Noël » pour Ancelotti, Malouda et Kalou occupant le couloir gauche sans jamais déborder, aspirés qu’ils sont par l’axe, au contraire de Ivanovic, qui pousse jusqu’à l’hémorroïde tandis que Anelka lui cède volontiers la place pour rejoindre Drogba dans l’axe. Lampard et Ballack jouent les relayeurs au milieu, Obi-Mikel joue en Diarra, Dubaï Terry récupère de son voyage de réconciliation en compagnie de Carvalho. Et le temps de dire cela, l’Inter mène 1-0, 2ème.

Catenaccio (« verrou »), tel est le terme auquel la glorieuse histoire de l’Inter est apparentée. Héritage de son illustre entraîneur argentin Helenio Herrera, ce système de jeu ultra défensif exigeant un libéro et deux stoppeurs pour une défense à 5 a permis à l’Internazionale de glaner 3 scudetti, 2 coupes d’Europe des champions et 2 titres de champion du monde des clubs dans les années 60. S’il est erroné de faire de Herrera l’inventeur de ce système, il reste encré dans la tradition de la bourgeoisie milanaise et la formation alignée par Mourinho ne déroge pas à la règle. En effet, l’ouverture du score par Milito conclut une action « droit au but » : récupération d’un relayeur, combinaison Sneijder-Eto’o pour Milito, et ce sans jamais reculer ni se déporter sur un côté. « Droit au but », démonstration aux football manager néophytes de ce que le jeu en passes « directes » signifie. « La moue du Mou » pour illustrer la satisfaction d’un jeu souvent caricaturé mais qui ne fait qu’aller à « l’essentiel » (Paul Le Guen.) Sneijder/Milito/Eto’o effectue un pressing constant et s’intercalent entre le défenseur central et son latéral-milieu offensif pour déstabiliser l’arrière garde londonienne, tandis que les relayeurs effectuent des fautes techniques au moindre problème de replacement (mention spéciale à Tiago Motta.) Attendre, « jouer par à coups » (PLG), et tout ceci avec l’accord d’un public pour qui seule la victoire est belle, et qui se fend d’applaudissements nourris à la moindre transversale (deux sur toute la rencontre, à destination de Maicon, 13ème et 75ème), et exulte lorsque Sneijder récupère un ballon dans ses 18 mètres, sauve le corner et relance long à destination d’un attaquant. Symboles de ce système, Cambiasso joue dans un fauteuil, les ballons venant immuablement terminer leur course dans ses pieds, tandis que Sneijder, Rémy Brica au service du collectif, évite statistiquement la défaite.

« Tout ce que va chercher l’Inter : passes longues, coup franc et mettre la balle dans la surface. » (PLG) En effet, à 0-1 face à une équipe jouant le contre, Chelsea risque de connaître quelques difficultés mais c’est un tout autre sujet qui préoccupe les consultants de Canal +. « Naïf », « fébrile » face à Milito, les jurés déclarent l’accusé Terry coupable d’adultère et semblent regretter sa récente et trop médiatisée réconciliation à Dubaï. Soulignant qu’il est « rare de se faire prendre de la sorte » (PLG), les dames patronnesses du nouveau code amoureux n’imagine pas Terry comme autre chose qu’un alcoholic que « la pression (aurait) rattrapée » (PLG), tandis que le procureur Iannetta entame son réquisitoire comme suit : « Parti recoller les morceaux avec sa femme…puisque c’est l’expression consacrée (…) » Pendant ce temps, Chelsea multiplie les tirs, Ivanovic les centres, Drogba trouve la transversale sur coup franc (14ème), imagine même un centre-tir pour la tête du gentil Kalou, pas même un index levé lorsque l’arbitre oublie un penalty suite à une faute de Samuel (45ème.) A noter que Paul Le Guen propose une nouvelle rubrique intitulée « je suis attentif à la position de … », consacrée ce mercredi à Malouda et Ballack. Le premier, en pré-retraite depuis la finale de la coupe du monde 2006, joue latéral gauche mais se trouve le plus souvent en position de milieu gauche, avec un fort penchant pour piquer dans l’axe, tandis que le second essaie vainement de répondre par la violence au front kick de Tiago Motta (8ème et 11ème.) Attaque-défense, 2 tirs à 12 pour Chelsea mais 1 -0 pour l’Inter.

« Entretien avec un homme fidèle…c’est assez rare. »

Nathalie Iannetta semble avoir découvert le code PIN de Jean-Chatte.

L’entretien de la mi temps donne l’occasion d’évoquer la seconde carrière de Giggs depuis que lui ont été greffées les jambes de Patrice Evra (pensée pour Rothen) tandis que le gallois compare Cantona à un jaune d’œuf, seul capable d’assurer le liant de la mayonnaise mancunienne. Sur la pelouse, les « coups de boutoirs » reprennent, Ivanovic persiste à centrer (48ème) avant de « changer de ligne » pour une percée dans l’axe soldée par un tir plein de gentils rebonds déclenché par le non moins gentil Kalou pour tromper l’accidenté à « drôle de tête » installé dans les cages intéristes : 1-1, 50ème. La tortue milanaise doit ressortir ses pilum et, même causes mêmes effets, une percée de Tiago Motta pour Sneijder ailier gauche aboutit à une double reprise de volée de Cambiasso, levé de son fauteuil pour l’occasion : 2-1, 54ème. Balotelli remplace Tiago Motta, l’Inter passe en 433 « Sneijder en haut », et Malouda termine le match en duel avec le chouchou des xénophobes transalpins (58, 59, 73, 74èmes.) Cech blessé cède sa place à Hilario, « blague du Mour » en fin de contrat, Pandev remplace Eto’o et d’aucun se demandent, à la lumière des golfes déjà clairsemés de l’international macédonien, si Alexandre le Grand avait réellement les moyens de le valoir bien. Anelka (64ème) et Lampard, d’une magnifique volée vrillée devenue passe latérale à 5 mètres (85ème) signalent leur présence, mais « c’est trop dans l’axe » (PLG) où se régalent Samuel et Lucio. Le premier déforme le maillot de Drogba en hommage à Alexander Mc Queen quand le second, prognathe fils de Vinnie Jones et d’un Ouistiti, passe le casting du prochain film de Guy Ritchie en jouant la douleur d’être orphelin de paire (76ème.) « Il faut attendre les matchs retours pour tirer des conclusions » (…) « Je pense que l’Inter a pris une très belle option. » (PLG)

1 thought on “Notre Footballologue analyse Inter-Chelsea

  1. « Entretien avec un homme fidèle…c’est assez rare. »

    Nathalie Iannetta semble avoir découvert le code PIN de Jean-Chatte.

    On lui a pourtant dit à Jean Chatte « arrête de prêter ton vuvuzela à tout le monde, ta femme va le savoir… »

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