Gazélec Ajaccio – Nancy (2-1) : La Chardon à Cran Académie révèle.

Nancy, an 18 après PC.

« Sortez le président de son baquet et branchez-le, s’il vous plaît. »
L’exécutant exécute, et voilà qu’apparaît le visage émacié de Jacques Rousselot-Lézard #4 qui ouvre des yeux pleins d’une bienveillante lassitude à peine sorti du liquide de conservation.
« Bien le bonjour, mon cher Vincent. Lieutenant Faisan, bienvenue. »
Vincent Hognon et son fidèle lieutenant s’ébrouent en grommelant une salutation confuse.
« Que me vaut la courtoisie de votre visite, agréables messieurs ? Puis-je faire quelque chose qui vous soit utile ? Changer une pelouse, vendre un joueur ?
-Rien de tout cela, président, répond Vincent. Je vous explique la situation. Il se trouve que nous allons en République Autoritaire de Corse, canal gazifère, pour jouer un match crucial, et que nos troupes sont terrifiées. J’aurais besoin que vous les haranguiez, histoire qu’ils soient assurés du soutien indéfectible de leur président-lézard et qu’ils partent le cœur battant vers ce territoire autonome hostile.
-Allons bon, mon cher Vincent. Nos joueurs sont terrifiés ? Je pensais que nous avions réussi à éradiquer cette sale histoire de contexte corse depuis que les matchs se disputent sans public.
-Il ne s’agit pas tout à fait de ça, président. Sauf votre respect, vous ne semblez pas savoir qui dirige ces Corses-là. C’est vrai qu’ils sont nombreux, et qu’est-ce qui ressemble plus à un Corse qu’un autre Corse, après tout. Mais nous sommes en face d’un autre problème. Et ce problème s’appelle Albert Cartier. »
Le visage de Jacques Rousselot #4 s’assombrit tout à coup à l’évocation de ce nom. On a beau être la quatrième réplique d’un président-lézard dont l’original a disparu depuis longtemps, on ne peut ignorer le mal qu’a fait et s’apprête encore à faire ce sinistre individu à l’AS-Nancy-Grand-Est.

Sur le chemin du retour vers Tomblaine, le Lieutenant Faisan et son maître devisent tout en peinant à conserver un semblant d’optimisme.
« Ces entretiens me glacent le sang à chaque fois, chef, je me dois de vous le dire.
-Je sais bien, Faisan, mais nous n’avons pas le choix. Vous avez entendu le président-lézard : il nous a bien dit de tenter de forcer la décision par tous les moyens.
-Si je puis vous faire part de quelque scepticisme, il nous a aussi dit d’accorder notre confiance aux forces Vincent-Muratoriques et à la chaleur causale du soleil – je le cite. Sans parler qu’il vous a sommé de titulariser Arnaud Nordin en mentionnant qu’il était le joyau de notre formation. Tout en ajoutant que nous devions nous inspirer de ces valeurs besogneuses de leurs ancêtres qui grattèrent la terre pour en extraire le joyau noir de nos sols à la richesse infinie et autres élucubrations qui donnaient la féroce impression qu’il parlait du FC Metz, monsieur !
-Ça suffit, Faisan, je ne peux pas vous laisser dire ça. Vous n’êtes de toute façon pas le premier à avoir remarqué que depuis la Révélation Générale des hommes-lézards, les clones des présidents de clubs débloquent à plein tube. Chaque copie est plus dégénérée que la précédente, et nous en sommes déjà à quatre répliques. Mais vous n’imaginez même pas ce qui se passe ailleurs. J’entends des nouvelles terribles de mes contacts en Ligain. À Lyon, par exemple, Jean-Michel Aulas #18 (18, vous vous rendez compte ?) a avoué qu’il clonait désormais son entraîneur. Ils en sont déjà à cinq répliques de Bruno Génésio, CINQ ! La ville est au bord de l’implosion. »
Le lieutenant Faisan marque un temps pour encaisser la nouvelle.
« Et pour le match, qu’est-ce qu’on fait ? »
D’un œil mauvais, Vincent intime l’ordre à son subalterne de la boucler. Qu’est-ce qu’il en sait, lui, de ce qu’il va faire…il ne va quand même pas se remettre à errer dans les environs du nouveau Picot, que l’État aide à reconstruire en négociant une entrée au capital du club. L’homme-lézard a cessé de l’aider, comme il a cessé d’aider son club. C’est entre Vincent et l’adversité, maintenant. Rien de ce qu’il représente ne trouve grâce aux yeux de ce foutu clone, il le sait. Comment voulez-vous avoir confiance en un peuple contre qui vous complotez depuis des millénaires ? Vincent l’a bien vu à la manière dont Jacques Rousselot #4 lui a refusé son soutien avant de demander qu’on le débranche. Cette dictature des hommes-reptiles présidents de clubs est moribonde. Une sale race de comploteurs maintenant révélés ne peut pas rester longtemps sans faire ce qu’elle a fait durant tout ce temps. Vincent sait que désormais les présidents de clubs complotent tous les uns contre les autres. Mais sa place à lui n’est pas la même. Son rôle n’est pas de faire tomber Albert Cartier. Juste de le battre une fois, en attendant qu’il se fasse licencier comme d’habitude avant le match retour.

LES LÉGUMES SUR PATTES.


Vincent a donc tenté un 4-3-3, seule référence au football de ce 10 + Youssouf Hadji.

LE MATCH.

Lectorat, tu n’auras point de live car un sordide individu a tenu à me faire voir ce match une bonbonne de rhum arrangé sur les genoux, ce qui explique probablement que les seuls souvenirs qui m’en soient restés soient associés d’aussi près à l’idée que je me fais du contenu d’un estomac en mauvais état. Ce qui ferait une métaphore plus que bancale de ce match si j’étais un académicien médiocre, mais tu sais que je ne le suis pas et que je suis le meilleur alors ta gueule.

La première mi-temps fut donc plutôt à comparer à une sorte de maelström de passes ratées, de duels perdus, de louvoiements défensifs et d’atermoiements offensifs. Tout un petit monde grouillant que l’on aperçoit avec curiosité quand on l’embrasse d’un regard lointain, mais que l’on découvre avec une horreur croissante à mesure que le travelling avant nous en rapproche. Oui, cette mi-temps et l’histoire du fiasco de l’humanité ont connu une grande accointance, et plus encore dans la mesure où j’ai retrouvé mes bons vieux appétits d’éradication TOTALE à mesure que le rhum aiguisait ma désespérance. On en était alors à 1-0 pour nos hôtes.

Mais qu’on ne croie pas que la deuxième période fut la raison d’une amélioration quelconque. Oh non, ce monde-là avait glissé de la macro-chienlit à la micro-décadence, et d’une vision globale, nous sommes passé à l’examen minutieux de toutes les carences physiques, mentales, humaines, sociales et psychologiques de notre effectif, avec une spéciale dédicace à Arnaud Nordin qui semble dépourvu d’un nombre suffisant de neurones pour garder les yeux ouverts et avancer son pied pour contrôler un ballon en même temps. Ceci dit, le pauvre jeune infirme ne fut pas le seul à démontrer de profondes blessures à l’âme et des insuffisances en vitamines B12, 13 14, E3, E5 et toutes autres conneries contenues dans la margarine, car peu après une égalisation de Robic mettant en péril les lois de la thermo-dynamique, notre défense offrit quant à elle une illustration parfaite de la loi de Murphy en rejouant l’origine du monde face à une attaque pourtant anodine au départ. Emmerdement maximal et intromission du prépuce sphérique dans l’orifice béant de Sergeï Chernik qui n’en demandait pas tant, on s’arrête à 2-1 en faveur des gaziers pour ce match, et encore une fois le football n’en sort pas grandi, même par la quantité.

LES NOTES.

Chernik 1/5 Sûrement difficilement remis des vagues terrifiantes d’assauts incessants de la horde bleue au Stade de France mardi dernier, Sergeï a probablement joué son pire match chez nous depuis le début. À moins que cela ne soit ces foutus clappings lui rappelant ces deux jumelles ukrainiennes de 16 ans qui le giflaient tour à tour pour son bon plaisir durant ses jeunes années au pays…

Cuffaut 2/5 D’une régularité passionnante dans la médiocrité et l’endurance.

Diagne 1/5 C’est bon, il est majeur, on peut insulter son éprouvante auto-satisfaction ou on attend encore un peu que des poils lui poussent sur le torse, le menton et les couil…les quoi ? Et arrête de relancer long, tes pieds en parpaings ne l’acceptent tout simplement pas.

Yahia 1/5 Son plongeon fascinant au devant de l’attaquant n’a pas dissuadé ce dernier de frapper pour le but de la victoire. C’est dire à quel point ses simagrées n’inquiètent déjà plus personne, au bout de deux titularisations seulement.

Muratori 1/5 Vincent Tackle n’est à l’aise que chez lui, le mal du pays le transforme en Vincent Petite bite.

Clément 1/5 C’est qui ce mec ?

Cétout 0/5 Non mais toi c’est plus possible. On aime tous ton sourire niais et ta bonne humeur très « Noir de la télé des années 80 », mais à un moment faut que Hognon se dise que ta place est logiquement plus aux Enfoirés que sur le terrain.

Marchetti 1/5 À défaut de gagner des duels comme tous ses coéquipiers, lui au moins a cherché à blesser les autres et à obtenir des coups-francs pour mal les tirer lui-même. Et si on aime cette implication de circonstance, adversité insulaire oblige, on ne t’aime toujours pas, Vincent (encore un ? Mais bordel).

Nordin 0/5 L’antithèse de l’homme. Casse toi.

Robic 3/5 L’homme vrai. Buteur et seul au niveau de combat exigé pour ce match de bourrin, il n’a pas lésiné sur les roulés-boulés et les grimaces pour bien montrer qu’il était avant tout une victime dans cette histoire.

Hadji 2/5 Non mais je ne peux décemment pas lui mettre la moyenne, mais je ne peux pas lui mettre zéro non plus.

REMPLAÇANTS ?

Trop soul.

NOTE ARTISTIQUE DE L’ÉQUIPE : 1/5.

Niquez vous, gentlemen. Vos matchs, c’est comme la loi travail, la loi de sécurité du territoire, la lèpre, la faim dans le monde, la menace nucléaire, les abrutis qui mettent de l’huile d’olive dans l’eau des pâtes, Macron, les fils de pute sans âme qui se croient spirituels en faisant péter des bombes, les jumelages avec des villages luxembourgeois, les supermarchés et la spéculation sur les céréales qui te font payer des bières plus cher qu’une putain de carte annuelle du parti communiste : on n’en veut pas, mais on n’y échappera pas alors autant essayer de faire passer ce désagréable moment le mieux possible.

Alcool, drogue, auto-scarification morbide et dépression nerveuse sont toujours au programme de l’académie, qui a un peu changé, vous l’avez remarqué. Dorénavant, on y raconte des histoires parce que la réalité de l’ASaNaL est bien trop triste, trop terne et trop prévisible pour rester acceptable encore longtemps. Les paradis artificiels devraient peut-être nous préserver de l’aigreur pour votre bon plaisir assez longtemps, nous qui sommes d’un naturel si joyeux. Salopes.

Marcel Picon.

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

6 commentaires

  1. Peut-on espérer un crossover avec l’épopée de Superacad ? Une formidable dystopie où l’on apprendrait que Ménésis est en réalité originaire de Maizières-lès-Metz ?

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