Amiens-OM (0-2), La Canebière académie évacue

L’ennui moelleux du dimanche a parfois du bon.

Aïoli les sapiens,

En clôture de cette semaine pour le moins fiévreuse, l’OM s’offre un match-paracétamol : à savoir, une rencontre post-prandiale sans intérêt face au porte-étandard flasque d’une région insipide. Non que les choses s’annoncent facile, bien au contraire, mais dans ces circonstances il faudrait vraiment que l’OM se surpasse dans l’analité pour réussir à élever la température.

Pour ma part, j’ai pioché dans ma DVDthèque pour meubler l’attente de ce morne match. Un très bon film, que je vous conseille :

Le « pitch » : à la fin du mois d’août, le Projet d’OM Champion connaît un accident tragique, confié à un chauffeur bourré qui le fracasse à 150 km/h dans le tunnel du coaching. Dans une institution largement décrédibilisée, le Projet avait réussi à conquérir les cœurs du public. Meurtrie, Marseille attend des mots de réconfort de la Reine Jacquhenrie, pourtant celle-ci reste mutique. Les banderoles à la mémoire du Projet commencent à s’amonceler devant le stade, et la colère populaire monte face à la monarque jugée hautaine et condescendante. Celle-ci refuse obstinément de prendre la parole, sans s’apercevoir que cette condescendance alimente le ressentiment du peuple ainsi que les pires rumeurs. Les connaisseurs de l’âme olympienne tentent d’intercéder auprès de la Reine Jacquhenrie : celle-ci demeurera-t-elle sourde à ses appels, au risque que cette crise fasse vaciller l’institution toute entière ?

 

L’équipe

Pelé

Sakai  – Rami – Rolando  – Amavi

Luiz Gustavo – Zambo Anguissa

Thauvin (Sarr, 88e)  – Payet (Sanson, 76e)  – Ocampos

Njie (Germain, 67e)

 

Encore pénalisée par les blessures de Mandanda et Abdennour, l’équipe connaît une rotation supplémentaire avec la mise au repos de Sanson et Germain (ainsi que Lopez, qui prend place en tribune). Pas d’hostilité face à ces choix, mais comme tout le monde, une certaine perplexité qui m’amène à m’en tenir à l’attitude professionnelle du chroniqueur consciencieux : attendre de voir comment le vent tourne et défoncer l’entraîneur en cas de défaite.

 

Le match

Comme d’habitude avec l’OM, la première mi-temps est soit un brouillon, soit un bouillon. Nos olympiens choisissent la première option, avec le mérite de répondre à l’impact proposé par les brutes épaisses d’en face. Pour ce qui est du jeu en revanche, absence de prises de risques et erreurs à foison de nos supposés leaders techniques font de ces 45 premières minutes une purge. Peu de dangers à signaler, à l’exception brutale d’une double alerte slipissime sur coup-franc puis corner à la demi-heure.

A la reprise, Thauvin et Payet se rappellent brièvement que leurs possibilités sont censées dépasser celles de l’équipe « Bar des Sports » au tournoi de sixte de Cogolin. Plus en confiance, ils réussissent enfin des enchaînements, qui ont pour effet de les rapprocher d’un Njie jusqu’ici aussi esseulé qu’inutile. C’est ainsi que Dimitri lance sur la droite Sakai, dont le centre tendu est complètement manqué par Adennon. Clinton a le mérite d’ôter sa main pour laisser le ballon rebondir sur son ventre et marquer ainsi un but horrible, certes, mais valable (0-1, 52e).

A voir la défense d’Adennon, on comprend mieux pourquoi leur stade s’appelle ainsi.

 

Signe que l’OM fonctionne à la confiance, l’action suivante est limpide : Amavi transmet à Payet, qui adresse enfin une belle passe en profondeur pour Thauvin. Florian fixe intelligemment son défenseur et transmet à Njie, qui déborde le gardien pour le doublé (0-2, 55e).

Rassuré, l’OM joue une main dans le slip sans prendre de risques outre mesure. Amiens se montre d’autant moins dangereux que notre défense s’avère pour une fois intraitable. Hormis quelques frappes de loin et pertes de balles bien compensées, la fin du match s’écoule aussi paisiblement qu’une après-midi devant Drucker, l’envie de se suicider en moins. Tout en restant lucides sur nos limites, autorisons-nous de passer un moment de détente à savourer cette victoire.

 

Les joueurs

Pelé (2+/5) : Le retour de Mister Clineshiteu, ladite clean-sheet étant essentiellement due à ce que l’on appelle dans le jargon un énorme coup de figue, tant sa sortie manquée de la 31e avait toutes les chances de finir en CSC.

Rami (4+/5) : Le stade de la Licorne, ainsi nommé car lieu de rencontre d’animaux mythiques. On y a ainsi aperçu un défenseur olympien maîtrisant son sujet, phénomène que l’on croyait au moins aussi improbable que le monstre du Loch Ness.

Rolando (3+/5) : Sobre, jamais débordé. Un effort suffisant pour éviter aux Picards de le kidnapper à la fin du match en le confondant avec un tracteur à betteraves.

Sakai (4/5) : Une abnégation sans faille, petitement récompensée par une passe décisive sur l’un des buts les plus infâmes de ce début de saison. Hiroki, c’est ce candidat de Questions pour un Champion qui répond correctement sur la capitale du Lesotho, la forme des colonnes corinthiennes et la circonférence de la couille gauche de John Fitzegerald Kennedy, tout ça pour repartir du studio en ayant gagné le Guide Larousse du Barbecue.

Amavi (4/5) : I love his game.

Luiz Gustavo (3-/5) : Encaisse son tiers-de-sertic habituel (voir l’académie précédente) après avoir subi un débordement indigne de son standing. Du reste, s’il nous a offert son quota de retours décisifs et anticipations savoureuses, Luiz Gustavo s’est montré plutôt frileux dans le jeu alors que la présence d’un bon André-Frank à ses côtés aurait pu le libérer.

Zambo Anguissa (4-/5) : Car oui, le protégé d’Erzulie ne s’en est pas remis qu’aux dieux vaudous pour assurer sa présence sur le terrain : il n’a pas non plus oublié d’être bon. Oh, bon à sa façon, c’est-à-dire qu’il exerce le football comme Israël exerce la diplomatie : sur un bulldozer.

Thauvin (2+/5) : La tête dans le guidon, et mon pied dans son cul.

Sarr (88e) : Il a eu le temps de réaliser un joli numéro dans la surface amiénoise.

Payet (3+/5) : Sans confiance, le talent n’est qu’un poids supplémentaire. Une pipe ou une paire de claques, je ne sais quel soin lui a été prodigué dans le secret du vestiaire de la Licorne, mais celui-ci semble avoir réussi à lui rendre une certaine qualité de jeu.

Sanson (76e) : Si la vivisection humaine n’était pas interdite, je mettrais bien Morgan et André-Frank dans un hachoir, pour remodeler un joueur qui ait à la fois la qualité technique du premier et l’impact athlétique du second.

Ocampos (2+/5) : Brutalisé par les bouchers d’en face qui, à coups de pieds dans la gueule, tacles par derrière et accrochages vicieux lui ont infligé des sévices que nous-mêmes n’aurions pas osé lui souhaiter lors de ses pires moments.

Njie (4-/5) : En première mi-temps, un volume de jeu plus réduit qu’un hélicobite devant la base Dumont d’Urville. Quand les autres offensifs ont su s’approcher de lui, il s’est en revanche trouvé à point nommé pour concrétiser plus ou moins adroitement les services de ses équipiers, ce qui était bien le principal

Germain (67e) : Je l’attendais comme le sauveur à la pause, il aura finalement pu se reposer un peu plus. Peu d’occasions de trouver enfin la réussite en championnat.

 

L’invité zoologique : Gaël Kakutoes.

Il fait tellement le beau avec sa crête et ses plumes poudrées, que le cacatoès, réputé pour être une tête de con absolue dans l’ordre des psittacidés, mérite bien qu’on lui rabatte son caquet de temps à autre. Je veux dire, quand on vient du trou du cul de la Papouasie, on a la décence de ne pas provoquer les civilisés avec ses cris désagréables.

 

– Les autres : Pas grand-chose à retenir de notable, en bien comme en mal, si ce n’est une certaine propension à la brutalité.

– Le classement : Sixièmes à trois points du podium, les affaires reprennent. Si l’on parvient déjà à écarter les humbles sans trembler du slip comme cet après-midi, ce sera déjà un premier pas.

– La vidéo : Je n’ai pas encore retrouvé la vidéo de l’affreux corner à deux de Payet et Thauvin à exactement 64’12’’ de jeu. Pour compenser, je vous remets le lien vers ce documentaire, qui n’a rien à voir mais qui vous fera toujours passer un moment instructif.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Johny Kreuz remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

9 Comments

  1. Sacrée performance de l’académie. Bientôt l’article sera en ligne avant même le coup d’envoi, sans que la plume ne soit moins agréable à lire.

    Et surtout merci d’avoir niqué Amiens. J’espère que vous reprendrez votre crise sportive contre le Racing dans un mois!

  2. Le Camelus a des lettres et de la connaissance géographique et anatomique ainsi que sciencesphysiques! Encore autant de choses que les Picards n’auront pas !

  3. Luiz Gustavo a un Romao dans chaque jambe, donc un carton par match c’est le tarif.
    Ocampos c’est plutôt un neurone dans chaque jambe. Et avec ce qu’il a pris dans la tronche hier, le décompte s’impose.
    Un match chiant et rapidement plié avant l’heure de jeu, de là à dire que nous sommes sur le chemin de la rédemption…

    Une antisèche pour la prochaine conférence de presse de Rudi :  » On a peut-être la meilleure défense de France. On a pris 9 buts en 2 matches et 1 but en 4 matchs. Dimanche (contre Toulouse), il faudra la défense qui prend 1 but en 4 matchs, peut-être la meilleure défense de France. « 

  4. Je vous lis depuis assez longtemps et à chaque fois vous me faites hurler de rire tout seul devant mon écran, merci beaucoup pour ces moments et ces références qui sont du pur bonheur :).

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