Lorient-OM (1-4), La Canebière académie corrige

Dans un championnat plus disparate qu’une poule FSGT, la quête d’une équipe correspondant à notre niveau se poursuit

Aïoli les sapiens,

MM. McCourt et Eyraud ont, dès leur prise de fonction, déclaré qu’au-delà de l’aspect sportif, leur Projet® visait également à faire de l’OM un club citoyen. Une équipe ancrée dans sa ville et dans son époque, en quelque sorte. Et le moins que l’on puisse dire sur ce plan, c’est qu’ils ont d’ores et déjà réussi leur coup : à le voir harceler les plus vulnérables pour mieux se consoler d’être enculé avec la dernière impuissance par les plus puissants, je défie quelqu’un de trouver meilleur symbole que cet OM-là pour incarner la France de 2017.

Récapitulons, pour ceux qui étaient en vacances et qui ont raté les dernières académies de branlées : dimanche dernier, l’OM vécut une expérience quasi-hallucinatoire contre le PSG (voir ici). Mercredi, nous connûmes notre jour de libération anale (voir là), à savoir la date marquant la fin de toute ambition sportive un tant soit peu noble pour cette saison. Le déplacement à Lorient vient inaugurer cette série de matches à l’intérêt quelconque, si ce n’est leur contribution à l’atteinte de cette 5e place et d’une qualification européenne qui nous ferait tout de même gagner un temps certain dans le tableau de marche du Projet®.

L’équipe

Evra et Gomis sont toujours blessés, Diaby également – je le mentionne car cette nuit j’ai rêvé de Marthe Villalonga, je me suis surpris à constater qu’elle était toujours vivante, et de fil en aiguille cela m’a amené à me souvenir qu’Abou Diaby faisait toujours partie de l’effectif. Rod Fanni, lui, est en pleine forme mais est retenu sur le banc tant qu’il n’aura pas effectué la révision des 20000 km de son déambulateur. Leya Iseka retrouve le chemin du stade mais pas celui de la pelouse, et c’est Cabella qui, dans la foulée de ses bonnes apparitions, prend place en pseudo-pointe. Au milieu, André-Frank est en poste grâce à son sort de titularisation éternelle, matérialisé en l’occurrence par un éclair de lucidité de Rudi Garcia s’apercevant qu’il est peut-être temps de reposer Maxime Lopez.

 

Le match

Si Sakai et Pelé ébauchent un duo comique dès la 4e minute, les Lorientais rétorquent immédiatement pour défier quiconque de leur disputer leur place chez Pinder. Un corner de Thauvin au premier poteau passe à travers Lecomte et Wakaso pour aboutir sur la tête de Rolando, tout surpris d’assister à une si belle cagade défensive sans pour une fois en être l’auteur (0-1, 6e). L’incapacité des Lorientais à presser correctement et à aligner trois passes de suite ne nous aide guère à évaluer notre niveau réel ; pour autant, la perspective d’une après-midi détendue est trop rare ces temps-ci pour que nous ne l’apprécions. Semblant avoir dételé la charrue qu’il tirait depuis Londres, Payet court et se bat pour obtenir un corner. Florian exécute le coup de pied et retrouve Dimitri, toujours au premier poteau, qui signe son retour d’un contrôle et d’un lob en pivot doux comme une pipe à l’huile d’olive de la vallée des Baux – celle au fuité vert, avec ce petit goût d’amertume de ne pas l’avoir vu réaliser ceci quatre ou sept jours plus tôt (0-2, 19e).

A l’exception d’un carton valant suspension prochaine pour William Vainqueur et d’un bref instant de panique stoppé par une belle sortie de Pelé, l’OM domine et se fait parfois plaisir sur quelques combinaisons. Notre meilleure occasion provient pourtant d’un énorme loupé de Touré : sous la pression de Cabella, le Breton donne en retrait à Sanson qui perd son face-à-face avec Lecomte. Juste avant la pause, Lorient rate de peu, sur coup-franc, l’occasion de nous faire douter.

Nous revenons des vestiaires armés de la ferme intention de continuer à leur taper dans le biniou, selon l’expression consacrée dans le milieu du porno au beurre salé. Pelé doit cependant s’interposer pour mettre un terme à la seule action construite lorientaise, moment slipométrique vite évacué quand, dans la foulée, Sanson trouve le moyen de rater le cadre à quelques mètres du but vide. Maintenant la pression, l’OM troue le FCL sur une très jolie contre-attaque, au terme de laquelle Zambo Anguissa lance Thauvin pour un plat du pied victorieux (0-3, 53e). C’est ensuite ce même Florian qui, après avoir récupéré puis combiné avec Payet, offre son dépucelage olympien à Sanson : après quelques tentatives maladroites – chacun de nous est passé par là – Morgan ne manque pas cette fois-ci de la mettre au fond (0-4, 56e).

Pris par cette frénésie offensive, et surtout rassuré par le fait qu’a priori, il ne nous sera pas nécessaire de marquer davantage pour l’emporter, Rudi Garcia fait entrer Sarr puis Njie. Notre quotanal défensif est quant à lui assuré par une œuvre collective, d’une qualité qui nous rassurera pour longtemps sur la capacité de ces joueurs à nous surprendre sans cesse. Tout part d’une magnifique charge à l’épaule de Zambo Anguissa sur Cabella. En résulte une longue ouverture sur laquelle Sertic et Rolando se font surprendre. Le centre aboutit à Moukandjo, plus prompt que Bedimo pour rependre de la tête un ballon qui atterrit mollement dans les filets, sous le regard indifférent d’un Yoann Pelé tout occupé pendant l’action à cartographier la surface olympienne en vue de l’édition d’un Topo Rando par les Excursionnistes marseillais (1-4, 73e).

Vous rirez de bon cœur devant le ralenti du but lorientais, mais il me semble qu’aucun des résumés disponibles ne remonte jusqu’à ce geste fondateur. Il aurait été dommage de le passer sous silence.

 

Pris par cette analité défensive, et surtout absolument pas rassuré sur l’impossibilité pour ces branques d’encaisser trois buts supplémentaires dans le dernier quart d’heure, Rudi Garcia passe à une défense à 5 en faisant entrer Doria. Pour autant, tout se termine sans frisson, à peine quelques soupirs devant les occasions d’aggraver la marque ratées par nos suppléants.

 

Les joueurs

Pelé (2+/5) : Deux sorties décisives à un moment où le score n’était pas acquis nous incitent à ne pas le juger trop sévèrement, malgré son manque de sérénité général, son jeu au pied dispendieux, et son placement tout sauf aérien sur ce dernier but où l’Albatruffe avait tout du sanglier fouisseur.

Sertic (3+/5) : Je ne suis toujours pas convaincu des circonstances de son transfert, mais s’il se révèle être celui qui me fera appeler mon slip Lazare, je ne cracherai pas dessus.

Rolando (3+/5) : A défaut d’être totalement rassurant, il est suffisamment efficace pour ne pas nous faire oublier son but, qui lance parfaitement le match.

Bedimo (3-/5) : Sobre et de bon goût ce qui semble, mais cela reste à vérifier, une appréciation inédite depuis plusieurs années dans cette académie concernant notre arrière gauche.

Sakai (3-/5) : Pas franchement alarmant, mais dans la mesure où l’ensemble de l’équipe adverse était entièrement disposée à disputer une partie d’enfile-merlu, ses relatives difficultés ont plutôt détonné.

Vainqueur (3/5) : Son carton suspensif représente un petit accroc dans une partie maîtrisée une main dans le slip.

Sanson (4/5) : Il a pris soin de rater deux occasions, dont l’une bakayokesque, pour éviter les enflammades. Peine perdue, certains l’ont immédiatement après le match promis à une place en équipe de France. Ceci est sans doute très probable à terme mais de mon côté, encore déçu de ne pas avoir vu Steven Fletcher remporter le ballon d’or l’an dernier après son but et sa passe décisive à Trélissac, je me garderai prudemment de rentrer dans ce jeu.

Zambo Anguissa (3+/5) : Une technique de gnou fou – c’est comme un chien fou, mais qui cause plus de dégâts – qui le conduit à mettre le oaï pour provoquer in fine aussi bien le premier but olympien que le but lorientais. Preuve ultime de son imprévisibilité, il adresse même une passe décisive techniquement parfaite à Thauvin.

Payet (4/5) : Un impact physique retrouvé et un bijou de second but. Ce n’est pas cela qui fera taire les sarcasmes sur son inconstance mais baste, jouissons de l’instant présent et mettons enfin à contribution ces rouleaux de Sopalin trop longtemps inutilisés.

Njie (68e) : Une entrée volontaire, mais incompris à la fois de Bouna Sarr et du football, il n’a pu se mettre en position d’aggraver le score.

Thauvin (4/5) : Après ce match, il a dû éprouver la sensation de plénitude du cancre qui marave la gueule des petits CP pour se venger d’avoir raté le passage en classe supérieure la semaine dernière.

Sarr (62e) : Une entrée pleine d’envie et de dynamisme, mais qui n’a malheureusement pas suffi à souiller davantage des Bretons pourtant fortement consentants.

Cabella (4/5) : Très à l’aise dans cette position de pseudo-pointe innovante (du moins en tant que titulaire), où il a pu montrer une intelligence de jeu aussi salutaire qu’inattendue. Je le verrais bien en équipe de France.

Doria (75e) :

Ca passait, c’était beau.

 

L’invité zoologique : François Béluga.

Discret mais élégant, le béluga fréquente les eaux de la ligue 1 sans trop se faire remarquer même si, à l’occasion, ses apparitions à la lumière des documentaires ont un peu contribué à lui faire prendre le melon. Vivant sur ses acquis, voire les dilapidant, le béluga est aujourd’hui menacé d’extinction. On versera une larme si cela se produit, non sans penser par devers nous qu’au fond, il l’a bien cherché.

– Les autres : Lorient qui recrute Bernard Casoni pour assurer son maintien, c’est le ministre de la culture qui recrute Pierre Ménès pour sauver l’école nationale de danse.

– Les images : Savourons ces images d’une défense ridicule qui n’est pas la nôtre.

– Le classement : Sixièmes à un point de la 5e place, et avec un calendrier favorable. Impossible de nous défiler.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. C’est un rookie, Quentin B ., qui remporte le concours zoologique dès sa première participation.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Photo du profil de Blaah

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

8 Comments

  1. Quelle punchline pour les Autres.
    Et sinon l’hommage à Kopa, on en parle pas

  2. J’ai dû googliser l’expression « mettre le oaï », qui est loin d’un patois familier pour moi.

    De là, j’ai découvert le « parler marseillais » (sisi, Wiki a une page là-dessus), leqel m’a amené à la palatalisation et à la Loi de Bartsch.

    Je ne sais si je dois remercier Blaah de me cultiver, ou le pourrir de me rappeler mon ignorance globale des Méridionaux.

    • MM. McCourt et Eyraud ont, dès leur prise de fonction, déclaré qu’au-delà de l’aspect sportif, leur Projet® visait également à faire de l’OM un club citoyen. Une équipe ancrée dans sa ville et dans son époque, en quelque sorte. Et le moins que l’on puisse dire sur ce plan, c’est qu’ils ont d’ores et déjà réussi leur coup : à le voir harceler les plus vulnérables pour mieux se consoler d’être enculé avec la dernière impuissance par les plus puissants, je défie quelqu’un de trouver meilleur symbole que cet OM-là pour incarner la France de 2017.

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