Olympique lyonniais / Paris SGEL (1-2) – La Porte de Saint-Cloud Académie avait rendez-vous avec l’outil

Georges profite de ce match sans intérêt pour placer sa cace-dédi au Fidel parmi les fidèles

(Vous serez bien gentils de lire le reste de cette académie en musique)

Fidel, Fidel, les peuples te remercient…

De ce poème de Neruda, de cet hommage souterrain du peuple chilien, de ce serment d’allégeance de la nation sud-américaine, on retient l’espoir suscité dans toute l’Amérique latine, il fût un temps, par le guérillero cubain. Castro, en libérant son île de Batista, cheval de Troie des Yankees, a éveillé la conscience d’un continent largement considéré comme un sous-ensemble, une chasse gardée états-unienne. Le Cuba castriste, c’était plus qu’un îlot peuplé de guérilleros et planté de cigares à tête nucléaire. C’était la vision de l’émancipation latino-américaine du joug ricain, de la défaite du tout-puissant dollar face à la détermination des peuples, de la possibilité d’une alternative au capitalisme totalitaire.

Castro, c’était tout cela.

C’était, car au moment de sa disparition, l’homme, depuis longtemps déjà, n’était plus que l’ombre de lui-même : un vieillard en survêtement recevant, tel un Mandela en fin de vie, tous les abrutis que peut abriter le monde, et posant dans son impotence, bien malgré lui, pour leurs stupides selfies égo-centrés. Le monde qu’il a rêvé est bien loin. Les États-Unis d’Amérique latine, utopie de son compagnon Guevara, ne sont qu’États corrompus, estampillés Coca-Cola, pillés par les multi-nationales héritières de la Fruit Company. L’idéal marxiste, gangréné par le totalitarisme, a cédé face aux assauts du capital. Les populistes ont pris leur revanche sur les peuples abrutis par l’acculturation médiatisée.

Dans cette fosse à purin qu’est notre monde, remplie chaque jour par un nouvel arrivage de marmaille destinée soit à pourrir dans la précarité, soit à chercher les nouveaux moyens toujours plus rapides et rentables d’exploiter l’espèce humaine et son asile terrien jusqu’à liquidation totale du stock, Fidel Castro était un fossile, un dinosaure, un vieil utopiste dépassé, enterré depuis longtemps déjà, qui a échappé à la gloire posthume d’un Che Guevara, martyr devenu produit marketing, pour mieux sombrer dans l’oubli.

Un oubli qui a touché semble-t-il bon nombre de politiciens au moment de recevoir le faire-part de décès. Mis à part quelques leaders sud-américains et africains, et à l’exception notable d’Alexis Tsipras, aucun chef d’état européen, asiatique ou nord-américain ne sera présent aux obsèques de l’homme au cigare. Anciens ennemis états-uniens, ex-camarades de combat chinois, russes, iraniens, ils ne seront donc pas du déplacement, et ne seront pas regrettés.

Fidel, ennemi de l’impérialisme américain, est mort un jour de soldes, un Black Friday, fête de la consommation globalisée, entre les remises à -50% et les empoignades dans les centres commerciaux.

Lui qui avait fait la promesse de ne pas trouver le repos avant le déclin états-unien, il aura pu voir l’élection de Trump avant de passer dans l’au-delà, où l’attendent sûrement ses anciens compagnons d’armes, un bon cigare cubain, et de quoi se marrer encore quelques éternités…

Fidel, Fidel, les peuples te remercient…

 


LA RENCONTRE


 

Déplacement entre Rhône et Saône aujourd’hui, dans la capitale des Gaules, chez le champion autoproclamé du football provincial et fédéral, le chevalier servant des anti-parigots, le héraut de la France non-francilienne, non-jacobine, non-capitale, mais certainement pas non-capitaliste ; la nursery du football de province, le grenier à blé de l’équipe de France alter-PSG, le club des gros lourdauds, du miel de tweet, de Bernard Lacombe et de JMA Ier, empereur des footix sacré par lui-même, j’ai nommé : l’Olympique lyonniais.

Le 4-2-3-1, remis au goût du jour en fin de match chez les Angliches, est reconduit côté parisien pour contrer cette insubmersible armada rhônalpestre, menée par le sous-commandant Bruno Marcos Génésio, homme de paille télécommandé en 4G et en 140 caractères depuis les loges présidentielles de l’outil hyper connecté. Matuidi est reconduit au poste d’ailier gauche, tandis que la caution banlieusarde, Momohamed Ben Afro, est alignée d’entrée au poste de n°10.

La pression mise d’entrée par les Parisiano-saint-germanois accule les Lyonniais dans leur moitié de terrain. Abandonnant totalement l’idée de défendre sur les ailes, négligeant étonnamment de presser les deux milieux alto-séquanais, l’Ohèle tend le bâton pour se faire battre, et laisse à Paris-Saint-Germain-en-Laye la maîtrise pleine et entière du match. Motta et Verratti ont tout le temps et le loisir d’orienter le jeu à leur guise dans l’axe, à trente mètres des buts adverses, les deux latéraux de monter et de centrer dans le dos de défenseurs rhôniens complètement aux fraises, et le quatuor offensif de permuter, dézoner, décrocher pour déstabiliser le bloc aulasien. Image de cette mécanique parfaitement huilée : Verrattiti trouve le gros minet Serjorié d’une ouverture magnifique dans le dos de l’arrière gauche, le latéral interdit de séjour centre en bout de course pour le petit Lucas qui, ayant coupé dans l’axe depuis l’aile droite, manque sa reprise de peu.

Après une demi-heure de domination sans partage, mais finalement peu d’actions chaudes, PSGEL finit par trouver la faille sur une erreur du latéral droit adverse, déjà fort peu en vue dans les premières minutes du match : cherchant à dégager le ballon sur corner, ce dernier attrape la jambe de la petite salope italienne, qui ne se fait pas prier pour s’écrouler dans la surface. Petite vicieuse que tu es, vaffanculo Thiago ! Penalty transformé par le guérillero, 1-0, logique implacable. Le reste de la première période est du même acabit, PSGEL domine au petit trot, sans forcer, au risque de se faire punir comme des cons, évidemment.

Et BIM ! Ça, ça loupe jamais, mon salaud ! Bien sûr, le streaming a sauté pile poil au moment de l’égalisation, mais j’ai cru comprendre que c’était un nain boutonneux avec un gros complexe de taille qui avait marqué. 1-1, tout a changé, rien n’a changé, on se regardait trop jouer, pour sûr. De fait, l’équipe bleu-blanc-rouge-patriote-de-mes-deux affiche un nouveau visage au retour des vestiaires, et ce n’est pas celui de l’identité heureuse (t’en as bien une, de tête d’identité heureuse, tiens, mon con !). La pression adverse est bien plus importante, la circulation de balle plus rapide, plus précise, plus dangereuse, et c’est notre tour de nous retrouver à jouer les funambules dans notre surface face aux assauts du terrible escadron de l’Ordre de Jean-Michel.

On enchaîne alors les situations très chaudes sur le but de l’Aréole, entrecoupées de quelques contres rapides de l’autre côté du terrain. Plus s’approche l’heure de jeu, plus le danger se fait pressant sur nos buts, sans pour autant que la sanction ne tombe. La faute à pas mal de chance, et à une défense centrale qui a troqué le bleu de chauffe pour le gilet pare-balles, plan vigipirate oblige. Ce moment de grande détresse est choisi par notre coach bien-aimé pour sortir l’Arabe diabétique, au bord du malaise cardiaque, pour faire entrer le grand Belge une fois sur l’aile droite d’un 4-4-2 inédit. Choix payant : à dix minutes du terme, alors que l’on se trouve pourtant plus proche de la déconvenue que du triomphe, PSGEL mène un contre sur le côté droit, Serjorié et Meugnéhéhé s’appuyant l’un sur l’autre pour remonter le terrain d’une folle cavalcade, et conclure par un centre parfait que Cavanini expédie au fond des filets. 2-1, la récompense d’une adaptation réussie à la physionomie nouvelle du match. Le résultat, tenu au moyen de plusieurs fautes sanctionnées de cartons dans les dernières minutes, reste le même au coup de sifflet final.

 


LE SOVIET CONNECTÉ


 

Saint-Aréole (2/5) : Un gardien en H+ dans un stade en 4G.

Serjorié (4/5) : Il a oblitéré l’ailier gauche adverse, au point qu’on en a plus entendu parler en seconde période (comment ça il a été remplacé à la mi-temps ?). +1 pour la folle chevauchée du second but.

T-Silvinho feat. DJ Abdel (4/5) : Ils ont tenu lorsqu’il fallait tenir, et n’ont pas rompu alors que toute l’équipe ployait sous la pression.

Maxwell Banania (3/5) : Très en vue dans le temps fort de PSGEL, moins présent en seconde mi-temps, et un peu trop friable défensivement sur quelques actions dangereuses.

Verrattits (4/5) : Métronome éclairé (je ne parle pas de Lorant Deutsch, que cet ersatz de conteur de bonne aventure aille se faire pendre chez les bonnes sœurs).

La Motta (3/5) : Il obtient un penalty en pleureuse, mais se rattrape en rabotant les mollets du nain plongeur d’en face. Ce roulé-boulé de recordman valait bien un p’tit carton jaune.

Lucasinho (3/5) : Moins fringant que lors de ses dernières sorties, il a manqué plusieurs occasions franches, mais a été utile pour mener les contre-attaques.

(Remplacé par le Krycho, qui a manqué un face à face)

Ben Afro (2/5) : Beaucoup de ballons touchés, mais peu de différences créées. Absent en seconde mi-temps.

(Remplacé par la sole meunière, qui lui a filé un bon coup de vieux)

Le brave Blaise (3/5) : Il est toujours bien brave, il se bat bien, mais… Enfin, vous savez bien, quoi, comment ils sont, ces gens-là… C’est pas du racisme que de le dire… Pas vrai ?

El Commandante (4/5) : En courageux barbudo glabre, il a honoré son mentor castriste d’un doublé tout en cynisme, fusillant l’ancien gardien des Lusitanos de Saint-Maur sur un penalty plein axe en forme d’exécution capitale, puis trompant sa vigilance sur une embuscade menée tambour battant en fin de match. Edinson, Edinson, les peuples te remercient…

(Remplacé par un petit jeune pour faire le nombre en attendant la fin)

 


LE SECRÉTAIRE DE SECTION


 

Un match parfaitement géré par le technicien espagnol, capable de revoir son schéma tactique et de faire des remplacements payants dans ce sens lorsque le match tourne en sa défaveur, et par une équipe qui sait désormais adapter sa posture au scénario du match, tirer profit de ses temps forts, mais aussi gérer ses temps faibles : pressing haut, attaques placées, occupation de la moitié de terrain adverse dans une première mi-temps totalement maîtrisée ; repli défensif, contres ultra-rapides, défense en mouvement dans une seconde période que les Lyonniais ont réussi à prendre en main. Deux mi-temps aux antipodes dans le jeu parisien, mais l’efficacité au rendez-vous à chaque fois, malgré le regain de forme lyonnaisien, et surtout grâce à la capacité d’adaptation d’un entraîneur qui a décidément plus d’un tour à son arc dans sa grosse caisse d’Espingouin, et a réussi à apprendre à cette équipe à accepter de subir pour mieux repartir de l’avant. Château bas, camarade.

 


BONUS


Les titres auxquels vous avez échappé :

  • PSGEL ne passe pas loin de la fidelcastrophe
  • Quand Emery rencontre l’outil
  • Aulas envoie un énorme tacle incroyable à son entraîneur : « Quand je regarde Rafael défendre, Génésio qui piquent ! » (source : Foot01.com)
  • Clément Grenier : « Grâce au wifi du stade, j’ai pu regarder la première saison de Braquo dans les loges »
  • Unai reste Fidel à ses principes
  • PSGEL danse, Aulas masqué ohé ohé
  • Génésio / Emery : les grands esprits se rencontrent (mdr cel la c t 1 fake)
  • Le 4-2-3-1, c’est Castroche !
  • Aulas in Wonder OL Land

Les rubriques des « trucs auxquels vous avez échappé » auxquelles vous avez échappé :

  • Les tutos beauté en 160 caractères de JMA auxquels vous avez échappé
  • Les choses merveilleuses qui ne coûtent que deux euros et auxquelles vous avez échappé si vous avez voté pour les primaires de la droite
  • Les impacts sur votre pare-brise pas plus gros qu’une pièce de deux euros auxquels vous avez échappé si vous ne vous êtes pas déplacé pour aller voter aux primaires de la droite
  • Les champions de France de côte d’Azur auxquels vous avez échappé
  • Les célébrations du titre niçois récupérées par Estrosi pour son énième réélection auxquelles vous avez échappé
  • Les images des jumeaux du prince Albert en maillots de l’ASM dans les bras de Falcao auxquelles vous avez échappé
  • Les autres titres de rubriques franchement présomptueux et un peu trop confiants sur le fait que cette victoire a scellé le titre parisien auxquels vous avez échappé
  • Les faux attentats organisés par l’État auxquels vous allez échapper dans les mois qui viennent et qui assureront la réélection de François Hollande sur un programme tout-sécuritaire (spoiler alert)
  • Le top 17 des prisons desquelles vous ne pourrez pas vous échapper si vous manifestez un peu trop contre l’état d’urgence (je devrais faire des piges chez Buzzfeed, je commence à avoir le coup de main)

 

 

Cordianalement,

Votre camarade-académicien,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

2 commentaires

  1. Castro, l’Olympique Lyonniais, Lorant Deutsch mais certainement pas spartakiste.
    notre lider emerio qui prend ses marques.
    Belle acad’ (et pas des beaux arts de Saint Pétersbourg, enfin Leningrad, vous m’aurez compris)

  2. J’arrive très tard, mais je tenais tout de même à vous remercier pour cet hommage à Fidel. On ne peut vraiment compter que sur Horsjeu pour trouver des gens de qualité.

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