Saint-Etienne-OM (0-0), La Canebière académie fait briller

A défaut d’être plus avancés au classement, nous aurons au moins montré que nous ne sommes pas encore tout à fait perdus pour le football. Oui, même André-Frank.

Aïoli les sapiens,

Au lendemain d’une dérouillée si indiscutable qu’elle finissait par n’en plus être si douloureuse que cela, temps était venu de nous relancer dans ce match-mystère face à Saint-Etienne. Match-mystère car l’ASSE est cette équipe particulièrement imbitable à décrypter, comme on dit dans le milieu des gens qui s’y connaissent en analyse. Côté pile, un déplacement toujours délicat dans le chaudron, quoique celui-ci soit réglé à feu très doux compte tenu de l’horaire retenu par la Ligue (« De toute façon, à Saint-Etienne et à Marseille il n’y a que des chômeurs et les enfants ne vont pas à l’école. Ou s’ils y vont ça ne leur servira à rien puisqu’ils seront chômeurs. Donc, ça ne dérangera personne de coller le match un mercredi à 19 heures. »). L’ASSE, c’est également une équipe solide, sachant vaincre dans la douleur comme en témoigne son parcours en Ligue Europa. Côté face, Saint-Etienne c’est, au-delà d’un urbanisme à faire passer Charles Dickens pour un échotier de la jet-set, un style ennuyeux au possible qui, jusqu’ici, n’a tenu qu’à quelques miracles conjugués du gardien et du temps additionnel de ne pas être sanctionné plus violemment que cela.

Une plongée dans l’inconnu, donc, sans Frédéric Lopez mais toujours avec une invitée qui se demande ce qu’elle fout au milieu de tous ces pauvres : à savoir, une pentathlète dont j’ai oublié le nom presque aussi vite que les règles de son sport de merde mais dont il me restera en mémoire les torrents de prétention déversés entre ses dents du bonheur dans tous les médias de France à la suite de ses exploits olympiques. L’exaspération qui ne cessait de me poursuivre face à sa conception d’une médaille d’argent comme marchepied pour pouvoir péter plus haut que son cul a trouvé hier son remède : tu pensais que finir deuxième dans un sport dont les quatre-cinquièmes de la planète se branlent t’ouvrirait les portes de la gloire ? Bah ça t’a ouvert le droit de te peler le cul un 30 novembre à donner le coup d’envoi d’un match de Saint-Etienne. Bien fait pour ta gueule.

Ce point expédié, passons au suivant, dont la vision de ces 90 minutes autorise une résolution tout aussi rapide : Saint-Etienne, c’est vraiment à chier.

Reste à parler de nous. Et là mes amis, autant dire que c’est plus mitigé.

 

L’équipe

Coincé dans sa faille spatio-temporelle à la suite des péripéties mémorables d’il y a trois semaines et demi, Doria n’est pas aligné. Pour pallier l’absence durable de Bedimo, Rudi Garcia a pris quatre Lexomil et joue la carte Hubocan en se disant que ça ne pourra pas être pire que Rekik ou Alessandrini (quelle idée, aussi).

L’équipe revient au 433 basique, avec quelques nuances en cours de match. Maxime Lopez a en effet commencé par évoluer quasiment en position de n°10 devant ses camarades avant que, le rythme faiblissant, ses montées ne s’équilibrent avec celles du revenant Zambo Anguissa. Car en effet, Diarra étant en délicatesse avec la FIFA Labrune les supporters son banquier sa mère ses adducteurs, c’est bien notre André-Frank de service qui vient s’ajouter à notre milieu, Vainqueur complétant le trio. Devant, le retour en grâce de Cabella se prolonge.

 

Le match

Nos toutes premières minutes sont très encourageantes, avec un pressing intense et un bloc haut, qui nous autorisent des récupérations rapides et de longs moments de possession de balle. Ceci dit, le début du match contre Monaco était similaire, pour le résultat que l’on sait.

Du reste, si Rudi Garcia a cette fois-ci préféré s’abstenir de toute finesse tactique, nos adversaires n’en sont pas moins proches de nous fister à l’issue du premier quart d’heure : Saivet manque le cadre aux 6 mètres, après une séquence pendant laquelle notre défense a laissé le temps aux Stéphanois d’organiser un match de ping-pong, un tournoi de contrée et un barbecue-merguez au milieu de notre surface. L’on se dit alors que les temps seront durs.

Et c’est alors que… rien. Walou. Peau de vier. Essebci, comme on dit dans mon Manuel de conversation arabe. Toute slipométrique qu’elle soit, cette action ne sera suivie d’aucune autre dans les 75 minutes restantes. Au contraire, Marseille règne sur le milieu (curieux d’écrire cela, d’habitude c’est plutôt l’inverse), s’installe et commence à fréquenter les abords de la surface adverse, avec cependant un peu trop de timidité pour sérieusement conclure.

Sur un très beau service de Thauvin, Gomis tente de montrer l’exemple à ses puceaux de coéquipiers, mais Bafé est humble, Bafé est respectueux, Bafé ne veut pas ternir l’éclat de ses camarades par sa propre brillance, et par conséquent Bafé adresse un tir de merde qui autorise le réflexe de Ruffier.

Très sympathique avec le gardien stéphanois, sans doute par souci de ménager un futur coéquipier, Florian ne lui demande même plus de faire des efforts pour accomplir son travail, et lui tire directement dessus par deux fois.


Analyse tactique : l’animation de l’OM secteur par secteur.

Et même trois fois, tiens, puisque peu après la reprise, Florian se précipite trop pour pouvoir tirer parti d’une relance anale d’un défenseur en pleine surface. Dans les temps forts, Marseille presse toujours et peut provoquer . Même quand le physique faiblit, Saint-Etienne est si amorphe que les Olympiens ne sont guère plus gênés, d’autant qu’André-Frank choisit à ce moment-là de passer en mode berserk. De sa part, plusieurs montées de gnou en rut ne sont pas sans nous rappeler le souvenir d’Imbula. Hélas ! bien que remarquablement initiées, ces tentatives toutes sans exception finies à la pisse ne sont pas sans nous rappeler le souvenir d’Imbula.

Saint-Etienne oblige tout de même Pelé à produire un arrêt et à regarder passer quelques centres, histoire de montrer des statistiques juste un peu plus flatteuses que les nôtres contre le PSG. La fatigue aidant, l’OM tente toujours mais parvient de moins en moins à percer la défense. Dans ces circonstances, l’ASSE a pris coutume cette saison de profiter du temps additionnel pour s’insérer jusqu’au coude dans le fondement d’adversaires rendus inattentifs par leur domination trop aisée mais frustrante. On tremble, donc, d’autant que l’on sait notre équipe disposer du profil de victime idéale pour ce genre de forfait. Il semble néanmoins que le Dieu du football commence à en avoir assez de sauver les miches de clients si ingrats : le dernier coup-franc vert ne donne rien, et procure au contraire à l’OM une contre-attaque remarquablement exécutée. A la conclusion, Njie se fend d’un tir risible évoquant sa balle de match vendangée en début de saison contre l’OL : pour Clinton, pas de jaloux en Rhône-Alpes, et pour nous, un point qui a la saveur douce-amère du jeu retrouvé, faute de mieux.


Curiosité : nous connaissions bien le shadow boxing, mais à ma connaissance c’est la première fois que je vois deux joueurs se livrer à une démonstration de shadow tacle.

Les joueurs

Pelé (3/5) : Une sollicitation à la 57e, salutaire alors que le suicide par pendaison par ses lacets à la barre transversale devenait une échappatoire envisageable à la vision du jeu stéphanois.

Hubocan (3-/5) : Hormis un placement parfois douteux (mais tenant aussi à des incompréhensions avec ses équipiers du côté gauche), pas grand-chose à redire. On peut supposer que Rudi Garcia, après avoir pris du magnésium, un gin-fizz et deux ecstasy, le réinstallera à cette place au prochain match.

Rolando (3/5) : Sobre, solide, sans fioriture. Un colosse, quoi. On aurait espéré un poil mieux à la relance, mais c’est parce qu’on devient exigeant.


Toutes comme celle-ci, par exemple, ce ne serait déjà pas mal.

 

Fanni (3-/5) : L’appréciation pourrait quasiment être la même que celle de Rolando, sauf pour ce qui est de la sérénité. Réussir chaque intervention ou relance semble lui demander – et à nous avec – un déploiement d’énergie extrême, des convulsions fébriles et trois prières à Sainte-Rita nerveusement égrenées.

Sakai (3+/5) : Hiroki poursuit ses matchs d’honnête homme, et même progresse. On attend cependant encore qu’il finisse par adresser LE centre qui tue, et si possible sans auparavant demander la permission au défenseur.

Vainqueur (4/5) : Les rares fois où les Stéphanois ont tenté des choses incroyables, du genre des passes ou des dribbles, William était là pour leur conseiller de demeurer dans leur domaine d’incompétence.

Zambo Anguissa (3/5) : Eh bien dites donc. Eh bien… dites donc. Ehhhh bien…. Heureusement qu’il se comporte devant la surface comme un vier marin devant un pêcheur chinois, sinon on n’aurait pas trouvé grand-chose pour se moquer, figurez-vous. Le fait que Vainqueur assure derrière lui a permis de se lâcher, pour le meilleur et pour le pire.

Lopez (3/5) : Partout en début de match, et peut-être finalement « trop partout », tant Maxime a semblé s’épuiser en seconde période sans finalement parvenir au geste décisif. Un peu comme l’interne malgache venu perfectionner sa formation à l’hôpital mais que le manque d’effectif conduit à faire des journées de 16 heures en accomplissant les soins, la toilette des grabataires, la paperasse et le dépannage de la machine à café.

Khaoui (90e) : Tiens, on avait fini par l’oublier, lui.

Thauvin (3/5) : Pourquoi, mais pourquoi être attiré à ce point par Ruffier ? Ce n’est quand même pas son charisme magnétique qui t’a subjugué, si ? Bref, à l’image de l’équipe et de la rocade L2, tout ceci est très intéressant mais il manque quand même un sacré morceau.

Alessandrini (75e) : Apporte une nouvelle fraîcheur et de la percussion. Il a raté, certes, mais ni plus ni moins que les camarades.

Cabella (2+/5) : Parfois léger dans ses tâches défensives et un peu effacé en seconde période, mais avec des attaquants efficaces il aurait pu y aller de sa passe décisive en première mi-temps. L’enthousiasme serait déplacé, l’injure également.

Njie (83e) : Entre en fin de match, se procure une situation idéale, en fait du vomi. On commence à connaître.

Gomis (2+/5) : On s’efforcera de relever sa participation au jeu ainsi que son important travail défensif, notamment sur les coups de pieds arrêtés, afin d’atténuer un tant soit peu le très léger agacement qui nous a saisis à la vue de ses hors-jeux évitables et SURTOUT DE CE PUTAIN DE BORDEL DE CHIERIE A QUEUE DE FACE-A-FACE MANQUE.

 

L’invité zoologique : Kevin Moule Née Pas Gay.

Riche d’une histoire quasi-éternelle depuis les débuts de l’évolution, la moule contemple les fracas du monde du haut de son rocher. Sans grande ambition, elle se contente désormais d’être le témoin d’un passé glorieux sans trop bouger le cul de son trône, à l’image de sa cousine, l’huître millénaire qui orne le bureau du maire de Marseille (pas de méprise, je parle de celle qui est posée sur la table). Nous avons demandé à notre mollusque un petit effort pour nous livrer ses observations.

– Les autres : Vous avez trouvé injuste la victoire du Portugal à l’Euro ? Eh bien reconsidérez : à côté de la négation du football que représente cette ASSE, la sélection du Portugal c’est l’Ajax de Rinus Michels (et dans les deux cas, ceux qui ne les battent pas ne peuvent s’en prendre qu’à leur gueule).

– Le classement : Onzièmes, en attendant de faire violemment atterrir l’hélicobite Lorrain de Marcel Picon dimanche.

– Les images : Si vous ne regardez pas trop les gens en vert, ça devrait être supportable.

– Le beau geste (rappel) : Notre ami Sisko organise une collecte de denrées pour les démunis samedi 17 décembre place Castellane. Plus de détails ici.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Didier A. fait son retour dans les communiqués du concours zoologique.

 

Communiqué : Quelques heures après le drame, je souhaiterais avoir une pensée pour ces supporters qui voient leur club anéanti. Bien que ne suivant pas l’actualité de cette équipe, je tenais à m’associer aux hommages rendus de part et d’autre : voici pourquoi la Canebière académie adresse toute sa compassion et son plus sincère soutien aux supporters du Football Club de Nantes.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

  1. Un jour, tu illustreras ’animation de l’OM secteur par secteur avec un gif de Scarlett, un de jenifer lawrence et un de Sasha Grey. Mais aujourd’hui on est plus proche de Marte Villalonga, Sim et Roselyne Bachelot

  2. Droitaubut! Allez L’OM!! !Dégun on craint!

    RA11 a joué.ttvabien? La Canebière académie est gentille.

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