OM-Monaco (2-2), La Canebière académie n’est pas plus avancée

L’OM se heurte encore au plafond de viers. C’est comme un plafond de verre, mais pour les hommes.

Aïoli les sapiens,

Il y a cinq mois jour pour jour, l’OM se faisait rouster 6-1 par son invité du soir, faible de sa défense Sakai–Sertic–Rolando–Doria–Hubocan. A se remémorer ces temps pas si anciens, il y a un je-ne-sais-quoi d’inespéré à pouvoir nous dire déçus d’un match nul qui nous laisse à la troisième place.

S’offrir comme rivaux directs Lyon et Monaco est une réussite de notre saison. Nous montrer impuissants à les battre, incapables d’envoyer nos concurrents au tapis, inaptes à franchir ce dernier fossé nous séparant du plus haut niveau national, est une frustration sans fin. La dernière occasion consistera en la réception de Lyon ; nous l’attendrons avec la détermination et l’impatience du mari retrouvant le lit conjugal après deux ans passés aux Baumettes.

 

 L’équipe

Mandanda

Sarr – Rami – Rolando – Sakai

Sanson – Luiz Gustavo

Thauvin – Payet (Njie, 84e )– Ocampos (Zambo Anguissa, 48e)

Germain (Mitroglou, 92e)

Hormis l’absence d’Amavi dépannée par le binôme Sarr à droite / Sakai à gauche, c’est bien l’équipe-type qui est alignée. Signe d’une confiance croissante en nos capacités, c’est le créatif Morgan Sanson qui est titularisé et non le besogneux Zambo Anguissa.

 

Le match

Dès le début,  Monaco conserve l’habitude de se montrer aussi à l’aise dans notre défense que le petit Jésus entre les nichons de Valérie. Quand Thauvin échoue ainsi à récupérer une passe approximative de Payet, nos adversaires déroulent paisiblement leur contre-attaque jusqu’à cette pathétique tentative d’interception de Rami : Baldé récupère le ballon, efface Rolando, et pique son ballon devant Mandanda (0-1, 4e).

Renouant avec leurs entames de viers marins, les Olympiens se sont cependant trouvé un caractère. Dans un remake d’Alerte à la Vieille Chapelle, Adil Rami se mue en David Hasselhoff (slip rouge mis à part)  et se rue à la rescousse du score. Pénétrant dans le camp adverse, dribblant un joueur, il décale Germain sur la gauche. Le centre de Valère à ras de terre est disputé par Thauvin, qui parvient à adresser une balle en cloche aux six-mètres. Sur la lancée de son action, Adil est à la retombée pour bouffer son défenseur et catapulter le ballon de la tête au fond de la cage (1-1, 7e).

De la sueur, du tacle, et parfois quelques beaux gestes : si les occasions n’abondent guère, le match tient ses promesses d’affiche au sommet. Sur une jolie ouverture de Luiz Gustavo, Thauvin élimine son adversaire d’un sombrero sublime, avant de distiller une offrande pour Payet, seul aux six-mètres. Dimitri prend tout le temps de contrôler quand il est soudain frappé par la clintonjite ; à l’instar de la kryptonite pour Superman, la clintonjite est ce mal mystérieux qui frappe les attaquants disposant d’un temps excessif pour marquer. Cela ne rate pas : Dimitri panique et frappe en force deux mètres au-dessus.

L’OM finit la mi-temps en trombe, ratissant des seconds ballons, combinant aux abords de la surface et adressant de multiples centres que les Monégasques renvoient tant bien que mal.

Engageant la seconde période par le traditionnel grand coup de tatane en touche, l’OM est enfin récompensé de ce bourrinage rituel : le gagne-terrain se prolonge par une séance de pressing sur la remise en jeu monégasque, conclue par la récupération du ballon et un coup-franc obtenu par Thauvin. Payet se charge alors de déposer un amour de ballon au premier poteau, que Germain convertit d’une tête plongeante non moins érotique (2-1, 47e).

Alors que nous nous apprêtons à vivre quarante-cinq minutes d’un slipométrisme absolu, Fabinho épargne nos nerfs en éteignant sans attendre la flamme qui s’emparait du stade. S’infiltrant avec facilité entre Rolando et Luiz Gustavo, il échappe tout aussi paisiblement à Sakai pour se trouver seul face à Mandanda, qu’il bat avec l’aide du poteau (2-2, 51e).

Nous ayant rendu la monnaie de notre pièce avec cette égalisation précoce, les Monégasques sont tout près de nous assommer cinq minutes plus tard, quand Jemerson reprend de la tête un coup-franc. Invalidant l’action pour un hors-jeu inexistant, le drapeau de l’arbitre assistant est accueilli par le public comme celui des Etats-Unis en 1944.

Le match est d’une indécision totale. Ocampos, blessé, est remplacé par Zambo Anguissa : Sanson monte d’un cran et Payet prend place à gauche. Monaco semble avoir besoin de peu de choses pour faire craquer notre défense, mais nos attaques sont plus tranchantes : Germain bute sur le gardien avant que Sanson ne reprenne de volée, hors-cadre ; Ghezzal oblige Mandanda à un beau plongeon ; Valère est à quelques centimètres d’une papinade, puis Morgan Sanson échoue lui aussi à trouver le cadre sur un nouveau tir, toujours sans contrôle.

Malgré notre propension excessive à concéder des coups-francs dans notre camp, nous tenons bon sur les coups de pieds arrêtés adverses et, au terme d’un combat noble et intense, devons nous résoudre à partager les points.

Que dire ? Que nous sommes fiers des progrès de cette équipe ? Certainement pas, ça on l’a déjà dit contre Paris, maintenant on espère mieux. Vous savez déjà que je vous aime, tas de cons : votre combativité, votre abnégation à corriger vos défauts, cette maturité qui transparaît de votre attitude, votre QI collectif qui vous rapproche enfin de l’Homo sapiens et vous éloigne d’un casting de télé-réalité… tout ceci est acquis, mais ce n’est pas ça qui nourrit le Projet®. Des points : on en a ; jamais assez, mais on en a. Des pénaltys : grâce à l’offensive médiatique du camarade Jacques-Henri, on en a aussi ; voire, puisque Lyon se met même à se faire emmancher par l’arbitrage, l’espoir de voir le vent enfin tourner n’a jamais été aussi proche. Reste des gains de prestige, et sur ce point, mes amis, cela pèche. A voir toujours se refuser à nous ces fameux « détails », ces poussières de football qui décident de l’ordinaire ou de la grandeur d’un collectif, la question est inévitable : ce groupe est-il armé pour viser mieux ?

 

Les joueurs

Mandanda (3/5) : Les buteurs ne lui ont laissé aucune chance. Il va par ailleurs falloir parler de ces stratégie de relances, même si le problème ne tient pas qu’à lui : sachant que les Monégasques ont attendu en nombre nos défenseurs, ont coupé toutes leurs solutions de passe et les ont invariablement obligés à te rendre la balle, que tu as alors dû dégager sous la pression, quelle est la putain de bordel de merde d’obligation contractuelle qui t’a interdit pendant 90 minutes de donner un grand coup de latte pour tes 6 mètres ? Je veux dire, tant qu’à voir l’action se finir par une grande saucisse sur la tête d’un Monégasque, autant que ce soit par un renvoi maîtrisé plutôt que par une relance en catastrophe.

Rami (4-/5) : Une erreur inaugurale qu’il rattrape immédiatement, et avec la manière. Un bon coup de boule, on n’a jamais rien trouvé de mieux pour faire taire les sarcasmes et passer une fin de soirée sereine.

Rolando (2/5) : Un léger temps de retard sur le premier but et une défense de ficus en pot sur le second. Il est l’un des emblèmes de ces premières années du Projet®, dans la catégorie « joueur irréprochable mais dont il faut bien reconnaître qu’il s’asphyxie un peu quand le niveau monte ».

Sarr (3/5) : Par rapport à ce que l’on attend d’un arrière droit standard, c’est mitigé. Par rapport à ce que l’on craignait de Bouna à ce poste, ça mérite une note de trente sur vingt assortie d’un magnum de champagne et de prostituées à foison.

Sakai (2/5) : Des séquences difficiles qui ne l’ont pas incité à beaucoup aller voir dans le camp d’en face si l’herbe y était plus goûteuse. Malgré des performances certes pas infamantes du tout, l’équipe était quand même un peu handicapée des latéraux ce soir.

Luiz Gustavo (2+/5) : Pas le meilleur moment pour redevenir humain.

Sanson (2+/5) : Difficile à trouver en première période, mieux un cran plus haut en seconde avec quelques jolies frappes. Reste que dans ce sport, deux jolies volées au ras du poteau valent autant qu’un tir de Zambo Anguissa au piquet de corner.

Thauvin (4+/5) : Une telle envie de gober du Monégasque, on n’avait pas vu cela depuis la princesse Charlène.

Payet (1+/5) : La Fédération française de tennis a clairement raté un immense espoir. Raquette en main je ne sais pas ce qu’il aurait donné, mais un tel potentiel de liquéfaction dans les grands rendez-vous, ça vaut au moins 8 wild-cards à Roland-Garros.

Njie (84e) : Son hémiplégie ne s’arrange pas.

Ocampos (2/5) : Se bat comme un pitbull sous stéroïdes, joue comme un chihuahua sous acide.

Zambo Anguissa (50e, 2+/5) : Erzulie s’est encore débrouillée pour le placer dans un match au sommet, au cours duquel il a lui aussi émargé à la catégorie « on l’apprécie beaucoup mais les pistons tapent quand même bien vite au capot ».

Germain (4+/5) : Passe plusieurs mois grimé sous les traits d’un inoffensif remiseur avant d’endosser sa panoplie de justicier quand les choses se corsent. Le score est signé de sa main, d’un Z qui veut dire Zermain.

 

L’invité zoologique : Rachid Ghezzalamandre

Dotée de capacité de régénération phénoménales, la salamandre est capable de se faire dépouiller membres et organes, lors d’un mercato particulièrement agressif, par exemple, avant de revenir la saison suivante squatter la meilleure zone de la mare comme si de rien n’était. Notre batracien était donc bien l’invité approprié pour commenter avec moi ce match contre ces increvables.

– Les autres : Du talent, de la cohérence, et la gentillesse de bien vouloir en chier sur leurs coups de pieds arrêtés défensifs, histoire que cela n’arrive pas qu’à nous, de temps en temps.

– Le classement : Vis-à-vis d’autres clubs, Lyon dispose d’une longueur d’avance dans plusieurs domaines, en l’occurrence celui de perdre à Bordeaux. Nous voici donc revenus à égalité de points avec ces cuistres, qui n’affronteront rien moins que Monaco la semaine suivante. Si l’on peut s’accommoder du nul de ce soir, il sera en revanche impératif de taper Metz et son Nolan Roux plus redoutable que Falcao en ce moment.

Le mercato : Rien à signaler, si ce n’est bien sûr le départ en prêt de notre sympathique Doria, alias le tractopelle de Botafogo, alias le saleur de Lyonnais.  Sincères voeux de réussite à lui.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Johny Kreuz remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

10 Comments

  1. salut, elle est un peu bancale cette phrase non? : » notre le QI de effectif le rapproche enfin de l’Homo sapiens et l’éloigne d’un casting de télé-réalité »
    ou est ce mon manque de sommeil? il est 3:24 ici quand même

  2. La clintonjite… trop bon! Enfin à lire pas à voir…
    Un peu comme le chihuahua sous acide…
    Merci pour cet acad’ de bon matin!!

  3. Maintenant le Z est à nous!

    ‘Allez l’OM’ ViveleProjet® ‘Allez ‘l’OM’

  4. Merci merci et encore merci pour cette académie… des bisous encore plus doux que la barbe de mitroglou

  5. J’aimerais tant que Doria reste pour marquer contre les Lyonnettes. Reste avec nous, Saleiro…

  6. « d’un Z qui veut dire Zermain ».
    Plus fin que Catherine Pancol, encore mieux que Houellebecq, surpassant Eric Brunet, le style de Blaah est inimitable.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.