OM-Rennes (1-3), La Canebière académie tempête

Je veux bien reconnaître avoir sur-interprété les promesses du président, mais je suis à peu près certain qu’encaisser neuf buts en deux matchs ne faisait pas partie du Projet®.

Aïoli les sapiens,

Puisque les Rennais sont à l’honneur, nous vous parlerons ici de l’ami Laezh Dour. L’académicien du SRFC se demandait naguère comment, à l’époque où la quasi-totalité du football n’est plus accessible que par des chaînes payantes, les enfants d’aujourd’hui trouveraient encore des occasions de découvrir ce sport à la télévision. Pour l’enfant des années 80-90, le Téléfoot de l’après-midi doté de vrais morceaux de match en direct était une initiation. Puis c’est l’amour olympien, le vrai, l’indéfectible, qui pouvait naître sans prévenir, par exemple un soir de 1991 au son du « La volée… la volée ! Oh, BUT ! Somptueux » de Messieurs Roland et Larqué. Leur ringardisme bon enfant appartient désormais au passé – et encore un peu au service des sports de France Télévision, mais pour combien de temps encore ?

La quasi intégralité des parcours européens de nos clubs, y compris celui de notre cœur, disponible sans frais, sans abonnement : quoi de mieux pour éveiller les consciences au football ? Plus tard, la ligue des champions pouvait encore être proposée aux enfants par les mamans tolérantes, fût-ce pour une seule mi-temps s’il y avait école le lendemain. Désormais, les derniers feux du football en clair s’éteignent dans les braillements de Denis Balbir et les derniers soubresauts de Daniel Lauclair avant ses ennuis définitifs de prostate. La sentence s’annonce déjà, irrévocable : hors bouquets divers et onéreux, hors liens pirates diversement vérolés, point de salut pour les passionnés. Des pis-aller acceptables, oui, mais accessibles seulement aux enfants dotés de géniteurs déjà disposés à la chose footballistique. Les autres, les ignorants, n’auront plus leur catéchisme.

C’est ainsi qu’au fil de ces réflexions, je me demandais comment Dromadette, ma fille, aurait pu être amenée aux terrains verts en l’absence de transmission paternelle. La réponse est simple : elle ne l’aurait point été. Elle se serait adonnée à diverses activités manquant singulièrement de noblesse, telles que le poney, le judo ou – dieu m’en préserve – le basket-ball. C’est ainsi grâce au football en clair d’il y a trente ans qu’elle se couche chaque semaine, pleine d’espérance, attendant que je la réveille le lendemain d’un bisou au front en lui annonçant une victoire de l’OM.

Voilà pourquoi, à l’issue de ce plaidoyer, je le dis tout net : rendez vite les abonnements hors de prix, et bourrez les liens pirates de vidéos porno les plus traumatisantes possible, afin que le plus grand nombre d’enfants innocents, le plus longtemps qu’il leur soit permis, puissent être épargnés de cette horreur qu’est l’OM de Rudi Garcia.

 

L’équipe

Mandanda

Sakai (Sarr, 38e) – Rami – Abdennour (Rolando, 73e) – Evra

Lopez (Zambo Anguissa, 59e) – Sertic – Sanson

Thauvin – Germain – Payet

Parmi les recrues défensives, seul Abdennour fait son entrée, Amavi étant sur le banc au profit d’un Patrice Evra ayant démontré sa motivation dans la presse (où il évoquait sa « hâte de prendre les trois points contre Rennes »). Incertain, Rami est jugé suffisamment remis de sa blessure pour débuter. Sertic remplace Luiz Gustavo suspendu, un choix qui aura son importance, nous le verrons très vite. Devant, Mitroglou ne sera à 100% que dans un mois et n’est donc pas dans le groupe, tant il serait délicat de n’aligner qu’un joueur à 50%, un mi-Mitroglou pourrait-on dire. Payet est lui aussi de retour de blessure.

 

Le match

Un léger doute s’instille dans les esprits quand, à la 14e seconde, Rami concède un coup-franc identique à celui ayant causé l’ouverture du score contre Monaco au dernier match. Doute vite dissipé : malgré un léger cafouillage, l’OM se dégage et peut enfin débuter son match. Nous n’allions tout de même pas nous inquiéter à ce point alors que ce ne sont en face que les Rhénés, en plein doute qui plus est. Un peu de sérieux, allons. Nous pouvons débuter, donc, et nous choisissons d’initier une belle série de passes manquées qui nous amène à 1’53’’, quand une énième transmission foireuse de Sertic précipite l’attaque bretonne. Se trouvant à gauche en lieu et place d’un Patrice Evra ayant décidé de chercher des Pokemon quelque part vers n’importe où, Abdennour entame sa saison olympienne par un viol défensif en bonne et due forme. L’auteur du crime, Ismaïla Sarr, centre pour Khazri qui ridiculise Rami d’une Madjer finissant dans le petit filet de Mandanda. Et que les puristes ne viennent pas nous gonfler avec la définition d’une Madjer, les temps sont assez difficiles comme cela (0-1, 2e). Et que les bonnes âmes ne viennent pas davantage nous gonfler avec l’utilisation du mot « viol » : j’ai déjà eu assez de mal à ne pas écrire « mongoliens » dans cette académie.

Après ce début tonitruant nous confirmant que, décidément, ce match-là n’a rien à voir avec l’accident de Monaco, la déesse Erzulie se rappelle au bon souvenir de chacun, et plus particulièrement de ceux qui ont cru bon de voir jouer Sertic à la place de son protégé André-Frank. En vertu de son sort de titularisation éternelle, la suspension de Luiz Gustavo aurait dû valoir au Camerounais sa place sur le terrain : quelle ne fut pas la déception des dieux vaudous quand sur l’écran de composition des équipes, au visage d’ébène tant attendu se substitua une sorte de Ron Perlman en moins bien fini. « Ah c’est comme ça, vociféra la déesse. Moi, Erzulie, décrète que ce blasphème est celui de trop ! Les mécréants vont connaître la colère du vaudou ! »

Et là, paf, SHAZAM, le cerveau de tout ce qui sur le terrain porte bleu et blanc, entraîneur compris, se trouve instantanément transformé en flaque de pisse. Pas un duel, pas une passe, des joueurs placés n’importe comment, des défenseurs moins mobiles que des zombies paraplégiques : l’OM explose face à des Rennais organisés, pressants, et qui n’attendaient que cela. Après plusieurs duels aux abords de leur surface, nos adversaires récupèrent le ballon et envoient icelui sur un côté gauche évoquant férocement Key West (à savoir qu’il est en temps normal peuplé d’abrutis, et en temps de crise complètement déserté). Le temps de rechercher Patrice Evra et le voici qui fait du tourisme devant la surface avec pour seul souci visible de trouver dans les parages le Segway qui lui manque pour parfaire sa panoplie de trou du cul. Pas gêné par le pressing, Bourigeaud envoie une lourde au premier poteau d’un Mandanda semblant déjà regretter Crystal Palace (0-2, 10e).

Alors que nous accumulons davantage de cartons jaunes que de passes réussies, Garcia sent bien qu’un coup tactique s’impose pour ne pas revivre le 2-5 d’il y a deux ans (en relisant l’académie de l’époque, je constate que la performance était similaire, même s’il y avait alors moins d’espoir que cela s’améliore). Un coup tactique, donc, pour lequel nous allons pénétrer le cerveau de notre entraîneur – transformé en flaque de pisse par les dieux vaudous, rappelons-le :

#RudiLeaks

 

Alors que notre côté gauche prend l’eau depuis le début du match, c’est donc Sakai qui est remplacé au profit de Bouna Sarr. Tout le génie tactique contenu dans ce changement apparaît dès les deux actions suivantes : les Rennais rigolent jusque sur leur banc de touche, et enfoncent notre côté droit. Partant, ils oublient d’attaquer sur notre flanc gauche, qui n’est par conséquent plus du tout menacé : l’objectif est atteint. On notera au passage la générosité de l’arbitre, qui évite à Maxime Lopez d’être sanctionné d’un pénalty pour une obstruction plus que limite.

Côté olympien, seul un coup-franc de filou joué par Payet envoie Germain au duel avec le gardien : celui-ci a le dernier mot. A 45 minutes pile, Eyraud a droit à sa banderole. En tant que communiquant, le manager de choc sait la seule chose qu’il lui reste à faire : descendre dans le vestiaire armé d’une batte de base-ball, interrompre la causerie de Patrice Evra en lui pétant une jambe, regarder les joueurs dans les yeux sans dire un mot, et repartir. Le genre de geste de chef, qui peut ressouder un vestiaire et rendre la foi au public. Las, l’Instamastre réapparaît sur la pelouse et l’on sait alors que notre président a raté une occasion.

Peu après la reprise, un tir rennais sur le poteau nous indique que cette seconde période s’annonce longue et sans grand espoir. L’OM ne montre pas grand-chose, si ce n’est des fautes. A l’amorce des vingt dernières minutes, l’arbitre nous pénalise en ne donnant pas son 2e carton jaune à Patrice Evra, ce qui aurait au moins apporté au peuple olympien meurtri la certitude de ne pas voir sa face de ravi dans le XI-type au prochain match. Pire, les Rhénais jouent le coup-franc façon OM-Newcastle 2004, avec une passe en retrait de Bourigeaud pour la reprise imparable de GnagnonGNA GNA, GNAGNAGNA GNAGNAGNAGNA (0-3, 69e). Histoire de rajouter au burlesque de l’action, Abdennour prend bien soin de se blesser aux ischio-jambiers en taclant trop fort pour rattraper son retard : fin de match pour notre recrue, et voici Rolando pour un retour si inattendu que l’on se demande si Zambo Anguissa ne lui a pas donné quelques leçons de sorcellerie.

L’OM retrouve alors un semblant de dignité : quelques combinaisons offensives sont produites, Rudi Garcia chiale sur l’arbitrage, bref notre équipe fait mine d’afficher un visage plus habituel. C’est ainsi que Payet lance Sanson à droite de la surface rennaise ; bien croisé, le tir de Morgan se termine par un poteau rentrant (1-3, 87e). A l’aube du temps additionnel, Zambo Anguissa est tout près de rapporter un pénalty à l’OM, mais son saut de carpe intoxiquée au mercure s’avère trop grotesque pour que l’arbitre juge bon de sanctionner le contact. Sur la contre-attaque en revanche, Rolando s’applique à bien réaliser un tirage de maillot de gros porc afin que M. Delerue n’ait aucun doute sur le pénalty à siffler. Pour la seule fois de la soirée, Rennes se montre digne de sa réputation et voit Mubele tirer un mètre au-dessus de la cage : le score n’avance pas, l’OM encore moins.

 

Les joueurs

Mandanda (1/5) : Rappelons-lui qu’il n’a pas signé à la section vétérans, quoique la confusion se comprenne au vu de notre effectif.

Rami (1/5) : On achève bien les chevaux.

Abdennour (0/5) : Comme pour Rami, il n’a été victime que d’une inaptitude physique passagère, qui n’entame en rien la confiance que l’on peut placer en lui. // Pressé par le besoin, Zubizarreta a acheté une 206 passée trois fois au marbre avec macaron du contrôle technique délivré par la préfecture de Bassens. [NdA : je laisse le soin au lecteur de biffer l’une ou l’autre option en fonction de son degré d’optimisme.]

Rolando (73e, 1/5) : Normalement, à moins de 20 minutes on ne note pas, mais ce pénalty où il s’est une nouvelle fois montré aussi leste qu’une pompe-à-merde mérite bien de le faire participer à la fête.

Sakai (1+/5) : Peu de temps pour s’exprimer, victime de la tactique dite du « je monte rapidement mais dois aussitôt me replier comme un calu parce que mon milieu a perdu la balle dès la première relance ».

Sarr (38e, 1+/5) : De maigres mais louables tentatives, et des pertes de balle indignes d’un défenseur latéral de métier. Puisqu’il est désormais défenseur latéral de métier, paraît-il.

Evra (0/5) : Il fut un temps où Patrice Evra se plaisait à attiser la détestation d’autrui pour nourrir sa propre combativité, mais aussi attirer les critiques sur lui plutôt que sur l’équipe. Il semble qu’au fil des années Patrice Evra y ait pris goût : désormais, s’il se comporte comme un connard, c’est uniquement par plaisir.

Sertic (1-/5) : Les Girondins de Bordeaux évoquent une série d’espionnage dans laquelle, au lieu d’utiliser leurs meilleurs agents, les nations enverraient leurs plus gros incapables infiltrer les ennemis pour y mettre le bordel armés de leur seule nullité crasse. Le Blaireau des Légendes, en quelque sorte.

Lopez (1-/5) : L’an dernier, il incarnait le vrai visage de l’OM Champions Project®. Ce soir aussi, hélas.

Zambo Anguissa (59e, 2-/5) : Meilleure note de l’effectif, mais ce n’est pas pour lui, c’est pour les dieux.

Sanson (1+/5) : Certes plus adroit que ses camarades, mais coupable d’évoluer dans un milieu de terrain plus prompt à l’Urban tricot qu’aux joutes viriles.

Thauvin (1+/5) : Au moins il a montré un peu de combativité. A l’école, on dirait « un point pour l’encre ».

Payet (1+/5) : Un dernier quart d’heure correct ponctué d’une passe décisive, précédé de 5 quarts d’heure insupportables. Absent des duels, absent du jeu, absent en défense : sans atteindre les sommets d’exaspération de la blogueuse mode des Ulis, reconnaissons que Dimitri commence à nous les briser fin-fin-fin. Si l’OM l’a fait revenir à grand frais, c’est pour assumer son rôle de leader technique, pas pour se toucher les burnes en attendant que le vent daigne souffler dans une direction favorable.

Germain (1/5) : Aussi valeureux que possible, mais son face-à-face manqué contre Koubek nous coûte cher.

 

L’invité zoologique : Monsieur Lapin.

Ben oui, encore. Vous n’avez qu’à vous dire que c’est un cousin de Pan-Pan, ça vous rappellera Disneyland, n’est-ce pas Président ?

 

– Les autres : Excellemment organisés et ardents. Il semblait pourtant bien qu’il fallait peu de chose pour que leur défense pète comme une patte de crabe chez Toinou, seulement nous étions très loin d’approcher ce peu de chose.

– Le classement : Dixièmes. On nous invite à prendre du recul sur la situation mais du recul, nous en avons tellement pris que même Guingamp commence à nous renifler les fesses.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

13 Comments

  1. En même temps, quand tu cèdes ton vestiaire aux fainéants, cyniques et autres extrêmes…

    A en espérer que notre professeur Strauss se transforme en Docteur Petiot.

  2. Garcia me fait de plus en plus penser à Michel, que j’aurai préféré définitivement oublier. Aucun fond de jeu depuis la reprise, une communication désastreuse durant le mercato, Garcia fait dans la posture et n’assume que très peu ses torts. Presque un an qu’il est ici, on peut en faire un bilan et il est clair qu’il n’est pas l’homme de la situation.
    Garcia n’a plus droit à l’erreur et devrait dégager lors du prochain revers, alea jacta est.

    • Alors de prime abord, je réponds d’un « oui » vibrant à tout ceci, mais deux jours après la raison me rattrape et me crie : « pour mettre qui à la place, bordel de merde ? »

      J’avoue que le Christophe Galtier Project m’emballe peu. J’en resterais plus sur la ligne de notre René national : « Rudi, tu nous a mis dans la merde, maintenant tu nous en sors ». Eventuellement en commandant à papa JHE un Gallardo dans la hotte de Noël.

      • Gallardo moi je dis oui ! oui oui oui oui OUI !!!
        Et sinon pourrait-on échanger notre projet avec celui des lillois ? Comme ça tout le monde à sa place et Dieu pour tous, amen.
        Mais en l’état actuel des choses, et vu comment ces choses sont embarquées, ne rien changer est une option très risquée.
        Le match de Rennes est bien la confirmation de la rencontre précédente face à Monaco. Ce n’était malheureusement pas un accident (pour ceux qui en doutaient). Au delà du terrain, la posture actuelle de Garcia n’est plus tenable et je ne le crois pas capable de se remettre en question.

  3. 1) Rudi Garcia m’étonne de plus en plus. Je l’ai toujours connu chialeuse à Lille, mais aussi mauvais en comm’ et surtout dans le jeu, jamais. Vous me rétorquerez qu’à Lille, il avait de sacrés gaillards sous la main (vrai), mais tout de même, c’est indigent ce que propose l’OM en ce début de saison.

    2) Et vous allez à Amiens le WE prochain. Tout promus qu’ils sont, il se sont fait Nice 3-0 et enchaîné chez les mangeurs de saucisses. Il fait pas bon de se frotter aux Picards (encore moins de les sentir) en ce moment.

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