Vitoria Guimares-OM (1-0), La Canebière académie fête ses morts

Loin de moi l’idée de parler d’humiliation, mais nous avons perdu contre un club qui marque encore ses ballons au feutre.

Aïoli les sapiens,

Tu es petit, Rudi. Non que je mette en doute plus que de raison tes capacités à nous octroyer cette troisième place en championnat, hein. L’OM a corrigé ses défauts principaux, enchaîné des résultats, tenu le choc contre le PSG. C’est pas la grande extase, mais oui, avec toi nous sommes en mesure de bauper un bon classement final (« bauper » : verbe du 1er groupe ; synonyme de « choper », en y ajoutant la manière, veule et vulgaire ).

Non, délaissons le jeu pour lequel nous n’avons qu’une compétence limitée et parlons des qualités humaines. Ca, tout le monde a le droit d’en juger. Or tu es petit, Rudi. Tes conférences de presse au ras des pâquerettes, ta propension à rejeter la responsabilité des déconvenues sur tout autre que toi, n’étaient plus un mystère pour grand monde. Et à la rigueur, si les seules envolées que te procure le football ne parviennent pas à t’élever plus haut que le marégraphe d’Endoume, c’est ton triste problème et pas le nôtre. Là où l’on en devient soucieux, c’est quand ta médiocrité pusillanime contamine nos joueurs. Dès que notre équipe se met en devoir de préserver un résultat, aussi ténu soit-il, c’est la peur et le renoncement qui dominent, le refus de produire quoi que ce soit d’ambitieux, le repli sur des certitudes qui tiendraient pourtant tout entières dans la peau de tes maigres couilles. Voici l’état d’esprit qui nous a conduits à envisager ce 0-0 octroyé au coup d’envoi comme un trophée à ramener de chez le 8e du championnat portugais, et à nous comporter en conséquence. Puissions-nous tirer le PSG en coupe de France, eh bien nous tâcherons de nous hisser au niveau du PSG en espérant faire la différence aux tirs au but. Mais qu’il nous advienne de tirer le Vendée-Poiré-sur-Vier, eh bien dans ce cas nous jouerons au même niveau que le Vendée-Poiré-sur-Vier en espérant faire la différence aux tirs au but.

Tu es petit, Rudi, tu es si petit et borné que tu te rends compte que cette attitude va à l’encontre de ta sacro-sainte trouille. Ne pas jouer t’aide peut-être à te prendre pour Mourinho mais chez nous, chez toi, une chose est certaine depuis le début de saison : cela-ne-marche-pas. Cela n’a pas marché à Angers : deux points perdus. Cela n’a pas marché à Strasbourg : deux points perdus. On n’a pas eu le temps de voir si ça marcherait contre Monaco : 6-1. Et je passe ceux que j’ai oubliés sur le moment, et tous ces instants passés à claquer du slipomètre après avoir marqué un but. Jusqu’ici, et pas plus tard que dimanche dernier à Lille, ça a souvent pardonné. Ce soir, ça n’a pas pardonné : l’Europe demande à être prise par un taureau fougueux, et toi tu espères la séduire avec un costume de vier marin. Honte à toi. Tu es petit, Rudi alors par pitié, lève un peu la tête, tu finiras peut-être par voir Marseille.

 

L’équipe

Mandanda

Sarr – Rami – Abdennour – Amavi

Luiz Gustavo (Mitroglou, 82e) – Kamara

Lopez (Sakai, 76e)                              Sanson

Germain – Njie (Thauvin, 67e)

La configuration bis spéciale « coupe d’Europe » est reconduite, sans surprise si ce n’est cette disposition en 442.

 

La légende

L’avant-match est marqué par la fausse bonne-idée de notre président, consistant à financer une partie du déplacement des supporters. Fausse bonne-idée, car certains d’entre eux ont visiblement trouvé judicieux de réinvestir ces économies dans le Ricard, laissant percevoir une cavité crânienne dont la vacuité paraît aussi mystérieuse que celle qui vient d’être découverte à Khéops. C’est ainsi que ces génies ont eu l’idée de descendre sur le terrain pendant l’échauffement, pour discuter le bout de gras avec Patrice Evra. Sans doute vexé que l’on mette en doute la portée dialectique de ses vidéos-coup-de-poing, le Jean-Luc-Godard de la génération Kombini rétorque d’un coup de pied dans la gueule. Loin de l’envolée furieuse d’un Cantona, son « high kick » vissé dans la glèbe pue la frustration médiocre ; et pourtant, ce geste fera définitivement entrer Tonton Pat’ dans la légende olympienne. Aux côtés du contrôle dans le vide de Nakata, ou du double-contre-son-camp de Stefano Torrisi, Patrice restera à jamais fameux pour avoir été sanctionné d’un carton rouge un quart d’heure avant le coup d’envoi d’un match.

– Ca compte pas, Patrice.
– Comment ça, ça compte pas ?
– Ca compte pas, t’as pas dit « Skadoosh ».

 

Le match

Quoi que l’on pense du geste d’Evra, l’anecdote a au moins le mérite de meubler cette académie, car pour ce qui est du jeu… Ne semblant pas savoir comment jouer ensemble et individuellement maladroits de surcroît, les olympiens annoncent la couleur dès les premiers instants : marron Farina.

Pourtant, quelques mouvements de notre part laissent à penser qu’avec une intensité digne de ce nom, les tâcherons d’en face pourraient être dispersés sans trop d’angoisse. Peine perdue, l’OM est ailleurs. Une double occasion portugaise en fin de période nous réveille, et nous conduit à répliquer : Germain dévie pour Njie dont la frappe trouve le gardien, avant que Sanson ne rate complètement sa tête à la réception d’un centre.

La purge se poursuit en seconde période, marquée par un festival d’erreurs techniques des deux côtés. Lancé face au gardien par Luiz Gustavo, Njie tente un extérieur pathétique qui ne roule pas trois mètres, avant que les Portugais ne répliquent d’un tir sur la barre au sortir d’une contre-attaque. L’alerte se répète, avec plusieurs situations chaudes dans notre surface. De notre côté, nous préférons continuer à végéter quatre étages en-dessous de notre niveau supposé, et finissons par nous en faire punir à dix minutes de la fin. Sans opposition, Helton adresse un centre de la droite. Rami n’est pas dans sa zone, Sakai arrive trop tard, et Hurtado peut fusiller Mandanda (1-0, 80e).

Sommés de produire du jeu, les olympiens ne savent évidemment plus comment faire et ne se mettent pas davantage en évidence, si ce n’est Boubacar Kamara à l’occasion de son second carton jaune à la 86e minute.

 

Les joueurs

Mandanda (3+/5) : Hésitant mais sauvé par la transversale, puis auteur d’un arrêt important. C’en était trop pour le tribunal, qui l’a jugé complice des crimes contre le football commis par l’OM : il a donc fini fusillé pour l’exemple.

Rami (2+/5) : « L’homme qui joue trop longtemps une main dans le slip finit par ne plus se sortir les doigts du cul ».

Abdennour (3-/5) : Solide, mais à côté de lui Rolando c’est Aurélie Dupont.

Sarr (2+/5) : Correct défensivement, ses accélérations du début de match promettaient de le voir défoncer du Lusitanien comme qui rigole. Il a fondu plus vite qu’une plaquette de beurre dans le cul de Maria Sch dans les rayons du Carrefour.

Amavi (2+/5) : Manque de peu de parachever le potentiel comique de notre aile gauche en passant tout près de son 2e carton jaune dès la 10e minute. Une fois calmé, un match passable agrémenté de quelques beaux centres.

Luiz Gustavo (3/5) : Quelques pertes de balle pour ne pas humilier ses coéquipiers en affichant trop d’aisance. Il retrouve vite la fluidité et la vision qu’on lui connaît, avant de sortir par précaution suite à son demi-sertic habituel.

Mitroglou (82e) : Entre son entrée et la fin du match, un ballon a dû parvenir dans la surface, alors bon…

Kamara (2+/5) : ET LA, SURPRISE ! HAHAHA ! Eh non, ce n’était pas Luiz Gustavo qui avait reçu un carton jaune, petits sacripants, c’était Kamara ! Et en toute logique, quatre minutes après la sortie du Brésilien, Boubacar sèche un adversaire et doit prendre la porte. Coaching gagnant, donc, et une sortie d’autant plus dommageable pour le jeune homme qu’il n’était pas loin de se révéler l’un des meilleurs joueurs de la soirée.

Lopez (1/5) : Espoir de Barcelone cet été, mais future recrue d’Anderlecht si sa tendance actuelle se prolonge. Maxime est notre Carles Puigdemont à nous.

Sakai (76e) : Présent sur la feuille et surtout sur la photo de la bagarre d’avant match, où son visage exprime la sincère incompréhension d’être tombé dans une telle équipe de tarés.

Sanson (1/5) : Je crois comprendre la confusion : Morgan Sanson est en fait allé parler de sociologie politique chez Marsactu, et c’est Michel Samson qui joue milieu de terrain chez nous.

Nvier (1+/5) : Vous vous souvenez quand on disait qu’Ocampos avait épuré son jeu ? Bah ne cherchez plus, c’est Clinton qui en a récupéré les déchets, et dieu sait que la benne était pourtant déjà bien chargée avant ça. Et en plus Môssieur ne salue pas au moment de son remplacement, non mais dis donc, on ne se prend pas pour la Callas quand on a la voix d’Etienne Daho.

Thauvin (67e) : Essaie, sans accomplir de miracle dans une équipe rincée.

Germain (1+/5) : Erre entre le cœur du jeu et la pointe de l’attaque comme Jack O’Lantern errait entre le monde des vivants et celui des morts. On lui confierait bien une courge creuse pour accompagner son chemin, mais j’ai promis de ne plus parler de Christophe Castaner.

 

L’invité zoologique : Monsieur Lapin

Inattendu, Monsieur Lapin fait un retour spécialement dédicacé aux grands hommes de ce match et en particulier à leur guide suprême Rudi Ier dit le Petit – car Rudi, tu es petit.

– Les autres : Nuls à chier, mais moins que nous.

– Le classement : Toujours deuxièmes, après le nul entre Salzburg et Konyaspor. De quoi se plaint-on alors ? Hein ? Hein ?

– La déclaration : L’attitude du soir rend cette vidéo du matin particulièrement cruelle. Ainsi, quand Bielsa parle de football, il donne envie de gifler Rudi Garcia ; et quand il parle de Marseille, il donne envie de gifler Renaud Muselier.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. L’irruption lapinesque prive le concours zoologique de vainqueur.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 Comments

  1. Par contre pas de déconnade avec Torrisi, double csc lors de son premier (et unique) match alors qu’on mène au score…
    Podium éternel.

  2. « non mais dis donc, on ne se prend pas pour la Callas quand on a la voix d’Etienne Daho. »

    Magnifique. En même temps, je ne vais pas vous rappeler d’où il vient…

  3. Oui. Sans hésiter une seule seconde. On vous laisse le point du nul à Strasbourg, on reprend notre panache.

    C’est sûr que le panache ne doit pas être votre priorité.

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