Real – Juve (1-3) La Bianconero Académie gagne en vain.

ANDIAMO A CASA.

Destin (n.m.) : puissance qui gouvernerait les affaires, surtout invoquée par les humains à la dérive pour excuser leurs échecs.

Salut les zèbres,

Une fois n’est pas coutume, cette intro a été écrite avant le match.

J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article. Pas par lâcheté, même si on risque de perdre et donc de sortir par la petite porte qui sent le cul. Pas par manque d’envie non plus, après tout c’est un privilège de pouvoir regarder tous les matches d’un club que j’aime. Non, c’est l’incroyable sentiment d’impuissance que j’ai ressenti au coup de sifflet final la semaine dernière qui m’a fait hésiter. La terrible sensation qu’on aurait pu jouer cent fois ce match et ne jamais le gagner. J’ai eu beau me téléreporter (action de se téléporter dans le passé afin de faire un reportage, ou quelque chose comme ça, voyez avec Johny Kreuz pour la vraie définition) et me retaper le match dans ma tête encore et encore, il a toujours le pied de Varane qui traîne, la putasserie de Ramos, ou les arrêts surhumains de Keylorgasme. Puis le weekend est arrivé et avec lui une session foot du Valérie Boyer Football Club cher à Camelus Blaah, et l’espoir.

« Est-ce que vous allez regarder le match ? Vous pensez vraiment que la Juve peut passer ? » C’est en entendant cette phrase de la bouche de Mourad que mon cœur a compris. Même si on est sur du 1%. Même si le Real est double tenant du titre. Même si Dédé prête sa chatte à Zizou. On s’en bat les couilles. On va regarder ce match avec l’écume aux lèvres et un seul espoir, gagner. Gagner pour vivre, gagner pour gagner, encore. Rien de moins que gagner. Me voilà redevenu homme de foi, sorti de ma nuit spirituelle la poitrine gonflée d’assurance.

LE MOT DU VIL.

Résumé de l’épisode précédent : c’est en fouillant les archives sorties clandestinement du Horsjeu Building allongé sur la banquette arrière de la Clio Bebop, garé sur un obscur cul-de-sac boueux du Morvan, que j’ai découvert les agissements d’une société secrète très portée sur l’anus présente dans le monde du football depuis sa création en Angleterre, en 1863, de manière clandestine, mais remarquée lors du premier match disputé en banlieue parisienne quatre ans plus tard, par un journaliste du Monde Illustré « tout bonnement outrecuidé par une telle analité », comme il le dira dans ses Mémoires d’un cuistre au crépuscule du XIXe siècle. Le VIL, aussi connu sous le blaze de JiPéHère, m’avait laissé entendre qu’on pouvait gagner le match retour 4-0. C’est ce qui m’a mis la puce à l’oreille. Il se moque de moi. Et son dernier texto alors ? « Ma TV a planté à 3-0, 88e. » Mon cul ouais ! Un appât, voilà ce que c’est. Je suis sûr qu’il est envoyé par les mecs de Horsjeu pour me pister. Mais pourquoi moi ? J’ai rien de spécial. Je connais même pas tant le foot que ça. J’ai ma zone de confort, certes, mais une fois sorti de là… Des klaxons de tracteurs me ramènent subitement dans l’habitacle de la Clio. Un tracteur déglingué, sur lequel j’aperçois un paysan patibulaire, me bloque le passage. Ce paysan, je le connais de vue. Mais d’où ? L’autocollant BZH que je vois dans le rétro finit de me glacer le sang. Gwen Tagrenmer. Bordel de merde, me voilà piégé. Et par l’académicien le plus dégueulasse en plus.

LA COMPO DE MAX.

La compo pour l’éternité, ou pour rien.

LA PARTITA.

Alors que je galère comme un octogénaire sur Tinder pour faire fonctionner Twitch, Francis Van Nobel 2017 oblige, je rate le but de Mandzukic (0-1, 2e). Étant habitant du tiers-monde technologique, je ne peux tout faire fonctionner en même temps. Et comme HorsJeu, c’est un peu le service public du football, il y a forcément du personnel d’astreinte qui veille au grain pendant que les pontes boivent (et pour les avoir suivi lors de la deuxième partie de soirée, ils boivent même beaucoup, en témoigne la diction de Marcelin Albert ou les nombreux cadavres de binouzes devant Roro Gromerdier). Mais le service public, c’est aussi le devoir d’assurer notre mission pour le bien de tous. D’être au service du public en somme, n’en déplaise aux macronistes décérébrés et à la plèbe ignare, championne du mépris de classe et qui s’enfonce volontairement un entonnoir dans la gorge pour être gavée de merde. Et le football dans tout ça ? Et bien Mario Mandzukic a doublé la mise (0-2, 37e). À un but des prolongations, on y croit.

Douglas Costa, meilleur ami de Lexie Najas, fait un mauvais choix en tirant largement au-dessus, alors que l’on joue depuis trois minutes en seconde période. Les bons ballons eux continuent d’arriver dans la surface de Navas, mais pas de troisième but en vue. Pipita lui est très bon depuis le début, disponible et concerné, premier au pressing dès la perte du ballon. Malheureusement, jouer de la sorte ne lui permet pas d’être dans la surface, où les ballons arrivent. Ce qui, convenons-en pour un attaquant, est plutôt dommage. C’est Mandzukic qui se met à nouveau en évidence en foutant son coude dans la gueule de Carvajal. L’Espagnol a crû pouvoir jouer avec Mario, mais c’est bien lui qui en fait sa petite pute. Gigi multiplie les arrêts devant Cristiano Ronaldo, et le slipomètre est à son maximum. On sait pas vraiment ce qui va se passer, mais on va rester.

Et soudain, l’espoir.

Celui-là je l’ai pas raté ! Sur un long ballon de Douglas Costa venu de la droite, Matuidi gêne Navas qui capte mal le ballon. BALAISE n’a plus qu’à pousser le ballon dans les buts (0-3, 61e). Je confesse volontiers que l’académisation de ce match devient difficile. Trop d’émotions. Et de voir Gigi jouer comme un jouvenceau et enchaîner les parades… Mon petit cœur ne va pas tenir. Je me sers un scotch, parce qu’il paraît que c’est bon pour le cœur justement. Je m’imagine déjà regarder un beau Roma-Juve en demi-finale, la rondelle à Fred Hermel joliment empaillée au dessus de ma télévision… Ne pas s’enflammer Roberto, ne pas s’enflammer. Cette histoire de Fred Hermel m’a grandement déstabilisé, je le confesse. On joue les arrêts de jeu, il ne faudrait tout de même pas que l’impossible, l’horrible scénario arrive… Et pourtant.

Ce qui était difficile il y a quelques minutes m’est devenu impossible. Même demain, même dans un an, mon cœur plein de scotch se serrera en pensant à ce moment-là. Certains diront qu’il n’y avait pas pénalty, d’autres que c’était flagrant. On lira cent fois dans la presse sportive que Gigi aura fini sa carrière en Champion’s sur un carton rouge comme Zizou a fini la sienne tout court, pendant que ce dernier le regardait depuis le banc de touche. On pourra chier sur la gueule de Cristiano Ronaldo pour avoir célébré comme s’il avait gagné le match à lui tout seul. Quoi qu’on en dise, il offre la demi-finale à la Maison Blanche (1-3, 94e). En vain. Le match est fini, ils ne le rejoueront pas pour nos beaux yeux. Point d’injustice, il serait trop facile de s’y réfugier. Ne soyez pas non plus en colère, ça n’en vaut pas la peine. Nous avons gagné la plus cruelle des récompenses. Une victoire pour le panache, mais rien de plus. Relevez-vous les amis, allez ! Avec le recul, nous mettrons des mots sur cette soirée, sur ces émotions qui nous ont submergé. Chacun à sa façon. Je crois que j’ai pris du plaisir à un moment, mais mon cœur est à la tristesse. Dire qu’il y a des gens qui n’aiment pas le foot…

Une dernière chose tout de même.

À tous ces chantres de vertu qui se réjouissent que la méchante Juve ait été éliminée, et qui se réjouissent d’autant plus en croyant qu’elle l’a été de manière douteuse, j’ai envie de dire ceci : ALLEZ VOUS FAIRE ENCULER. Mais j’ai surtout envie de leur dire que tant qu’ils croiront qu’une injustice peut en réparer une autre, leur vertu n’en sera jamais une.

À toutes ces vierges effarouchées qui s’indignent de ne pas avoir trouvé d’union sacrée derrière nous, et qui s’étonnent de voir nos rivaux jubiler, je dirai ceci : laissons l’aigreur aux pleutres qui peuplent le monde. Nous sommes plus grands qu’eux. Ne leur accordez pas plus d’attention qu’il n’en méritent (soit deux week-end par an, sans compter la Coppa).

LES NOTES.

Tout comme la presse spécialisée l’a fait au lendemain du match de la Roma, j’ai envie de mettre 5/5 à tout le monde. On est d’accord, certains ne le méritent pas. Mais peu importe. Nous avons été grands. Pjanic, Chiellini, Buffon, Higuain, et les autres. Je n’en veut à personne. Benatia ? Il a été énorme cette saison, et je devrais oublier ça ce soir ? Non, impossible. J’aime cette équipe, encore plus lorsqu’elle perd de la sorte.

Nous sommes les plus beaux perdants, ceux qui gagnent même dans la défaite. Ne l’oubliez jamais.

Je conclus tout de même sur une petite pointe d’aigreur, en souhaitant que ce petit Real se fasse poutrer en demi, peu importe qui l’affrontera. Et aussi en disant que Sergio Ramos est une salope, mais vous le saviez déjà.

Un grand merci aux mecs de juvefc.com qui me laissent utiliser les feuilles de match, ils ne le feraient probablement plus s’ils pouvaient comprendre mes articles. Merci à Ambrose Bierce pour l’accroche, lisez son Dictionnaire du Diable si vous voulez rigoler.

FINO ANAL FINE,

un baccio nel culo.

Roberto Bettégras

Pharaon Gérontophile. Bianconero Académie. l'Académie des Poteaux Bizarres.

6 Comments

  1. Vous me suivez sur Touittère et vous lisez ce bonbon qu’est « Le Dictionnaire du Diable » ? Vous êtes décidément un homme de goût.

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