Manchester United – Ajax Amsterdam (2-0) : La Raide et Vile Academy est sur le toit du garage de l’Europe

Chateau de Luke Seafer, salon, intérieur nuit.

Les épais rideaux de velours sont tirés, laissant la pièce dans la pénombre. Et ce ne sont pas les habituelles vives flammes crépitant habituellement dans le foyer de l’imposante cheminée qui vont nous aider ce coup-ci puisqu’avec la chaleur qu’il fait, on a plutôt fait jouer la clim…
Purée, on y voit rien, c’est pas comme ça qu’on va pouvoir faire une introduction convenable de cette académie. Impossible de vous décrire l’imposant fauteuil fait de bois massif et agrémenté de petits coussinets et surtout la posture du maître de maison…

Attendez, voila que la clim dont nous vous parlions plus tôt fait frémir un rideau, qui laisse filtrer cette pale lumière lunaire. Nous pouvons enfin jeter un oeil indiscret vers le centre de la pièce, sa chaise royale et son propriétaire. Oh comme on pouvait s’y attendre, l’intéressé est debout, triomphal il… Il dabbe ? 

Peut-être devrions nous nous tourner vers quelqu’un de plus loquace pour parler en détail de ce match… Bobby Carlton par exemple…

 

LA FINALE

À l’heure de commenter ce match loin d’être le plus difficile de notre campagne européenne, un constat s’impose : Manchester United a bien consommé sa mutation en une équipe à l’image de son coach. Ce que Van Gaal n’était pas parvenu à faire (quoique son échec reste relatif à nos yeux), José est en train de le réussir, en passant d’un jeu historiquement tourné vers l’avant à une tactique essentiellement défensive, pour laquelle le jeu d’attaque est un accessoire, et non plus une finalité. Aussi cette victoire finale, obtenue au pragmatisme et grâce à un soupçon de chance, souffrira-t-elle toujours du sceau infamant apposé sur Mourinho : celui d’un triomphe immérité, obtenu en convoquant des moyens extravagants mais gâchant le potentiel immense de joueurs prometteurs, et délivrant le même message au monde du football années après années : le beau jeu, on lui fait des enfants avec un missile Amraam, le spectacle, on s’en torche pas mal, et les belles histoires de jeunes fougueux jouant un totaalvoetbal soyeux, on essuie les crampons de nos rangers crottées dessus.

En bref, il nous apparaît finalement, et cela nous fend encore un peu le cul de le dire, que le choix de recruter Mourinho comme manager, si polémique soit-il, se révèle en dernier examen comme le plus parfait pour épouser la destinée satanique de Manchester United.



Aussi, nous ne nous complairons pas à dire que ce match fut agréable à regarder (même si dans une certaine mesure, on a pu observer une discipline défensive rare chez nos petits diables). Un match – déjà – mourinhien nous revient à l’esprit pour illustrer ce que fut cette finale : celle gagnée avec l’Inter face au Bayern en 2010. Déjà avait-on pu y observer la rigueur tactique époustouflante sur laquelle les Allemands s’étaient cassés les dents, et l’efficacité imparable avec laquelle Milan avait mené ses attaques, en particulier grâce au jeu long. Une victoire qui n’avait pas plu à grand monde, suite à ce replacement bas tant décrié (le fameux sacrilège dit du « Saméto latéral droit »).

Pourtant, c’est bien sur le même score que nous nous satisfaisons d’avoir remporté ce match tout en maîtrise face à une équipe joueuse, technique, qui a manqué de réussite au moment de contrer nos rares attaques (le but de Pogba à la 18e restant fort chanceux, dans la mesure où sa frappe n’avait même pas l’air cadrée au départ), et de hargne au moment de défendre sur coup de pied arrêtés (en témoigne l’acrobatie que Mkhitaryan réalise sur le corner qui amène le deuxième but à la 48è minute).

Le reste est à dédier à l’histoire : Manchester United complète enfin sa vitrine avec un trophée qu’il n’avait jamais remporté, renforce un palmarès européen déjà bien fourni, et se place désormais aux côtés des rares qui ont remporté les trois coupes européennes. Pour le reste, nous accueillerons vos commentaires haineux avec délectation.

 

Les Diables en double note.

(Pour des raisons évidentes d’alcoolémie avancée, les souvenirs du matchs sont flous, au moins côté Seafer. Carlton note en italique)

Romero (3/5) : A-t-il eu seulement de vrais sauvetages à faire ? Non. Dommage, car nul doute qu’il les eusse faits.
Romero (5/5) Match parfait, quoiqu’il n’ait guère été inquiété. Un peu à l’image de sa saison.

Darmian (3/5) : Propre comme souvent cette saison.
Darmian (3/5) Toujours très timide offensivement, mais son boulot pour bloquer son couloir n’a pas souffert grand déchet, bien aidé qu’il était par Mkhitaryan.

Blind (4/5) : C’est un peu le grand du lycée qui a montré au petits de son ancien collège le chemin qui leur restait à parcourir.
Blind (4/5) Il a tout fait dans le feutré, dans l’annihilation dans l’ombre grâce à son intelligence de jeu supérieure, et a ajouté la touche gracieuse qui manquait sous forme de relances soyeuses.

Smalling (3/5) : José je ne te pardonnerai jamais d’avoir laissé sa chance à cet incapable notable de disputer une finale de Coupe d’Europe à la place de l’invaincu et irréprochable Phil Jones. Cela étant dit (avec colère), Chris a fait son taf.
Smalling (4/5) Grâce à un match très sérieux et une qualité qu’on ne lui avait plus vue depuis trop longtemps au marquage (le fameux « beast mode » dont raffole Rio Ferdinand), on peut presque dire qu’il a sauvé sa saison.

Valencia (4/5) : Vroum vroum vrouuuuuuuuuuum
Valencia (4/5) Il a fait très peu d’erreurs derrière, et a en plus été un vrai moteur pour ses partenaires. Le brassard lui sied de mieux en mieux.

Pogba (5/5) : Boum Boum Boooooouuuuuuuuum
Pogba (5/5) Buteur certes chanceux, mais homme de tous les exploits. Si son jeu long imprécis a encore exprimé une certaine précipitation, il a néanmoins dicté son tempo tout au long du match.

Fellaini (4/5) : Quand on voit qu’il est la cible privilégiée à la relance (et que c’est efficace), qu’il ressemble même presque parfois à un footballeur, on se dit quand même que Mourinho a bien un truc en plus.
Fellaini (5/5) Grandiose à la récupération, d’un calme olympien face au pressing agressif des ajacides, il a survolé le match d’aussi haut que le dernier poil de cul dressé à l’extrême faîte de sa touffe lui permettait.

Herrera (4/5) : C’est un peu comme le grand du lycée d’à côté qui rackette les petits du collège privée. Donnez moi vos ballons et cassez-vous les mioches.
Herrera (4/5) Sobre, efficace, de mieux en mieux au fil du match. Un homme à part.

Mkhitaryan (4/5) : Ça y est j’arrive à écrire son nom sans me tromper ! Vivement la saison prochaine.
Mkhitaryan (3/5) Buteur opportuniste quasiment par miracle : ses nombreuses fautes en première mi-temps auraient pu lui valoir d’être remplacé et/ou expulsé. Le sort en a décidé autrement, car Satan est bon.

Mata (3/5) : Comme souvent cette impression que oui ok, mais en même temps on ne sait plus trop.
Mata (2/5) Privé de ballons, régulièrement esseulé, et bizarrement ignoré par des partenaires qui ne cherchaient que Rashford, il n’a pas vraiment pesé.
Ah donc c’est pas seulement la bière ? –Nope.

Rashford (2/5) : Encore un peu de travail à fournir pour qu’on parte à la guerre avec lui en pointe.
Rashford (2/5) Très sollicité, mais peu en réussite. Il a été muselé, et n’a pas trouvé la solution pour échapper au marquage serré de de Ligt.

Les suppôts de Satan :

Lingard pour Mkhitaryan, 74′ (NN) : Ah ton face à face raté pour le 3-0 ça je m’en souviens bien.
Lingard (NN) Son face à face manqué lui vaut des moqueries, mais il le croque à 2-0, et au final, qu’est-ce qu’on s’en fiche.
Ça t’amuse de me désavouer ? –Je n’y peux rien, je l’aime bien.

Martial pour Rashford, 84′ (NN) : Merci de vous réveiller la saison prochaine, jeune homme.
Martial (NN) Entré avant tout pour défendre.

Rooney pour Mata, 90′ (NN) : Allez, salut.
Rooney (NN) Entré avant tout pour la gloire.

 

Luke Seafer et Bobby Carlton.

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

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