Manchester United – Chelsea (2-1) : La Raide et Vile Academy livre ses notes

Chateau de Luke Seafer, bureau, intérieur nuit
Les épais rideaux de velours sont tirés, laissant la pièce dans la pénombre. Seule les vives flammes crépitant au coeur de la cheminée permettent de distinguer la scène qui se joue devant nous. L’habituel et imposant fauteuil du maître des lieux est revenu. Mais son propriétaire n’en a pas l’usage attendu. Non, plutôt que de s’y enfoncer confortablement, le voila qui tourne autour, sans but, un peu comme Lucas Moura face à un défenseur. Sa course en rond semble éternelle, tout juste s’arrête-t-il par instant pour lever le poing au ciel et jurer. Il est temps de se rapprocher pour savoir de quoi il en retourne.

Ah non hein. Alors mais franchement, de qui se moque-t-on ? C’est un dimanche entier qui est foutu par la fenêtre. Non. C’est inadmissible, c’est innacceptable. Non, tout était pourtant préparé à l’avance. Comme à chaque grosse affiche du dimanche depuis le début de la saison (voire celle de l’année dernière), le déroulé devait d’être le même : Y croire, assister à un match poussif et trop défensif, finir par perdre (au mieux arracher un nul miteux et sujet à moqueries), aller pleurer sous la douche, se mettre au lit en PLS à 18h30, expliquer à madame qu’elle ne peut pas comprendre, attendre le lundi pour oublier (parce que le boulot, c’est encore pire qu’une défaite de United). Oui, tout était en place pour revivre ce dimanche quand on voit les performances indigentes livrées par les Red Devils depuis le début de l’année.

Tout est parti comme prévu : Chelsea nous saute à la gueule, frime avec du jeu à une touche et tape la barre dans les cinq premières minutes, alors que l’on n’a pas encore passé le milieu de terrain balle aux pieds. Les longues saucisses à destination de Lukaku déjà isolé devant, tel semble être notre salut, comme d’habitude. C’est génial. Je commence à soupirer, j’attrape un petit plaid et me laisse bercer par la domination de Chelsea et la gueule de bois travaillée la veille. Sanchez rate un service caviar de Martial (sur sa seule bonne passe de la première période) parce qu’il veut trop en faire (27e), c’est merveilleux, on peut même déjà pourrir la nouvelle recrue. Ah non mais vraiment c’est la régalade, on est aux abois.
Et Chelsea marque, enfin, sur un modèle d’action défensive de United : un centre raté de Valencia (ce qui va finir par être considéré comme un pléonasme), un repli ou tout le monde est à la rue (et Valencia revient tellement vite qu’il offre en plus la couverture du hors-jeu, vraiment un chic type), même De Gea bouche mal son poteau : Willian fusille et la balle finit au fond (ce qui est plutôt positif puisque vu le missible, si ça part en tribune c’est le drame. 32 minutes de jeu, 0-1, et rien à proposer. Ah non vraiment, on ne peut que se féliciter pour nos dons de voyances. Il reste encore une heure à souffrir.

Oui mais voila.
Il y a des mecs qui vont se mettre à protester et à vouloir bousculer l’ordre établi. Et comme un symbole, ce sont les exs qui vont se rebeller. Ceux qui veulent montrer que s’ils ont quitté Chelsea c’était pour devenir des hommes meilleurs (ce qui, à part quitter Chelsea pour rejoindre City ou l’état islamique ne peut qu’être vrai dans le fond). Matic commence donc à remettre de l’ordre au milieu de terrain et Lukaku lui se charge de créer le désordre dans la défense adverse. Le résultat ne se fait pas attendre. Huit petites minutes plus tard, au terme d’une action disgracieuse et bagarreuse dans la surface, Sanchez remet à Martial qui (correction aura réussi deux passes en première période) retrouve Lukaku à l’entrée des 6 mètres. Le Belge se fait de la place et bat Courtois. Il égalise le con. Contre un gros, en plus, alors qu’il est censé ne rien faire lors des « grandes rencontres ». C’est tout un monde qui vacille. Se pourrait-il que ?

Non.
Non on se refuse à y croire. Et d’ailleurs Chelsea remet le pied sur le ballon et ne manquera pas de se créer 2-3 occases avant la mi-temps histoire de nous faire très vite redescendre : on va se battre pour tenir le nul.

C’est en deuxième période que tout s’effondre. Petit à petit, United pose le pied sur le ballon, stoppe Chelsea de plus en plus haut et do… do… Domine vraiment. Genre c’est pas simplement qu’on fait tourner la balle à 45 mètres du but adverse, non, on avance vraiment avec le ballon et le regard vers Courtois. Et même quand Chelsea se rapproche de De Gea, on n’a plus peur. On les tient par le short. Oui mesdames et messieurs, Manchester United, contre une équipe du Big 4-5-6 semble vouloir gagner autrement que sur un coup du sort. Lukaku arme une somptueuse reprise, Courtois claque. Diantre. Etait-ce là notre chance qui vient de fuir ? Ben non, z’avez lu le score. Romelu, encore, se mue cette fois en passeur. On espère que Valencia regardait bien tant le centre plongeant du Belge est parfaitement ajusté pour la tête de Messe Lingard (oui rejoignons la meute sur ce surnon aussi débile qui mignon) fraichement rentré. Impact player.
Et la suite n’est que détail :  ce n’est pas le remplacement de Sanchez par Bailly pour passer à 5 derrière, ni le but hors-jeu de Morata, ni Rüdiger qui cherche la bagarre ou ce dernier coup-franc de MU joué n’importe comment pour offrir un ultime contre + corner à Chelsea qui nous auront fait trembler. Incroyable. En ce dimanche glacial, Manchester United a fait preuve de caractère, retourné la situation et m’a laissé coi.
Que faire quand on est encore de bonne humeur un dimanche après un match de MU ? Comment occuper le reste de la journée ?
Incroyable, j’ai pu regarder un deuxième match de foot dans la foulée.

 

Les Diables

De Gea (3/5) : 
A responsabilisé tout le monde en usant de la manière forte : il a rappelé qu’il était humain et que lui aussi pouvait se planter. Paraît qu’il demande 400 000 boules par semaine pour prolonger… Donnez-lui quand même.

Young (2/5) :
A un moment, Luke Shaw va bien finir par le rattraper, non ?

Lindelöf (3/5) :
Deuxième match de suite ou l’on se dit « ok, pourquoi pas, faut voir, à l’avenir, s’il y met du sien, pourquoi pas, non mais quand même on a bien dû le recruter pour une bonne raison ». De l’espoir donc.

Smalling (3/5) :
« Deuxième match de suite ou l’on se dit « non mais ok, pour pallier vite fait à un absence de Jones, mais vraiment pas plus de deux ou trois matches quand même, ok. » De la bienveillance donc.

Valencia (2/5) : 
Semaine après semaine, AJUSTE-TES-CENTRES.

Matic (4/5) : 
L’homme qui a dit non.

McTominay (3/5) : 
Il a couru après Hazard pendant 30 minutes, mais une fois qu’il lui a passé la laisse autour du cou, on a plus entendu parler du Belge. Solide là bon sang de sa maman.

Pogba (3/5) : 
Très étrange, depuis hier 17h, nettement moins de grandes analyses comparatives entre Paul et Kanté le petit bonhomme venu de nulle part qu’il est mignon et beaucoup plus fort. C’est très très très bizarre.

Martial (1/5) : 
Incroyable propension à faire les mauvais choix. Pas toi, pas maintenant, pas à quatre mois du mondial.

Sanchez (1/5) : 
C’est difficile l’apprentissage du haut-niveau dans un club exigeant.

Lukaku (5/5) :
Il a tout casséééééééééhéééhéhééééé, même ceux qui l’ont touché, c’était son match sa bataille, fallait pas qu’il défaille wohohoho !

Les suppôts de Satan

Lingard pour Martial, 64e, (NN) : 
Ah cette saison 2017-2018, j’espère qu’il s’en fera une chouette compil en Blu-Ray le petit Jesse.

Bailly pour Sanchez, 81e, (NN) :
Bientôt.

 

La bise inferanale 

 

 

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

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