La Paillade Académie note Nice-Montpellier (2-1)
Le retard est la politesse des artistes
Vendredi, fin de semaine, abstinence. Compagnon de solitude pour le samedi, garde-fou du jeudi. Bon, voilà, j’avais envie de continuer cette déambulation poétique sur ce jour de la semaine, faire le mec qui enchaîne les jolis mots comme des perles, orfèvre habile du vocabulaire.
Mais là, bon. Les quatre jours de retard aidant, l’envie n’est plus qu’une sourdine dans l’ambiance pesante d’un milieu de semaine, inactive qui plus est. Y a t-il plus médiocre qu’un commentaire d’un match médiocre tapée sans appétit un jour de semaine grisonnante ? Résister à l’inclination paresseuse de tout laisser en plan a peut-être quelque chose de l’exploit. Prendre la plume alors que l’on gronde d’ennui, sortir de la torpeur pour enfin exécuter une action, rompre le blanc silence des jours sans fin.
Mais tout cela relève de la théorie, parce que dans les faits ordinaires, on se fait toujours autant chier.
On peut bien écrire tous les mots du monde et en faire une sarabande melliflue, délectant les papilles avides de saveurs des lecteurs. On peut tout faire. Tout. Mais rien n’enrobe parfaitement l’once de désespoir désappointé qui se signale, d’un point de vue personnel, par un match du type de celui de vendredi soir. C’était bien, pourtant, quand on a ouvert le score. C’était bien, pourtant, quand on dominait l’une des meilleures équipes du championnat, invaincue chez elle. On y retournera. Mais pour l’instant, on chie dans la colle et on se laisse submerger par un mec qui a pas foutu un panard sur le près depuis des lustres. Et on laisse sombrer la partie dans une sorte de mélasse insipide, recouvrant les mirettes qui se ferment sous son poids. En un mot : la maussaderie.
Les notes :
Pionnier (2/5) : Nul besoin de l’accabler plus que nécessaire, il a été abandonné par tous, et n’a pas eu de couverture à l’orphelinat.
Roussillon (1/5) : Semaine après semaine, il fait preuve d’une capacité redoutable à être chaque fois un peu plus nul.
Congré (0/5) : Y a t-il un pilote pour écraser l’avion ? Oui.
Hilton (2/5) : Perdu comme une aiguille dans une botte de merde.
Mukiele (3/5) : Sans être étanche, il a endigué les fuites comme il pouvait sur son côté, et a tenté de dériver jusqu’au but adverse par moments.
Sylla (2/5) : Hagard au milieu, sans lanterne ni boussole.
Sessegnon (2/5) : Brouillon pas mis au propre avant l’heure et rendu tel quel.
Lasne (2/5) : Homme de l’ombre qui y marche beaucoup trop.
Boudebouz (3/5) : Champion de 1 500 mètres surnage.
Skhiri (1/5) : Putain ça penche, on voit le vide à travers les planches.
Mounié (3/5) : Présent au bon moment, il a pesé sur la défense adverse, mais, sevré de ballons, il n’a pu qu’en mettre un.
Entrés en jeu :
Mbenza : soliste solitaire.
Deplagne : renfort faible.
Dolly : bêêêêê.
Le bisou vigneron,
Marcelin Albert.
Je n’arrive pas à comprendre comment Roussillon a pu nous mettre la foire il y a 10 jours…
A quand un commentaire de Roussillon en langue d’oc ?