Metz – Toulouse (1-1) : La Metz que un club Académie veut un « bisou guérit-tout »

Un conseil et des bisous, c’est tout ce que je vous offre dans cette acad’

Que fait-on lorsqu’on a rien de spécial ? Qu’à t’on à offrir à ce monde lorsqu’on a aucun talent particulier, aucune forme de génie ou de volonté ?

On supporte le FC Metz.

J’écrase l’âme grenat et ses aspirations. Sa manière sordide de continuer à croire au maintien qui n’est plus seulement illusoire, mais qui, à présent, en devient juste vulgaire. Je n’ai pas envie de m’attacher à l’orgueil d’une bête souffreteuse et gangrené par des années de décisions irréfléchies et inconséquentes. Le FC Metz est mort, il est déjà en ligue 2, vive le FC Metz.

Alors que faire ? La première réponse serait de changer de club. Mais peut-on vraiment changer de cœur ? Ce serait, certes, raisonnable. Et je ne veux pas faire dans le pathos, mais tous ceux qui écrivent ici, et tous ceux qui viennent pour lire ces articles, on a fait ce choix de la passion. Pour autant cela ne dicte pas nos vies. Soyons francs, c’est juste un club, des joueurs, un symbole, une excuse pour crier et faire parfois les beaufs dans un stade, et tout ça, juste quelques heures dans une semaine… C’est tout ce qu’on a, c’est tout ce que l’on demande. Et moi, je n’écris que pour ces quelques heures. Mais à la fin, je finis heureux ou triste. Alors qu’est ce que cela veut dire ? Tout simplement que si même un tout petit match me touche, il mérite que je m’accroche à lui, à ce club. Et au final, dans chacun des compartiments de nos vies, c’est toujours cette même rengaine que l’on devrait appliquer.

Alors que faire encore une fois ? Quelle est la solution pour supporter ces dernières journées de Ligue 1 ? Ce n’est pas LA réponse, mais c’est ma réponse : Se retrouver, tout simplement. C’est la seule solution que j’ai à te proposer à toi, supporter du FC Metz déprimé, et à toi, supporter de tout club qui passe un moment difficile. C’est facile de s’extasier lorsque ton club truste le haut du tableau, mais il faut aussi savoir gérer les bad-trips du ballon rond. Je me souviens de certaines défaites comme si c’était hier. Le titre de champion qui nous échappe en 98. La finale de la coupe du monde en 2006. Mes cinquante euros sur la victoire de la France contre le Portugal lors du dernier Euro (saloperie, toujours pas passé ce match !) [Bravo, vous allez nous attirer Homerc et une photo d’Eder en commentaires, bien joué, ndlr], et forcément beaucoup d’autres encore… Aujourd’hui, qu’est ce qu’il me reste de tout ça ? Juste le souvenir de mes proches autour de moi… Certains en larmes, certains pas du tout touchés. Alors, même si on perd : restons ensemble.

Continuez à vous retrouver devant vos matchs, quitte à se moquer des joueurs, du staff, mais continuez… Rire autour d’une bière, devant votre télé, dans un bar ou au stade, c’est aussi ça le foot. Oubliez vos rêves de vous maintenir. Appréciez simplement le jeu pour ce qu’il est : quelques heures dans la semaine où vous êtes autorisés à vous conduire comme des beaufs. C’est pourquoi je lève mon verre pour vos tronches bande de débiles et j’arrête là le ton sérieux pour vous livrer le match sur un plateau de vannes et de conneries : « Salud ! »

 

28e journée : FC METZ – TOULOUSE FC

 

Nouveau jeu ! Regardez bien cette image, qui selon vous va profiter de la première interview venue pour faire croire qu’il ne « se concentre que sur les matchs à venir », que son cœur « reste grenat » et bla bla bla… On connait la suite… alors qu’il pense déjà à son transfert à la Canebière Académie ? Réponse, en fin d’article.

Encore une fois, je pose ma sentence d’entrée de jeu : On n’a pas « mal-joué ». Cela me tue vraiment de le dire, mais c’est vrai. On souffre toujours des mêmes problèmes : incapacité à garder le ballon, aucune projection vers l’avant si ce n’est par des exploits individuels, instinct défensif proche d’une équipe de CFA 2… Mais, je le répète : On n’a pas « mal-joué ».

La première demi-heure on domine même le match. On pose un (bon ? Non, quand même pas…) pressing. On taquine le ballon. On arrive à s’offrir une « demi-occaz » avec Rivière tentant d’arracher l’oreille du goal adverse à l’aide de ses crampons (6e). Une frappe de Dossevi et une autre occasion gâchée de Rivière plus tard (27e), NOLAN ROUX (oui, tout en majuscule) parvient à placer une tête et fait hurler un stade qui a encore envie d’y croire (33e).

Après ? C’est la honte… Palmieri se rappelle qu’il a un dîner de famille à 21h45 et décide de tacler « mochement » (ça ne se dit pas, mais c’était ça ou « débilement »). Rouge direct. Palmieri sort sans chercher à comprendre et pense déjà à la blanquette qu’il va se taper en rentrant. Hmm… Une bonne blanquette… Une des rares raisons de se sentir fier d’être français, non ? Allez va Julian, tout le peuple grenat te conchie dessus (si c’est possible), mais au diable l’opprobre, on te pardonne si la blanquette est bonne (42e).

Lempereur remplace aussitôt Milicevic (45e). C’est fou parce que je l’aime bien Milicevic, et je rêve du jour où je pourrais le voir jouer plus de quarante minutes dans un match.

Deuxième mi-temps, on sort déjà les canots de sauvetage dans les coulisses de Sinsinf. Les agents des joueurs appellent tous leurs amis pour refourguer les talentueux joueurs messins qui refuseront tout net une diminution de salaire en Ligue 2. Sur la pelouse, c’est pareil. On défend à dix derrière comme on peut. Les adversaires pilonnent Kawashima comme ils le sentent (51e, 61e, 63e). Et nous on balance le ballon loin devant, dans l’autre moitié de terrain où, je vous jure… pendant presque cinq minutes, il n’y avait que le goal adverse… Rien… Que… Le… Goal… Adverse…

On est incapable d’aligner des passes. De garder le ballon. De ressortir proprement. On est dix contre onze me direz-vous. Oui, mais même à onze on arrive pas à le faire tout ça. A dix, nos failles ne sont qu’exacerbées, plus facilement révélées…

Mais je parle, je parle. Voilà que les adversaires ont marqué (85e)… Un bon nombre de « Quoi ?« , « Comment ? » , « Dieu : pourquoi nous hais-tu tellement ?« , « Mais merde à la fin, connerie de club à la con, esclave de chienne, je vous déteste tous, vous les lécheurs de lollipop à deux boules« , et de « Chéri, si tu n’arrêtes pas de déchirer les coussins je demande le divorce !« , plus tard… Le match se termine. On se quitte sur un bon gros match nul à l’ancienne : Dégueulasse. Qui n’arrange personne, mais qui enterre le FC Metz…

 

Metz Que Des Notes :

(en moins de 60 mots, parce que c’est déjà long) :

Kawashima 3/5 :
Brave type. Bon goal.

Balliù 3/5 :
Presque passeur décisif. Presque bon en défense.

Rivierez 2/5 :
L’homme à tout faire du FC Metz. Toujours au « gard’av’  »

Niakhaté 2/5 :
– Je vous en prie monsieur le journaliste, posez votre question ! – Moussa… Alors Marseille ? On a entendu dire qu’ils étaient intéressés… – Oh, vous savez, moi je ne pense qu’à mon club, et mon club c’est le FC Metz… – Et pourquoi avoir accepté cette interview ? – … Alors, pour une bonne béchamel, il faut…

Palmieri 0/5 :
Monsieur « Blanquette-in-time » par excellence. Bah « bien ouej gros »… Tu as plombé l’équilibre d’une team qui était déjà à la dérive… J’espère que c’était bon. Pour ceux qui veulent acheter son livre…

Oui, le montage est dégueulasse, mais il est 05h00 et l’idée m’est venue soudainement…

Poblette 1/5 :
Un petit pont vu en boucle sur twitter, sinon pas vu du match…

Cohade 2/5 :
Comme pour les autres milieu en fait. Bon les trente premières minutes, absents le reste du match.

Milicevic 3/5 :
Quand te verrais-je vraiment jouer ?

Dossevi 3/5 :
Un des rares avec Nolan qui donne l’air de se défoncer…

Roux 3/5 :
Buteur. Relayeur. Souriant. Un homme neuf.

Riviere 1/5 :
Ah oui… Il était sur le terrain lui ?

 

LA CONCLU DU BARBU :

Personne ne peut vous ôter votre enthousiasme, à vous, enfants du Graoully ! Vous avez chanté pendant tout le match, et ça je vous l’accorde. On est dernier du championnat, avec rien à se mettre sous la dent, même pas un « vrai » derby, et vous êtes toujours dans ce stade ouvert où la température ressentie doit être de moins quinze. Mes respects à toi, supporter grenat.

Pour le reste, et comme à mon habitude, je vais vous raconter une histoire…
Une fois, j’ai fait un bisou à un homme qui était en pleine crise cardiaque en plein milieu du rayon produit ménager du supermarché Leclerc. Pas mal hein ?
C’était une fois, en vacances… Je devais avoir six ans. Je ne me souviens plus très bien. Je me rappelle surtout de mon père et du fait qu’il avait déjà sa cigarette à la bouche. Mon père, il n’aimait pas les supermarchés, ça le gonflait toujours d’y aller… Il ne pensait qu’à la clope d’après. Alors… quand le type s’est écroulé par terre, et que je me suis précipitée pour lui faire un bisou, mon père a failli avaler sa cigarette.
J’ai parfois envie de revoir cette scène avec les yeux de mon père…  Là, juste devant le liquide vaisselle, tu as ton fils avec toi. En face :  un mec allongé par terre en train de faire un malaise, tu vas à son secours, tu vois que le type ne va vraiment pas bien, qu’il serre les dents… Et là, tu vois ton fils qui s’approche, se penche et qui lui fait un bisou sur la joue…

Pourquoi ? Pourquoi j’ai fait ça ? Tout ça, c’était à cause de ce bâtard, ce bâtard que j »appelle aussi « grand père »…
Mon grand père, il aimait bien jouer à « tu me brises le cœur ! ». On jouait ensemble, il me taquinait souvent, il me piquait mes crayons de couleurs, il prétendait vouloir voler mes jouets lorsque j’irais à la sieste. Moi je me fâchais toute rouge, je lui disais qu’il était méchant, super vilain, et je ne sais-quoi… Mon père me grondait, me disait qu’on n’avait pas le droit de dire cela à mon grand-père, alors moi je me fâchais encore plus, sans pouvoir dire ou faire quoi que ce soit… Je lui en voulais, à mon grand-père, c’est tout. Tout ce que je pouvais faire ? Lui en vouloir. Alors je lui en voulais…

Lorsque je revenais de la sieste, que je jouais tout seul, et que mon grand-père me demandait s’il pouvait jouer avec moi. Je lui disais que non, que ce n’était plus mon copain ou je ne sais quoi… Alors là, il simulait une fausse crise cardiaque. Il se tenait la poitrine en disant qu’il avait mal… C’était du chantage pour un bisou, je crois que je le savais… Mais j’avais toujours un peu peur que ce ne soit vrai. Que mon père m’engueule ou je ne sais quoi. Alors je lui faisais un bisou, je lui prêtais mes crayons de couleurs, et il passait ensuite des heures à jouer avec moi. Alors lorsque j’ai vu ce pauvre homme allongé par terre, se tenant la poitrine, dans la panique, j’ai juste reproduit ce que je savais faire…

C’est pareil avec toi FC Metz… Je t’en veux… Je t’en veux tellement. On a peut-être la meilleure équipe de ces quatre dernières années… Et il y avait tellement plus à faire… Mais je n’ai aucun pouvoir sur toi… Tout ce que je peux faire, c’est t’en vouloir… Et je t’en veux tellement, crois-moi…
Alors tu me fais quoi là ? J’ai juste l’impression que tu me fais, toi aussi, le coup de la crise cardiaque… Et si c’est vrai, c’est bien joué ! Dans le doute, j’ai envie de te faire un bisou juste pour que tu te relèves et me dises que tu es guéri… Un fameux « bisou-guérit-tout »…

Ne me déçois pas… Le maintien, je l’ai dit, je le sais, c’est mort… Je te demande juste du beau jeu… Pas des matchs ridicules… Tu te rend compte que l’on a perdu presque 5 points juste dans les 5 dernières minutes (Guingamp, Troyes, Toulouse) ?

Ne me déçois pas… Je compte sur toi…

Allez : Bisous

LeGrasAuLLy

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